Hey dis donc ! Merci pour le super accueil que vous avez réservé au dernier billet, celui dont la mission était de libérer le petit génie qui se trouve au fond de votre poche (je parle de votre téléphone portable) ! J’ai décidé de vous proposer une série de billets plus concrètement orientés « photo », dans les jours qui viennent, pour vous aider à avancer dans votre pratique de la photo, à l’aide de votre petit génie.

D’ailleurs, si vous savez déjà que vous avez envie d’aller plus loin, c’est le moment où jamais : les inscriptions pour l’atelier InstaGratitude – un workshop photo en ligne de six semaines pour apprendre à faire des photos qui racontent vraiment ce que vous avez envie de partager – ferment demain (le lundi 23 janvier à minuit).

Aujourd’hui, on va parler retouche. Si vous vous êtes du genre à vous demander, en regardant votre compte Instagram préféré : « Mais bon sang de bois, QUEL FILTRE elle utilise !?! » vous allez enfin avoir une réponse.

En vrai, il y a trois chances sur quatre pour que la personne à laquelle vous pensez n’ait pas utilisé de filtre. Et si vous vous posez cette question : neuf chances sur dix que vous, vous n’ayez jamais vraiment pris le temps d’éditer une photo :)

Retoucher, éditer… il y a une différence ? J’imagine que les puristes verront de multiples subtilités. Pour ma part, je pense « retouche » lorsque l’image est extrêmement retravaillée et modifiée (les photos de @mattcrump, pour moi, sont retouchées car elles s’éloignent énormément de la réalité et me font davantage penser à des tableaux que de la photo) . Et je pense plutôt « édition », lorsqu’il s’agit davantage de corriger les petits défauts de la photo, et/ou de lui donner un petit twist personnel. Un peu comme un filtre, si vous voulez… mais un filtre que vous auriez créé vous-même.

Pour vous donner un exemple concret, nous allons regarder les différentes étapes par lesquelles j’ai fait passer cette photo avant de la publier sur mon compte Instagram. Depuis la photo brute, en passant par l’édition, et une petite retouche finale.

Mais pour le moment, accordez juste un peu d’attention à ces six images (l’image finale se trouve tout en haut à gauche et l’image brute en bas à droite). Vous trouvez probablement qu’elles se ressemblent énormément. Mais vous allez le voir ensuite, pas tant que ça, justement. Chaque étape a son importance et une multitude de petits détails dont la différence.

C’est parti ? Dans les images qui viennent, nous allons décortiquer ensemble les étapes successives par lesquelles je suis passée pour obtenir l’image finale.

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Un petit shoot de luminosité

Comme vous le voyez sur l’image ci-dessus, j’ai commencé par éclaircir mon image. Dans le guide « faites de votre téléphone portable un véritable appareil photo« , je vous parle de l’exposition et de la manière dont vous pouvez contrôler cela sur votre téléphone au moment de prendre la photo. Mais vous pouvez aussi le faire ensuite, une fois que la photo est prise (parfois il vaut mieux utiliser la correction d’exposition au moment de prendre la photo. D’autres fois, c’est mieux si on le fait après). C’est ce que j’ai fait ici. J’avais envie d’une image qui raconte mieux l’été, la lumière omniprésente, la clarté très pure de cette journée particulière. Et du reste, la réalité de ce que j’avais sous les yeux, par exemple les différentes nuances à la surface de l’eau, se rapprochait davantage de la version lumineuse.

Dans mon application d’édition (ici Vsco), j’ai donc augmenté un peu l’exposition et cela fait déjà une grande différence. On pourrait dire que j’aurais même pu m’arrêter là. Ce n’est pas souvent le cas, mais ici, la lumière était parfaite donc le travail vraiment facile.

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Souligner les détails

J’aurais pu m’arrêter là, mais je trouvais que la mer manquait de relief. Comme une sorte de flou en arrière plan que j’avais envie de corriger pour mieux souligner les jolis reliefs des eaux calmes, comme c’était le cas ce jour-là.

