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Devenir quelqu’un d’autre

Vous avez forcément déjà vécu une de ces grandes périodes de transition. Peut-être même êtes-vous en ce moment en plein dedans. Alors je ne vous apprends rien : quand on entre dans une zone de turbulences, ce n’est pas si simple de hausser tranquillement les épaules, se dire que « tout a du bon » et nous apportera, finalement, de beaux fruits. Et même une fois la tempête passée, il faut parfois plusieurs étés pour récolter enfin les bénéfices de ces épisodes mouvementés. C’est ce qui m’a donné envie de vous raconter cette petite histoire.

Comme vous le savez peut-être, il y a quatre ans, je suis partie en bateau pendant un mois et demi. Traverser l’Atlantique sur un voilier, c’était le rêve de ma vie. Pourtant, je n’ai jamais réussi à la raconter, cette transat. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, d’avoir relu cent fois mon désolant carnet de voyage dans l’espoir d’en tirer quelque chose d’intéressant. Mais rien. Jamais je n’ai expérimenté avec autant de force l’angoisse de la page blanche que dans ces moments où je me suis penchée sur le récit de ce voyage. Et pour cause : celui-ci ne m’ayant pas apporté ce que j’espérais y trouver, j’ai plus ou moins considéré qu’il ne m’avait rien apporté du tout.

Ce que j’espérais trouver en faisant ce voyage ? Oh, c’est tout simple : je voulais devenir quelqu’un d’autre. Ah! Si je défends corps et âme l’amour et la bienveillance envers soi-même, ce n’est malheureusement pas pour rien et cette époque a marqué le sommet de ce désir absolu d’échapper à moi-même.

Ainsi donc, une expérience de vie à dix mille lieues de mon quotidien m’était apparue comme une idée des plus brillantes pour parvenir enfin à me débarrasser de ma petite personne, et j’ai foncé dans l’aventure persuadée d’y découvrir enfin mon « Vrai Moi » (par opposition au « Moi Navrant » avec lequel je cohabitais péniblement jusqu’alors). Imaginez donc la cuisante déception, au retour, lorsqu’il me fallut admettre que j’étais rentrée de ce périple exactement telle que j’étais venue. Pas une once de transformation, si ce n’est les cinq kilos accumulés à bord, à force de tartines de Nutella, qui font probablement de moi la seule personne au monde ayant été capable de prendre du poids pendant une traversée en mer.

N’ayant pas réussi à devenir une autre personne, il m’aurait fallu reconnaître que ma Grande Aventure avait essentiellement consisté en un mois de vacances au grand air, certes délicieuses mais tout de même plutôt vaines, considérant les grandes ambitions que j’avais imprudemment placées en elle. Rien d’étonnant donc qu’en ces circonstances dramatiquement peu héroïques, j’aie rencontré quelques difficultés à en relater le récit.

Seul changement notable lié à ces six semaines en mer : j’y ai découvert, stupéfaite, que je pouvais être heureuse avec trois fois rien. Oui, moi – fruit d’une famille relativement prospère, clairement surprotégée, citadine convaincue, adoratrice d’escarpins à paillettes et utilisatrice compulsive de taxis – je pouvais me satisfaire de peu de choses (cinq culottes, trois t-shirts, deux shorts, autant de polaires, une veste de bateau, un maillot de bain et deux paires de tennis exactement) et d’un confort plus que relatif puisque nous vivions entassés à 30 sur ce grand rafiot franchement cracra sur lequel on lavait – vaguement – la vaisselle à l’eau de mer et où je partageais des toilettes à pompe avec ce que la planète a produit de plus incompatible : des hommes faisant pipi debout et un bateau qui tangue.

Hélas, loin de m’alléger, cette découverte a d’abord commencé par me jeter à terre : une fois rentrée chez moi à Paris, je me souviens nettement cette sensation de « trop de tout » qui m’a saisie à la gorge si violemment que, quelques jours plus tard dans un état proche de la panique, je déménageais à Granville, déterminée à faire table rase d’à peu près tout. Et par dessus le marché, il y avait ce constat sidérant : alors comme ça j’allais vraiment devoir vivre avec moi-même jusqu’à la fin de ma vie?

