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Abordons enfin ce sujet passionnant entre tous : les aurores boréales. Or donc, l’Islande fait partie de ces pays proches du grand nord qui voient passer chaque année un bon nombre d’entre elles (tout comme la Laponie ou bien certaines contrées du Canada). Je crois bien et n’avoir jamais aussi fort croisé les doigts pour quelque chose que lors de ces quelques jours en terre d’Islande. Mon souhait a été exhaussé. Enfin, c’est un peu plus compliqué que cela…

C’est-à dire-que j’ai à la fois vues et pas vues. Comment une telle chose est-elle possible? Je m’en vais prestement vous l’expliquer.

L’intensité des aurores boréales est très variable. Lorsqu’elles sont fortes, elles ressemblent à celles que vous avez déjà pu voir en photo : de grandes trainées multicolores (souvent vertes, mais mais toujours) qui ondoient dans le ciel. Lorsqu’elles sont plus faibles, elles s’apparentent plutôt à des lueurs, ou bien à des nuages. Mais, et c’est là que la magie opère : si vous les photographiez, leur couleur est révélée par la photo.

C’est le cas de la photographie ci-dessus : à l’œil nu, je ne voyais qu’une sorte de nuage (différentiable de ceux-ci par la façon dont elle bougeait dans le ciel et par un je-ne-sais-quoi impossible à décrire, mais que vous identifierez facilement si vous en avez l’occasion). J’ai donc vu une aurore boréale, mais sans la voir vraiment.

Ensuite, je dois reconnaître que je ne m’étais pas vraiment préparée à l’éventualité de pouvoir en photographier, je m’attendais surtout à un spectacle observable à l’œil nu (ce qui aurait très bien pu arriver). Je me suis donc si bien renseignée en vue d’une prochaine chasse aux aurores boréales que je suis en mesure de vous donner quelques conseils pour vous aider à les capturer :

1. Pour les observer, le ciel doit être dégagé, mais pas seulement. L’activité solaire joue un rôle essentiel dans l’histoire, aussi pour connaître les nuits les plus propices aux aurores, vous pouvez télécharger cette application : Aurora Forecast, qui indique en temps réel quel sont vos chances, où que vous vous trouviez dans le monde, d’en apercevoir.

2. N’oubliez pas d’emporter un trépied avec vous. C’est indispensable (je n’en avais pas ce soir-là et c’est ce qui explique que ma photo soit floue)(croyez-moi, j’en ai versé des larmes de dépit pour cet oubli inconsidéré).

3. Vous devez posséder un appareil réglable manuellement : capturer une aurore boréale exige un temps de pause long (10 secondes à 800 iso et f/2,8 pour cette photo, par exemple). Il vous faudra probablement faire quelques essais avant de trouver un réglage convenable, donc prenez votre temps : les aurores évoluent dans le ciel, elles n’apparaissent et ne disparaissent pas comme ça. Pensez aussi à choisir un lieu abrité du vent, afin de maximiser la stabilité de votre appareil photo pendant la prise de vue.

4. En principe, vous n’avez pas besoin de vous trouver au milieu de nulle part, dans le noir le plus total, pour apercevoir des aurores, car les plus intenses sont visibles même en ville. Mais les aurores les plus intenses sont aussi plus rares ; vous mettrez donc toutes les chances de votre côté en allant vous perdre au milieu de la pampa. Sans compter le charme d’une nuit à la belle étoile.

5. Choisissez scrupuleusement vos compagnons d’expédition : tout le monde n’a pas la patience d’attendre des heures dans le froid, dans l’espoir d’apercevoir peut-être éventuellement sur un coup de chance des volutes vertes dans le ciel. Autant que possible, essayez de rendre l’expédition agréable : café, petits gâteaux, plaids et re-plaids…

6. Les aurores boréales sont le plus visible en Islande entre les mois de janvier et d’avril. Inutile donc de vous conseiller de vous couvrir comme un petit esquimau : une nuit à la belle étoile islandaise exige un peu de préparation.

7. Une fois sur place, laissez tomber votre appareil photo quelques minutes (ou programmez une image toutes les cinq/dix secondes, de cette façon vous pourrez même monter un petit film en time lapse en rentrant de voyage) : surtout n’oubliez pas de les regarder avec vos yeux !

