Bleu Bretagne

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Ces huit, neuf derniers mois tiennent en un mot : travail. Je n’ai fait que ça, bosser douze ou quinze heures par jour tous les jours, prenant ici et là un petit week-end de repos. C’est un des problèmes que rencontrent souvent ceux qui, comme moi, se sentent si privilégiés d’exercer le métier qui leur plait, qu’ils n’osent pas. Dire non à un projet, déclarer qu’ils n’ont pas le temps, s’investir un peu moins totalement parce que la vie, aussi, ça compte…

Parce que tout peut s’arrêter demain, je croque tout ce que mon énergie me permet de croquer… Un peu plus même. Et c’est vrai, si je dresse la liste de tout ce que j’ai fait ces derniers mois, j’ai du mal à me croire moi-même.

Mais tout à coup, alors que je me sentais franchement fatiguée et que tout le monde répétait autour de moi que je n’allais plus tenir longtemps comme ça, mon corps, las d’attendre que je décide de me calmer un peu, a pris les devants. Pour une raison apparemment sans lien avec ma fatigue, il m’a envoyé faire un bref séjour à l’hôpital… assorti d’une obligation, ensuite, de prendre quelques jours (semaines, en fait) de convalescence. Après avoir tenté de résister quelques jours, il a bien fallu admettre la situation et m’arrêter un peu.

Cette petite plaisanterie m’a coûté un petit séjour à Cannes, un autre à Lisbonne et un merveilleux Road Trip à travers le Canada où je devais, de surcroît, faire un petit saut à Montréal pour fêter les soixante printemps de mon père. Autant dire que la pilule a eu un peu de mal à passer. Mais si je regarde quelques semaines en arrière, l’épuisement que j’éprouvais alors me saute au yeux. C’est étrange, de devoir admettre cela : « Heureusement, je suis tombée malade ». Pourtant, c’est exactement ça. Cette petite intervention m’a certainement préservée d’un problème plus important. Je ne peux m’empêcher de me dire que le corps est une machine drôlement bien faite. Bref.

J’ai donc plié bagage pour quelques jours de convalescence chez ma maman, qui vit dans le Morbihan depuis quelques années. À Arzon, exactement. Même si j’y suis moins attachée qu’à ma Normandie natale, je crois sincèrement que c’est l’une des plus jolies régions de France et, pour une fois, je me suis vraiment donné le temps d’en profiter. Durant ces quelques jours, je me suis laissé bichonner et soigner par ma mère dont les pilules ont pour nom : « champagne », « crème glacée », « apéro au soleil », « promenade sur le port », « papotages à la plage », pilules qui se révèlent toujours diablement efficaces.

Pour la première fois depuis des mois, j’ai enfin pu prendre le temps de vivre. Acheter des petites bêtises au marché, préparer des bonnes choses à manger, faire cinquante mille photos de la même chose, chercher des coquillages (évidemment!), petit déjeuner sur la terrasse au soleil à des heures complètement indues… Même si je n’ai pas pu m’arrêter totalement de bosser, c’était merveilleux, ressourçant et doux. J’en suis rentrée régénérée d’une énergie que je n’avais pas ressentie depuis longtemps.

J’aime l’ambiance qui règne sur la presqu’île : tout le monde passe voir tout le monde et chacun va de petit café improvisé sur le port en apéros de copains sur le pouce. Comme si les gens se trouvaient en vacances, sitôt qu’ils ont terminé leur travail. Il y a une lenteur et une légèreté qui me font du bien, et j’espère avoir emporté dans mes bagages, en plus d’un nombre invraisemblable de machins rayés, cette petite leçon de vie. J’aimerais tant arriver à ça : apprendre à me sentir en vacances à partir du moment où j’ai terminé ma journée. Créer des bons moments, m’inventer un art de vivre serein, joyeux et agréable. Certaines personnes savent faire ça très bien, d’instinct. C’est ma résolution, pour les mois qui viennent : tenter de trouver un bon équilibre, à la fois bon pour ma vie professionnelle et pour ma vie tout court.