Autant vous dire qu’à ce moment là, je ne me souviens pas avoir ressenti tout cela comme un enseignement. Encore moins comme une étape positive de ma vie. Au retour de ce voyage, l’inconfort généralisé que j’éprouvais alors a même atteint une sorte d’épouvantable climax : non seulement ça n’allait pas mieux après la traversée, mais ça allait franchement moins bien. Autant l’avouer clairement : j’avais atteint le point « finalement la vie, c’est pas terrible, ça ne m’intéresse pas tant que ça. Est-ce que je serais pas mieux d’arrêter les conneries? »

Et bon. J’ai la chance inouïe d’être bien entourée. Cahin-caha, la vie a repris son cours. J’ai doucement repris mes habitudes l’une après l’autre pour finir par oublier carrément ça, que vivre avec trois culottes, trois t-shirts et deux shorts avait été une forme de libération. Progressivement tout a repris sa place : mes chaussures à paillettes et mon usage frénétique des taxis, compris.

Le zéro absolu du changement, en somme. J’avais fait ma crise et rien, RIEN, n’avait bougé. Non seulement j’étais restée exactement la même, mais pire : je n’avais rien appris. À quelques petits détails près, en fait… Mais ça il m’a fallu quatre ans pour m’en rendre compte. QUATRE ANS, les enfants !

Point 1. L’amour de soi. Ces dernières années, j’ai appris doucement à devenir amie avec moi-même et je crois pouvoir dire qu’en dehors de quelques rechutes passagères, je le suis désormais. J’ai d’ailleurs commencé à rédiger plein de choses à ce sujet et je pense qu’il y aura ici une série de billets consacrées à la manière dont je m’y suis prise, pour cela. Parce que finalement, j’ai avancé de manière très scolaire. Mais ce billet est déjà bien trop long pour que je commence à entrer dans les détails.

En tout cas. Aujourd’hui, entre moi et moi, ça va plutôt pas mal. Et si ça va bien, c’est parce qu’un voyage en bateau, il y a quatre ans, m’a donné exactement le contraire de ce que j’attendais de lui, en me montrant que je ne pourrais jamais, jamais, jamais échapper à moi-même. Y compris au milieu de l’Atlantique (encore moins au milieu de l’Atlantique que partout ailleurs, en fait). Et je vais vous dire : n’avoir aucun autre choix que celui d’affronter le désamour complet que j’éprouvais pour ma petite personne est l’une des choses les plus douloureuses, les plus difficiles que j’ai eu à faire jusqu’à présent dans ma vie. Mais aussi des plus essentielles. Et finalement des plus précieuses.

Point 2. Vivre avec moins. Découvrir que je pouvais me satisfaire de peu de chose n’a pas fait de moi un esprit pur, dénué de tout désir matériel. Non. La vérité, c’est quand-même qu’à choisir, je préfère nettement vivre avec beaucoup qu’avec peu. Et je dois bien reconnaître que je me verrais bien mieux installée dans le grand bureau lumineux d’une vaste demeure en pierre taillée dotée d’une exquise vue sur mer, qu’en baroudeuse échevelée parcourant le monde avec son sac à dos et son bâton de marche.

Par contre, savoir que je peux vivre avec peu de biens matériels, peu de confort et peu d’occupations m’a permis de progresser sur quelque chose d’essentiel : la peur de manquer. Le risque me fait bien moins peur aujourd’hui parce que je finis toujours par me dire : « Bon et si ça ne marche pas, au pire, il se passe quoi? Je me trouverai un petit bateau miteux et j’irai à la pêche? Bon. Alors ça va. » Et le plus incroyable dans tout ça, c’est que ça marche plutôt mieux. Aussi curieux que ça puisse paraître : mes projets sont globalement plus profitables aujourd’hui qu’il y a cinq ans.

