Je suis en voiture, au moment où j’écris ces lignes, comme souvent le vendredi soir. L’une de mes occupations favorites consiste à éditer et trier des photos, activité méditative parmi les plus relaxantes que je connaisse.

Et tout à coup celle-ci, dont j’avais oublié l’existence. La carte écrite par ma grand-mère pour mon anniversaire en 2015 (la dernière qu’elle m’ait envoyée, je le réalise en l’écrivant). Je l’avais aimantée au frigo parce qu’elle représente un dessin de mon père. Mais aussi à cause de l’écriture de Mamy, que j’adore. Mamy avec cette coquetterie du Y, qu’elle avait certainement imposé elle-même. Ce petit exotisme convenu et adorable.

Mais surtout, j’aime la manière dont elle traçait « Mamy » avec les lettres qui deviennent de plus en plus petites au fur et à mesure. Cet envol.

Il y a quelques années, elle avait terminé un courrier par cette phrase que je n’oublierai jamais : « Mon écriture devient de plus en plus petite ; tu vois ma chérie, je disparais doucement. »

Et ça aussi, c’était quelque chose que j’aimais : ce germe de poésie que ni son éducation ni le milieu auquel elle appartenait n’avaient été en mesure de déceler et nourrir, et qui surgissait malgré tout quelquefois, comme des fleurs sauvages au milieu d’un jardin français.