Cette fois, nous y voilà. Après des mois de travail, de questionnements en tout genre (« Mais si on clique là, ça donne quoi? »  » Tu ne crois pas que ce orange, ici, c’est un peu dur? ») et de prises de chou enthousiastes, nous venons de lancer avec Eléonore et l’aide précieuse de l’équipe talentueuse de Colorz la toute nouvelle version de Un Beau Jour, notre site chéri, dédié aux mariage et à l’organisation de jolies fêtes.

Il nous reste encore mille petites choses à régler, autant petits bugs à traquer, mais c’est peu de dire que nous sommes ravies. J’espère que vous aimerez cette nouvelle version, truffée de nouveautés, autant que nous. Parmi les différents projets sur lesquels je travaille, celui-ci tient une place toute particulière et j’en profite enfin pour adresser une hola générale à cette demoiselle qui met tant d’énergie dans ce beau projet.

Allez, zou! Filez vite découvrir tout ça et nous dire ce que vous en pensez !

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Connaissez-vous Instagram? Cette plateforme de micro-blogging en images, destinée aux utilisateurs d’Iphone. Oui, vous connaissez certainement, je ne vais donc pas m’étendre des heures sur le sujet. Disons qu’il s’agit d’un Twitter en images. Le principe est exactement identique : vous postez vos photos, vous suivez les comptes qui vous plaisent, vous pouvez signaler les images que vous aimez en particulier et laisser des commentaires à l’auteur.

Voilà un long moment que j’y suis inscrite, mais je ne me suis prise au jeu que depuis peu de temps. D’abord parce que plusieurs amis l’utilisent et que je me sens mue par un « moi aussi je veux jouer » tout droit sorti de l’enfance. Mais aussi et surtout parce que j’aime ce principe : tout le monde est logé à la même enseigne et doit chercher à produire quelque chose de joli/intéressant/surprenant avec un outil commun, l’Iphone et un format unique, les photos redimensionnées au carré.

C’est toujours très stimulant de voir les milliers d’usages que l’on peut faire d’un même outil. Comment certains tirent parti de leurs faiblesses ou comment d’autres contournent les contraintes du support pour faire parler autrement leurs images.

L’air de rien, sans probablement que ce soit volontaire, presque tous les comptes ont un style qui leur est propre, une touche véritablement personnelle. Bref, après avoir émis de sérieuses réticences (j’ai commencé à utiliser Instagram alors que le site était en cours de développement et que peu de gens y étaient inscrits, ceci explique peut-être cela), c’est le nouveau petit jouet qui me distrait efficacement.

Si vous voulez suivre mon compte – les images en illustrations sont, bien entendu, issues des derniers posts sur instagr.am -, il s’agit du compte @cachemireetsoie. Et voici également quelques uns de mes comptes favoris:

@ohfajar pour ses compositions graphiques toujours superbes (même si l’auteur triche complètement : ses compositions ne sortent pas de son Iphone, c’est certain)

@dinky pour sont sens aigu de l’art de vivre et les jolies compositions de ses photos

@nini_cb pour l’overdose bienfaisante de mignonneries quotidienne qu’elle apporte à ma timeline

@freepeople parce que c’est la mode comme je l’aime, pleine de vie, d’amusement, de subtilité et de décontraction.

Enfin, last but not least, vous pouvez aussi parcourir instagr.am sur le web grâce au site Copygr.am.

L’autre jour, quelqu’un a laissé ce commentaire sur un billet dans lequel je parlais des derniers livres accumulés sur ma table de chevet : « Ça me fait mal de voir Murakami et Marc Levy sur la même liste de lecture ». J’ai un point de vue exactement opposé à cette idée. C’est donc sur ce mode totalement fourre tout que j’entame cette moisson de choses lues, vues, entendues.

J’ai refermé il y a quelques jours Le Chameau sauvage de Philippe Jaenada. Un livre qui a reçu le prix de Flore peu après sa sortie et que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, en particulier parce que c’est un livre drôle, qui m’évoquerait quelque chose comme de la chick lit (bien écrite, l’un n’empêche pas l’autre à mon avis, ne voyez rien de péjoratif là dedans), envisagée d’un point de vue masculin, avec plus de zones d’ombres mais une légèreté équivalente dans le traitement du texte.

Avant cela, j’ai enfin lu le mythique Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (to kill a mocking bird) que je vous recommande, évidemment, ne serait-ce que parce que, justement, c’est un livre mythique. C’est, pour ma part, le personnage du père qui m’a le plus enthousiasmée, cet homme qui semble doté d’une sorte de connaissance absolue de l’âme humaine et que j’aimerais compter parmi mes amis ou les membres de ma famille.

