Vous avez un message (mes 5 newsletters préférées)

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C’est assez tardivement que j’ai pris conscience du développement des newsletters sur le web. Probablement à cause de mon statut de blogueuse : je reçois chaque jour un nombre invraisemblable de messages sur tout et n’importe quoi. Malgré les outils que j’ai pu mettre en place pour ne pas me sentir envahie, ouvrir ma messagerie le matin reste parfois un petit combat contre moi-même.

Ainsi, la simple idée de m’inscrire pour recevoir de manière récurrente des informations envoyées automatiquement me semblait carrément absurde. Pour ne pas dire toxique.

J’ai fini par m’y intéresser l’été dernier, au moment où nous avons commencé à réfléchir à une newsletter pour Un Beau Jour (que nous avons d’ailleurs mise en place en septembre). Comme toujours lorsqu’on se lance dans une nouvelle activité, j’ai commencé par observer ce qui se faisait. Mais en choisissant de m’abonner à des sites ou des sujets qui m’intéressaient en particulier, plutôt qu’en regardant du côté de ce que faisaient nos concurrents.

Et je m’en félicite. Car non seulement j’ai appris nombre de choses utiles, mais j’ai aussi découvert tout un monde passionnant qui repose sur des pratiques marketing la plupart du temps hyper saines (parmi lesquelles une vraie recherche transparence, la possibilité de se désabonner quand on le souhaite et grande générosité dans le partage des contenus y compris lorsque la newsletter est a vocation commerciale). J’adore aussi avoir la possibilité d’archiver et trier ce que j’ai envie de conserver en mémoire, ou pour plus tard, ce qui n’est pas si simple avec les flux RSS ou les infos qui transitent sur les réseaux sociaux.

Bref, ce qui était initialement une veille un peu forcée pour me tenir au courant a fini pas me convaincre totalement et m’enthousiasmer. Et, cherry on the cake, j’éprouve un très grand plaisir à lire la poignée de newsletters que je reçois chaque semaine. Parmi elles, voici mes préférées :

☆ Idécologie ☆

Idécologie se définit ainsi : « une chouette idée par semaine pour la planète une fois par semaine dans votre boîte aux lettres ». À mon avis, c’est encore plus que ça. Charlotte et Barbara les deux fondatrices partagent des idées joliment mises en scène (la dernière en date : fabriquer des jardinières « prêtes à manger » en associant des plantes qui vont bien dans l’assiette), des idées brillantes (comment apprendre à tout réparer), aussi bien que de belles initiatives. Et en plus, leur newsletter est hyper jolie. Je veux dire : hyper hyper jolie.

Selma Païva (anciennement Appoline Point) ☆

Selma aide les créatifs, entrepreneurs anti-conformistes et autres électrons libres à développer ou améliorer leur activité, leur offre de produits ou de services. Toutes les semaines, elle partage ses idées et son point de vue décomplexé (et surtout dé-diabolisé) sur la vente. C’est toujours intéressant, bien écrit, enthousiasmant et super inspirant. Je n’en rate jamais une.

Les suricates ☆

Toutes les semaines, Les Suricates partagent les initiatives qui ont suscité leur intérêt, c’est-à-dire celles qui placent l’éthique, l’humain, le souci de l’environnement au coeur de leur développement. Autant dire : un concentré de bonnes nouvelles et d’infos qui vous font aimer le genre humain et vous donnent envie d’apporter, vous aussi, votre pierre à l’édifice, en cherchant ce qu’il y a de meilleur en vous, ce que vous avez de mieux à donner. La newsletter des Suricates a toujours pour effet de me perdre pendant une bonne heure à la découverte des projets présentés.

☆ Brain Pickings ☆

L’une d’entre vous m’a fait découvrir Brain Pickings, dans les commentaires de mon dernier billet (merci Cléo!!). Brain Pickings c’est en quelque sorte de la nourriture pour le cerveau. Plein d’idées qui vous font travailler les méninges, qui vous questionnent et vous enrichissent. Elle est assez longue et, comme elle est en anglais, j’en rate une bonne partie car je manque d’attention pour tout lire. Mais ce que j’en retire est déjà super positif.

