Venise en hiver, c’était un rêve de longue date. Il me restait encore le souvenir ébahi – mais cuisant – de la cité des Doges sous le soleil de plomb de juin 2007 où, avec ma cousine, nous avions invité ma grand-mère à l’occasion de ses quatre vingts ans, honorant ainsi une promesse faite alors nous étions enfants.

Mais en vérité, cette Venise-là, la Venise de Juin, si somptueuse soit-elle, n’avait pas grand chose à voir avec ma Venise rêvée, cité surgie des mers que j’imaginais faite d’irréalité, de brume, de lumières hésitantes perdues au milieu de longues nappes d’eau imprécises, et nimbée d’un silence envoûtant.

Voilà dix ans que je rêvais de découvrir cette Venise romanesque, de préférence au bras de mon amoureux. Et même si nous n’y sommes restés que le temps d’un petit week-end, Venise a tenu toutes ses promesses et s’est montrée exactement telle que je l’imaginais à cette période de l’année : humide, perpétuellement diluée dans différentes teintes de ce gris chargé de mystères, et pourtant d’une splendeur écrasante.

Visiter Venise en automne ou en hiver est une excellente idée. Je ne pense pas que j’y retournerais à un autre moment : le tourisme, bien que présent, y est vraiment supportable dès que l’on sort de la grande artère principale, les commerçants plus enjoués – ce qui se comprend aisément – et même si l’on n’est pas à l’abri de l’acqua alta (lorsque la conjonction de différents paramètres météorologiques fait monter le niveau des eaux) rien ne garantit que le soleil ne finira pas par pointer son nez à un moment ou à un autre.

Voici quelques photos rapportées de ce très court séjour. Et, bien que ce billet soit moins un guide qu’une promenade, vous trouverez à la fin, plein de petites infos un peu en vrac à glaner pour préparer votre week-end, qui peut facilement être improvisé : nous avons tout organisé moins d’une semaine avant le départ. “Tout” c’est-à-dire pas grand chose en réalité : l’hébergement, le billet et le transfert car tout le reste peut aisément s’improviser sur place, à moins évidemment que vous ayez en tête une soirée à la Fenice ou un dîner dans le restaurant le plus prisé de la ville.

Venise en hiver, le jour...

Venise est probablement l’une des seules villes touristiques au monde où l’on peut accueillir la brume avec plaisir. Ou, sinon avec plaisir, du moins avec curiosité. Ce petit manteau de coton, comme la neige, présente de nombreux avantages dans une ville surpeuplée. Par une sorte de magie, les sons paraissent venir de plus loin et l’énergie des êtres semble contenue en dedans d’eux-mêmes, si bien qu’il est facile de vivre sa propre histoire, préservée d’interférences malencontreuses.

Ainsi, je garde un souvenir très tranquille de cette longue journée durant laquelle nous n’avons fait que marcher, flâner, s’égarer et de laisser porter par nos pas.

Venise en hiver, la nuit

Si l’un de vos grands plaisirs lorsque vous êtes en voyage consiste à prendre des photos, retenez que la ville, quelques minutes avant la tombée de la nuit, prend des couleurs incroyables. Entre chien et loup, les premières lumières des réverbères, des restaurants et des palais viennent réchauffer le ciel qui s’assombrit et donnent à Venise des airs de décor de cinéma. Le revers de la médaille hivernale : cela ne dure que quelques minutes, une quinzaine au plus. Il faut donc se donner rendez-vous avec le point de vue d’où vous désirez admirer le spectacle, et vous montrer ponctuel… ce que je saurai pour la prochaine fois.

Quelques pistes…

Voici à présent quelques pistes un peu désordonnées pour vous aider à préparer le voyage. Quelques jours avant de partir, j’avais rassemblé pas mal d’idées et de conseils, de liens, de comptes Instagram… vous trouverez tout cela à la fin de cette petite liste.