Bon, vous allez me dire que j’aurais aussi pu partir deux semaines en camping pour me rendre compte de tout ça, que c’était pas la peine de faire tout ce cirque. Alors oui, c’est vrai : avec du recul, on peut toujours se dire qu’on aurait pu mieux faire, plus vite, plus simple, plus direct et se faire moins de bobos. Mais je ne suis pas très sûre d’y croire. J’ai plutôt l’impression que chaque mini chose compte et que tout est à la bonne place. Tout le temps. Même lorsque ça nous casse les bonbons.

Alors n’oubliez pas ça, vous non plus, si vous traversez une période de changement, de transition, de flou, d’inconfort. C’est vrai, peut-être que vous n’obtiendrez pas ce que vous espériez. Et peut-être d’ailleurs que c’est une sacré chance que vous ne l’obteniez pas. Si ça se trouve vous aussi, vous avez besoin d’arriver devant un mur ou de faire le constat d’une impasse pour décider de changer de point de vue. Et oui, il se peut qu’il s’écoule un petit moment avant que vous ne puissiez voir les beaux fruits nés de cette période où ça gratte de partout. Mais n’oubliez pas que ça va arriver. Ce jour-là, vous serez éblouie de découvrir tout ce que vous avez acquis sans même vous en rendre compte. Que vous êtes déjà en train d’acquérir. Là, en ce moment. Exactement maintenant.

Alors ne lâchez pas la barre, hein. C’est vraiment pas le moment!

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37 comments on “Devenir quelqu’un d’autre

  1. Je sais pas comment tu fais, mais tu trouves toujours les mots…
    Ma vie est dans un grand tourbillon professionnel en ce moment (tu en as peut être eu vent d’ailleurs), avec de belles perspectives, mais aussi beaucoup de responsabilités. Et en attendant que ça se concrétise définitivement, énormément de galères à gérer, d’angoisses et de pressions.
    Du coup ça fait du bien de prendre du recul parfois, et de voir qu’on est pas les seuls à ramer. (l’exercice que tu fais « au pire, il se passe quoi ? », je le fais depuis toute petite : je précipite mon angoisse directement au bas de la falaise, pour m’en débarrasser le plus vite possible, et la regarder de loin. C’est essentiel !)
    Merci pour ce câlin par écran interposé, et bon vent ;)

  2. Très beau texte, ton écriture est toujours très fluide, et les photos magnifiques.
    Un texte qui tombe à point nommé me concernant, merci de l’avoir partagé !

  3. Merci de dire tout haut ce que nos cerveaux ont du mal à faire émerger quand ils sont sous l’eau. Je me demande: comment faire pour que mon enfant passe directement à la phase « je m’aime, j’ai confiance en moi et je fais des jolies choses »? Parce que mettre 35 ou 40 ans pour y parvenir, c’est sûrement plus que la moitié de ma vie. C’est dommage quand même…
    Bon vent miss et à bientôt pour se lire :-)

  4. Partir nous permet de nous retrouver et nous apprend à nous connaître. Je suis partie deux fois. Loin.

  5. Comment te dire que tes mots résonnent si fort en moi…
    Merci pour cet éclairage, cet espoir, cette lumière.
    J’ai appris et compris des choses en te lisant. Et ça tombe à point nommé.
    MERCI

  6. Je me souviens de ton bref récit de cette transat quand nous étions à Malte, comme si tu étais pressée d’en finir avec ton histoire. Et je me souviens aussi de cette paire de gants de vaisselle, comme un caillou dans la chaussures ^__^

  7. Un très joli texte, qui me parle évidemment… Je suis en plein dans cette phase de transition, même si j’ai passé le cap de la « fuite ». J’ai bien compris que je ne trouverai pas le bonheur dans un « ailleurs » ou un futur fantasmatique, si je ne m’occupe pas de ça (ça= moi, mes peurs, mes insatisfactions, mes émotions…etc) maintenant et ici.
    Ton nouveau design de blog est très chouette, par contre chez moi, tes articles sont envahis de pubs flottantes, et de ton côté tu sembles envahies par des commentaires « spams »!
    J’ai hâte que tu nous livres en article plus détaillé sur ton « point 1 ».
    Passe un doux week-end Anne-Solange!