Pour tout cela, mais aussi pour donner davantage d’intensité au bleu de la mer, j’ai utilisé l’outil « clarté » qui aide à redéfinir les contours d’une image (attention à ne pas en abuser, sinon l’effet est vraiment bizarre).

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Donner du punch à l’image et aux couleurs

Mais il y a encore un petit truc qui me chicotait. Je trouvais que l’image manquait tout de même globalement de relief. De punch. C’est quelque chose qui arrive souvent lorsqu’on éclaircit beaucoup une photo. Heureusement, il y a différentes façons de corriger cela.

Ici, j’ai poussé un tout petit peu le contraste (un principe simple : les couleurs claires deviennent plus claires, les couleurs foncées, plus foncées), en essayant de ne pas exagérer pour que les parties les plus claires de l’image ne soient pas altérées. C’est souvent l’ennui, lorsqu’on joue trop avec le contraste : on améliore une partie de l’image, mais on abime l’autre. Donc une fois encore : avec modération.

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Sus aux parasites !

À ce stade, mon image me convenait globalement, mais j’étais embêtée par ce petit bout de parasol à gauche, qui perturbait la composition. Je remarque que souvent, ce sont des choses auxqelles ont ne fait pas attention alors qu’elles perturbent énormément la lisibilité d’une image. C’est d’autant plus dommage que c’est un problème extrêmement simple à résoudre : il suffit de le supprimer ! C’est donc ce que j’ai fait, de la manière la plus simple possible grâce à l’appli « Touch Retouch » qui accomplit facilement pour vous ce genre de petits miracles ^^

En écrivant ces lignes, je me rends compte que j’aurais aussi pu supprimer le petit bateau noir, à droite du pied du parasol :)

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La touche finale

Mais sur mon compte Instagram, j’aime bien qu’il y ait une touche de rose sur les images. J’avais aussi envie de donner une impression « rayon de soleil », « chaleur extrême ».

J’ai donc ajouté un petit filtre lumineux, via une autre application que j’aime bien : « Color Story ». C’était tout à fait superflu, et de manière générale, j’essaie vraiment de ne pas avoir trop souvent recours à ce genre de subterfuge. Mais dans ce cas précis, j’aime bien cette petite nuance rosée qui vient balayer l’image et je trouve que ça contribue à son charme.

La photo était enfin prête à être publiée. Expliqué pas à pas, ces cinq étapes vous semblent peut-être un peu longues, mais elles ne le sont pas du tout : tout cela m’a pris en tout et pour tout trois minutes. Bien sûr, c’est très rapide pour moi, car j’ai une longue habitude de ces outils et que je sais à l’avance ce que je vais pouvoir obtenir d’eux ou pas, dans quelles circonstances ils me seront utiles et à quel moment ça ne sert à rien d’essayer. Ce qui prend du temps, c’est de tâtonner à l’aveugle, sans comprendre vraiment ce qu’on fait, ni pourquoi on le fait. Mais ce sont des habitudes faciles à prendre et après quelques semaines de pratique, vous aurez l’impression d’avoir fait ça toute votre vie, comme la chose la plus naturelle du monde.

Si vous avez envie d’aller plus loin, il vous reste exactement 48 heures ! La saison 2 de l’atelier Insta-Gratitude commence mardi ! Six semaines pour apprendre à faire des photos à l’aide de votre téléphone portable ( je suis toute excitée car il y a plein de nouveautés, notamment une plateforme privée étudiée spécialement pour l’atelier, à laquelle je travaille d’arrache pied depuis des jours et qui a enfin une forme qui me plait ).

Si vous avez envie de rejoindre un groupe bienveillant et chaleureux, où chacun apprend à son rythme en fonction de ses besoins et de ses attentes, c’est le moment ^^.