De l’aéroport à l’hotel. Au moment de réserver votre billet, il vous sera certainement proposé de réserver le transport jusqu’à votre hôtel dans un bateau-taxi partagé, ce qui n’est pas nécessairement la meilleure idée, d’après ce que nous avons expérimenté : c’est très coûteux et on ne gagne pas grand chose à faire le voyage dans ces speedboat, loin d’être aussi confortables qu’ils n’y paraissent. Deux options moins coûteuses s’offrent à vous : en voiture, si votre hôtel ne se trouve pas trop loin de la gare routière (vous aurez bien d’autres occasions de vous déplacer en bateau), où en bateau-ferry. C’est la compagnie Alilaguna qui se charge du transport des voyageurs et vous pouvez réserver vos billets sur Internet avant votre départ.

Planifier la journée. Attention : la nuit tombe très vite en novembre. Notre vol à l’aller avait 1h30 de retard et en atterrissant autour de 15h, nous avons à peine aperçu le jour. Découvrir Venise à la tombée du jour est une expérience magnifique, mais la journée, du coup, nous a paru très courte, même si cela ne nous a pas empêchés de nous promener, au contraire ! Nous avons pu arpenter l’artère principale de la ville, découvrir le Rialto et la place St Marc dans une relative tranquillité et expérimenter les bouchons vénitiens sur le vaporetto pour rentrer à l’hôtel. Mais nous n’aurions pas fait cela plusieurs soirs de suite. Aussi, pensez à réserver les moments de marche et de promenade au matin et au début d’après-midi et les visites à partir de 16h ou 17h.

Les pieds dans l’eau? C’est possible, oui ! Nous ne sommes pas passés loin de l’acqua alta, lors de notre séjour et nous n’étions pas du tout équipés pour nous promener les pieds dans l’eau. Pensez bien à prendre avec vous des bottes en caoutchouc si vous décidez de voyager à cette période de l’année. Vous pouvez vous renseigner quelques jours avant votre voyage en consultant la météo locale.

Tourisme de masse. Ne vous laissez pas impressionner par le côté touristique de la ville. Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu de la part de mes amis “ce qui me fait peur à Venise, c’est le côté Disneyland”. C’est pourquoi je me permets d’insister : certaines artères sont effectivement très empruntées, voire carrément bouchées à certaines heures (c’était le cas lors de mon séjour, en été) mais pour l’essentiel, on peut facilement s’en remettre au destin, emprunter n’importe quelle petite ruelle et se promener le nez au vent, sans vraiment se soucier du plan. Venise est une petite ville : il vous suffira de quelques heures de marche pour vous repérer facilement. C’est même étonnant à quel point on s’y sent vite comme chez soi.

Dormir. Je n’ose pas vous recommander notre hôtel, qui était somptueux, car nous nous sommes fait un vrai cadeau en dormant au Papadopoli qui a beaucoup d’étoiles accroché à son nom et dont la situation est parfaite (à deux pas de la gare routière et de deux arrêts de vaporetto). Il me semble que nous avons même hérité d’une des plus jolies chambres : avec terrasse donnant sur le canal (chambre 525). Si vous avez envie de vous gâter, c’est une excellente option. Je vous invite tout de même à faire l’économie du petit déjeuner qui, bien que tout à fait correct, n’est pas indispensable dans une ville qui fourmille de petits coins où prendre un café sur le pouce avec une pâtisserie, ou des latte à emporter.

Visiter. Contrairement à la plupart des villes touristiques où les choses à faire, à voir, à vivre sont situées en différents points de la ville, Venise est remarquable en elle-même. Chaque recoin de Venise mérite notre attention. Ainsi, nous n’avons pour ainsi dire rien visité, même si la ville regorge de choses à faire. Notre micro séjour nous ayant obligé à faire des choix, nous avons opté pour de longues promenades. Mais vous pouvez rentrer dans n’importe quelle église (certaines sont payantes), les oeuvres d’art y sont exposés comme des petits pains dans une boulangerie, souvent entassés les unes à coté des autres, souvent moyennement bien éclairés et sans mise en valeur particulière… ce décalage entre la valeur patrimoniale des toiles et la manière dont elles sont parfois traitées m’a plusieurs fois fait hésiter entre consternation et hilarité.

