Mon frère et moi, on ne se voit pas beaucoup. Avec son travail qui le fait bourlinguer partout en Europe, mes propres pérégrinations, son amour immodéré pour la fiesta et mon rythme de vie désespérément diurne (selon lui), c’est presque un miracle quand on arrive à se croiser.
Quand on se voit aussi rarement que nous deux, forcément, les petits pas du quotidien qui nous font avancer jour après jour apparaissent comme des enjambées de géant. Changement de vie, nouvelles perspectives… On a quelquefois l’impression de découvrir un peu une personne nouvelle. Il y a toujours un moment de flottement pour retrouver ses marques, sortir des banalités d’usage et se retrouver vraiment.
Ensuite, viennent ces savoureux instants d’observation où l’on retrouve progressivement celui qu’on a toujours connu. Ses yeux qui pétillent de malice, cette maladresse apparente qu’ont toutes les personnes taillées un peu trop grand pour les standards du confort domestique, son appétit de géant, son humour, sa ressemblance hallucinante avec mon père.
Mais c’est seulement après ces retrouvailles qu’arrive l’essentiel. Car après, viennent toutes ces choses qu’on découvre toujours avec stupeur à propos des petits frères quand on a mis longtemps à les prendre au sérieux. Je crois que le statut d’aîné nous conduit parfois à quelques mauvais ajustements du côté de la lentille du temps. On ne se rend pas toujours bien compte qu’ils sont déjà des hommes depuis un bon moment. Que leur expérience vaut autant que la notre et que c’est même peut-être un peu à nous de les regarder faire et d’en prendre bonne note.
Pendant ces trois jours que nous avons passé ensemble, j’ai découvert quelques unes des belles choses que je n’ai pas toujours vues chez lui et qui étaient là, pourtant. Depuis longtemps.
Quand je regarde cette photo, c’est bien lui. J’y vois le petit garçon qu’il était. L’adolescent. Le jeune homme que j’ai vu s’épanouir ces derniers temps. Tout y est. Comme s’il n’avait rien laissé en chemin, sauf peut-être quelques cheveux sur le dessus du crâne.
Mais il y a maintenant tellement plus. Il était plus que temps que je plonge dans le bleu irréel (et non retouché!) de ses yeux pour regarder tout ça d’un peu plus près.
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23 petits mots
Frederique pour Le Coin Bio on 11.05.2009 at 3:47 .
Wow! Bravo! C’est touchant!
La méchante on 11.05.2009 at 3:54 .
Oui c’est très touchant, je ne l’imaginais pas comme ça ton « p’tit frère » :)
Poleen on 11.05.2009 at 4:03 .
C’est touchant ton message sur ton frère…
Poleen on 11.05.2009 at 4:24 .
C’est touchant ce message sur ton frère…
Anne-Sotte on 11.05.2009 at 4:25 .
Que c’est beau la fraterie ! Mon frère aussi a perdu des cheveux sur le haut du crâne…
cecilou on 11.05.2009 at 6:05 .
Suis prete a parier beaucoup, beaucoup d’aregent….. que parmis tes lectrices nombreuses se damneraient pour avoir son adresse mail au petit frere!
Photo aussi jolie que le texte :)
Foley on 11.05.2009 at 6:12 .
Très jolie déclaration à ton petit frère. C’est marrantde lire ça, car moi je suis la petite soeur et j’ai parfois l’impression que mon frére et ma soeur ont encore du mal à me voir comme une adulte et plus comme leur petite soeur :)
Mais ce que j’aime le plus c’est cette photo, si belle et si vraie, quand on voit ce regard, on n’a presque pas besoin de lire ton texte pour comprend la complicité.
Lisa on 11.05.2009 at 6:34 .
Quel bel article, j’imagine un peu ce genre de retrouvailles, je n’ai malheureusement ni frère ni soeur, mais beaucoup d’ami d’enfance, et ca fait toujours bizarre de se retrouver! Un film pourrait être fait rien qu’avec ton article :) car en le lisant j’ai vraiment eu plein d’images! merci :)
The Sweet Fairy on 11.05.2009 at 6:51 .
ces yeux!
on te retrouve dans ce regard bleuté!
aneth on 11.05.2009 at 7:22 .
oui c’est magique les petits frères. Et c’est vrai que de fait d’être l’aînée (et encore plus avec 9ans d’écart comme moi), ça fausse un peu la vision des choses!!!
Audray on 11.05.2009 at 7:26 .
Comme c’est joli ce post à ton frère !
j’en suis toute retournée !
Si non pour le bleu de ses yeux, dis toi que le gène est dans la famille… peut être tes enfants auront les yeux de ton frère par les ystères de la génétique ! :)
Lorette on 11.05.2009 at 7:54 .
