Cinquante choses pourtant passionnantes…

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Comme Caro, j’ai découvert il y a quelques jours les vidéos hypnotisantes d’Ina Mihalache alias Solange, du blog Solange te parle et comme Caro, je me suis laissée aspirer, littéralement, par ce mélange hyper séduisant d’étrangeté quelquefois dérangeante, de sensibilité et d’intelligence.

Parmi les vidéos, l’une d’entre elles, le classique « 50 choses dans le désordre à propos de l’auteur… » m’a donné envie de me plier à mon tour à ce petit jeu. Je ne suis pas sûre que ça ait le moindre intérêt de le publier, mais j’ai éprouvé une joie libératrice surprenante à écrire ça. Et surtout, j’ai fait une découverte importante à propos de ma manière d’écrire : je me suis rendue compte que le sujet qui m’intéresse le plus, lorsque j’écris, est bien ce thème là, la quête d’identité.

Ça m’a sauté aux yeux : tous les brouillons d’histoires qui traînent dans mon ordinateur, absolument tous tournent autour de ce thème, que mes personnages soient absolument fictifs ou un peu moins. Et d’ailleurs, il suffit aussi de parcourir ce blog pour s’en rendre compte. Pendant de longues heures, je suis restée sous le choc : comment une telle chose, si évidente, a-t-elle pu m’échapper pendant si longtemps ? Mais ce qui est extraordinaire, c’est que, grâce à ça, j’ai l’impression que je sais désormais dans quelle direction aller, tout me paraît plus clair. J’ai eu, comment dire ça… la sensation de me rapprocher de moi-même.

Bref. Voici cinquante choses pourtant passionnantes, dont vous n’avez strictement rien à faire.

- Je suis dotée d’une infinité de personnalités, dont une bonne partie que je n’ai pas encore découvertes. Comme tout le monde, je pense, c’est juste que j’en ai conscience.

- Je suis née dans la ville la plus déprimante qu’on puisse imaginer (Coutances). Ce qui a probablement contribué à développer mon imagination.

- Je crois en la réincarnation, et aussi que nous sommes tous une part de Dieu qui est tout, à l’intérieur et à l’extérieur de nous. Qu’une fleur, une fourmi, un oiseau, un humain, tout ça c’est du pareil au même, différentes apparences d’une même pâte.

- Je peux reproduire facilement n’importe quelle mélodie à l’oreille. Mes deux grands-pères avaient l’oreille absolue. Je n’ai malheureusement hérité que d’une infime partie de leur don.

- Je n’aime pas mes rides, pas vraiment à cause d’une question esthétique, mais parce qu’elles trahissent des choses de moi que je voudrais cacher. Elles me rendent vulnérable.

- J’adorais grignoter du papier. Voilà, c’est dit. Mes amis vont enfin pouvoir arrêter de menacer de révéler mon grand secret. Et je me permets de rappeler qu’il y a des choses bien plus dégueulasses, dans la vie, alors maintenant, ça va.

- Il peut m’arriver de ne pas finir ma phrase parce que je me sens émue, sans que je sache pourquoi et alors ma voix se brise. Dans ces cas-là, je me sens plus fragile qu’une aile de papillon. N’importe qui pourrait me déchirer d’un coup d’ongle.

- Je ne vote pas. Tant que le monde sera régi par des lois économiques, je considère que c’est mon comportement de consommatrice qui peut faire avancer les choses. C’est donc dans ce domaine que j’investis mes efforts quotidiennement, et par ce biais que je défend mes convictions. Et puis, si j’ai une chose vraiment importante à défendre, il y a bien d’autres manières de le faire qu’en votant.

- J’ai été chef des enfants de chœur, à la messe, pendant de longues, très longues années.

- Ce qui explique que je connaisse par cœur le Credo en latin. J’aime le réciter de temps en temps, même si aujourd’hui, Credo d’une manière différente.

- J’ai déjà fait des courses d’escargot (qu’est-ce qu’on s’emmerde).

- Il y a un petit grain de beauté sur ma narine gauche (ou droite, je sais plus), qui ressemble un peu, hélas, à une crotte de nez.

- Mon plus grand regret, concernant ce blog, c’est de ne pas m’être cachée/montrée derrière un pseudonyme. Tout aurait été tellement plus facile. C’est sans doute la raison pour laquelle il m’arrive de ne plus écrire dessus pendant de longues périodes, frustrée de ne pas pouvoir y raconter ce que j’ai envie de dire.

- J’ose pas demander à mes amis de faire un club de lecture avec moi.