Je rapporte donc de ces quelques jours plus de petits instantanés que de bonnes adresses. Néanmoins, si vous envisagez un séjour dans le coin, voici quelques pistes (juste après les photos):

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Dîner face à la mer au Grand Largue, le restaurant gastronomique du petit port de Port Navalo. Ou, si on n’a pas envie de dépenser toutes ses économies dans un homard à l’armoricaine, au Petit Zef, qui se trouve au rez de chaussée du restaurant et est tenu par le même propriétaire. Si vous n’avez envie que de nourritures spirituelles, contentez-vous d’aller vous promener au port au moment du soleil couchant. La vue sur le golfe y est parfaite.

À Port Navalo, toujours, la crêperie de la Sorcière est très chouette et, une fois encore, on y profite d’une vue canon. La plage qui se trouve devant – la plage dite « de la sorcière » par ceux qui vivent dans le coin – est bien abritée et, l’eau y est généralement un peu plus chaude que sur d’autres plages.

Je lui préfère pour ma part la longue plage de Kerjouanno, appelée la plage du Logeo. Tout simplement : je la trouve plus jolie. Attention, cette fois, on est dans l’Atlantique, pas dans le golfe, donc l’eau est un poil plus froide.

Si, contrairement moi, vous aimez vous faire papouiller, n’hésitez pas à prendre rendez-vous à la Thalasso de Port Crouesty qui est canon. Il y a quelques années, lorsque maman habitait sur le port, je prenais mon ordinateur et allais travailler là-bas au calme (hors saison, hein), pour profiter de la vue démente et de la tranquillité. D’ailleurs, la plage qui se trouve à côté de la Thalasso est super aussi (la plage du Fogeo, si je ne me trompe pas).

La promenade, le long du port de plaisance, sur Port Crouesty est très cool aussi. Je retiens en particulier la petite boutique de la marque « Mousqueton » où il vendent des tonnes de trucs façon petit marin très mignons, pas trop chers et de bonne qualité ; les glaces aux mille parfums de l’igloo, le grand glacier du port, et les moules frites à la crème superbonnes de la Marina où tout le monde est sympa et souriant, ce qui contribue à mon plaisir au moins autant que ce que j’ai dans l’assiette.

Sinon, évidement, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur les marchés. Celui de Port Navalo est super (le vendredi), mais celui que j’adore et qui me fait me sentir en vacances comme jamais, c’est celui de Saint Gildas de Rhuys, qui a lieu le dimanche. D’ailleurs, marché ou pas, ne passez pas à côté de Saint Gildas, le petit centre est vraiment ravissant.

Dernière petite adresse, le restaurant Le Petit Port à Sarzeau (port du Logeo) : une petite paillote face à la mer où l’on ne mange que du poisson frais, cuisiné simplement, mais justement, c’est ça qui est bon. J’adore cet endroit (comme sans doute tous les parisiens de passage dans le coin, hein).

Pour le reste, il suffit de se promener le nez au vent et apprécier le paysage : les plates en rang d’oignon devant les ports, les petits bateaux mignons (les bretons on vraiment l’art des petits voiliers qui font rêver), les jolis volets bleus, les roses trémières et les buissons d’hortensia, les côtes vertes et noires, les petits sentiers…

Ah oui! Une dernière précision : pour aller d’un point à un autre, c’est souvent plus facile d’avoir une voiture ou, évidemment, un vélo. Bonne ballade!

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Les canaux d’Amsterdam

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Ceux qui suivent mon compte Instagram ont vu passer il y a quelques semaines mois, une ou deux photos d’Amsterdam où j’ai fait un passage éclair en compagnie de ma cousine M. à qui j’avais envie de faire ce cadeau.

Je connaissais déjà un peu la ville que j’ai déjà visité plusieurs fois et je m’y sens vraiment comme chez moi. Le programme était assez simple : faire plaisir à ma cousine. Moi, j’avais juste envie de souffler un peu (ce qui explique que je n’ai pris qu’une poignée de photos de ce week-end).

J’ai passé des heures sur le web, à épingler toutes les choses extraordinaires, les marchés aux puces dingues et les petits restos extra que nous allions écumer ce week-end. J’avais réservé un petit appartement parfait sur AirBnb, récolté assez d’adresses pour tenir une semaine, repéré un festival pour le dimanche soir… bref, tout était parfait.

Une fois sur place, le programme s’est avéré légèrement différent : ma cousine était malade (et malade d’être malade) ; j’avais essentiellement envie de dormir. Pendant 48 ou 72 heures, si c’était possible. C’est ainsi que le marathon de merveilles dans lequel nous avions prévu de nous lancer avec une ardeur à faire frémir les montagnes s’est mué en une petite promenade de santé pour vieilles dames.