Cette fois, j’en ai fini avec le récit de ces quelques jours islandais. Il me reste à remercier mille et mille fois Florence, d’Icelandair et à vous recommander les billets de Griottes et de Papilles et Pupilles qui vous donneront une multitude d »infos intéressantes, si vous programmez un voyage là-bas. Je vous laisse avec cette vidéo en time lapse (dont je ne suis, hélàs pas l’auteur, mais qui vous laissera moins sur votre faim que mon unique photo).

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Voici, pour vous aider à préparer un futur voyage, plein de petites idées, astuces et bonnes adresses en vrac. C’est tout mélangé et j’oublie certainement plein de choses, mais vous avez déjà de quoi faire. (La prochaine fois, on parlera des aurores boréales, LE sujet qui me passionne)(je frémis de plaisir à la seule idée d’écrire ce billet).

+ Si vous parvenez à trouver un bottin téléphonique, vous pourrez vous vanter de posséder le numéro de téléphone du Premier Ministre (le côté bonne franquette des islandais). Attention, pour le trouver, il faudra chercher dans l’ordre alphabétique des… prénoms. À raison de trois habitants par kilomètre carré, tout s’explique.

+ Préparez-vous à pousser des petits cris de contentement chaque fois que vous passerez devant l’une de ces adorables maisons colorées en tôle ondulée qui vous donnent l’impression d’être dans un monde bien trop joli pour être vrai. L’Islande rend les filles comme moi complètement hystériques.

+ Lorsque vous passerez à Geysir, la « ville » (tout groupement de plus de deux maisons est une ville, ici, sachez le) qui abrite le geyser le plus actif au monde, ne vous contentez pas d’admirer le geyser : les flaques d’eau bouillonnantes, les geysers inactifs et la vapeur qui semble sortir de terre donnent l’impression de se trouver dans le décor d’un film de Malik.

+ Si vous aimez les fruits de mer, ne loupez la soupe de langoustine, chez Fjorubordið à Stokkseyri (en photo). Situé en bordure de la mer, au cœur d’un petit village typique. Le restaurant est adorable et la vue est canon. Par contre, ne vous étonnez pas si l’on vous parle de « Lobster », malgré la petite taille des bestiaux que vous trouverez dans votre assiette. Il s’agirait d’une obscure différence de queue, entre la langoustine et le homard et qui ferait de ces langoustines islandaises des homards. Admettons, ils sont de toute façon délicieux.

+ Si vous êtes nombreux (une dizaine de personnes), offrez-vous une journée de rando 4×4 en pleine nature. C’est un peu onéreux, mais vous vous ferez le cadeau d’une journée hors de la réalité, où les paysages se succèderont à toute allure. En quelques heures, vous aurez l’impression d’avoir parcouru la moitié de la surface du monde.

+ Dans Reykjavík, faites la chasse aux fresques murales qui sont nombreuses et souvent de bon goût. La plus célèbre étant celle qui se trouve derrière la boutique Macland, au 30 Klapparstígur, en plein centre ville. N’oubliez surtout pas de vous pâmer de contentement devant les milliers de petits miroirs qui scintillent au gré du vent, au sommet de cette même fresque.

+ Même si vous ne fumez pas, faites comme si et échappez-vous en direction du coin fumeur à l’extérieur du restaurant, juste pour constater combien les islandais sont amicaux et leur poser tout plein de questions. Il y a toujours quelqu’un pour engager la conversation et vous demander d’où vous venez, ce que vous faites ici…

+ Cette étrange odeur, dans l’air? Pas de panique, c’est le souffre. Les volcans, les profondeurs de la terre, tout ça a un prix (mais on s’habitue vite).

+ S’il fait froid, vous remarquerez probablement l’absence de neige sur les trottoirs de la ville. L’énergie géothermique étant trèèèèès abordable : les trottoirs sont chauffés. Tout simplement.

+ Amusez-vous à comptez les volcans. C’est la version Islandaise de « celui qui compte le plus de moutons, de voitures vertes, de panneaux de signalisation… » pendant les longs trajets en voiture. Tous les trucs en « jökull » désignent un volcan (oui, moi aussi ça me fait rigoler)(n’ayez pas honte, vous êtes en vacances).

+ En vous promenant, essayez de repérer à l’instinct les futurs prix Nobel et reines de beauté parmi les islandais que vous croisez. L’Islande est le pays au monde qui compte le plus de prix Nobel par habitant, mais aussi le plus grand nombre de Miss Monde. Voilà, voilà.