Conversation classique, dans la voiture, avec le chauffeur de taxi : « Et vous, vous faites quoi, dans la vie ? » Je vous épargne le long supplice habituel à chaque fois qu’on me pose cette question (« heu »… « je »… suivi d’une longue liste d’activités) pour en arriver à la chute de ma phrase : « Et aussi, j’apprends aux gens à faire de belles photos avec leur téléphone portable« .

Grand blanc dans la conversation.
Regard de stupéfaction dans le rétroviseur.

« AH BON ?!? Il y a des gens que ça intéresse !!!!? »

Visiblement, le monsieur n’en revenait pas. Et moi de mon côté, je n’en revenais pas qu’il n’en revienne pas. Long argumentaire pour lui expliquer par le menu le pourquoi du comment, mais je le voyais bien : aucune de mes explications ne semblait trouver grâce à ses yeux. Je sentais à sa moue qu’il se demandait même si je ne me foutais pas un peu de lui. Ce genre de situation à la fois désolante et hilarante. Moi égrenant les explications ; lui de plus en plus sceptique.

Et puis bon, ce petit manège a fini par m’agacer et plutôt que prendre la mouche, j’ai préféré lancer un autre sujet de conversation. Nous en sommes restés là.

Il n’empêche. Ça m’a travaillé cette histoire.

Elles me semblent tellement évidentes, à moi, les raisons pour lesquelles ça vaut le coup d’apprendre à utiliser l’appareil photo de son téléphone plutôt que d’investir dans un coûteux instrument qui, en particulier si au départ on n’y connaît pas grand chose en photo, donnera exactement les mêmes résultats (voire meilleurs, dans certains cas). Elles me semblent tellement évidentes que visiblement, je ne trouvais pas les mots pour les lui expliquer :)

Et comme souvent dans la vie, il est bon de garder la question dans sa tête et la laisser tranquillement faire son chemin. Toujours cette histoire d’Aléthiomètre, vous vous souvenez ? C’est pendant les vacances, que j’ai compris ce qui se passait.

On ne comprend pas ce qu’il y a de nouveau à apprendre sur un téléphone portable, parce qu’on pense qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour prendre la photo. Et que nos possibilités se limitent plus ou moins à cela.

Au contraire, il est très facile de voir que pour apprendre à utiliser correctement notre nouvel appareil Reflex, ce peut être une bonne idée de prendre des cours : il y a des tonnes de boutons partout, des symboles mystérieux auxquels on ne pige pas grand chose et un nombre effroyable de réglages à faire dans tous les sens. Dans ces conditions, évidemment : ça peut être super utile d’être guidé.

Sauf que.

Ces réglages là, on peut faire les mêmes avec son téléphone. En tout cas un grand nombre d’entre eux. Et c’est le fait de savoir les utiliser qui peut faire s’envoler la qualité de vos photos ! Les appareils des téléphones portables sont très performants, mais pas uniquement à cause de la qualité de leur lentille ou bien de la haute définition des images. Ils sont performants parce qu’on peut effectuer une multitude de petits ajustements qui changent absolument tout. Exactement comme avec un appareil Reflex.

Si vous vous contentez de prendre des images en mode automatique avec votre Reflex, croyez moi, vos photos ne s’amélioreront pas d’un pouce. Et c’est pareil avec l’appareil photo de votre Iphone :)

Tous ces petits réglages sont aussi disponibles dans votre téléphone, mais la plupart du temps, ils sont cachés pour vous simplifier la vie. Hélas, en vous simplifiant la vie, ils vous empêchent aussi de prendre conscience de toues les possibilités inexploitées que vous tenez entre les mains chaque fois que vous faites une photo.