Nous avons passé l’essentiel du week-end à flâner (nous traîner) dans les jolies rues de la ville, parmi les canaux, sans véritable but, mais avec un immense plaisir. C’était doux, agréable et beau. Et puis tout simplement, c’était bien d’être ensemble. Voilà une histoire que j’aimerais raconter sur ce blog, par exemple, notre histoire à toutes les deux. J’ai vraiment du bol avec mes cousins : ils sont tous extraordinaires. Enfin.

Comme à chaque fois que je sors de Paris, je suis enchantée par la courtoisie et le calme des gens. Pourquoi on ne sait pas être relax comme ça, nous? Et puis moi, au fond, me balader le nez au vent, il n’y a rien que j’aime davantage, donc c’était parfait.

Nous avons acheté quelques vieilleries pour presque rien, constaté que la ville était l’endroit rêvé pour le shopping, pas vu l’ombre d’un festival et que c’était compliqué de dîner après sept heures le soir.

Nous avons séjourné dans le quartier des neuf rues, en plein centre de la ville. Le quartier le plus agréable, à mon avis. Sur Reestraat, plus précisément. Idéalement situé.

M. a tenu à visiter le quartier rouge, et j’ai beaucoup ri devant sa mine déconfite, elle qui pensait se trouver devant des reconstitutions langoureuses et poétiques certains tableaux vivants de l’Appolonide.

Nous avons grignoté des cornets de frites en marchant ; écouté un homme orchestre jouer, depuis son petit bateau, une version très personnelle de la Danse Macabre de Saint-Saëns ; caressé rapidement (très rapidement) l’idée de louer les vélos ce qui aurait été une excellente idée si nous avions été plus vaillantes ; arpenté de long en large le marché le plus sympa qu’on puisse imaginer ; envié le cool absolu et la décontraction des amstellodamois.

Nous nous sommes émerveillées chaque fois que l’horloge de la tour, pour annoncer l’heure, chantait sa petite chanson ; avons acheté pour trois fois rien des lithographies tirées de livres anciens ; mangé encore des frites en cornet (beaucoup, beaucoup de frites, pendant ce week-end)(pourquoi n’avons nous pas ça à Paris, diantre?) et mille autres choses comme ça, au hasard de nos déambulations.

Seulement, je n’ai pas rassemblé un carnet d’adresses digne de figurer ici. Par contre, ah! Je peux tout de même partager celui que je me suis constitué sur Pinterest qui, lui, en est truffé. Hop! Le voilà :

Amsterdam on Pinterest

Je signale au passage que ces moodboards avec carte intégrée passent « à ça » d’être l’outil le plus pratique de la terre puisqu’ils ne sont pas exportables. Quoi qu’il en soit, il sera peut-être utile à certains d’entre vous si vous projetez quelques jours là bas, lorsque je le regarde, je suis tout de même un peu frustrée d’avoir manqué tant de choses. Ce sera pour une prochaine fois.

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Cinquante choses pourtant passionnantes…

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Comme Caro, j’ai découvert il y a quelques jours les vidéos hypnotisantes d’Ina Mihalache alias Solange, du blog Solange te parle et comme Caro, je me suis laissée aspirer, littéralement, par ce mélange hyper séduisant d’étrangeté quelquefois dérangeante, de sensibilité et d’intelligence.

Parmi les vidéos, l’une d’entre elles, le classique « 50 choses dans le désordre à propos de l’auteur… » m’a donné envie de me plier à mon tour à ce petit jeu. Je ne suis pas sûre que ça ait le moindre intérêt de le publier, mais j’ai éprouvé une joie libératrice surprenante à écrire ça. Et surtout, j’ai fait une découverte importante à propos de ma manière d’écrire : je me suis rendue compte que le sujet qui m’intéresse le plus, lorsque j’écris, est bien ce thème là, la quête d’identité.

Ça m’a sauté aux yeux : tous les brouillons d’histoires qui traînent dans mon ordinateur, absolument tous tournent autour de ce thème, que mes personnages soient absolument fictifs ou un peu moins. Et d’ailleurs, il suffit aussi de parcourir ce blog pour s’en rendre compte. Pendant de longues heures, je suis restée sous le choc : comment une telle chose, si évidente, a-t-elle pu m’échapper pendant si longtemps ? Mais ce qui est extraordinaire, c’est que, grâce à ça, j’ai l’impression que je sais désormais dans quelle direction aller, tout me paraît plus clair. J’ai eu, comment dire ça… la sensation de me rapprocher de moi-même.