  8. J’aime tjrs autant te lire.
    Je ne lâche pas la barre, ds qq mois je change de taf, j’ai peur, mais je dois le faire, ça fait deux ans que ça me hante, alors fin 2016 du nouveau et j’espère du mieux être. Ce que je constate autour de moi c’est que le changement fait envie à bcp, et que nous prenons le temps mais on y passe au fur et à mesure. Merci pour tes mots.

  9. Quel plaisir de te lire à nouveau Anne-So ! Comme quoi il n’est jamais trop tard pour raconter un voyage… Au moins le recul permet de révéler ce que l’on n’avait pas forcément voulu voir, et pour moi c’est d’autant plus riche en enseignements de lire ton retour d’expérience. La bienveillance envers soi et la quête d’identité, deux notions sur lesquelles je travaille depuis plusieurs années, avec plus ou moins de succès (disons que c’est par vague, là par exemple je suis en plein SPM et donc au bord du gouffre, forcément^^). Plus sérieusement, merci de partager ton expérience si précieuse avec nous, avec cette humilité qui te caractérise. Je ne me lasserai décidément jamais de te lire <3 (et la toute première partie de ton article, j'ai eu l'impression de lire Murakami, que j'admire également).

    Bon week-end Anne-So !

  10. Je suis en plein dedans et malheureusement, je sais pas trop comment m’en sortir. Plutôt qu’être face à un mur je suis plutôt à la croisée des chemins, j’ai 24 ans, tout juste diplômée et je ne suis absolument pas sur de ce que j’ai envie, je vois plein de chemin et je ne sais pas lequel prendre. Je n’ai pu ce problème d’être mon propre ennemie, mes multiples déménagements mais surtout à le premier à l’âge de 17 ans où je pensais tout recommencer dans une nouvelle ville m’a fasciné. J’ai fait aussi un gros travail sur moi même pour me comprendre et m’accepter. Maintenant, je suis dans la face et alors ? ok je m’accepte comme je suis et qu’est-ce que je veux vraiment ? Je me rencontre que je suis une grande curieuse, une grande passionnée de la vie et des gens mais il y a un métier pour ça ?

    • Mais quelle chance, si jeune et autant de possibilités ;-)
      Si je peux te donner un conseil, c’est d’essayer sans te mettre la pression, te donner le droit de commencer quelque chose puis de l’arrêter, de changer, de recommencer… Perso, c’est ce que je vis actuellement et même si je sais que certains m’observent, se demandent si je vais réussir ce changement de cap ou si je vais me planter (et peut-être même attendent que je me plante, on sait comment est l’être humain…) eh bien tant pis, je me donne le droit de me planter, de revenir en arrière si nécessaire.
      Mais pour l’instant je ne regrette rien, je suis heureuse d’avoir essayé!

      • Merci de ta réponse ! En te lisant je me rencontre, que la pression des autres explique aussi pas mal mon mal-être, il faut vraiment que j’arrive à ne pas les laisser trop m’atteindre !

  11. Merci de ce partage, je m’y retrouve car j’ai reessaye de me reinventer en partant faire mes etudes dans une autre ville puis en m’expatriant en Ecosse. Finalement tout ca m’a appris a faire la paix avec mon passe (j’ai eu une enfance douloureuse et difficile) et avec moi-meme.
    Du coup je garde en tete que les frustrations et les changements de plan nous mene generalement finalement a bon port.
    C’est super que tu puisse faire le bilan ainsi apres 4 ans :) Il n’est jamais trop tard pour apprendre

  12. Oh comme ton article me parle !! Merci pour ce partage.
    Cela fait un mois que mon ex m’a quitté et je suis à l’instant en week-end à Bordeaux seule (premier voyage seule!). Je voulais me prouver que je m’en sortirai bien et meme si je ne m’en sors pas mal, ca m’est très dur de me retrouver en tete à tete avec moi-même et mes peurs.
    J’envisageais de faire dans quelques mois le chemin de St-Jacques de Compostelle (un peu à la Wild, film et livre préféré !) avec un peu le meme état d’esprit que tu avais en entreprenant cette traversée.. Du coup je me tâte, si j’ai les bénéfices 4 ans après seulement :P
    Non, en vrai, ton article donne de l’espoir alors un grand merci et vivement les prochains billets!