☆ Frankie’s newsletter 

Frankie, c’est ce magazine australien que je n’ai jamais eu l’occasion de feuilleter « en vrai », mais dont je suis avidement les infos disponibles en ligne. Tout me plait, dans ce magazine qui distille un art de vivre qui s’approche beaucoup de ce que je recherche, dans mon quotidien. Leur newsletter, c’est un peu mon petit bonbon : des infos mignonnes, des produits bien choisis (même si, Australie oblige, je ne peux jamais rien acheter à cause des frais de ports) et des images qui tabassent. C’est la newsletter à laquelle je suis abonnée depuis le plus longtemps et je ne m’en suis, pour le moment, jamais lassée.

Du coup, j’aimerais bien connaître aussi vos petits favoris, si vous en avez. Après avoir lutté farouchement contre, je suis maintenant à l’affût de tout ce qui pourrait faire grandir ce petit groupe de newsletters canon.

PS : au cas où vous vous poseriez la question, le carnet présent dans l’image est un carnet Oelwein.

Quand les voiles se soulèvent…

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Je remarque quelque chose qui me fait sacrément plaisir, en ce moment sur les blogs et dans la vie de tous les jours : le développement personnel a le vent en poupe. Tout le monde parle de méditation, de pleine conscience, d’énergie…

Je me souviens d’une époque pas si lointaine où il était mal vu de reconnaître que l’on se penchait sur tout ça. Où le développement personnel, c’était pour les farfelus, les planants, les mal-dans-leur-peau et les dépressifs… En clair : les FAIBLES. De fait, j’ai longtemps estimé que, parce que ces sujets m’intéressaient, ils faisaient de moi une chiffe molle de la vie. Une sorte d’éclopée qui a besoin de cannes pour se tenir debout.

Si je suis honnête, il m’arrive encore de le croire. Mais je me crois de moins en moins.

De fait, si « Développement personnel » porte souvent l’étiquette « pour individu qui va mal », c’est que oui bien sûr : on a tendance à se poser davantage de questions lorsqu’on n’est pas au mieux de sa forme. Souvent – mais pas toujours, et en ce qui me concerne de moins en moins – période de questionnement sur soi = passage difficile. Mais je dirais : de la même manière, qu’on a tendance à attendre qu’une dent nous fasse un mal de chien pour nous rendre chez le dentiste. Ni plus ni moins.

Je suis heureuse de voir que le regard porté sur tout ça a pas mal changé et que nous sommes très nombreux à rechercher et mettre en pratique au quotidien des outils qui nous aident à devenir une meilleure version de nous-même, à porter un regard attentif et curieux à notre propre mystère.

On me glisse à l’oreille que c’est une mode. J’espère bien que non. Et je n’y crois pas trop. Sincèrement, comment revenir en arrière, une fois qu’on a poussé les portes de ce terrain de jeu qui nous permet de soulever tant de voiles?

C’est inimaginable tout ce que j’ai appris – et que j’apprends encore – de ce temps passé à chercher des réponses ou des solutions dans des périodes de souffrance émotionnelle. Je peux même aller jusqu’à dire que ces périodes troubles, m’apparaissent comme des étapes foisonnantes de mon parcours, essentielles même. Elles m’ont permis d’aller chercher en moi tant de solutions, d’idées nouvelles et, finalement de changement et de croissance.

J’aime infiniment plus celle que je suis aujourd’hui que celle que j’étais il y a 15, 10 ou même 3 ans.

Bref. Cette longue introduction pour partager une petite chose avec vous : voilà un moment que, presque chaque jour, j’écoute un podcast, je lis un article ou je regarde une vidéo susceptible de m’apporter une idée ou un regard nouveaux sur un sujet qui m’intéresse (développement personnel au sens le plus large, donc). Cela ne me prends jamais plus de vingt minutes et j’en ressors chaque jour enrichie d’un petit ou d’un gigantesque quelque chose. Et jamais avec rien, même lorsque le sujet, finalement, ne me parle pas tant que ça.