Bref. Voici cinquante choses pourtant passionnantes, dont vous n’avez strictement rien à faire.

- Je suis dotée d’une infinité de personnalités, dont une bonne partie que je n’ai pas encore découvertes. Comme tout le monde, je pense, c’est juste que j’en ai conscience.

- Je suis née dans la ville la plus déprimante qu’on puisse imaginer (Coutances). Ce qui a probablement contribué à développer mon imagination.

- Je crois en la réincarnation, et aussi que nous sommes tous une part de Dieu qui est tout, à l’intérieur et à l’extérieur de nous. Qu’une fleur, une fourmi, un oiseau, un humain, tout ça c’est du pareil au même, différentes apparences d’une même pâte.

- Je peux reproduire facilement n’importe quelle mélodie à l’oreille. Mes deux grands-pères avaient l’oreille absolue. Je n’ai malheureusement hérité que d’une infime partie de leur don.

- Je n’aime pas mes rides, pas vraiment à cause d’une question esthétique, mais parce qu’elles trahissent des choses de moi que je voudrais cacher. Elles me rendent vulnérable.

- J’adorais grignoter du papier. Voilà, c’est dit. Mes amis vont enfin pouvoir arrêter de menacer de révéler mon grand secret. Et je me permets de rappeler qu’il y a des choses bien plus dégueulasses, dans la vie, alors maintenant, ça va.

- Il peut m’arriver de ne pas finir ma phrase parce que je me sens émue, sans que je sache pourquoi et alors ma voix se brise. Dans ces cas-là, je me sens plus fragile qu’une aile de papillon. N’importe qui pourrait me déchirer d’un coup d’ongle.

- Je ne vote pas. Tant que le monde sera régi par des lois économiques, je considère que c’est mon comportement de consommatrice qui peut faire avancer les choses. C’est donc dans ce domaine que j’investis mes efforts quotidiennement, et par ce biais que je défend mes convictions. Et puis, si j’ai une chose vraiment importante à défendre, il y a bien d’autres manières de le faire qu’en votant.

- J’ai été chef des enfants de chœur, à la messe, pendant de longues, très longues années.

- Ce qui explique que je connaisse par cœur le Credo en latin. J’aime le réciter de temps en temps, même si aujourd’hui, Credo d’une manière différente.

- J’ai déjà fait des courses d’escargot (qu’est-ce qu’on s’emmerde).

- Il y a un petit grain de beauté sur ma narine gauche (ou droite, je sais plus), qui ressemble un peu, hélas, à une crotte de nez.

- Mon plus grand regret, concernant ce blog, c’est de ne pas m’être cachée/montrée derrière un pseudonyme. Tout aurait été tellement plus facile. C’est sans doute la raison pour laquelle il m’arrive de ne plus écrire dessus pendant de longues périodes, frustrée de ne pas pouvoir y raconter ce que j’ai envie de dire.

- J’ose pas demander à mes amis de faire un club de lecture avec moi.

- Avant, quand on jouait à « qu’est-ce qu’on serait si on était autre chose que soi », je répondais « un caillou ». Ce qui est toujours rigoureusement vrai, mais j’ai compris que ça fichait la trouille aux gens, que je dise ça. (pourquoi?) Maintenant, je dis que je voudrais être Kevin Richardson, le dresseur de lions. Ce qui est vrai également, soit dit en passant. Sinon, dans une prochaine vie, j’aurais aussi voulu être mon amie D. qui est guide dans les pôles, mais bien sûr ce n’est pas possible parce que sans doute, quand ce sera le temps de me réincarner, il n’y en aura plus, des pôles.

- D’ailleurs à propos de cette histoire de caillou : j’ai déjà rêvé que j’étais une falaise. Mais je n’arrive pas à me rappeler si c’était agréable ou pas.

- Je n’ai jamais pu me résoudre à organiser mon anniversaire. C’est un de mes défis pour 2014, mais j’ai déjà quasiment jeté l’éponge. Et ça fait environ dix ans que c’est un défi pour l’année en cours, donc j’ai plus trop d’espoir.

- J’ai eu un piercing au nombril. Que c’était laid.