- Avant, quand on jouait à « qu’est-ce qu’on serait si on était autre chose que soi », je répondais « un caillou ». Ce qui est toujours rigoureusement vrai, mais j’ai compris que ça fichait la trouille aux gens, que je dise ça. (pourquoi?) Maintenant, je dis que je voudrais être Kevin Richardson, le dresseur de lions. Ce qui est vrai également, soit dit en passant. Sinon, dans une prochaine vie, j’aurais aussi voulu être mon amie D. qui est guide dans les pôles, mais bien sûr ce n’est pas possible parce que sans doute, quand ce sera le temps de me réincarner, il n’y en aura plus, des pôles.

- D’ailleurs à propos de cette histoire de caillou : j’ai déjà rêvé que j’étais une falaise. Mais je n’arrive pas à me rappeler si c’était agréable ou pas.

- Je n’ai jamais pu me résoudre à organiser mon anniversaire. C’est un de mes défis pour 2014, mais j’ai déjà quasiment jeté l’éponge. Et ça fait environ dix ans que c’est un défi pour l’année en cours, donc j’ai plus trop d’espoir.

- J’ai eu un piercing au nombril. Que c’était laid.

- Je suis 100% favorable à la mise en place du revenu de base universel. C’est la seule cause politique pour laquelle je suis prête à militer. Je suis intimement convaincue que l’emploi, à partir du moment où il est obligatoire/nécessaire, n’est que la cotte mal taillée de l’esclavage. Et que dans pas longtemps, tout le monde en sera convaincu aussi. Alors on pourra enfin commencer à parler sérieusement.

- Mon sourire est ma principale défense. C’est la raison pour laquelle je souris tout le temps, j’imagine.

- Ça aurait pu m’arriver, je pense, de tomber amoureuse d’une femme.

- On me dit parfois que je parle comme j’écris. À savoir : « Néanmoins, je trouve cette jeune femme tout à fait ravissante ».

- Je ne m’aime pas tellement. C’est tout de même un problème.

- Je dis tout le temps « cela dit ». Parfois, des amis gentiment malveillants s’amusent à compter combien de fois je le prononce en une heure. Beaucoup.

- Je suis très, très… très émotive avec la musique. Passez moi « le petit âne gris », juste pour voir. Non d’ailleurs, s’il vous plait, ne le faites pas. Je n’aime pas ça, pleurer.

- Je suis tellement souple que ça s’appelle être hyperlaxe et qu’en vrai, c’est pas génial génial.

- J’ai nagé au milieu de l’atlantique, alors qu’il y avait plus de 7km d’eau en dessous de moi.

- Il ne se passe pas une journée sans que je m’interroge sérieusement sur le pourquoi du monde.

- Le jour où j’aurai des enfants, je ne sais pas si j’arriverai à accepter l’idée de les envoyer dans une école normale, tellement j’ai l’impression que c’est pourri, les écoles normales.

- Mon moment préféré de la journée et même de la vie : quand on se couche, qu’il m’ouvre une place dans ses bras et me fait la lecture. Et je m’en fous pas mal que ce soit complètement culcul. Surtout qu’en réalité, ça ne l’est pas.

- Je sais désormais que, dans la vie, on peut se re-aimer. Et cette constatation me bouleverse chaque jour. J’espère qu’une fois on se re-mariera.

- Il y a trois romans inachevés dans mon ordinateur. Dans les trois, il y a une grand-mère dotée d’un charisme encombrant. Tyrannique, généreuse et attachante.

- Je n’ai jamais compté le nombre de pseudos que j’utilise dans mon boulot, mais ça commence à faire beaucoup.

- Je lis des livres de développement personnel. Je tiens ça de ma mère et je la remercie pour ça.

- J’ai réalisé tout à l’heure que j’avais vécu à Paris plus longtemps que dans n’importe quelle autre ville. J’aime pas.

- Je n’ai fait l’amour qu’avec trois garçons différents, dans ma vie. Et en fait ça va bien, merci.

- Mon problème, c’est la culpabilité. Je me sens coupable d’à peu près n’importe quoi : trop travailler, pas assez ; d’être plus jolie que la voisine, moins que l’autre ; coupable d’être grognon le matin, d’avoir la meilleure place dans le bus, de penser que… bref.

- Je ne connais pas les statistiques de mon blog, personne ne me croit et je m’en contrefous.

- J’ai un truc spécial avec les chats. Parfois, dans la rue, certains se précipitent sur moi dès qu’ils m’aperçoivent et alors j’ai l’impression d’avoir un super-pouvoir.

- Effectivement, j’ai un super-pouvoir, mais ce n’est pas celui-là.