  13. Je pense que l’on a toute notre « traversée de l’Atlantique » peu importe sous quelle forme elle se matérialise. On ne comprend pas où le vent nous pousse, on est ballotée par les vagues sans savoir dans quel sens nager. On est perdue dans la brume. Mais le jour où le soleil revient, tout s’éclaire, on porte un nouveau regard sur notre entourage et sur nous même. J’ai moi aussi vécu cette traversée sans pour autant quitter mon foyer, je me suis prise un mur en pleine face. Je me suis regardée dans le miroir en refusant ce que je voyais (en le maudissant aussi). Et puis des mains tendues m’ont aidée, centimètre par centimètre je suis remontée à la surface pour regagner l’estime de moi. C’était il y a 3 ans, je venais d’en avoir 40.
    Merci pour tes jolis mots, et tes non moins superbes photos.

  14. Excellent bilan, qui me parle profondément, comme à toutes tes autres lectrices visiblement! J’admire toujours les voyageurs, moi qui ai peur de traverser ma rue, mais je reste convaincu que quelles que soient les merveilles que l’on découvre, les rencontres et l’affrontement avec son moi profond, le retour est toujours difficile car effectivement rien n’a changé. Je lis avec avidité et ravissement en ce moment Chez Soi, une odyssée de l’espace domestique, de Mona Chollet, dans lequel je me reconnais à 200%. Aujourd’hui il y a Internet pour que les casanières comme moi découvrent le monde, et c’est en soi déjà un beau voyage. Et vivre mieux avec moins, j’y crois, on va toutes y arriver vu ce qui se passe actuellement dans notre monde! #slowlife

  15. Quelle belle fluidité d’écriture car tu as très bien réussi à faire passer un message important si l’on veut être heureux avec sois-même, dans un langage simple et qui sent bon « le vrai » ! C’est quelque chose que l’on ne peut comprendre qu’au travers de nos expériences de vie et cela ne se fait jamais dans la facilité; il faut que cela soit accompagné par une vraie prise de conscience aussi, le fameux « déclic ». Par contre, ce que nous trouvons après avoir passé la période des turbulences est inestimable et cela vaut la peine de se poser des questions, les bonnes si possible ;-)

  16. Très joli texte qui décrit exactement ce que je ressens en ce dimanche soir.
    Au chômage depuis plusieurs mois qui s’étalent un peu trop à mon goût j’ai parfois envie de lâcher la barre.
    Ma recherche de travail me laisse beaucoup de temps pour l’introspection et j’ai l’impression de traverser un océan certains jours.
    Cela me réconforte de voir que je ne suis pas la seule à ressentir ces émotions et ton article me redonne espoir (même si 4 ans c’est long!).
    Je suis ravie de voir que cette période soit dépassée pour toi et je te remercie pour ton honnêteté et ton partage qui me touche beaucoup.
    Bon vent!

  17. Bonjour et merci de ce récit…..tellement vrai…
    C’est vrai il y a du bon dans chaque expérience de notre vie…il suffit d’essayer de voir le verre a moitié plein plutôt qu’a moitié vide…c’est pas toujours facile…loin de là…
    J’ai crée ma petite entreprise il y a 8 mois maintenant et c’est pas tous les jours « rose » mais l’expérience vaut le coup d’être vécu et pleinement…J’ai préféré prendre le risque d’aller au bout de mon reve quitte a ce que cela n’aboutisse pas là ou je l’espere mais je préfère avoir des regrets sur ce que j’ai fait que des remords sur ce que je n’ai pas fait….
    Alors on fonce….