Et ça m’a donné envie de partager certaines trouvailles avec vous. Voici donc quelques liens qui, peut-être, vous inspireront vous aussi. N’hésitez surtout pas à partager les vôtres en retour !

1. Le livre des décisions – Mikael Krogerus et Roman Tschäppeler
Ce petit bouquin compulse un nombre notable d’outils d’aide à la décision, certains tout ce qu’il y a de plus sérieux, d’autres un peu moins. Tableaux, diagrammes…j’ai du mal à me montrer un peu scolaire sur tous ces sujets, pourtant, le fait de me forcer un peu pour les expérimenter me montre que ces outils font parfois très bien le job.

2. La télé de Lilou - le site de Lilou Macé
J’aurais pu la citer en premier car, à égalité avec les conférences TED (qu’il est inutile de vous présenter)(n’est-ce pas que c’est inutile?) c’est depuis longtemps ma source numéro 1 de vidéos inspirantes. Une autre fois, je ferai peut-être une sélection d’interview qui m’ont particulièrement intéressée, mais c’est mieux de vous encourager à découvrir son site qui propose un nombre incalculable d’interviews et de rencontre sur des sujets qui vont de « comment arrêter de râler » à des titres aussi déroutants que « résonner avec la conscience dauphin ». Et puis Lilou Macé, en tant que personne et entrepreneuse est une immense source d’inspiration.

3. Parmi les conférences TED, j’ai adoré celle-ci, de Brené Brown sur le pouvoir de la vulnérabilité et celle-là, du même auteur, sur la place de la honte dans notre vie.

4. Et aussi, il y a cette application : vous avez certainement déjà entendu parler de HeadSpace et de la voix tellement sexy de Andy, son créateur qui nous guide jour après jour sur le chemin de la méditation à travers des petits exercices quotidiens super faciles (et rapides). La vérité, c’est que j’éprouve bien des difficultés à cet exercice et que j’ai du mal à me montrer assidue. Mais je sens que c’est un sujet sur lequel ça vaut vraiment la peine de creuser un peu, alors je ne lâche pas l’affaire.

5. Et pour finir, une autre conférence TED, celle de Jean-François Noubel à propos de l’argent (comment il fonctionne aujourd’hui) et ce que pourrait être l’avenir de l’argent.

À vous les studios !

 

Depuis ce jour…

piano2 C’était le jour de mes neuf ans. Mon petit frère avait été mis dans la confidence et n’avait pas su tenir sa langue. Sur le chemin de l’école il m’avait annoncé la surprise et j’avais refusé d’y croire. Mais toute la journée, mon coeur n’avait cessé de battre la chamade. Et si c’était vraiment vrai?

Il m’a fallu faire de gros efforts pour ne pas rentrer chez moi en courant ce soir-là : comme si mon impatience risquait de compromettre les maigres chances que mon frère ait dit vrai. J’ai poussé la porte de la maison aussi naturellement que possible. Et je l’ai vu immédiatement. Dans le prolongement du vestibule, sur le mur de droite, à la place du grand buffet en bois.

Le piano.

C’est drôle, je me sens de nouveau submergée par l’émotion de cet instant au moment où j’écris ces lignes : il bat comme un fou sous ma cage thoracique, mon coeur.

C’était un vieux piano en bois, âgé déjà de plus d’un siècle. Mes parents me contemplaient, visiblement heureux. Ils tiraient le diable par la queue à ce moment-là et je savais que pour eux, ça avait été un vrai sacrifice. Ce piano est l’un des plus beaux cadeaux qu’on m’ait jamais offert.

Puis – deuxième partie du cadeau – sont arrivées les leçons. Mon premier professeur était une élève du conservatoire en dernière année. Elle s’appelait Cécile, il me semble. Elle était toute ronde et toute jolie avec de larges lunettes rondes qui lui mangeaient les yeux et je crois qu’elle faisait son possible pour rendre l’apprentissage amusant, mais j’ai vite compris qu’avant de jouer ne serait-ce que les premières notes d’un morceau amusant, il faudrait des années. Les nocturnes de Chopin, les sonates de Beethoven me semblaient amusants. La Méthode Rose, moyennement, par contre.