- Je connais davantage de chants de marins que de chansons de Madonna ou Mickael Jackson. C’est grave?

- J’ai peur de réussir, je crois.

- Je crois que tromper, c’est pas toujours tromper.

- Je fais des séances d’étio environ tous les mois et demie depuis près de deux ans et c’est la meilleure idée que j’ai eu depuis un paquet de temps.

- Je dis toujours que je n’aime pas la compétition, mais c’est surtout parce que je voudrais être la meilleure sans avoir à me fouler.

- Aujourd’hui, je suis principalement auteur, mais l’idée de changer de métier ne m’effraie pas. La joie d’écrire, heureusement, ne dépend aucunement de contraintes économiques. Tant que j’arrive à lier l’agréable à l’agréable, il y a plein de combinaisons qui peuvent me convenir très bien.

- Il m’est arrivé de trouver que ça faisait vraiment chier, la vie et que si ça pouvait se terminer genre maintenant, j’étais complètement d’accord. Ce qui, bizarrement, n’empêche pas forcément d’être réceptif aux instants de bonheur qui se présentent.

- Je suis très rigolote. Mais peu de gens le savent car il faut vraiment que je me sente parfaitement en confiance pour faire le clown, et que ça n’arrive pas souvent.

- Ça me prend toujours des heures, pour décider d’aller faire pipi.

- J’ai un petit côté Cassandre : je sais des trucs avant les autres, et personne ne me croit, et après ce que j’ai annoncé arrive, et alors je suis obligée de faire des gros efforts pour me retenir de dire « tu vois, je te l’avais dit ». (non, c’est pas ça mon super pouvoir)

- Mon père est né en Afrique et j’ai toujours cru que j’avais un petit morceau d’âme africaine, sans bien savoir ce que j’entends pas là.

- En général, la qualité de mon travail est inversement proportionnelle au succès qu’il rencontre. J’espère que ça va changer. Oui. Évidemment que ça va changer, sinon qu’est-ce que je fous encore là?

- Je marche avec les pieds en dedans. Quand j’étais petite, on me faisait faire des tours de tapis, en marchant bien le long de la bande, pour corriger ce défaut. Ça n’a strictement servi à rien et bon finalement, j’ai quand même survécu.

- Quand je suis toute seule chez moi, je parle énormément. En anglais, principalement. Ou alors avec un accent québécois approximatif (je veux dire par là qu’un québécois ne reconnaîtrait son accent en aucune façon).

- Je suis audacieuse, mais les gens ne s’en rendent pas compte.

- Longtemps, je me suis sentie inappropriée à ce monde, à cette vie, mais on dirait que petit à petit, j’arrive à dealer avec ça. Ça a ses bons côtés, aussi, d’être à côté de la plaque.

- J’ai les dents très en avant et ça ne me dérange pas du tout.

- Hey dis donc, on y prend goût à ce truc.

- Au moins une fois par jour, je peux voir dans le regard de quelqu’un, que je viens de dire quelque chose qui lui paraît bizarre. Parfois ça m’amuse, parfois, ça me donne même un sentiment de supériorité (ambiance : « t’es nul, tu comprends rien à rien »), mais le plus souvent ça me rend triste. J’entends ma petite voix, super en colère, me dire « Mais putain, tu vois pas qu’on dit pas des choses comme ça, dans la vie! C’est quoi ton problème à toi, sérieux? Fais un effort, merde! »

- Je ne me sens vraiment à ma place dans aucun groupe social. Mais tant qu’à choisir, bobo, en fait ça m’irait bien.

- J’appelle mon chat : « mon petit ours », « ma palourde », « mon raton », « mon petit loutron mignon »… par contre, à tous les autre animaux craquants, je dis « minouuuuuuuuu » sur un ton complètement débile.

- Souvent quand je chante, je modifie la mélodie. C’est les paroles des chansons, que je garde. Ainsi j’ai au moins cinq mélodies différentes pour « À moi forban », « J’ai un bonnet rouge » (des traits sur les yeux…) et « une souris verte », chansons que je fredonne le plus fréquemment.

- Je mange trop vite. C’est une chose dégoûtante qui me fait honte et dont je voudrais perdre l’habitude, mais j’arrive pas.

- Fumer c’est mal. Et quand même je le fais.

- Une fois, j’étais si en colère que je me suis dédoublée. Je criais, je criais et en même temps un peu plus loin, à quoi, cinquante centimètres, je me regardais faire en pensant : « Wow, on dirait que t’es vraiment en pétard, là… ». Du coup, ça m’a fait très peur et j’évite de crier sur les gens, maintenant.