+ Au milieu de la nuit, si vous avez un petit creux alors que vous faites la java, arrêtez-vous au Bæjarins Beztu Pylsur. Ce petit bouiboui est célèbre pour ses hots dog et c’est aussi LE point de ralliement de tous ceux qui désirent casser une graine au milieu d’une nuit bien arrosée.

+ Pour faire la Java, d’ailleurs, vous pouvez faire un arrêt « cocktails foufous » au Slippbarinn, le bal de l’hôtel de la Marina : branchouille juste ce qu’il faut, doté d’une carte des boissons joliment calligraphiée et truffée de trucs bizarres, comme ce cocktail très chouette à base d’aquavit, de concombre, d’huile d’olive infusée aux herbes et autres étrangetés incompréhensibles. Et c’était bien meilleur que ce que vous croyez.

+ Dans le cercle d’or, si vous passez devant un enclos de chevaux, n’hésitez pas à vous arrêter pour leur dire bonjour : ils viennent spontanément vous réclamer des caresses (ou plus probablement de la nourriture, mais qui, parmi vous, parle couramment le « Poney d’Islande »?) et sont adorables. Comme ils sont minuscules, on a aussi envie d’aller leur faire des câlins, de leur chanter des berceuses ou d’en rapporter un à la maison.

+ Arrêtez-vous dans un supermarché pour acheter un paquet de Sambó Þristur ces barres chocolatées à la réglisse à la fois déroutantes et délicieuses (au bout de trois : surtout déroutantes). Si vous ne savez pas quoi rapporter d’un peu typique et pas trop cher, les Sambó Þristur sont le cadeau parfait. Sinon, vous pouvez aussi ramener des petites boîtes de bonbons Opal, pour leur packaging graphique très chouette.

+ Amusez-vous à transposer votre patronyme à l’islandaise. La plupart des islandais n’ont pas de nom de famille. Comme dans le seigneur des anneaux, ils se nomment « fils de…  » ou « fille de… ». Par exemple, je m’appellerais Anne-Solange fille de Luc, ce qui, en islandais, pourrait correspondre à quelque chose comme Annika Sol Lukasdottir (si j’étais un garçon : Lukassson)(j’aime tellement ce pays, je vous l’ai dit?).

+ À la nuit tombante, passez devant le centre de conférence Harpa pour l’installation lumineuse qui recouvre les murs. Et soyez plus malins que moi : n’oubliez pas votre appareil photo à ce moment-là. Le centre abrite aussi, entre autres choses, une salle de concert et une boutique très chouette d’objets déco.

+ Si vous visitez le pays pendant la période de Noël, prenez le temps de vous intéresser aux Pères Noëls : les islandais n’en ont pas un, mais treize. Mais ne les enviez pas trop car les Pères Noëls Islandais sont beaucoup moins sympas que le nôtre.

+ Pendant la promenade dans le « No man’s land » (c’est à dire l’espace où se rejoignent et s’écartent les plaques tectoniques d’Europe et d’Amérique), cherchez l’endroit où l’on peut encore toucher à la fois l’une et l’autre des deux plaques : elles s’écartent l’une de l’autre d’environ deux centimètres chaque année, ce ne sera donc bientôt plus possible de les toucher toutes les deux en même temps.

+ N’hésitez pas à interroger les Islandais sur leurs superstitions et leurs croyances, ils en connaissent un rayon (vu qu’ils sont capable de lire dans les grimoires les plus anciens de l’Islande)(l’islandais n’ayant quasiment pas évolué au fil des siècles). Ils possèdent d’ailleurs une « école des elfes ». Nul ne dit si, une fois le diplôme obtenu on devient soi-même un elfe, ou un farfadet.

+ Goûtez absolument à leurs petits pains délicieux et à leur beurre qui a un petit quelque chose d’aérien incomparable. L’Islande : l’autre pays du bon pain.

+ N’hésitez pas à vous lever tôt le matin pour admirer les premières lueurs du jour. Quel que soit le lieu où vous vous trouverez, et même si le temps est un peu gris, la lumière est époustouflante et l’aube dure longtemps. Un spectacle à ne pas manquer.

+ Faites la chasse aux aurores boréales (on en reparlera dans le prochain billet, lalala).