À faire absolument. Cela vaut vraiment la peine de vous lever aux aurores pour découvrir le grand canal, vous offrir le vaporetto jusqu’à la place St Marco, par exemple. S’il fait beau, vous profiterez d’un somptueux lever de soleil. Si le temps est à la brume, vous aurez le sentiment de traverser un rêve. Cette promenade au petit matin est peut-être mon plus joli souvenir de ce week-end.

Ensuite, ne résistez pas à prolonger la promenade qui commence place St. Marco et vous conduit aux jardins publics (et à la biennale, si l’art moderne vous intéresse), puis au quartier résidentiel de Canaletto où nous avons adoré nous promener et prendre un petit déjeuner matinal au milieu de la vie des vénitiens. C’est un des quartiers que j’ai eu le plus de plaisir à visiter.

Buongiorno ! Essayez d’apprendre quelques mots d’italien avant de partir. J’avais déjà remarqué qu’en Italie, les gens y sont tout particulièrement sensibles et, comme on nous fait sentir parfois à quel point notre statut de touriste est pesant, c’est une bonne manière de dérider vos interlocuteurs.

Se régaler. Vous risquez d’avoir du mal à trouver un restaurant qui ne soit pas trop touristique, aussi, si la gastronomie est importante à vos yeux, je vous invite à préparer ce point avant votre venue.

Nous avons été pourtant très chanceux. Le samedi soir, nous avons dîner dans un petit restaurant nommé “The Flat” et nous gardons un souvenir impérissable des légumes frits que nous y avons dégusté.

Le lendemain soir nos pas nous ont conduits dans un de ces restaurants à la carte traduite en quatre ou cinq langues, mais bien noté sur différents sites internet, le Al bacco Felice, et nous avons bien fait de passer la porte. On y mange très bien, le personnel est souriant et adorable avec tout le monde, et les gens du quartier semblent se mêler avec plaisir à la foule des touristes. Bref, un restaurant sans réelle étiquette où nous avons parlé avec nos voisins de table et passé un excellent moment.

Et les gondoles? Alors, indispensable ou pas, un tour en gondole? En vérité je ne sais pas trop quoi vous dire. Nous avons choisi la tombée de la nuit pour notre promenade, qui partait d’un ponton situé non loin du pont du Rialto, ce qui nous a permis de voguer quelques minutes sur le grand canal, mais de bifurquer rapidement vers des canaux étroits, privés de trottoirs et donc d’accès piétons, ce qui est à mes yeux l’intérêt principal – et réel – de la promenade. Et après une journée de marche, c’était un préambule délassant à la soirée.

Cependant, il s’agit réellement d’une attraction de luxe : 80 euros pour environ 35 minutes (100 euros pour la promenade de nuit) que je ne m’offrirai sans doute pas deux fois. Sachez aussi que la location d’une gondole est à prix fixe unique quel que soit l’endroit où vous vous trouvez dans la ville et le nombre de passagers.

Des quartiers préférés? Difficile à dire, car nous avons arpenté la ville en tous sens. Je dirais que mes favoris ont été les quartier de Castello, Santa Croce et Dorsoduro. Nous n’avons pas visité le quartier de Canareggio qui semble pourtant avoir toutes les faveurs. Nous avions réservé une matinée à ce quartier, mais une petite tempête ce matin-là a changé nos plans.

Faire de belles photos

Venise regorge de point incroyables pour faire des photos, mais en voici quelques uns qui sont, à mon avis, à ne manquer sous aucun prétexte.