Mais Brad Pitt est ton petit frère ?!!
Camille on 11.05.2009 at 11:33 .
c’est très beau, ce que tu as écrit…
je ressens un peu la même chose pour mon frère, et ça fait du bien de lire quelque chose de beau qui le revèle!
Olivia (à Paris) on 12.05.2009 at 8:17 .
Très très joli ce texte, vraiment…
et en effet je rejoins Lorette, incroyable ressemblance Bradpittienne!!
Mina on 12.05.2009 at 10:20 .
Waou ! Je suis toujours subjugée par les gens qui ont une couleur d’yeux si extraordinaire. Par contre c’est étonnant, sur cette photo vous n’avez vraiment pas l’air de vous ressembler.
Anne-So on 12.05.2009 at 10:22 .
Merci pour tous vos gentils commentaires :) Et je crois que mon frère sera ravi d’apprendre qu’il a des airs de Brad Pitt!
Ellya on 12.05.2009 at 10:52 .
attention anne so tu vas te le faire piquer ton ptit frère…. à quand une séries sur les frères/soeurs ??…
Petite Fée on 12.05.2009 at 10:56 .
Joli portrait, jolis yeux et jolie dédicace
Marieand on 12.05.2009 at 11:45 .
Magnifique texte et photo, qu’est ce que j’aimerais avoir un frère (ou une sœur) pour en parler comme ça …
Miss Magz on 12.05.2009 at 3:19 .
Un article très touchant, vraiment. Ca me fait penser à mes petits frères du coup
Elena on 12.05.2009 at 4:33 .
Je ne commente jamais ici, même si je viens souvent vous lire. Je dois avouer que cet amour de tout ce qui touche à « l’enfance » avec vos bibelots, vos lampes-lapins ou colombes (je m’y perds) m’agacent, je ne vois pas la vie avec une sucette pierrot gourmand dans la bouche. Cependant, après ces critiques, là je reste pantoise devant cet article, c’est commme la première fois que j’ai lu Musset en me disant « bon, faut que ce soit fait » et tout à coup je tombe sur une pépite qui me touche au plus profond de mon être et là je me dis « mais c’est ça la littérature », celle qui nous noue, qui nous fait nous découvrir nous-mêmes au hasard de quelques mots, celle qui nous enchante et nous fait voyager dans notre inconscient, celle qui nous apprend, celle qui nous touche comme si c’était nous qui l’avions écrite sauf que nous ça aurait été beaucoup moins bien, celle qui nous transcende. En lisant cet article sur votre frère, tout à coup je me dis que vous avez du talent, un grand talent, et très certainement trop peu exploité, vous semblez avoir des ressources littéraires et poétiques incroyables. Entretenez les, vous pourriez écrire de grandes choses. Ce texte me renvoie à la fois à Proust et à Musset. Ma profession future tient à des gens comme vous, qui savent écrire, qui savent mettre en forme les mots pour réveiller des sensations oubliées de manière grâcieuse, jamais lourde, juste vraie. Je n’irais pas jusqu’à dire que vous êtes notre nouvelle Musset, mais vous pourriez vous approcher d’un certain talent littéraire si vous décidiez d’écrire réellement.
Mon commentaire est un peu confus, mais sincère.
Marie.b on 13.05.2009 at 1:36 .
Je suis d’accord. Votre manière d’écrire sur ce blog est superbe. Un style incomparable avec le reste de la blogosphère.
Vos livres sont sympathiques, mais je n’y ai pas retrouvé cette plume, que j’aime tant, ici sur ce blog. J’espère qu’un jour les éditeurs publieront vos oeuvres romantiques (dans le sens d’exaltation des sentiments). C’est là où à mon sens vous excellez.
Vous lire ici est un réel plaisir quotidien. Merci
Anne-So on 13.05.2009 at 1:53 .
Elena, Marie. B, Vous ne trouve pas les mots pour vous dire à quel point des commentaires comme le vôtre son importants pour moi et me touchent. Et surtout ils m’encouragent tellement.
Marie. B j’espère que vos paroles seront entendues par un éditeur bienveillant!!!
Elena : Rassurez-vous, je ne vis pas non plus avec une sucette Pierrot Gourmand dans la bouche (même si l’expression est savoureuse!), mais je crois que l’enfance est le lieu où l’on se cache toujours, qui que l’on soit. C’est pour ça qu’elle m’intéresse autant. Je trouve le sujet de l’enfance d’une richesse intarissable et, d’un point de vue purement esthétique, je la vois comme un talisman protecteur qui préserve à sa façon de la crudité du monde.