La vie en l’air
08.02.2010 - Posté dans Extra Muros
Et voilà. La semaine la plus rapide de l’année est derrière moi et comme chaque année, je me demande, au moment où j’écris ces lignes, si tout compte fait je ne préfèrerais pas élever des chèvres dans une cabane à flanc de montagne plutôt qu’écrire des légèretés à droite à gauche… Un brushing quotidien ne semble plus indispensable à ma survie et je crois pouvoir me passer assez bien des mille distractions offertes chaque jour par la vie parisienne.
Je me demande souvent au bout de combien de temps à La Tania je m’écrirais “Par pitié, sortez-moi de ce trou!”. Une petite voix, tout bas, ne peut s’empêcher de me susurrer que peut-être jamais, mais n’ayant aucune compétence en matière de fermentation du lait de chèvre, je préfère la faire taire (oui, c’est le bureau des pleurs aujourd’hui).
Mais passons. Le bilan donc :
❤ Il y a un moment, il faut savoir assumer : j’aime les tire-fesse autant que le ski. C’est dit. Pourquoi? Parce que c’est un peu la même chose, au fond. Il y a le silence, un paysage magnifique, les pensées qui cavalent des tous les sens. Et en même temps, on n’est pas complètement tout seul. Quand je mourrai, je voudrais que ce soit un tire-fesse qui me conduise au fameux grand tunnel.
❤ Si vous projetez d’aller skier, je ne peux que vous recommander chaudement l’achat d’un casque. Au delà de l’aspect sécurité-chiant, c’est très confortable (on ne le sent presque pas et on entend tout ce qui se passe), il tient plus chaud qu’un bonnet, ne glisse pas dès qu’on accélère et ne gratte pas. Moi qui rêvais depuis toujours d’un casque de scooter, j’ai trouvé là un très bon palliatif. Et puis aussi, il ne faut pas craindre d’avoir l’air crétin sur les pistes : depuis cette année, tout le monde en porte.
❤ Il faut croire qu’un accident de ski laisse quelques séquelles : je n’ai pas échappé à la panique soudaine qui vous prend à la gorge au moment de la première descente, avec vertiges et sueurs froides. Détestable et humiliant. La première journée, j’ai tellement pleurniché dans mon masque qu’on aurait pu y faire nager un poisson rouge. Heureusement, tout est très vite rentré dans l’ordre.
❤ Je suis condamnée à aimer les spécialités savoyardes au delà du raisonnable : fondue, tartiflette, raclette… absolument tout cela a dévalé mon gosier tout schuss en l’espace d’une semaine. Et bien d’autres choses encore malheureusement.
❤ Le masque de ski. Eh bien avec un masque de ski, sachez le, on ne voit pas ses skis. Et on comprend l’enfer que vivent les chevaux car la vue n’y est pas particulièrement dégagée sur les côtés. On voit la vie en rose - dans le meilleur des cas (voir photo dans le diaporama) - et les marques de bronzage sont atroces. Mais, ne me demandez pas pourquoi, je trouve quand même ça formidable. Et ça fait “fille qui sait skier”. Mmmm… me connaissant, ça doit être pour ça que j’adore.
Et sinon, j’avais dit que je vous toucherai deux mots sur La Tania qui est la station où je vais skier chaque année et où je voudrais habiter un jour quand je serai grande. Par contre, avant d’aller plus loin, autant vous le dire tout de suite afin que les choses soient bien claires : La Tania, c’est un trou.
Mais alors un vrai trou : ne cherchez pas les magasins ou bien la pharmacie, il n’y en a pas. On trouve ici une supérette taille supérette parisienne du coin de la rue, trois loueurs de skis (nous allons toujours chez Alpiski, les propriétaires changent chaque année, mais ils sont toujours charmants et on est toujours impeccablement servis), quatre ou cinq gargotes à bouffe de skieur affamé (la fondue du Marmotton y est succulente, pour les autres restaus, on n’a jamais testé), des pubs anglais à ne plus savoir qu’en faire (le Ski Lodge a une déco plutôt pas trop mal, mais l’odeur de bière est parfois à peine supportable), un traiteur de spécialités savoyardes yummissimo et au milieu de tout cela un restaurant gastonomique, le Farçon, où chaque année, on se régale - la glace au foin, j’en rêve pendant 365 jours par an - même si la note est plutôt salée (je n’ai pas testé mais ils proposent aussi tous les midis un menu du skieur à 25 euros servi en 25 minutes).
Et donc, vous demandez-vous légitimement, qu’est ce qui est bien, au juste, à La Tania? Ce qui est bien? Mais le calme enfin! La possibilité de déconnecter totalement! Mais pas que : car La Tania est un petit village collé à la commune de Courchevel. Il se situe à 1600 et des brouettes et on accède, skis aux pieds, au domaine des 3 vallées (nous nous contentons du forfait Courchevel qui est moins cher et déjà très vaste).
Pour vous donner une idée du programme : je sors de l’appartement, j’enfile mes skis devant les porte, je descends jusqu’aux œufs et une fois la journée terminée, un petit chemin dans les sapins me dépose à nouveau au pied de l’appartement. Pour moi, là bas, c’est un peu l’antichambre du paradis. Allez, zou, je vous laisse avec ces quelques photos…


