+ Pour commencer votre voyage, allez à l’office de tourisme qui se trouve sur Adalstraeti et récupérez les deux mini guides édités par IBN : « Eat & Drink » et « Shop and fun« . Soyez plus matins que moi et prenez en suffisamment pour en rapporter à tous vos amis. Ils sont ravissants et truffés de vraies bonnes adresses. Sinon, vous pouvez aussi les trouver sur Facebook (si vous cherchez bien, ils sont en libre téléchargement).

+ Si vous êtes de la team « sensations fortes », offrez-vous une randonnée en moto neige sur le glacier de Langjökull, vous ferez des jaloux (moi).

+ Pour une petite pause dans Reykjavík, vous pouvez vous arrêter boire un café au Nýlenduvöruverslun Hemma og Valda parce que c’est mignon et cosy. Ou alors au Kaffi Hljómalind parce qu’on y sert du café bio et des petites choses végétariennes. Sinon, au Laundromat Café un café laverie vraiment chouette, où vous pouvez vous arrêter, évidemment, même si vous n’avez de lessive sur le feu.

+ Toujours à Reykjavík, faites un crochet par le petit Cimetière de Hólavallagarður, l’un des rares endroits boisés de la ville (oserais-je dire du pays)(si vous voyiez ce que les islandais appellent « forêt »)(une trentaine d’arbres, pour eux, c’est déjà une forêt). La vue, depuis le cimetière est magnifique et le cimetière lui-même donne envie de mourir sur le champ pour s’y installer à perpétuité.

+ Si vous avez de la place dans vos bagages et un peu de sous sur votre compte, vous pouvez rapporter de voyage un de ces adorables tabourets islandais de la marque « Fuzzy», recouvert de mouton d’Islande à poils longs (un peu rêche, ne nous voilons pas la face)(mais vous ne comptez pas dormir avec votre tabouret, donc tout va bien).

+ Au petit matin, longez la digue pour contempler le « Sun Voyager » de Jón Gunnar Árnason. Un drakkar futuriste à observer à l’aube, à travers les jolies couleurs du matin. Ai-je eu la présence d’esprit de faire quelques photos ? Pas du tout.

+ Le matin, depuis votre hôtel, faites un tour sur le site Reykjavik Center Map, pour noter quelques bonnes adresses et découvrir la jolie carte entièrement dessinée.

+ Arrangez-vous pour vous trouver en pleine nature autour de cinq heures de l’après-midi, au moment où la lumière commence tout doucement à tomber. La nature prend des teintes dorées incroyables.

+ Pour dormir, il paraît que l’hotel Reykjavík marina est le plus joli, le plus central et le plus agréable. Pour ma part, j’ai dormi au Hilton qui, ma foi, avait tout ce que l’on exige d’un hôtel : un bon lit, une propreté irréprochable et un buffet varié (les petits pains! les petits pains!). En prime, la vue sur la mer au lever du jour, qui est superbe (photo d’intro du billet).

+ Offrez-vous un pull islandais. Même s’ils sont un peu chers (autour de 150 euros) et qu’ils grattent effroyablement. Car ils sont aussi plus chauds que tout ce que vous pouvez imaginer, ce qui ne manquera pas de faire des envieux lors de la prochaine vague de froid en France (c’est-à-dire probablement dans pas longtemps, on commence à connaître la chanson). Vous pouvez par exemple vous arrêter chez IceWear, au 2-4 Þingholtsstræti à Reykjavík.

+ Côté shopping, vous avez de quoi faire. Mon truc à moi ce sont les petites conneries de déco mignonne. Voici donc de quoi faire une razzia : pour du design islandais et pointu, rendez-vous à Spark Space Design. Vous pouvez vous rendre à  Suomi PRKL Design, la petite boutique blanche à pois rouge de Laugavegi. Sinon, pour les petites bêtises mignonnes et pas cher, faites un saut chez Tiger qui n’a rien d’islandais – c’est une enseigne scandinave – mais puisque nous n’avons pas ça en France, c’est le moment d’en profiter.