Des années, quand on a neuf ans, laissez-moi vous dire que c’est long.

Dans les années qui ont suivi, bien que je soies une élève très moyenne et trop peu disciplinée pour satisfaire pleinement les exigences d’un professeur, j’ai trouvé bien d’autres satisfactions dans la pratique du piano. Mais je savais que jamais je n’atteindrai un niveau suffisant pour les pièces qui me faisaient vraiment rêver : Chopin, Schubert, Beethoven… Celles, précisément, qui m’avaient donné envie d’apprendre à jouer.

Ainsi, lorsqu’après plus dix ans sans approcher un clavier, j’ai remis les doigts sur un piano, mes ambitions n’allaient pas plus loin que ceci : retrouver le plaisir de jouer. Celui-ci s’est révélé plus intense, encore, que je ne l’avais quitté, mais je ne pensais plus à ces morceaux qui ont nourri mes rêves d’enfance : Fantaisie Impromptu, La Tempête, Roméo et Juliette, Les valses de Chopin et tant d’autres.

Ils demeuraient cependant une sorte de point de repère lointain, une lumière pas plus grosse qu’une tête d’épingle, qui indiquerait la direction.

Pourtant, hier, je me suis amusée à m’enregistrer en train de jouer. Parfois, c’est utile pour mieux entendre certaines erreurs.

C’est là que j’ai entendu. Mes doigts sur le clavier, qui volaient. Ils volaient comme dans mes rêves de petite fille.

Les années d’apprentissage ayant aussi développé mon oreille, je suis aussi capable d’entendre que tout manquait de régularité, de nuance, de subtilité et de mille autres choses que je ne vais pas m’éterniser à décrire car, pour être franche, en cet instant là, je m’en foutais complètement : pendant quelques secondes, hier, mon enfant intérieure, ce petit « moi » d’il y a plus de vingt ans, a hurlé de joie, battu des mains, sauté sur le lit en riant comme un diable hors de sa boîte. Elle me regardait avec les yeux brillants, carrément ébahie. C’est simple : elle n’en revenait pas et souriait de ce sourire étendu aux limites du visage qui nous fait regretter de ne pas avoir une bouche assez grande pour sourire aussi fort qu’on voudrait.

Je lui ai dit « tope là, ma belle, tu vois qu’on fait quand même une bonne équipe toutes les deux! »

Elle a dit oui avec les yeux. Et de mon côté, j’avais une boule toute douce dans la gorge. Parce que quand on est grand, c’est ça qu’on veut, non? Donner à l’enfant que nous avons été tout ce qu’il a toujours voulu.

Alors je lui ai glissé à l’oreille : « Je sais que pour toi qui a neuf ans, c’est bien long trois, quatre années ou même davantage. Mais attends un peu voir si Fantaisie Impromptu, on en est pas capables à nous deux, tout compte fait. »

C’était un instant merveilleux. De joie totale.

En réalité, je ne crois pas que ce soit très important d’y parvenir ou pas. Cette histoire illustre seulement une chose que, comme tout le monde, j’ai tendance à oublier parfois : peu importe si nous les atteignons ou non ; nos objectifs n’existent que pour nous aider à tracer un chemin susceptible de nous apporter la joie, la satisfaction, l’ouverture (à soi et aux autres), l’apprentissage, le changement…

Et puis quelque fois – ça n’arrive pas souvent – une surprise vous attend au détour de la route, alors que vous ne l’attendiez pas : vous levez la tête et votre objectif, cette lumière qui brillait au loin, minuscule, quelquefois même à peine visible, a soudain pris la taille d’une ampoule. Et vous vous rendez compte que vous avez déjà passé depuis un bon moment les frontières de ce petit territoire un peu étroit des « ce dont vous vous sentiez capable ». Alors vous découvrez ceci : les seules véritables limites qui existent sont celles-que vous vous êtes fixées.

Une putain de bonne nouvelle, si vous voulez mon avis.