- Je suis 100% favorable à la mise en place du revenu de base universel. C’est la seule cause politique pour laquelle je suis prête à militer. Je suis intimement convaincue que l’emploi, à partir du moment où il est obligatoire/nécessaire, n’est que la cotte mal taillée de l’esclavage. Et que dans pas longtemps, tout le monde en sera convaincu aussi. Alors on pourra enfin commencer à parler sérieusement.

- Mon sourire est ma principale défense. C’est la raison pour laquelle je souris tout le temps, j’imagine.

- Ça aurait pu m’arriver, je pense, de tomber amoureuse d’une femme.

- On me dit parfois que je parle comme j’écris. À savoir : « Néanmoins, je trouve cette jeune femme tout à fait ravissante ».

- Je ne m’aime pas tellement. C’est tout de même un problème.

- Je dis tout le temps « cela dit ». Parfois, des amis gentiment malveillants s’amusent à compter combien de fois je le prononce en une heure. Beaucoup.

- Je suis très, très… très émotive avec la musique. Passez moi « le petit âne gris », juste pour voir. Non d’ailleurs, s’il vous plait, ne le faites pas. Je n’aime pas ça, pleurer.

- Je suis tellement souple que ça s’appelle être hyperlaxe et qu’en vrai, c’est pas génial génial.

- J’ai nagé au milieu de l’atlantique, alors qu’il y avait plus de 7km d’eau en dessous de moi.

- Il ne se passe pas une journée sans que je m’interroge sérieusement sur le pourquoi du monde.

- Le jour où j’aurai des enfants, je ne sais pas si j’arriverai à accepter l’idée de les envoyer dans une école normale, tellement j’ai l’impression que c’est pourri, les écoles normales.

- Mon moment préféré de la journée et même de la vie : quand on se couche, qu’il m’ouvre une place dans ses bras et me fait la lecture. Et je m’en fous pas mal que ce soit complètement culcul. Surtout qu’en réalité, ça ne l’est pas.

- Je sais désormais que, dans la vie, on peut se re-aimer. Et cette constatation me bouleverse chaque jour. J’espère qu’une fois on se re-mariera.

- Il y a trois romans inachevés dans mon ordinateur. Dans les trois, il y a une grand-mère dotée d’un charisme encombrant. Tyrannique, généreuse et attachante.

- Je n’ai jamais compté le nombre de pseudos que j’utilise dans mon boulot, mais ça commence à faire beaucoup.

- Je lis des livres de développement personnel. Je tiens ça de ma mère et je la remercie pour ça.

- J’ai réalisé tout à l’heure que j’avais vécu à Paris plus longtemps que dans n’importe quelle autre ville. J’aime pas.

- Je n’ai fait l’amour qu’avec trois garçons différents, dans ma vie. Et en fait ça va bien, merci.

- Mon problème, c’est la culpabilité. Je me sens coupable d’à peu près n’importe quoi : trop travailler, pas assez ; d’être plus jolie que la voisine, moins que l’autre ; coupable d’être grognon le matin, d’avoir la meilleure place dans le bus, de penser que… bref.

- Je ne connais pas les statistiques de mon blog, personne ne me croit et je m’en contrefous.

- J’ai un truc spécial avec les chats. Parfois, dans la rue, certains se précipitent sur moi dès qu’ils m’aperçoivent et alors j’ai l’impression d’avoir un super-pouvoir.

- Effectivement, j’ai un super-pouvoir, mais ce n’est pas celui-là.

- Je connais davantage de chants de marins que de chansons de Madonna ou Mickael Jackson. C’est grave?

- J’ai peur de réussir, je crois.

- Je crois que tromper, c’est pas toujours tromper.

- Je fais des séances d’étio environ tous les mois et demie depuis près de deux ans et c’est la meilleure idée que j’ai eu depuis un paquet de temps.

- Je dis toujours que je n’aime pas la compétition, mais c’est surtout parce que je voudrais être la meilleure sans avoir à me fouler.

- Aujourd’hui, je suis principalement auteur, mais l’idée de changer de métier ne m’effraie pas. La joie d’écrire, heureusement, ne dépend aucunement de contraintes économiques. Tant que j’arrive à lier l’agréable à l’agréable, il y a plein de combinaisons qui peuvent me convenir très bien.