  18. Je pense à ce proverbe : « Ne baisse pas les bras. Tu pourrais le faire deux secondes avant le miracle. »

  19. En 2008, en phase de quasi dépression à cause d’un milieu professionnel « hostile », mon chéri m’a dit « démissionnes, imagines que tu as une baguette magique et que tu peux faire ce que tu veux ». Je vous passe les détails, car si fondamentalement c’est extraordinaire de vivre avec un chéri aussi merveilleux, ce n’est pas si facile de savoir ce que l’on veut faire finalement! Bref, j’ai créé une agence d’événementiel et décoration dans laquelle je me suis lancée corps et âme. Quelques années plus tard, après une association catastrophique j’ai arrêté cette activité avec en plus une overdose totale des marié(e)s et de leur côté diva (sympas mais étouffantes!). Depuis je suis « femme au foyer »…et là au 21eme siècle, quand tu as bac+5, que tu as été cadre et chef d’entreprise, que tu n’as qu’un enfant de 18 ans en plus, personne ne comprend comment toi, une femme moderne, tu puisse te satisfaire de cet état! Difficile les premiers mois de dire « je ne travaille pas » quand les gens me demandaient ce que je faisais, et difficile de supporter leur mine surprise et déçue sans avoir envie de leur labourer le visage! Depuis quelques mois je suis prête à retravailler. Je ne suis pas carriériste, j’aimerais juste bosser dans un environnement correct. Et là…un autre problème surgit, et hop, une nouvelle remise en question! Pourquoi? Parce que j’ai 50 ans cette année et que du point de vue des recruteurs, je suis une senior, oh le vilain mot! Choc ultime quand toi tu as fait un long travail ces dernières années, que tu as l’impression d’être arrivée à t’accepter et t’aimer, et vlan, le doute s’installe de nouveau, tu cherches les plis sur ton visage, le flasque dans ton cou, la peau d’orange sur tes cuisses, tu doutes sur tes capacités, tu as l’impression de devenir transparente et inutile! Il faut la force de l’amour de mon chéri, les bonnes ondes de mes amies, et un autre travail sur moi- même pour me dire que non, je ne suis pas ce qu’ils veulent me faire croire, je suis moi, et c’est déjà pas si mal que ça! ;-)

  20. Merci pour cette belle écriture et tellement vrai.

  21. C’est tout à fait ça, mieux vaut ne pas lâcher la barre. Je viens juste de lire le dernier livre de Florence Arthaud ;) L’année dernière j’avais entamé ma transformation. Je pensais la faire en trois mois. J’ai été déçue, mais je me suis rendu compte que je n’avais pas pris la bonne direction. Je me suis dit quelques mois plus tard, que la transformation avait eu lieu, d’une certaine façon, parce que j’ai pris en compte que je me trompais sur moi même. Le souci c’est que c’est la société qui nous formate et ça nous fait souffrir.
    J’attends les articles suivants avec impatience.

  22. Merci pour ce récit très sincère, fluide et si bien écrit.
    J’avais suivi ton départ il y a 4 ans avec beaucoup de curiosité et d’envie pour ce voyage idyllique. A ton retour j’ai effectivement guetté un récit, et puis j’ai cru être passée à côté… je comprends mieux aujourd’hui.
    Il y a des voyages ou des expériences que l’on attend avec impatience, dans lesquels on s’investit beaucoup et qui ne sont pourtant pas à la hauteur de nos attentes… jusqu’à ce que l’on réouvre les yeux dessus, avec plus de maturité. Ton récit me fait penser à notre voyage à Bali sur lequel je n’ai pas réussi à faire un article. Déçus par un pays trop idéalisé, nous avons aussi été très secoués en tant que parent car notre fils n’a pas trouvé sa place dans ce voyage et la situation nous a échappée. Bref, cela fait maintenant quelques années, j’ai compris beaucoup de choses à l’issue du voyage, voire encore aujourd’hui et je pense qu’il serait temps que j’en parle…
    Laisser le temps au temps a son importance.
    Bonne journée