- Je n’ai pas eu de crise d’adolescence. Je suis sage.

- J’ai une curiosité gustative naturelle pour tout. Je veux dire VRAIMENT pour tout : le thé, les feuilles de thé, l’emballage des feuilles de thé, la ficelle qui retient le sachet, la tasse qui contient le thé. Fort heureusement, je me domine et me contente des choses autorisées à la fois par mon système digestif et l’opinion sociale.

Des mois de silence et bim, deux billets d’un coup. C’est drôle comme une chose en entraîne tout de suite une autre…

Crédit : La photo qui illustre ce billet provient de la série Deux, du photographe Jon Duenas dont j’aime beaucoup le travail.

La tendresse et d’autres choses encore

2014

Je referme 2013 avec beaucoup de douceur : toutes les photos ci-dessus ont été prises durant les quinze derniers jours et il me semble que ça se voit. Cette douceur. Une fin d’année douillette, meilleure façon d’atterrir en douceur, après cette année étrange, tumultueuse sans en avoir l’air et pleine de trop de chose pour que je puisse la qualifier exactement.

Bon. J’ai clairement un faible pour les crépuscules et les levers de soleil…

Noël à la montagne…

C’était un Noël sans sapin, sans décorations, mais avec de la neige, des couchers de soleil irréels et des montagnes de chocolat. Quelques heures de ski et beaucoup de bons petits plats.

C’était un temps pour lire un gros livre d’une traite. Enfin. Un livre avec des elfes, de la magie, des forces du bien et du mal. C’est le cadeau que je me suis fait à moi-même : lire et rien d’autre (à part bien sûr prendre en photo les couchers de soleil qui, quelle chance, tombaient pile à l’heure du chocolat chaud et des brioches).

Paris en pause…

Ensuite, ça a été Paris. Deux jours dans dire à personne que nous étions rentrés. Deux jours pour nous seuls. Flâner, ne rien faire. Manger tard en regardant des Disney à la chaîne. Juste la joie simple d’être ensemble.

On aurait dit « une escapade à Paris », ces jeux jours. Comme si ce n’était pas chez nous. Cette journée à marcher au hasard. La fête foraine du Grand Palais, le coucher de soleil sur la Seine… La grande roue. Une journée tellement cliché qu’avec les couleurs du jour tombant, ce soir-là, on avait l’impression de se promener dans un film de Miyazaki.

Et puis, mais c’était trop tard pour prendre une photo, on a croisé rue de Rivoli un homme qui faisait des bulles de savon géantes.

Et puis la Normandie…

Un nouvel an le plus tranquille qu’on puisse imaginer. Inattendu et parfait, avec des invités surprise. Ça a été Noël à peu près tous les jours : chaque journée charriait son lot de nouveaux arrivants, incluant de nouveaux paquets à ouvrir, à offrir et tout ce qui s’en suit (embrassade, champagne etc.).

Mercredi ou jeudi, je ne sais plus, j’ai fermé mon ordinateur à 14h45 pour honorer la première marée de l’année. Partir à la pêche avec mon père et mon petit frère, ça vaut bien deux heures d’école buissonnière. Le coin des coquillages violets avait parfaitement découvert, j’ai même pu faire une petite moisson imprévue.

Entre les allers et venues, les tables pantagruéliques et les longues discussions sur un coin de table : c’était le temps d’écrire, longuement. Être ainsi installée en tailleur dans le petit canapé qui donne sur la grande fenêtre avec au loin (pas si loin) la musique délicieuse du babillage familial, c’est un des rares moments où ma vie d’auteur est complètement raccord avec l’idée romantique que je m’en étais faite.

Enfin voilà. Dix jours très doux. Toute cette tendresse…

En ce début d’année, alors que mille petits et grands chantiers m’accaparent déjà, c’est un sentiment de gratitude qui domine. De la gratitude envers la vie elle-même, tout simplement. Juste le fait d’exister. De posséder des yeux, un cœur, une conscience.

Ça ne durera sans doute pas toujours, d’exister, on ne sait pas. Si ça se trouve, on n’en a vraiment qu’une seule, de vie. Alors profitons-en. Si j’ai un vœu pour 2014, c’est celui-là : juste aimer chaque instant, quel qu’il soit (en vrai, j’en ai plein d’autres aussi, beaucoup plus terre à terre).

Je vous souhaite une année délicieuse. Merci d’être encore là, derrière votre écran, à me lire.