Parmi mes lectures, je pense aussi à L’odeur du Gingembre que ne ne suis toujours pas sûre d’avoir vraiment aimé, mais qui, à l’évidence, est un bon livre. Cette héroïne anglaise perdue en Chine, puis au Japon qui affronte toutes les formes de solitude au cours de sa vie ne m’a pas laissée indifférente. La forme du récit (journal, lettres) est probablement ce qui freine mon enthousiasme, je ne sais pas trop pour quelle raison.

Et pour en finir avec les quelques lectures qui ont retenu mon attention, je termine avec le meilleur : Trois chevaux, d’Erri De Luca. Après Tu mio, cela se confirme : j’ai trouvé là un de mes auteurs favoris. Pour ne pas le terminer trop vite, je l’ai prêté à une ami alors que j’étais arrivée au milieu du récit (je n’ai donc pas terminé ma lecture à ce jour). De Luca a ce truc particulier des auteurs qui laissent leur emprunte, en vous et font de votre lecture quelque chose qui pourrait ressembler à de l’expérience vécue.

Côté magazines, je suis heureuse de trouver à nouveau des choses qui m’enthousiasment en kiosque, la presse féminine ayant depuis longtemps déserté mon sac à main. Mes nouveaux plaisirs se nomment Fricote, Doolittle, Paulette et Causette (avec quelques réserves pour ce dernier : je suis plutôt déroutée par leur approche « féministe à l’ancienne » sur certains sujets, mais plus que séduite par leur iconographie et la plume de certains de leurs journalistes).

Au cinéma, peu de choses m’ont vraiment transportée ces derniers mois en dehors des Contes de la nuit, du génial Michel Ocelot. Pour la première fois, il m’a semblé que l’usage de la 3D au cinéma se justifiait entièrement, nous donnant la sensation de nous trouver face à un théâtre de marionnettes, plutôt que devant une toile blanche. Une très, très belle réussite.

Sans transition aucune, je suis aussi tombée il y a quelques jours sur le film Mange, prie, aime que j’ai regardé d’un oeil distrait en faisant autre chose en même temps. J’avais lu beaucoup de choses négatives à propos du livre, mais je crois que nous sommes trop habitués, en France, à croire que les messages simples sont des messages simplistes. Je crois que le film exprime bien cette idée : l’apprentissage de sagesse passe par la recherche de la simplicité, voire de l’extrême simplicité. Que l’essentiel, dans la vie, tient en peu de mots et que ces mots seraient compréhensibles par un petit enfant.

Et tiens, pourquoi pas, allons aussi faire un tour du côté de la télévision. Comme un sacré paquet de personnes, je suis déjà fan du nouveau programme court de Canal +, Bref, hyper rythmé, drôle, bien vu. Et puis bien entendu, je ne peux m’empêcher de faire ma promotion : l’émission Du temps pour moi (sur Teva) continue cette année, ma chronique en stop motion également. Les tournages ont repris et je suis toute heureuse. J’espère que je pourrai en publier quelques unes sur mon blog cette année, sinon, rendez-vous tous les dimanches matin.

Côté musique, c’est, par contre, le calme plat. J’ai eu l’occasion d’écouter quelques titres du premier album de Thomas Marfisi qui devrait sortir d’ici quelques mois et que j’ai beaucoup aimé, mais tant que l’album n’est pas sorti, difficile d’en dire davantage (en illustration, ce. Alors, pour patienter avant de nouvelles trouvailles, j’écoute en boucles de vieux titres comme ceux des Andrews Sister, Colette Magny, The temptations, des choses comme ça.

Et pour terminer, je voulais parler du premier livre de mon amie Virginie, le guide sexo des paresseuses. Virginie, c’est celle, dans votre groupe de copains, avec qui vous pouvez parler de tout, celle qui est dotée d’une sorte de don de clairvoyance, qui entend à la perfection ce que vous dites entre les lignes. Celle qui, en plus, est armée d’un humour capable de dégoupiller les confidences les plus difficiles à faire ou à entendre, tout en gardant une sensibilité à toute épreuve. On retrouve un peu de toutes ces qualités-là dans son livre. Et surtout, retenez bien son nom parce que cette fille, c’est sûr, vous allez entendre parler d’elle.

Bonne journée à tous, amis blogosphériques!

