Recette de l’ « état de grâce aux mûres sauvages ».

Cet été avec papa, nous sommes allés nous promener le long des sentiers côtiers en ramassant des mûres sauvages, qui poussent en abondance le long du littoral. Et, même si la plupart d’entre elles étaient encore bien rouges, rien n’a pu nous empêcher de couronner cette promenade d’une triomphante récolte. Assez pour faire un pot entier de confiture (nous avons le triomphe facile).

C’était une après-midi si ordinaire.

Difficile, même, d’imaginer à quel point elle était ordinaire. Un moment en famille d’une totale banalité.

Pourtant, de ces quelques heures de balade, il me semble qu’on pourrait faire un mètre-étalon de ce à quoi nous aspirons essentiellement, dans la vie. Cet état de tranquillité où l’on s’oublie un peu. Quand on se fiche enfin la paix et que juste, on est là à se dire des choses qui n’ont pas vraiment d’importance et empiler des mûres dans une bouteille.

Un moment qu’on pourrait appeler « état de grâce » si l’on ne craignait pas tout le temps de parler sans savoir, à propos de choses qu’on ne connaît pas. Alors que notre coeur, lui, sait bien de quoi il retourne.

Bien sûr, c’était un état de grâce.

Oh, comme j’aimerais en comprendre les ingrédients, le temps de cuisson, l’assaisonnement parfait et les conditions de conservation. Comme je cherche !! À chaque instant, je cherche. Mais l’état de grâce – on le sait depuis le temps – ne livre pas facilement ses mystères.

Par contre les mûres sauvages, elles, en auront désormais à tout jamais la couleur et le goût.

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