Après Granville

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Il y a un peu plus d’un an maintenant, peu de temps après ma traversée en bateau, j’ai quitté Paris sur un coup de tête : moins d’une semaine après avoir pris ma décision, j’emménageais à Granville. Pendant des mois, je n’ai pas passé une journée sans aller voir la mer.

J’ai mangé tous les jours les bons produits du marché. Tant que le temps l’a permis, j’ai pique-niqué sur la plage à midi. Mon petit appartement donnait sur la place des Corsaires et depuis ma fenêtre, je pouvais voir le port. Les entrées et sorties des bateaux étaient devenues mon paysage. Je n’avais qu’à lever la tête.

Cette vie si différente de celle que je mène à Paris était rythmée par une foule de rituels agréables : deux fois par semaine, j’allais manger chez ma grand-mère. Nous papotions en déjeunant face à la mer sous la véranda et, quand elle est tombée malade, ça a été facile d’aller la voir régulièrement.

Les jours de grande marée, j’espérais trouver le « Monsieur des Crevettes » et son éternelle gentillesse à l’angle de la rue Le Campion. Je prenais trois mesures de crevettes encore frétillantes, il en ajoutait toujours une demie et une pelletée de sourires.

Tous les jours à dix heures et demie, on m’appelait depuis le trottoir pour prendre le café dans la jolie galerie d’art de ma tante. Avant le déjeuner, je passais quelquefois commander un livre à la librairie du Détour et c’était toujours une fête lorsque ma commande arrivait.

Vers sept heures, je me m’installais au piano pendant que B. préparait à manger. Ou bien c’était l’inverse. Mais il y avait toujours du piano et le parfum de quelque chose de bon qui mijote en cuisine.

Avec M. et B., on se donnait toujours du temps pour refaire le monde et notre vie à toutes les sauces. On parlait surtout de l’amour évidemment. L’amour qu’on avait eu, qu’on avait plus, qu’on retrouvait, qu’on avait raté, qu’on espérait. À la fin, on se tassait toutes les trois dans le petit canapé, sous la mezzanine. On s’enroulait dans des plaids pour regarder des films souvent assez mauvais tout en buvant des litres de tisane.

Le week-end, on se baladait. Jamais très loin. En gros, on changeait de plage : Bréville, Jullouville, Coutainville… rien que des noms en « ille ». On ramassait des coquillages, et s’il faisait beau, on se nichait derrière de grands cailloux pour s’abriter du vent pour jouir du plus petit rayon de soleil. C’était toujours la même chose et j’ai l’impression que j’aurais pu faire ça chaque jour jusqu’à la fin des temps. J’ai adoré cette vie. Peut-être d’autant plus que je la pressentait provisoire.

Au mois d’avril, il y a eu d’autres surprises, d’autres bonheurs… un tourbillon de choix à faire. Au mois de mai, c’était déjà réglé : je refermais la parenthèse granvillaise pour rentrer à Paris.

Je suis partie avant que le printemps et le soleil ne reviennent. J’attendais le retour du beau temps pour parcourir la Manche de long en large, dégoter tous les petits coins jolis et vous les raconter. J’avais même fait un itinéraire, posé des questions, épinglé quelques adresses… Mais les plans ont changé, alors ça ne sera pas pour tout de suite, peut-être même que ce sera pour jamais. La vie nous réserve trop de surprises pour en avoir la moindre idée. Mais en tout cas, c’est mon seul regret, ne pas avoir eu le temps de faire ça avant de rentrer.

(c’est à ce moment-là que les lecteurs qui auront parcouru ce billet jusqu’au bout vont se sentir récompensés)

Alors j’ai été toute heureuse que l’office de tourisme de la Manche me propose, il y a quelques jours, d’offrir à l’un d’entre vous une « Manche Box » (vous pouvez aller regarder le détail du coffret ici) qui vous permettra d’aller constater par vous même à quel point la Manche est une jolie région.

La box vous permet de choisir parmi 30 courts séjours partout dans la Manche et dans les îles Anglo-Normandes. Si vous ne connaissez ni le Mont Saint Michel, ni Jersey, ni Guernesey, je vous recommande en particulier ces escapades, mais il y en a plein d’autres. J’ai longuement feuilleté le catalogue, la Manche Box me semble vraiment très bien faite.

Le concours est ouvert jusqu’à mercredi midi. Pour participer, c’est facile comme tout, il vous suffit de me dire dans quel archipel ont été prises les photos de ce billet.

Alors c’est à vous, rendez-vous mercredi après-midi pour vous dire qui a gagné !

PS : N’oubliez pas de mettre une adresse mail valide dans le champ « email » des commentaires, si celle-ci ne fonctionne pas, je ne comptabiliserai pas votre participation.