Il ne doivent plus s’embrasser, c’est ce qui est convenu entre eux, précaution évidente de toute séparation qui se respecte. Ce serait possible, pourtant, elle serait certainement d’accord : au fond de l’estomac, ce gouffre qui s’est installé depuis qu’il ne peut plus la tenir dans ses bras, cette faim des gestes tendres, elle le partage forcément. Il suffirait de se tenir en embuscade, attentif à ce moment où le manque vire au vertige, et l’embrasser. Ce serait simple. Bien sûr, cela ne résoudrait rien, mais un baiser, c’est toujours un baiser. C’est toujours ça de pris ; qui sait quand d’autres lèvres éveilleront en lui à nouveau cette envie, ce baiser bien particulier qu’il voudrait lui donner ou lui prendre?

Il songe à la suivante. Cette femme qu’il ne connaît pas encore et qui viendra, elle aussi, se lover dans ses bras. Ce ne sera pas pareil, forcément. Il n’y aura pas cet emboîtement idéal, cette connaissance de l’autre. Pas tout de suite, en tout cas. Avec cette autre, il faudra tout reprendre à zéro : se découvrir, s’apprendre, se mettre au diapason, s’adapter. Cette seule idée le décourage.

Il songe qu’on s’impose de ces choses stupides. Quinze ans d’embrassades et tout à coup, sur simple décision – comme pour marquer le coup – plus rien. En attendant le jour où, baux signés, cartons emballés, ils se sépareront pour de bon, ils se tiennent côte à côte sur le canapé, choisissent un film, commandent des sushis en faisant le récit de leur journée… On dirait que rien n’a changé en dehors de ces trente centimètres à peu près qui les séparent, là où il n’y a pas six mois ils se seraient tenus l’un contre l’autre. Il voit son visage d’un peu plus loin, c’est la seule différence.

Tout serait tellement plus simple s’ils se sentaient fâchés, déçus, trahis. La colère, à sa façon, donne un sacré courage. Mais ça ne fait pas partie de leur histoire, la colère. Pas plus que l’amertume ou la rancœur. Eux, ce sont des tendres, des attentifs, des pleins d’amour. Un angélisme qui sonne bien sur le papier, sauf que finalement ça n’aide pas.

Du coin de l’œil, voilà bien cinq minutes qu’il la regarde. Elle est vraiment jolie. Ou peut-être pas tant que ça, en fait. À la réflexion, il n’est plus très sûr de savoir, il n’a plus le recul pour cela. Depuis tellement d’années, elle est sa moité, son bon profil, sa pièce manquante, sa sœur, son pote, sa famille, son point de chute. C’est probablement au milieu de ce grand fatras-là que s’est perdu l’amour. Mais dans des moments comme celui-ci, ce qui manque à leur vie devient affreusement nébuleux. Pourquoi s’infligent-ils tout cela, au fait? Pourquoi l’abandonnent-ils, cette vie rêvée qu’ils bazardent comme d’un revers de main? On dirait qu’ils ne font que chasser une mouche importune. Toute leur vie comme une mouche qu’on éloigne… C’est de la folie.

Dans une heure, deux peut-être, il aura retrouvé le fil d’Ariane qui forme, au bout, le mot « séparation », c’est évident. Il est soumis à ça depuis des mois : un geste, un mot, une attitude et dans le flou, tout s’emboîte à nouveau, retrouve un sens, une direction. Mais là, dans le confort de ce silence familier et le bruit des baguettes chinoises, il ne comprend plus grand chose à l’histoire. Et puis on s’en fout de l’histoire, il voudrait seulement lui donner ce baiser, sentir le poids de sa petite épaule au creux de son épaule. C’est tout.

Pour un instant, il voudrait qu’on lui rende sa vie.

Alors il hésite. Il suffirait de se pencher. Elle serait d’accord. Sans toute même qu’elle lui serait reconnaissante. Si ça se trouve, elle ne s’en rendrait même pas vraiment compte. Mais il sait bien, au fond, ce qui arrête son geste : ce baiser-là qu’il lui prendrait comme on attrape le sel sur la table au dîner sans demander la permission, ce baiser-là pourrait aussi bien devenir le dernier. Ce méchant point final. L’embrasser avec ce poids immense que charrient forcément les dernières fois de toute chose, il n’en est tout simplement pas question. De toute manière, ça gâcherait tout.

Lui, ce qu’il voulait, c’est un baiser qui ne compte pas, qu’on fait sans réfléchir. Même un qu’on fait simplement par habitude ; qu’on donne sans y penser parce qu’il en reste une infinité en réserve.

C’était sans doute un de ceux-là, la dernière fois, il ne s’en rappelle pas. Sa mémoire le tient tout exprès bien caché dans le flot des milliers de baisers échangés. Aucun signe distinctif. Oui, mieux vaut s’en tenir à ça : à un dernier baiser dont on ne se souvient pas.