Comme le chauffeur de taxi, vous faites une moue dubitative ? Il suffit de vous promener sur ce blog. Voilà plusieurs années que je n’utilise plus que mon téléphone portable pour faire mes photos, les éditer, les retoucher et les publier. Que ce soit ici, pour mon compte Instagram ou même pour certains travaux de photographie : je n’utilise plus mon Reflex que dans certaines situations très particulières, notamment – vous allez rire – pour que ça fasse sérieux : on aura davantage confiance en vous si vous vous trimballez avec un gros bazar noir au bout du nez et tournez cent cinquante molettes en prenant un air inspiré avant d’appuyer sur le déclencheur, que si vous faites ces mêmes manipulations sur l’écran d’un petit téléphone qui pèse moins de 200gr… et que des millions de personnes utilisent tous les jours.

Bref, il n’y a aucun doute là-dessus : l’appareil photo de votre portable peut faire des miracles, mais il ne peut le faire que si vous l’utilisez correctement. Ah oui dis donc : pareil que votre Reflex.

Bien sûr, pour mieux exploiter les possibilités de mon téléphone, j’y ai apporté quelques modifications : des applications essentiellement et quelques gadgets. Mais les applications que j’utilise sont gratuites, pour la plupart. Et pour les autres, si j’ai dépensé 30 euros en tout et pour tout, c’est vraiment le bout du monde. Comparé à la note que représente l’achat d’un Reflex + d’un logiciel d’édition d’image + les diverses cartes mémoires, disques durs etc… que constitue l’acquisition d’une vraie station de travail, ça vaut tout de même la peine de se poser la question, vous ne trouvez pas?

Du coup, j’ai préparé un petit guide pour vous aider à en faire l’expérience ! Vous montrer où se trouvent ces fameux réglages et vous expliquer deux ou trois petites choses pour vous aider à démarrer. Il suffit de remplir ce formulaire et vous le recevrez directement dans votre messagerie, dans les secondes qui suivent :)

Vous pouvez aussi sauter cette étape et rejoindre directement ma formation Photo, l’atelier Insta-Gratitude, qui commence la semaine du 24 janvier (c’est-à-dire la semaine prochaine) et où il reste quelques places. Vous y apprendrez à utiliser tous ces mystérieux réglages, mais aussi à éditer vos photos (parce que oui, bien sûr, derrière une jolie photo, il y a presque toujours un petit travail d’édition). Vous aurez l’occasion de pratiquer pendant six semaines au sein d’un groupe super enthousiaste et bienveillant. Et vos photos ne seront plus jamais les mêmes :)

Dans tous les cas : maintenant, c’est à vous de jouer !

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Alors, 2016 ? À cette question comme à toutes les questions, il y a plusieurs réponses. « La réponse du savant, la réponse du poète » comme l’écrivait si joliment Pierre Bottero qui en dénombrait deux. Et je crois en fait qu’il y en a plus encore.

Ainsi, à la seconde où je formule cette question du bilan de l’année qui vient de s’écouler, surgissent, les sentiments mêlés, parfois contradictoires, de la femme, de l’auteur, de l’entrepreneur, de l’amoureuse, de la fille, de la soeur, de celle qui tient les comptes, de celle qui vit d’amour et de beauté, de celle qui voudrait tant ralentir un peu, de celle qui éprouve un besoin si absolu d’accomplir quelque chose… Chaque voix tente de se faire entendre un peu plus que les autres, persuadée que son avis vaut plus et mieux que celui de ses consoeurs. Et ce qui me vient à l’esprit en premier : que j’aime notre complexité ! Comme ce sac de noeuds me passionne et me fait aimer la Vie !

On m’a parfois dit cette année que je me posais trop de questions, et à chaque fois, mon coeur s’est exclamé « jamais ! », jamais trop de questions. Je suis bien trop heureuse de faire partie de ce monde fou, incompréhensible et où tout est sujet à interrogation, à débat. Ce monde où aucune vérité ne peut se targuer de mieux valoir que les autres. Et où ce qui est « vrai » ne peut l’être que pour une personne donnée, à un moment précis, en fonction de ce qui se passe dans sa vie et de tout ce qui s’est passé avant pour elle. J’aime savoir que ce que je crois aujourd’hui ne sera peut-être plus vrai pour moi l’année prochaine et que les transformations se succèdent.