  23. Merci Anne-Solange pour tes mots qui une fois de plus entrent en résonance ! Tu tombes à point nommé avec ce texte. Il y a deux ans j’ai fait un burn out violent, j’ai perdu le goût de tout ce qui jusque là m’animait. Chaque face à face avec moi-même me hérissait (comment mes cours de yoga sont devenus une véritable épreuve !!) Ma cartographie interne était soudainement chamboulée. Tout avait changé mais je n’avais plus les codes de moi-même. Et puis le vide….. Un vide immense s’est emparé de moi pendant de longs mois. Un vide que j’apprends doucement à apprivoiser. Un vide que j’ai aujourd’hui cessé de blâmer. Et qui finalement se trouve être la meilleure chose qui pouvait m’arriver !! Dans la bataille j’ai laissé certes quelques plumes, mais je me suis découverte plus patiente, plus courageuse, plus déterminée que tout ce que j’aurai pu imaginer ! Ces 3 dernières années ont été éprouvantes (et n’ont pas fini de l’être tout à fait), mais aujourd’hui je sais par expérience que TOUT PASSE, aussi intenses soient les émotions… La danse, le yoga et beaucoup de lectures éclairantes continuent de m’accompagner sur ce chemin houleux; la patience et la bienveillance de celui que j’aime n’ont pas de prix ! Alors juste, merci pour tes mots qui font tellement sens pour moi. Mille fois merci & go with the flow…

  24. Superbe, et pile poil juste… comme souvent. Une fois de plus tu mets des mots sur ce que je pense que beaucoup d’entre nous ressentent confusément, alors merci !

  25. Très joli texte, mais qui me mets un doute supplémentaire à toutes mes réflexions de ces derniers jours… Je crois être sur le point d’envoyer balader toutes mes habitudes, certitudes…(suite à la rupture avec le père de mes 2 enfants). J’ai cette sensation que c’est ma chance, là maintenant, de faire ce que je veux vraiment… De me libérer de tout ce qui me pèse, de penser à moi.
    Mais d’un coup ton article me renvoie en pleine tête, et si… et si je me trompais et que je me ramasse à nouveau…
    Pfiouuuuu que c’est dur la vie…

  26. Que de sincérité et de simplicité. « plus direct et faire moins bobos » c’est vraiment une belle expérience.

  27. Je découvre ton blog de 10 ans à peine maintenant et je suis épatée. Ton article correspond à mon état d’esprit du moment et il fait du bien. C’est tellement bien écrit! Je suis également à la recherche de mon MOI et ce n’est pas simple. Tu m’as inspirée et c’est déjà énorme!
    Très belle journée, Anne-Solange!
    Astrée

  28. Ton récit me touche beaucoup, j’en ai presque les larmes aux yeux…
    Sur l’amour de soi-même d’abord, ce que tu en dis sonne très juste et j’ai hâte de savoir comment tu y es parvenue.
    Et surtout sur ce que tu partages à propos de ce que peuvent nous apprendre les tourbillons qu’on traverse parfois dans la vie. Il y a un mois, une petite surprise totalement inattendue et imprévue, grande de quelques millimètres et appelée à prendre de plus en plus de place, est venue bouleverser complètement ma vie et mes projets. Et j’ai beau savoir quelle source de joie cela peut être, je me sens perdue, j’ai l’impression de traverser une tempête, je baisse la tête, je courbe le dos, et je me demande comment on va s’en sortir et comment je vais faire face. Je le sais, que je vais y arriver, mais en ce moment j’ai du mal à y croire vraiment. Alors lire ton billet qui me rappelle qu’on finit toujours par voir les fruits des grands inconnus qu’on traverse, et qu’il faut pour ça de la patience, ça me fait beaucoup de bien.
    Mais ça me fait monter les larmes aux yeux aussi.
    Merci.