- Il m’est arrivé de trouver que ça faisait vraiment chier, la vie et que si ça pouvait se terminer genre maintenant, j’étais complètement d’accord. Ce qui, bizarrement, n’empêche pas forcément d’être réceptif aux instants de bonheur qui se présentent.

- Je suis très rigolote. Mais peu de gens le savent car il faut vraiment que je me sente parfaitement en confiance pour faire le clown, et que ça n’arrive pas souvent.

- Ça me prend toujours des heures, pour décider d’aller faire pipi.

- J’ai un petit côté Cassandre : je sais des trucs avant les autres, et personne ne me croit, et après ce que j’ai annoncé arrive, et alors je suis obligée de faire des gros efforts pour me retenir de dire « tu vois, je te l’avais dit ». (non, c’est pas ça mon super pouvoir)

- Mon père est né en Afrique et j’ai toujours cru que j’avais un petit morceau d’âme africaine, sans bien savoir ce que j’entends pas là.

- En général, la qualité de mon travail est inversement proportionnelle au succès qu’il rencontre. J’espère que ça va changer. Oui. Évidemment que ça va changer, sinon qu’est-ce que je fous encore là?

- Je marche avec les pieds en dedans. Quand j’étais petite, on me faisait faire des tours de tapis, en marchant bien le long de la bande, pour corriger ce défaut. Ça n’a strictement servi à rien et bon finalement, j’ai quand même survécu.

- Quand je suis toute seule chez moi, je parle énormément. En anglais, principalement. Ou alors avec un accent québécois approximatif (je veux dire par là qu’un québécois ne reconnaîtrait son accent en aucune façon).

- Je suis audacieuse, mais les gens ne s’en rendent pas compte.

- Longtemps, je me suis sentie inappropriée à ce monde, à cette vie, mais on dirait que petit à petit, j’arrive à dealer avec ça. Ça a ses bons côtés, aussi, d’être à côté de la plaque.

- J’ai les dents très en avant et ça ne me dérange pas du tout.

- Hey dis donc, on y prend goût à ce truc.

- Au moins une fois par jour, je peux voir dans le regard de quelqu’un, que je viens de dire quelque chose qui lui paraît bizarre. Parfois ça m’amuse, parfois, ça me donne même un sentiment de supériorité (ambiance : « t’es nul, tu comprends rien à rien »), mais le plus souvent ça me rend triste. J’entends ma petite voix, super en colère, me dire « Mais putain, tu vois pas qu’on dit pas des choses comme ça, dans la vie! C’est quoi ton problème à toi, sérieux? Fais un effort, merde! »

- Je ne me sens vraiment à ma place dans aucun groupe social. Mais tant qu’à choisir, bobo, en fait ça m’irait bien.

- J’appelle mon chat : « mon petit ours », « ma palourde », « mon raton », « mon petit loutron mignon »… par contre, à tous les autre animaux craquants, je dis « minouuuuuuuuu » sur un ton complètement débile.

- Souvent quand je chante, je modifie la mélodie. C’est les paroles des chansons, que je garde. Ainsi j’ai au moins cinq mélodies différentes pour « À moi forban », « J’ai un bonnet rouge » (des traits sur les yeux…) et « une souris verte », chansons que je fredonne le plus fréquemment.

- Je mange trop vite. C’est une chose dégoûtante qui me fait honte et dont je voudrais perdre l’habitude, mais j’arrive pas.

- Fumer c’est mal. Et quand même je le fais.

- Une fois, j’étais si en colère que je me suis dédoublée. Je criais, je criais et en même temps un peu plus loin, à quoi, cinquante centimètres, je me regardais faire en pensant : « Wow, on dirait que t’es vraiment en pétard, là… ». Du coup, ça m’a fait très peur et j’évite de crier sur les gens, maintenant.

- Je n’ai pas eu de crise d’adolescence. Je suis sage.

- J’ai une curiosité gustative naturelle pour tout. Je veux dire VRAIMENT pour tout : le thé, les feuilles de thé, l’emballage des feuilles de thé, la ficelle qui retient le sachet, la tasse qui contient le thé. Fort heureusement, je me domine et me contente des choses autorisées à la fois par mon système digestif et l’opinion sociale.

Des mois de silence et bim, deux billets d’un coup. C’est drôle comme une chose en entraîne tout de suite une autre…

Crédit : La photo qui illustre ce billet provient de la série Deux, du photographe Jon Duenas dont j’aime beaucoup le travail.