
En ce moment, c’est là, dans ces affiches typographiques, que je trouve le plus clair de ce qui m’inspire. Ces compositions qui jouent avec les mots, les mettent en scène de toutes les façons imaginables, un peu à la façon d’un cadavre exquis (« tiens, voilà une couleur, un mot, une police de caractère… dis-moi ce que ça t’inspire ») m’enchantent, littéralement. J’aime l’agencement des mots, la concordances de couleurs… il me semble quelquefois que l’on comprend le sens d’une phrase simplement grâce à la manière dont celle-ci a été mise en scène.
En voici quelques unes. J’imagine bien un mur entier de ces pensées pleines de sagesse, d’humour, ou bien de dérision, organisées par couleur dans mon futur appartement…






Crédit : Sometimes the dreams that come true are the dreams you never event new you had – Have a nice day – The personn you love is 72,8% water – You never cross the ocean unless you have the courage to lose sight of the shore – Life is like riding a bicycle ; in order to keep your balance you must keep moving – You can’t buy happiness but you can buy ice cream. And that’s kind of the same thing – Don’t let the sunshine spoil your rain.

Cette fois, je suis bel et bien rentrée à Paris. Comme à chaque fois, il m’a fallu du temps pour revenir à la réalité et que travail, projets et tâches quotidiennes circulent à nouveau à travers mes synapses. Comme à chaque fois, je rentre de Normandie avec le sentiment que ce n’était pas assez. Mais à y réfléchir, c’est un « pas assez » bienfaisant : cette même petite place vide qui vous laisse l’estomac à la fois satisfait et frustré, après avoir mangé un éclair au café.
Cette année encore, les bons souvenirs sont trop nombreux pour pouvoir se les remémorer en une fois et je prends plaisir à les dérouler à nouveau en pensée, l’un après l’autre, éberluée d’avoir vécu avec une telle intensité alors qu’on s’appliquait surtout, en fait, à ne rien faire :
Cette journée passée au Cagnard du Sud, où l’on a vu nager un phoque à quelques mètres du bateau ; les vociférations de Bérangère, à bord, pour un oui pour un non ; les sommeils écrasants de Bruno, partout où il s’installe et cette soirée surréaliste que nous avons passée au Georges.
Les blind-test chez François où je perds à chaque fois avec la plus grande mauvaise foi et les grands verres de Jet 31 qui se remplissent toujours quand on a le dos tourné ; Les apéro-porto au Rétro qui commencent à trois et se terminent à quinze autour de quatre ou cinq tables agglutinées en désordre sur la petite terrasse.
Ce mauvais vélo qui me rend bien service à quatre heures du matin, quand il faut bien rentrer et qu’heureusement, je n’ai qu’une route à suivre en ligne droite pour arriver chez moi ; le petit café qu’on va prendre chez les uns et les autres à toute heure du jour et le petit commerce de citronnade que les enfants avaient monté pour tenter de s’offrir un Ipad.
Le visage de Marc, qui s’illumine chaque fois qu’on se met à parler nourriture, ses incomparables moules au safran qu’il faut des heures pour préparer quand on est plus de dix à table et sa citronnade arrangée de vodka qui fait perdre la tête à Jeanne. Cette partie de poker où j’ai joué et pratiquement gagné sans jamais rien comprendre au jeu. La musique dans le salon, toujours trop forte ou pas assez. Nos goûts musicaux contestables.
Le beau Thomas qui vend des tomates à l’ancienne, le dimanche au marché ; les absences de Jean au moment du goûter et cette façon qu’il a d’être toujours un peu ailleurs quand il est parmi nous. Et notre virée sur la prame qui n’avait pas bien commencée.
Et aussi les nuits passées avec Dan à refaire le monde ou tenter de trouver comment y naviguer sans perdre complètement le nord ; ces amis d’enfance qui ressurgissent tout à coup dans votre vie sans qu’on les ai vus venir ; cette petite heure si douce à papoter avec Séverine au pied du calvaire, le jour de la kermesse ; le fond de bouteille que l’on finit toujours par boire l’air de rien, avec Stéph sur le coup des cinq heures du matin et ce petit verre de jus d’orange avant d’aller se coucher lorsque le jour se lève ; les allers et venues d’Antoine au gré de ses jours de congé ; les passages éclair de Jean-Marc ; les graines de tournesol de Natalia, volées la nuit dans un champ par Bertrand ; le lumineux visage de Béné qui semble avoir marqué des points sur l’échelle du bonheur, les moqueries d’Anne-Laure qui font rire tout le monde jusqu’à ce qu’elles s’adressent à vous, cette virée en kayak face au vent dans la baie du Mont Saint Michel, l’énergie de Lily et sa façon de toujours rire de tout, la bienveillance patriarcale de Papou, les gaufres de chez Yver au Plat Gousset et la jolie gaufrière bien trop jeune pour Bruno, le hamac toujours occupé par quelqu’un quand on voudrait s’y allonger, le mythique Trois Frères de la maison, la cloche de la chapelle qui annonce une messe à laquelle plus personne n’assiste, les grandes tablées qui n’en finissent jamais de s’allonger, les jours qui raccourcissent déjà, les repas sur le pouce, les bains de minuit qu’on se promet chaque soir et auxquels chaque soir on renonce, les livres qu’on dévore et s’échange…
En les égrenant ainsi, il me semble rentrer à Paris avec un arc-en-ciel au-dessus de la tête. Un arc-en-ciel pour la rentrée, c’est plutôt bon signe, non?



Juste une sélection d’images qui réussit le tour de force de m’apaiser, me divertir et me donner la pêche, aujourd’hui. Mais oui, tout cela en même temps. Le rose, décidément, est une couleur miraculeuse ; la seule à mes yeux qui, quelles que soient les circonstances, est incapable de véhiculer un message autre que positif. Le rose est entièrement dévoué au bonheur.
Je trouve tellement dommage qu’on en ai fait l’apanage des filles et des nourrissons. La prochaine fois, je ferai une sélection d’images roses ET masculines pour prouver ce que j’avance. En attendant, bon week-end (ensoleillé) les amis, profitez-en bien!