Le pont du Rialto est bondé en permanence, même si vous vous y promenez en fin de journée, car en plus de figurer parmi les attractions touristiques incontournables, il permet de traverser à pied le grand canal. Mais ne vous privez de la vue qu’il offre sur le grand canal sous aucun prétexte. C’est à couper le souffle, quelle que soit l’heure de la journée.

Tant que vous êtes près du Rialto, ne négligez pas le point de vue hallucinant que l’on peut avoir de la ville en montant à la terrasse du Fontego dei Tedeschi que l’on pourrait désigner comme le “Bon Marché” vénitien. Vous pouvez accéder gratuitement à la terrasse de ce superbe centre commercial, par contre, il faut réserver votre place. Je vous conseille vivement de le faire avant votre départ afin d’être certaine de choisir votre créneau horaire (par exemple 15 minutes avant le coucher du soleil).

L’endroit que j’ai préféré prendre en photo est la promenade qui part de la place St. Marco jusqu’aux jardins publics en longeant la lagune. La brume, les teintes de l’eau, la couleur des réverbères, le calme ont fait de ce moment l’un des moments inoubliables de ce séjour. Et, en empruntant ce chemin, vous passerez devant le Pont des soupirs :)

Une visite en vaporetto vous permettra, elle aussi, de faire de très belles photos du grand canal. Si vous le pouvez, levez vous aux aurores pour profiter d’un possible lever de soleil sur le grand canal. Quel que soit le temps, vous ne pouvez pas être déçue.

J’ai adoré faire des photos le long des canaux qui bordent les jardins publics. Ce mélange de rose et de verts est simplement extraordinaire. En vous perdant dans les ruelles de ce quartier, c’est là que vous flânerez sous les guirlandes de linge qui sèchent entre les bâtiments.

Ressources pour préparer votre voyage

Voici pour terminer ce long billet quelques liens qui m’ont aidée à préparer notre itinéraire et faire nos choix dans le peu de temps que constitue un week-end.

Le compte Instagram Velvet Louise qui regorge de jolies photos de la ville que l’auteur semble connaître comme sa poche.

Le compte Instagram de Griottes sur lequel Emilie propose plein d’adresses alléchantes (dont nous n’avons pas pu profiter cette fois, mais ce n’est que partie remise) et de belles idées de promenade.

Le billet d’Annouchka sur son séjour dans la ville

Et le cartoville “Venise” qui est généralement mon compagnon préféré pour un voyage de courte durée.

Cette fois je m’arrête-là et j’espère que toutes ces petites pistes vous seront utiles :)

J’ai adoré faire des photos de ce mini voyage. L’omniprésence de la brume a quelque chose de vraiment exaltant, même si elle représente aussi un petit challenge en photo et que j’ai du faire beaucoup d’essais ensuite, pour obtenir un reportage photo harmonieux. Ce sera donc le sujet du prochain billet : des pistes pour construire un reportage photo cohérent et harmonieux (ça marche aussi pour son compte Instagram ^^).

Je n’aime pas trop pêcher, en vérité. Il me reste toujours en mémoire le souvenir des maquereaux qu’on achève en leur administrant une sorte de coup du lapin, et l’odeur écoeurante du sang répandu dans le bateau. Si la pêche à pied me plait, c’est essentiellement car elle peut tenir aussi de la cueillette (si l’on n’est pas trop attaché à l’idée de rentrer chez soi le seau plein à raz bord). Avancer tranquillement, les yeux scrutant le sol à l’affût des signes : un jet d’eau, cette forme particulière de protubérance à la surface du sable ou bien tout simplement, un coquillage – un peu naïf sans doute ou bien carrément suicidaire – qui n’aura pas jugé utile de s’enfouir à bonne distance des regards.

Même s’ils ont souvent de la peine à le reconnaître, bien des pêcheurs ne sont là que pour le plaisir de cette cueillette un peu négligente. Cette séance de méditation l’air de rien. C’est toujours touchant de voir quelqu’un dissimuler une joie contemplative derrière ce qui ressemble à une activité utile. Et je parie qu’ils sont nombreux, ceux qui n’ont pas conscience de leur petit manège intérieur, qui se font croire à eux même qu’ils aiment pêcher pour le plaisir de rapporter le diner alors qu’ils satisfont un besoin bien supérieur encore à mon avis : celui d’autoriser leur cœur à flâner librement.

