Voilà enfin arrivées les vacances que j’attends toute l’année avec la même impatience, dans une micro station cachée quelque part dans les trois vallées. Les skis sont loués (mais pas encore essayés) et j’ai hâte d’étrenner le casque et le masque achetés tout à l’heure, qui me font ressembler à un Power Rangers. Les verres du masque donnent au paysage la teinte rose que vous voyez sur la photo et me donnent l’impression d’avoir avalé quelque chose de pas net (disons le sans détours : j’ai l’air d’un Power Rangers sous acide).
Une boîte de Kisses est déjà passée de vie à trépas. Les chats se tournent autour avec méfiance. Pour la première fois, je dispose d’un accès à internet (un peu comme si, soudain, j’avais accès à l’eau courante). Et cinq romans attendent sur la table de nuit d’être engloutis. Il y a aussi une provision de thé vert, des avocats (mais pas de levure de bière) et une pleine bouteille de Chartreuse verte.
Je crois donc qu’on peut difficilement rêver meilleures conditions pour se la couler douce et de ce fait, il n’est pas tout à fait impossible que je me montre peu ici dans les jours qui viennent. D’un autre côté, j’ai grand besoin de m’épancher sur la tragédie capillaire dont je suis présentement le héros tourmenté. Je sens qu’il va tout de même falloir que je vous en touche deux mots (même si ça n’a à peu près aucun intérêt). Et sinon c’est très bizarre, voilà plusieurs jours que je me crois dimanche, mais en fait non, on est samedi. Trois dimanches d’affilée… ça me plait.
Alors bon week-end les amis et à très vite!
Stupéfiant ce qu’on est dépendant de l’atmosphère particulière qui enveloppe chaque instant de la vie. Je me demande toujours si chacun se sent gouverné, comme je le suis, par ces incessantes variations dans la texture de l’air. Je pense par exemple à ce moment précis, lorsque le jour court à sa fin et que le soleil pâle, fiévreux, semble implorer le ciel de ne pas le laisser décliner. Ce moment là où le soleil se pâme.
Est-ce que cette combinaison unique de lumière dorée et d’ombres – ces ombres chargées d’un bleu qui n’est pas encore celui de la nuit, mais qui se densifie à chaque minute qui passe – fait naître en chacun d’entre nous le même chant silencieux, la même psalmodie nostalgique à l’intention de ce jour qui s’apprête à mourir ?
La terrassante beauté d’un instant qui rend pourtant tant de choses irréversibles. Et l’inventaire imprécis qu’on ne peut s’empêcher de dresser: ce qui ne s’est pas produit aujourd’hui et qui sans doute, ne se produira jamais plus. Toutes ces choses remises à plus tard, ce temps perdu ou simplement mal employé, tout ce qui reste inachevé, les bons moment d’un jour heureux qui arrive à son terme. Et ce sentiment brutal qu’il faut coûte que coûte profiter des dernières lueurs d’aujourd’hui. Comme si chaque fois qu’un jour trépasse, on mourrait un peu avec lui.
Et puis soudain, bien calé entre une paire de coussins dodus, un chat dort, qui ne connaît rien d’autre que le moment présent. Le passé est passé et n’a pas d’importance ; dans quelques heures peut-être, il aura faim, mais il sera toujours temps d’aviser à ce moment-là des stratégies à adopter. Un chat bienheureux dort et la couleur du ciel, à vrai dire, lui est indifférente.
Crédit photo : 1. Untitled – 2. Lantern detail – 3. Source inconnue – 4. Untitled – 5. A life less binary – 6. Kelly&Rob – 7. Source inconnue – 8. Blues – 9. Untitled
Hier soir, petit détour par le Ritz pour assister au défilé de lingerie Natalia Vodianova pour ETAM. Je dois dire qu’avec un appareil photo collé au visage, il m’a été plutôt difficile de me faire une opinion même si j’ai tout de même repéré deux trois très jolies choses dont un maillot de bain rayé (en photo dans le diaporama), une veste, rayée également et un ensemble en vichy rose et bleu probablement importable.
J’ai pu également expérimenter la difficulté de faire des images dans ces conditions de lumière si particulières, mais l’exercice m’a beaucoup plu et je ne demande qu’à réitérer. Allez, hop ! Je vous laisse vous faire une idée de la collection de la belle Natalia avec ces quelques images et une toute petite, petite vidéo…
??? Voir toutes les photos ???
… Et quelques secondes de vidéo pour finir.
(Attention, la musique n’était pas celle du défilé, mais une musique que j’ai ajoutée. Il s’agit de Mignonette, une chanson du groupe April March)












