La folie (pas si) douce

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Philippe Katerine, pour moi, c’est un peu comme une œuvre d’art contemporain. En dehors de quelques chansons qui accrochent mon oreille, je reste perplexe. Déjà, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est l’idée humiliante que je pourrais me mettre à aimer avec toute ma candide sincérité une chanson écrite juste pour plaisanter ou voir jusqu’à quel point nous sommes prêts, petits consommateurs bébêtes, à crier avec les loups de l’intelligentsia parisienne. Aimer, en clair, une chanson faite pour se foutre de nous. Je me sens un peu idiote à l’idée que globalement, là où les pontes de la critique musicale perçoivent du génie, je vois juste un type qui aligne les onomatopées en gesticulant bizarrement : les Philippe Katerine m’agacent parce qu’ils me donnent toujours plus ou moins l’impression d’être trop-con-pour-comprendre.

Je dis « les Philippe Katerine », mais en fait c’est curieux comme expression, parce que Philippe Katerine est précisément le type qui fait exception à la règle des Philippe Katerine.

Comme tous les doux dingues, Katerine élargit le champ des possibles. C’est toujours un soulagement de voir l’horizon d’agrandir : il chante et c’est comme si la boite de Pandore s’ouvrait en grand, et qu’on découvrait stupéfaits que tout ce qui s’y trouve était une suite sans fin de farces, de poésie insoupçonnée, de finesse parfois. Et même de choses moins drôles aussi, mais qui méritaient qu’on les voie. Read more »

French song

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Aujourd’hui, le chanteur français se distingue des autres en ce qu’il met un point d’honneur à chanter en… anglais. C’est comme une bonne blague : chaque fois que je tends l’oreille vers une chanson qui me plaît, il y a toujours quelqu’un pour me rétorquer : « mais, si, tu sais, c’est ce groupe français, québécois, belge ou toute autre province a priori francophone ». Pour ne citer que ceux qui me viennent à l’esprit sans réfléchir : Gush, Revolver, Arcade Fire (même s’ils ont la particularité d’être un groupe cosmopolite), Cocoon, 1973, Jil is Lucky…

Cette manie du petit groupe français sympa qui s’amuse à pousser la chansonnette en anglais, exclusivement a tendance à m’agacer :  d’une part, je ne peux m’empêcher d’y voir une recette marketing évidente pour avoir une meilleure chance de s’exporter hors de nos petites frontières étriquées, d’autre part, j’aime trop notre langue pour admettre facilement qu’on la délaisse avec autant de facilité pour sa voisine, souvent moins exigeante sur la place du texte que nous le sommes en France.

Bien entendu, je reste consciente que l’anglais est progressivement devenu une langue bis, particulièrement dans le domaine de la musique où nos références sont, le plus souvent, indifféremment francophone et anglophone. Il est donc bien naturel que ces jeunes personnes, biberonnées à l’anglais, se sentent plus à leur aise dans la langue de Shakespeare. Et surtout, je dois bien admettre ceci : leur musique me plaît, leurs influences, leurs textes, même leur anglais me plaît. C’est donc, surtout, que je l’aime, ce pan de la scène française qui s’amuse à brouiller les pistes en se passant allègrement de l’AOC francophone.

Mon gros coup de cœur du moment, le groupe belge et cosmopolite (un français, un anglais, un suédois) Puggy, n’échappe pas à la règle. Une musique pop toute en subtilités vocales et harmoniques, pleine d’énergie et d’assurance. Ils ont des têtes de mômes, mais leur album, ciselé comme un bijou, n’a aucun des petits ou des grands défauts des premiers opus. Je les ai découverts cet été dans un CD des Inrocks ou de Pop & Folk (je ne sais plus) et depuis, leur album tourne en boucle dans mes oreilles. Si vous ne les connaissez pas encore, précipitez-vous. Une ou deux chansons favorites dans l’album? Pas vraiment : j’écoute chaque morceau avec un plaisir égal, mais disons, s’il fallait en choisir trois: « I do », « when you know », « Teaser ».

J’ai eu la chance de les écouter en live il y a quelques jours et leur visible expérience de la scène est jubilatoire. Ils se produisent au Bataclan le 8 novembre prochain, j’espère vraiment faire partie du public. Vraiment, n’hésitez pas à réserver vos places, je suis à peu près certaine que vous ne pourrez pas être déçus.

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1973, un jour d’été

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J’ai des musiques pour tout. Des chansons pour me réveiller, des pour aller courir et d’autres pour danser, chanter avec une brosse à cheveux devant mon miroir, écouter les confidences d’une amie, rêvasser (bien que que je préfère m’adonner à mon activité favorite en silence), broyer du noir ou voir la vie en rose. D’autres pour faire la vaisselle (non, ça c’est faux : je ne fais jamais la vaisselle) et ainsi de suite.

Et puis, il y a les chansons de 1973, qui tournent en boucle depuis un petit moment dans mon Iphone. Si j’ai attendu un peu pour en parler ici c’est parce que leur leur album, Bye Bye the cellphone, c’est un peu pour moi la playlist idéale d’une journée d’été. Harmonies rondes et joyeuses, légèreté avec ici et là quelques touches de cette sorte particulière de mélancolie qu’on prend parfois plaisir à ressentir et qui convient bien à la langueur du plein été. Lointains échos des Beatles ou des Beach Boys.

Dedans, on trouvera forcément la chanson avec laquelle on a envie de boire son café noir face à la mer au point du jour, ou alors faire comme si. Un peu plus tard, celle avec laquelle on prend la route, pour aller vers une destination qu’on voudrait inconnue. Celle, encore, qui semble faite pour un groupe de copains qui paressent au soleil. Une autre qui accompagnerait idéalement la fin de journée, au moment où il fait moins chaud, quand on s’attarde sur la plage pour échanger des petits secrets avant d’aller retrouver les autres pour l’apéritif. Je suis sûre qu’il y a celle pour l’apéritif, également. Et celle encore sur laquelle on se lève à la fin du repas pour danser avec tout la nonchalance que suggère la chaleur de l’été, de cette façon de danser qui n’est pas tout à fait de la danse, avec laquelle on exprime juste la joie d’être-là, sans rien de plus urgent à faire qu’onduler sous les arbres, pieds nus, les yeux fermés. Et d’autre encore, pour ce qui suit la danse etc… Bye bye the cellphone est définitivement, l’album de mon été.

Ces photos ont été prises au mois de juin, un soir de grande chaleur, au café de la danse. À la fin du concert, Diane Birch (dernière photo) est venue les accompagner. Je n’avais pas été renversée par la première écoute de son album, tout au plus légèrement séduite. Mais en live, mamma mia, quelle voix! J’espère vraiment avoir l’occasion d’aller écouter bien vite cette jeune femme aussi talentueuse que belle.

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