Et finalement, il y a la cocasserie absolue de cette posture qui nous place tous sur un pied d’égalité. Le marin chevronné doté d’un outillage aussi usé que précis et la novice venue en tongs, armée seulement d’ongles fraîchement manucurés ; l’affamé résolu à rapporter le diner et le philosophe seulement gourmand d’idées nouvelles ; le chasseur animé par la traque et le flâneur intéressé surtout par les reflets du ciel sur les vaguelettes de sable… Chacun est là, avec sa propre perception du monde, dans une histoire qui n’appartient qu’à lui, mais au bout du compte, tout le monde se retrouve avec les fesses en l’air.

Je vous laisse méditer là dessus 😜

Cet été avec papa, nous sommes allés nous promener le long des sentiers côtiers en ramassant des mûres sauvages, qui poussent en abondance le long du littoral. Et, même si la plupart d’entre elles étaient encore bien rouges, rien n’a pu nous empêcher de couronner cette promenade d’une triomphante récolte. Assez pour faire un pot entier de confiture (nous avons le triomphe facile).

C’était une après-midi si ordinaire.

Difficile, même, d’imaginer à quel point elle était ordinaire. Un moment en famille d’une totale banalité.

Pourtant, de ces quelques heures de balade, il me semble qu’on pourrait faire un mètre-étalon de ce à quoi nous aspirons essentiellement, dans la vie. Cet état de tranquillité où l’on s’oublie un peu. Quand on se fiche enfin la paix et que juste, on est là à se dire des choses qui n’ont pas vraiment d’importance et empiler des mûres dans une bouteille.

Un moment qu’on pourrait appeler “état de grâce” si l’on ne craignait pas tout le temps de parler sans savoir, à propos de choses qu’on ne connaît pas. Alors que notre coeur, lui, sait bien de quoi il retourne.

Bien sûr, c’était un état de grâce.

Oh, comme j’aimerais en comprendre les ingrédients, le temps de cuisson, l’assaisonnement parfait et les conditions de conservation. Comme je cherche !! À chaque instant, je cherche. Mais l’état de grâce – on le sait depuis le temps – ne livre pas facilement ses mystères.

Par contre les mûres sauvages, elles, en auront désormais à tout jamais la couleur et le goût.

Je suis en voiture, au moment où j’écris ces lignes, comme souvent le vendredi soir. L’une de mes occupations favorites consiste à éditer et trier des photos, activité méditative parmi les plus relaxantes que je connaisse.

Et tout à coup celle-ci, dont j’avais oublié l’existence. La carte écrite par ma grand-mère pour mon anniversaire en 2015 (la dernière qu’elle m’ait envoyée, je le réalise en l’écrivant). Je l’avais aimantée au frigo parce qu’elle représente un dessin de mon père. Mais aussi à cause de l’écriture de Mamy, que j’adore. Mamy avec cette coquetterie du Y, qu’elle avait certainement imposé elle-même. Ce petit exotisme convenu et adorable.

Mais surtout, j’aime la manière dont elle traçait “Mamy” avec les lettres qui deviennent de plus en plus petites au fur et à mesure. Cet envol.

Il y a quelques années, elle avait terminé un courrier par cette phrase que je n’oublierai jamais : “Mon écriture devient de plus en plus petite ; tu vois ma chérie, je disparais doucement.”

Et ça aussi, c’était quelque chose que j’aimais : ce germe de poésie que ni son éducation ni le milieu auquel elle appartenait n’avaient été en mesure de déceler et nourrir, et qui surgissait malgré tout quelquefois, comme des fleurs sauvages au milieu d’un jardin français.