Quand on regarde le monde sous cet angle, comment diable ne pas s’en poser, des questions ? C’est la partie la plus intéressante de l’existence, je trouve !

Alors pour toutes ces interrogations et tous les chemins sur lesquels elles m’ont entraînée, les révélations aussi bien que les fausses pistes, les cul de sac ou les sentiers bordés de fleurs : MERCI. Merci pour cette année torrentielle ! Au moment où j’écris ces lignes, c’est ce que j’éprouve avant tout autre chose : la joie suprême d’être en vie.

Cela, c’est ce que me dit la petite voix disons… philosophique, en moi.

Mais elle n’est pas toute seule.

Voici ce que dit par exemple la voix de l’auteur. Ecrire et publier trois livres dans l’année c’était, bien. C’était trop. Et ce n’était pas assez en même temps. C’était grisant. Epuisant aussi car Manifeste pour une maison rangée, Merci, mon carnet de Gratitude et Chat, mon carnet Hygge de Sagesse (que j’appelle en secret « Le livre de Malo » et dont je n’ai d’ailleurs pas encore eu l’occasion de parler, mais qui est magnifique) ont eu la bonne idée de paraître tous les trois en même temps. C’était difficile aussi. Le monde de l’édition fonctionne sur une économie si défavorable pour les auteurs – qui touchent souvent moins que le prix de la TVA, moins que le libraire, moins que le prestataire dont le travail consiste à détruire les invendus – qu’au plaisir d’écrire se sont parfois superposées de profondes révoltes ; des moments de découragement si intenses que la voix de l’auteur s’est entendu dire « plus jamais ça », ce qui est faux évidemment. Mais l’année 2017 sera, de ce point de vue, plus calme. En refusant les propositions de livres qui se sont présentées ces derniers mois (quatre en tout) la voix de l’auteur aura de quoi mener un projet dont l’aboutissement lui tient terriblement à coeur : un quatrième roman.

Et que dit la voix de l’auteur de Cachemire & Soie, au fait ? La fin de l’année dernière avait marqué un tournant important dans la vie de ce blog : décider de faire de cet espace quelque chose de plus qu’un blog personnel. Ce qui signifiait plein de choses : avant tout donner davantage de sens et d’élan à ces pages que je griffonne ici, depuis plus de dix ans, mais aussi d’un point de vue plus pragmatique, de me permettre de construire un tout cohérent entre mes différentes activités (qui ont toutes un lien avec le bonheur). Alors douze mois plus tard, où en est-on?

Cette nouvelle aventure a représenté, sans conteste, mon plus grand challenge. Principalement parce que c’est un challenge en soi, de refuser les cases.

On voudrait faire de moi « Madame rangement » (avec Manifeste pour une maison rangée »), « Madame Gratitude » (avec « Merci, mon carnet de gratitude »), « Madame Photo » (avec mon atelier photo Insta•Gratitude), Madame « Je-ne-sais-pas-trop-quoi »… Et je ne parviens pas à me faire à l’idée d’enfermer cet espace dans l’une ou l’autre de ces étiquettes. Pourtant, la voix de l’entrepreneur sait qu’il est bien plus facile d’avoir une « niche » pour développer son activité ; un petit territoire parfaitement défini que l’on pourrait décrire en une phrase ou deux.

Alors au moment de dresser ce bilan de l’année 2016, la voix de l’entrepreneur s’indigne devant ce refus total de choisir. Elle s’écrie « Mais bon sang tu vas te décider, oui ? Tu est Madame Quoi à la fin? » et tape du pied, rouge de colère, au bord de l’asphyxie.