+ Et pour finir, offrez vous ce dernier cadeau, avant de décoller : les vols retour d’Islande sont toujours programmés très tôt, vous ne pourrez pas couper au départ de l’hôtel autour de cinq heures du matin. La bonne nouvelle, c’est que si vous vous débrouillez bien, vous pourrez assister au lever de soleil depuis l’avion, c’est le moment où jamais pour essayer d’obtenir une place côté hublot, de préférence à droite : vous n’aurez pas le soleil dans les yeux (il se trouve légèrement sur la gauche) et vous profiterez d’autant mieux des couleurs incroyables du petit matin.

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Mon idée première consistait à morceler ce long billet, mais à la réflexion, la meilleure façon de raconter cette folle expédition est encore de le faire exactement comme on la vit : d’une traite. Car ces photos ont été prises au cours d’une seule et même journée. Et il n’est pas nécessaire, je crois, de faire un long discours expressionniste, tout tient en un mot : émerveillement.

Le Cercle d’Or, puisque c’est le nom de cette promenade aux alentours de Reykjavik, regroupe en réalité trois sites exceptionnels : les chutes d’eau de Gulffoss, les geysers de Geysir et le parc national de Þingvellir, où l’on peut notamment visiter le glacier Langjökull.

C’est un circuit touristique typique, de ceux dont, habituellement, je me méfie. Mais celui-ci avait deux spécificités : la splendeur indéniable de paysages encore très préservés des installations touristiques, et l’histoire de l’Islande, riche en anecdotes et autre petites particularités très pittoresques pour nous, habitants du vieux continent. C’est-à-dire que le discours du guide, émaillé d’une myriade d’infos amusantes, n’était pas ennuyeux une seconde. Avouez que ça n’arrive pas si souvent.

Tentez, vous apprendrez par exemple que l’unique prison du pays – une bâtisse d’apparence tout à fait charmante, au demeurant – ne compte que soixante trois places. Lorsque la prison est encombrée, certains condamnés sont placés… sur liste d’attente. Il n’est pas rare qu’un diplomate véreux ou un industriel douteux patiente une année ou deux avant de pouvoir purger sa peine. Voici la teneur des mille et une petites choses que l’on peut apprendre du guide.

Tout cela pour vous conseiller de ne pas vous laisser refroidir par la dimension « pour touristes » de ce circuit qui vous permettra de visiter les endroits les plus remarquables facilement. Sans compter qu’une visite au glacier est impensable, si vous n’êtes pas accompagné d’un guide équipé d’un véhicule ad hoc et capable de conduire dans ces conditions si particulières.

Les chutes d’eau de Gulffoss étaient plongées dans la brume ce jour-là (photo ci-dessus, à gauche). À quelques kilomètres de là, dans le parc de Þingvellir, les ravins dus à la collision des plaques tectoniques européennes et américaines. Aujourd’hui, on peut encore en certains endroits les toucher en même temps l’une et l’autre, mais ce ne sera bientôt plus possible car elles s’écartent l’une de l’autre un peu plus chaque année. Ainsi, chaque année, l’Islande s’élargit de deux centimètres.


Le Parc de Þingvellir est immense et les ambiances de succèdent à une vitesse vertigineuse. Étendues rouges, vertes, noires, dorées… La nature est aride, mais foisonnante. Si vous avez la possibilité de vous arrêter près d’un enclos où paissent les poney islandais, n’ayez pas peur de vous arrêter : ils cesseront probablement toute activité pour venir vous saluer, glaner quelques caresses et se faire admirer.

C’est dans la petite vallée de Haukadalur (j’adore tous ces noms qui évoquent la géographie fantastique du Seigneur des Anneaux) que vous pourrez observer les geysers. Un seul d’entre eux, en ce moment, est en activité : Strokkur.

Il entre en éruption toutes les cinq minutes environ, vous ne courrez donc aucun risque de le rater. Mais si, comme moi, vous passez votre vie derrière le viseur de votre appareil photo, préparez-vous à vous geler les doigts en attendant la prochaine éruption, puis celle d’après et encore celle d’après… La vapeur alentour crée de la buée sur l’objectif et vous empêche de faire le point correctement. C’est tout un sport, oui, mais c’est aussi très divertissant.

Mais ne faites pas l’erreur de penser que seul le geyser en activité a de l’intérêt, les autres cratères possèdent d’autres charmes : leur intense couleur bleue, par exemple, qui varie au rythme des nuages ou de l’heure du jour et bien entendu leurs fumeroles qui dansent à quelques centimètres au-dessus du sol.


