J’aime

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J’aime…

Aller cueillir des champignons le matin quand le vert de la mousse encore humide déploie ses plus jolies nuances et que l’air embaume la forêt mouillée // Les toits de Paris, là où nichent les étudiants qui ne savent pas encore prendre soin des fleurs qu’ils accrochent au balcon, à l’heure où ils dorment encore, ou font l’amour ou rêvent ou composent. // Quand un homme amoureux embrasse la femme qu’il aime sans fermer les yeux pour l’embrasser aussi avec les yeux.

La fin d’une nuit blanche. Ce moment où l’esprit déjà à demi endormi se perd dans les premières brumes du jour et que le corps, sous plusieurs couches de vêtements chauds, frissonne pour supplier qu’on le laisse en repos. // Surprendre un beau regard observateur, derrière la vitre d’une voiture en marche sur laquelle se reflète ce qu’il contemple. Comme si soudain, on pouvait lire dans les pensées de gens. // Hésiter entre plusieurs livres, un peu comme ces instants charnière où l’on doit choisir entre tous les chemins qui s’offrent à nous. Le vertige, devant toutes les routes auxquelles on est conscient de renoncer.

Quand le corps se transforme soudain en autre chose que ce qu’il est. Et devenir alors une plage, une course sur le sable, un paysage. // Les jolies jambes musclées des filles autour desquelles une jupe se dandine ou danse. // Apercevoir parfois dans les yeux étonnés d’un animal toute la part d’humanité qu’il recèle sans en avoir, sans doute, conscience. L’espoir et la tristesse qu’il y a dans tout ça.

Crédit photo : 1. Mycena Interrupta – 2. Paris Holga – 3. Ma raison d’être – 4. Genesis 1:12 – 5. Sans titre – 6. Sans titre – 7. Auteur inconnu – 8. Sans titre – 9. Uh?

Par avion

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J’avais déjà craqué pour les objets/jouets d’Anne-Claire Petit réalisés au crochet. Pour les guitares, surtout, mais aussi les poufs et les éléphants. Et j’avais précieusement noté son nom comme idée parfaite pour un cadeau de naissance. Mais en passant la semaine dernière chez Arty Dandy (on en reparle bientôt), je me suis rendu compte que la créatrice proposait également une multitude d’objets moins ouvertement estampillés « enfant ».

C’est d’abord un tourne-disque en crochet (ceux « avec les CD noirs qui tournent » dit ma cousine, quinze ans, sans s’apercevoir qu’elle me donne tout à coup l’impression d’avoir cent ans) qui m’a fait de l’œil sans que je parvienne à trouver dans quel recoin encore inoccupé de mon chez moi il pourrait rendre place. C’était vite vu pourtant : il n’y a plus le moindre millimètre inoccupé chez moi.

Un peu plus loin, j’ai finalement fondu pour cette pochette « Airmail » qui fera une trousse d’appoint pour sac à main très honorable et dont les couleurs (le bleu et le rouge sont depuis toujours les deux atouts N°1 de ma garde-robe) (d’où peut-être cette obsession tenace pour les marinières) me donnent une furieuse envie de soleil, d’été, d’heures étirées à l’infini sans rien de spécial à faire. Et puis je suis toujours déçue, lorsque je reçois un courrier de l’étranger, qu’il ne soit plus orné des fameuses rayures bicolores. Sur ce point, me voilà rassasiée.

Bonne journée tout le monde, j’espère que vous profitez bien du soleil ! Moi non, pas tellement, je suis derrière mon ordinateur à jouer du clavier. En retard, en retard, comme toujours. C’est fou quand même, ça de rendre toujours TOUS ses boulots à la dernière minute! (en fait non, c’est pas du tout fou, je sais bien pourquoi je fais ça, mais on reparlera de ces petites étrangetés un autre jour, j’ai déjà fait trop long).

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Ces fleurs qui ne fanaient pas

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Je ne m’offre presque jamais de fleurs. Si, comme presque tout le monde, je suis sensible à la douceur d’un bouquet naturel, ça me rend toujours un peu triste de voir les fleurs mourir. Car après tout, c’est ça : on les cueille alors qu’elles se trouvent au zénith de leur beauté et l’on observe jour après jour l’œuvre terrible du temps sur leur jeunesse.

La vie qui se fane et qui meure : voilà le vrai spectacle qu’offre un bouquet de fleurs. En cela, arriver chez des amis, un bouquet à la main, est un cadeau qui m’a toujours semblé étrange. Lorsque j’en reçois un, j’entrevois déjà le moment fatidique où je devrai me résoudre à les envoyer aux ordures. Et par anticipation, je ressens la naissance de ce pincement au cœur qui accompagnera mon geste. Voilà pourquoi je préfère de très loin offrir des chocolats, des douceurs ou bien une bonne bouteille de vin.

Ces renoncules ont sans doute compris l’inquiétude avec laquelle je les contemple : voilà dix jours qu’elles s’épanouissent comme si les jours passant, elles cherchaient par tous les moyens à retarder le moment fatidique où je serai contrainte de les envoyer rejoindre les épluchures des pamplemousses, les coquilles vides de mes œufs durs et les pots rendus impeccables par la langue du chat de mes yaourts nature. Ce matin, elles ressemblent à des pompons. J’ai hâte de voir les prochaines surprises qu’elles me réservent…

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