Seulement voilà : une autre petite voix, celle de l’intuition, répond sans trop savoir si cela l’amuse ou la navre : « Tu veux savoir quelle « Madame » je suis ? Je suis « Madame » Anne-Solange Tardy, voilà. C’est la seule étiquette qui me convienne vraiment. Et tu sais quoi ? Je peux être tout ce que je veux. C’est même cela, précisément, qui est important à mes yeux. Ce que je veux partager et porter : nous pouvons être TOUT ce que nous voulons. Chacun d’entre nous. Parce qu’être soi pleinement, complètement, c’est cela qui peut nous rendre plus heureux et nous aider à trouver notre place en ce monde, ce monde qui pourrait très bien tourner sans nous, mais voilà, on est là. Alors tâchons de trouver une bonne raison à tout ça. Et enfin parce que c’est peut-être ça la réponse à la vie, le moyen du bonheur : être soi.

Et alors la voix de l’entrepreneur rétorque, paniquée : « Oui mais bon, d’accord. Mais alors maintenant, on fait quoi? ».

La voix de l’intuition répond : « On continue, c’est tout. »

— Mais le modèle économique ? Supplie, la voix de l’entrepreneur.
— C’est vrai, admet la voix de l’intuition, on ne vit pas tout à fait d’amour et d’eau fraîche.
— Ah ! Soupire la voix de l’entrepreneur, devant cette première parole sensée.
— On ne s’en tire pas si mal, va, intervient timidement la voix de l’économe. Ça pourrait être mieux. Ça pourrait être pire.
— Tu vois, appuie la voix de l’intuition, avec un sourire de satisfaction difficile à réprimer, devant la mine déconfite de l’Entrepreneur et cette manie de ne jamais se contenter de rien.
— Je reconnais que nous avons appris plein de choses passionnantes, se rassure cette dernière comme elle peut. Même si nous avons aussi commis plein d’erreurs. N’est-ce pas ? Ajoute-t-elle en fronçant les yeux à l’adresse de la voix du technicien qui ne sait pas quoi dire tant il est conscient que c’est vrai et bredouille, défait, quelques explications sans queue ni tête.
— Et bon, encore une fois, on a fini l’année sur les rotules, murmure dans un filet à peine audible la voix de la santé dont le grand rêve serait de réussir à sermonner un peu tout ce petit monde (mais elle ne sait jamais se faire entendre).
— Oui, mais on s’est drôlement amusé ! S’enthousiasme la voix de l’enfance qui se fiche comme une guigne d’être fatiguée ou pas tant que c’est la bamboula dans les neurones ou dans le coeur.
— Bon ! Bon ! Bon ! Mais alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Recadre avec autorité la voix du chef de projet.

Comme vous pouvez le lire, le dialogue intérieur, autour de Cachemire & Soie, n’a pas fini de causer de multiples débats dans ma tête et s’il y a certaines choses que je vois assez nettement se dessiner, je sais déjà que cette nouvelle année apportera, elle aussi, des changements dont je ne peux voir les contours exacts aujourd’hui, mais qui bourdonnent avec assez d’insistance pour que je ne puisse ignorer leur présence.

En ces jours de bilans et de projets pour l’année à venir, mes petites voix intérieures se sont souvent évertuées à parler toutes ensemble, en même temps, sans plus prendre la peine de s’écouter les unes les autres, dans un tonnerre de protestations, d’idées, d’aspirations, de souhaits et de revendications.

Puis un soir, elle a surgi. Cette autre voix. Imposante et un rien solennelle, capable par son timbre et sa force tranquille d’imposer un moment de silence à toutes les autres : « Écoutons notre coeur ».

La voix de l’Amour.

— Ayons confiance. C’est tout ce que nous avons à faire.