La photo ci-dessus a été prise en montant au glacier. Elle retranscrit bien la perte des repères qui caractérise si bien le paysage à ce endroit : littéralement, on ne sait plus où on est ni ce que l’on regarde. De l’eau, de la glace, de la neige, de la lave, du gravier… impossible à dire.

Et tout à coup, après une heure de quatre quatre sur des routes qui n’ont de route que le nom, une immensité blanche. Le chemin? Rien ne plus qu’une série de panneaux jaunes. Autour de nous, seulement les trainées bleues formées par les plaques de glace.

Le genre de paysage propre à vous rendre mystique, même si vous ne l’êtes pas habituellement. Je crois aussi que l’on doit dominer une pointe de peur, que c’est grisant et un peu effrayant en même temps. On a envie de rester là, à contempler ce désert incroyable jusqu’à la fin des temps et aussi de s’enfuir à toutes jambes. Je dois, pour ma part, manquer d’instinct de survie, car si mes compagnons de voyage n’avaient imploré un prompt retour à la civilisation, j’aurais pu rester là des heures.

Voilà pour aujourd’hui. La prochaine fois, on parlera de tout ce que l’on peut faire d’agréable ou amusant à Reykjavik et assez de bonnes adresses pour vous permettre d’y passer quelques jours sans risque de vous ennuyer (avec un petit récapitulatif des adresses utiles pour une excursion dans le Cercle d’or). Et puis bien sûr, on parlera des aurores boréales (mon Graal personnel) !

Comme pour beaucoup de visiteurs, cette image est la toute première et peut-être la plus forte que je garde de l’Islande. Sans doute parce qu’elle marque le début de cette impression d’invraisemblable qui ne m’a pas quitté durant le séjour.

Vous sortez de l’avion et, en quelques minutes, vous voilà projeté dans un décor que les réalisateurs les plus hardis n’oseraient élire pour lieu de tournage, de peur de manquer de réalisme. Pourtant, tout est on ne peut plus vrai. Le ciel prêt à vous tomber dessus, des champs de lave qui s’étendent jusqu’au pied de lointaines montagnes presque entièrement cachées sous plusieurs épaisseurs de brume et cette eau bleue laiteuse dont s’échappent par moments des nuages de vapeur.

On ne sait jamais vraiment d’où proviennent les nuages dans ce pays, c’est dire si l’Islande était faite pour moi.

Le Blue Lagoon, puisque c’est son nom, est en réalité un centre thermal où l’on peut aller faire trempette à ciel ouvert dans une eau naturellement chaude, naturellement laiteuse (la silice) et naturellement bleue (l’œuvre d’une petite algue facétieuse). Il s’agit d’un lieu essentiellement touristique, si j’en juge par les langues parlées par les baigneurs autour de moi ce jour-là. Je vous recommande pourtant vivement de vous offrir cette première étape qui se trouve à dix minutes de l’aéroport international de Keflavik. L’entrée est assez chère – autour de 30 euros – mais à la hauteur de ce que vous éprouverez après avoir passé trois heures en avion et survécu au sempiternel rituel : enregistrement, douanes, attente, vol, angoisse de la valise perdue etc.

Sur place, en plus de barboter dans l’eau chaude, on peut aussi boire un verre, s’offrir un masque glacé à la lave ou piocher parmi les petits pots de silice installés en divers endroits du lac et disponibles gracieusement, s’offrir un sauna, un hammam et bien entendu, s’amuser avec le chaud-froid intérieur-extérieur. Ce jour-là, il ne faisait pas très beau et le paysage était déjà extraordinaire. J’ose à peine imaginer les images qui nous assaillent si l’on arrive le lendemain d’un jour de neige, le lac bleu au milieu d’une immensité blanche et sous un ciel sans nuage… Si vous le pouvez, débrouillez-vous pour vous trouver au Blue Lagoon à la tombée du jour, je suis certaine que la lumière y est sidérante.

Deux petits conseils avant de vous laisser sur ces quelques images : prenez soin d’ôter vos bijoux et de protéger vos cheveux qui, contrairement à votre peau, ne font pas bon ménage avec la silice (de grands flacons d’après-shampoing sont disponibles, imbibez vos cheveux autant que vous le pouvez). Avant d’entrer dans le centre, prenez le temps d’aller vous promenez autour, c’est là que le spectacle y est le plus époustouflant.