J’ai un peu honte de le dire après le mauvais temps que nous avons eu depuis que le printemps est arrivé, mais j’ai une sainte horreur de cette chaleur qui me tient bien plus sûrement confinée chez moi que n’importe quelle averse. Mon cerveau lui-même semble se liquéfier sous ma boîte crânienne. Alors je trompe l’ennemi comme je peux : douches à répétition, soda semi-congelé, spray aux huiles essentielles supposé rafraîchir les jambes lourdes (mais qui a surtout pour effet de faire fuir le chat). Heureusement, dans l’armada anti-coup-de-chaud, il y a tout de même quelque chose d’agréable : les cerises congelées.
Dès que la chaleur pointe son nez, je m’offre quelques griottes surgelées, givrées d’une dose d’édulcorant en poudre ou mieux, arrosées d’un filet de sirop d’agave. Le sirop se fige légèrement au contact du froid et les cerises sont aussi brillantes que si on les avait plongées dans du caramel. C’est simplissime, beau et bon. Les cerises congelées rafraîchissent pour un bon moment et ces messieurs garants de l’équilibre alimentaire semblent s’accorder pour dire que la cerise est LE fruit minceur par excellence – ce dont, par cette chaleur, je me fiche comme d’une guigne, mais enfin, toutes les bonnes nouvelles ne sont-elles pas bonnes à prendre?
PS : J’en avais déjà parlé il y a longtemps, mais pour faire un sorbet minute, il vous suffit de laisser les mêmes ingrédients se réchauffer un peu, mixer le tout le plus finement possible et hop! Évidemment, ça fonctionne avec tous les fruits, cette histoire et vous pouvez vous amuser à ajouter de l’eau de fleur d’oranger, du basilic, des épices, du miel… C’est presque inratable.
PPS : Ca fait du bien, tout ce vert dans les photos, non? On a déjà presque moins chaud.
Je crois avoir trouvé l’indicateur ultime de la tenue parfaite : les hommes. Non, non, ne riez pas, laissez-moi finir. Je possède cette robe depuis quelques semaines et une chose est certaine, elle est parfaite à mes yeux. Parce que sa coupe est d’une désarmante simplicité et que les petits détails comme l’empiècement sur le devant, le décolleté, les rayures marines, rouges et blanches lui donnent une vraie personnalité.
Parfaite parce qu’elle est infroissable, qu’elle a la longueur idéale, au genou. Parce qu’elle se suffit à elle-même, qu’elle est confortable et facile à porter. Qu’elle peut se porter de la même façon pour aller à la plage et à une soirée habillée sans être jamais déplacée. Parce qu’elle m’a coûté moins de trente euros et qu’elle est plus âgée que moi (il me semble qu’elle date des années soixante). Et pour mille autres raisons encore.
Mais les hommes, généralement, ne voient pas ces détails. Peu leur importe de connaître la longueur idéale d’une jupe ou la nature infroissable du tissu. Ils remarquent un ensemble. Peut-être, même d’ailleurs qu’ils ne voient rien d’autre que ce supplément d’assurance, cette lumière, lorsqu’on porte un vêtement dans lequel nous avons assez de confiance pour l’oublier totalement. Quand le vêtement fait une sorte de seconde peau qui nous laisse être pleinement nous-mêmes et qu’au lieu d’être une entrave, devient de la liberté. Quand, plutôt que la mise en scène de celle qu’on voudrait être, il devient une absence d’artifice.
Ainsi, je crois qu’on sait qu’on porte une tenue parfaite quand des hommes qui ne cherchent pas à nous séduire ou nous flatter (cette nuance est importante) nous font compliment de notre tenue. On peut se fier à leur jugement parce que ce n’est pas la tenue elle-même qu’ils complimentent : c’est d’entrevoir celles que nous sommes quand on se sent parfaitement bien.
Le lien du jour : Si vous avez envie de deux minutes de rire, allez voir les résultats de ce concours qui récompense les meilleurs désastres culinaires des plus mauvais cuistots. Simplement tordant (et n’oubliez pas de voter quand même : à ce stade, offrir des cours de cuisine au plus dangereux de ces cuisiniers est une question de survie)
Hier soir, quelques secondes avant d’éteindre mon ordinateur, j’ai reçu un mail de L. C’est une amie d’enfance, L. Une rencontre qui ne date pas d’hier, qui avait commencé à la sortie de la messe quand elle était venue me demander tout simplement « est-ce que tu veux être mon amie ». Décontenancée par sa question, par politesse ou pour tromper le malaise, j’avais répondu « oui ». S’en est suivie une immense amitié durant de longues années qui, comme beaucoup d’amitiés de jeunesse, s’est bêtement étiolée un peu avant d’entrer à l’université. On s’envoie des nouvelles de loin en loin, on ne se connaît plus vraiment et en même temps je crois qu’on se connaît jusqu’au fond de l’âme. On ne se côtoie plus, pourtant, elle fait partie de ma vie.
Hier soir, le message contenait des photos… de sa fille. Je savais qu’elle l’attendait, mais c’est tout de même quelque chose, lorsqu’on s’est connues enfant de voir ainsi une nouvelle vie prendre le relai.
Comme cela se produit souvent, en pareille circonstance, j’ai parcouru en pensée tout le chemin parcouru depuis le temps que nous nous connaissons. Et parmi les souvenirs, il y avait nos rêves : elle voulait devenir océanologue, et moi écrire des livres. Nous sommes aujourd’hui toutes les deux là où nos rêves nous ont conduites. Avec tout ce que cela comporte de difficile et de réel, de trivial. Mais nous y sommes. J’ai alors pensé à mes autres amies de toujours. Nous avons toutes un pied dans le lit de ces rêves que nous bâtissions enfants sans douter une seconde que l’avenir s’annonçait radieux. Toutes. Je n’avais jamais réfléchi à cela avant ce soir.
Alors je voulais juste vous dire ça, en particulier à vous les jeunettes qui passez de temps en temps sur ce blog – et je sais que vous êtes quelques unes : les rêves deviennent réalité.
Ces rêves que vous formez sans y penser, choyez les, aimez-les, autorisez-vous à les prendre au sérieux, ayez confiance en eux, même s’ils vous paraissent un peu fous. Si vous ne croyez pas en vous, croyez en eux. On ne sait jamais, c’est peut-être ça le secret.
Crédit photo : Dream de francesca-jane