La voix de l’amour avait parlé. Je crois profondément que tout ce qui est guidé par l’Amour est une bonne chose. Alors c’est ce que je vais m’efforcer de faire, en dépit de toutes les petites voix à l’intérieur, parfois contradictoires : faire avec amour. Certains pensent qu’il faut faire des colonnes de chiffres, mettre en place de grands tableaux avec abscisses et ordonnées, suivre la Méthode à la lettre… moi je crois que ce qu’il faut à la vie c’est surtout de l’amour.

Alors c’est ce que je nous souhaite à tous en ces premiers jours de janvier : quel que soit ce qui nous anime dans notre vie, quel que soit ce que nous avons envie de déployer cette année, gardons une place de choix pour la voix de l’Amour.

Bien sûr, elle n’est pas toute seule à régner. Il ne s’agit pas d’ignorer la voix de la sagesse, la voix de l’économe, la voix du scientifique, du philosophe, du parent, de la raison, de l’ami… Chacune a besoin de s’exprimer, d’être entendue et écoutée.Bien sûr, la voix de l’Amour n’est pas toute seule à décider.

Mais lorsque c’est elle qui préside à notre Conseil de Direction, j’ai l’impression que nous ne pouvons jamais vraiment nous tromper.

Je vous souhaite une merveilleuse année 2017.

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La dernière fois, nous avons beaucoup parlé d’inspiration et de ce que ça nous faisait, quand on se sentait inspiré, pourquoi c’était si bien. Et aussi de combien c’est important, de participer, contribuer, par exemple sur les réseaux sociaux, en créant un blog, en publiant des photos sur Instagram.

Mais, je vois bien qu’une chose en particulier semble être un frein à tout ça : la difficulté à trouver « sa direction ». Ce qui fait qu’on possède une couleur propre, une identité. C’est de cette identité dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui, parce que cette question : « j’ai envie de faire des choses, de participer, mais comment faire pour trouver quelque chose qui me distingue ? » est l’une de celles qu’on me pose le plus souvent.

Aujourd’hui donc, éléments de réponse :-)

Car en effet, trouver son « identité », sa « personnalité », ce n’est pas si simple quand on regarde l’abondance de contenus diffusés partout sur internet. Et cela demande à mon avis deux choses assez peu valorisées par notre époque : du temps. Et de la patience.

Globalement les deux réponses que l’on désire le moins entendre, dans notre monde d’immédiateté, d’astuces pour et de solutions pratiques à effet immédiat.

Alors j’ai envie de vous raconter comment ça s’est passé pour moi, afin que vous puissiez mieux mesurer l’importance de ce cheminement.

L’année dernière, à peu près à cette époque, je regardais mon compte Instagram avec une sorte d’insatisfaction : certes, les photos que j’y publiais me plaisaient et j’aimais les échanges avec les personnes qui me suivaient, mais je ne m’y reconnaissais pas vraiment. Je me sentais inspirée par plein de gens, mais je ne me trouvais pas moi-même très inspirée. Je suivais d’ailleurs un certains nombre de comptes qui me semblaient à peu près interchangeables avec le mien et finalement, je ne voyais de moins en moins l’intérêt de tout ça. Hormis le plaisir – immense – pris à prendre des photo, évidemment. Mais après tout : si je n’avais rien à apporter d’un peu singulier, pourquoi ne pas garder ces photos pour moi ? Bref, je sentais qu’un changement de cap devenait nécessaire. Mais lequel?

J’ai passé un certain temps comme ça, à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire d’intéressant. Et je me sentais VRAIMENT à court d’idées.

Alors voici ce que j’ai fait : j’ai laissé poser.

Et c’est sans doute la première chose à faire : formuler le problème et laisser poser.

N’ayant pas de meilleure idée, j’ai continué à faire ce que je faisais, mais avec cet questionnement en tête, toujours bien présent en tâche de fond. Parfois, quand on n’a pas de solution immédiate, c’est la seule option. En gros : prendre son mal en patience et avancer en n’oubliant pas ce que l’on veut changer, mais en restant attentif aux idées nouvelles qui pourraient émerger.

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