  29. Je trouve que tu écris très bien. Je voulais te le dire car je trouve que c’est la grande qualité de ton blog – et c’est si râre de trouver des sites où les auteurs s’expriment vraiment et avec poésie, avec des vrais textes plutôt que mille photos et quelques légendes sommaires ! Alors bonne continuation, moi je continuerai à venir te lire ;-)

  30. Coucou Anne-So,
    Je m’étais gardé ton article pour un moment où je pourrais prendre le temps de le lire, et je crois que c’est une belle synchronicité de parcourir tes jolis mots aujourd’hui.
    Il y a 7 ans de cela, déjà, une première « traversée de l’Atlantique » au sens littéral et figuré : après une tranche de vie à Montréal, retour en France qui a secoué sévère.
    Et cette année, la seconde, qui a commencé justement un petit peu avant un énième voyage à Montréal, cette certitude que « la vie c’est pas ça », et au retour, entretien avec le chef, rupture conventionnelle, je finis à la fin du mois.
    Je ne sais absolument pas ce que je vais faire après, par contre je suis certaine que ce métier ce n’est plus moi, alors voilà, pour une fois, je vais me laisser le temps de voir ce que je veux vraiment, même si c’est un peu farfelu. Après tout, je n’ai pas grand chose à perdre à expérimenter, n’est-ce pas ?
    D’ailleurs, si ça te dit qu’on se refasse un café skype une de ces jours, j’aimerais beaucoup discuter avec toi de quelques points. Dis-moi si ça te tente !
    Je t’embrasse Anne-Solange, à bientôt.
    PS : comme je n’étais pas venue depuis un moment, je remarque avec beaucoup de plaisir ce nouveau design, il est très chouette je trouve, très « ondes positives ».

  31. J’ai lu ton billet une première fois il y a quelques jours, et j’ai eu envie de le relire aujourd’hui. Tes mots sont beaux et rassurants aussi. « Si ça se trouve vous aussi, vous avez besoin d’arriver devant un mur ou de faire le constat d’une impasse pour décider de changer de point de vue.  » Je suis exactement passée par là aussi et n’en suis pas totalement sortie, c’est très beau de lire ce que tu as réussi à tirer de tout ça. Et j’ai moi même hâte de vivre la sortie de cette période où ça gratte de partout !

  32. Contrairement à d’autres qui je le vois te suivent assidûment je découvre ton blog et donc ce premier article que je me prends en pleine face! Ben dis donc, sans te connaître, sans rien avoir lu de toi, je trouve que tu écris drôlement bien d’une part, que tu dégages une énergie et un recul qui font un grand bien! En revanche je ne sais pas si c’est une bonne chose pour nous de savoir que certains enseignement prennent du temps (4ans quoi!!) mais dans tous les cas c’est un article plein d’optimisme et de sagesse! J’aime <3
    A bientôt :)

  33. Salut ! Je découvre ce blog (dont j’aime beaucoup l’écriture), et je voudrais te poser une question par rapport à cette transat’ en voilier : comment as-tu organisé ce voyage ? Bateau de particulier ? Location ? Voyage organisé avec un organisme de tourisme quelconque ? Via le Web ?…

    Faire la transat’ en voilier, c’est mon plus grand rêve (je meurs d’envie devant tes photos, le bateau est sublime !). Je l’ai déjà faite en cargo en 2013, et j’ai fait beaucoup de voilier ailleurs, mais traverser l’océan sur un petit bateau, j’en rêve depuis toujours ! Et impossible de trouver comment faire – à moins de connaître un propriétaire de voilier qui m’emmènerait…

    Merci d’avance pour tous les détails que tu pourrais me donner sur ce beau voyage.
    Lili

  34. Quel bel article, plein de sensibilité et d’authenticité. Soyez patiente Anne-Solange, quand vous serez maman tous vos troubles existentiels s’éclipseront. Vous serez enfin plus tournée vers l’autre et moins vers vous. Bien à vous, Véronique.

  35. Je n’ai pas pour habitude de laisser des commentaires, mais j’ai trouvé ton texte tellement beau et juste que je n’ai pas pu m’en empêcher. J’aime ta plume et ta manière de penser. Merci de les faire partager !

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