Fin du voyage

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Et voilà, j’arrive au terme de mon récit sur l’île Maurice. Il me reste tout de même à vous donner quelques indications pratiques, au cas où l’envie vous prendrait de mettre les voiles de ce côté du monde…

Initialement, c’est sur le site Voyage Privé que j’avais trouvé la formule « voyage sur un catamaran ». Le prix était annoncé avec plus de quarante pour cent de remise. Malheureusement, je me suis décidée trop tard, l’offre m’est passée sous le nez. Je suis donc partie en quête de la même croisière, via des agences de voyage et j’ai finalement trouvé sans trop de difficulté et à un prix approchant celui de Voyage Privé. Après avoir fait établir plusieurs devis, notre choix s’est porté sur l’agence Interiles, pour l’amabilité de nos échanges avec la personne chargée de notre dossier.

La compagnie qui propose ces croisières s’appelle Dream Yacht Charters et je n’ai strictement aucune critique à faire à propos de la qualité du service : le bateau était en bon état, l’équipage charmant et à nos petits soins, nous avons bien mangé, bien dormi, tout était parfait. Par contre, j’aurais beaucoup aimé trouver une plus grande variété de propositions d’activités lors des escales sur l’île. Particulièrement des circuits alternatifs à ceux qu’on peut trouver dans les guides de voyage. J’aurais aimé qu’on me fasse découvrir les quartiers d’habitation les plus jolis, les plus vivants ou les mieux représentatifs de l’île, qu’on me parle du rythme de la vie, de ses singularités…

Que vous dire d’autre ? Même si ce n’est pas toujours facile, il faut vraiment prendre le temps de dépasser la « barrière touristique » (restaurants pour touristes, boutiques pour touristes, activités pour touristes…) pour avoir un véritable aperçu de l’île et de ses habitants dont l’amabilité est tout simplement désarmante. Pour ce qui est de la vie en bateau, ne craignez pas trop le mal de mer (ces immenses catamarans sont très stables), mais préparez-vous à vous contenter de toilettes de chat (les réservoirs d’eau imposent une vraie discipline) et vous passer de brushing.

Nous sommes partis aux tous premiers jours du mois de juin, ce qui correspond, là-bas, à l’entrée dans l’hiver, mais nous avons eu un temps parfait. Les mauriciens, cependant, semblaient trouver le temps exceptionnellement clément pour la saison. Sur place, n’hésitez pas non plus à prendre un taxi-guide à la journée, ce n’est pas excessif et vraiment pratique. Enfin, arrangez-vous pour que l’avion, à l’aller, atterrisse au lever du soleil : la vue, depuis le ciel, est tout simplement éblouissante.

Quand à moi, je suis ravie par ces quelques billets, passés à revivre ce beau voyage avec vous. Bon week-end tout le monde !

Instantanés

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En plus de mon reflex, je suis partie à l’Île Maurice avec un petit appareil instantané Fuji (instax wide) et… 12 pellicules. C’est-à-dire une par jour, plus un petit rabe de sécurité. Pour quelqu’un d’habitué comme je le suis au tout confort du reflex, c’est un sacré entraînement de devoir se passer de réglages (l’instax n’en propose que deux ou trois) et bien entendu d’un écran de contrôle. Après quelques tâtonnements le premier jour, j’ai vite établi quelques règles : pas plus d’une pellicule par jour (dix photos, donc) et jamais deux fois la même prise : si mon cadrage est raté, tant pis pour moi. Cette contrainte de dix photos par jour, l’air de rien, force à réfléchir un peu à ce que l’on tient vraiment à retenir ; c’était un bon exercice. Et au final, de photos réellement ratées, il y en a très peu (je n’en ai jeté que quatre).

En fait, je n’ai eu que de bonnes surprises. D’abord cette espèce de connivence créée grâce à ce drôle d’appareil qui permettait à chacun de voir se construire au jour le jour le récit de nos vacances communes. J’aurais aimé, à ce sujet, pouvoir distribuer plus de photos que je ne l’ai fait, mes deux pellicules de secours n’ont pas été de trop pour cela. À l’avenir, j’intègrerai d’emblée un budget « photos à offrir », même s’il me faut pour cela rogner sur le budget global, car je sens que les gens ont vraiment plaisir à recevoir une photo prise et développée comme cela, dans l’instant. C’est perçu comme un véritable petit cadeau, particulièrement agréable à offrir.

Ensuite, il y a cette légèreté. Ne pas avoir à régler son appareil photo, représente beaucoup de légèreté et en vacances, c’est vraiment appréciable. L’appareil est plutôt volumineux, mais on craint moins de l’abimer, il est léger, amusant, attise la curiosité des gens dans la rue et favorise le contact.

Enfin, et c’est la vraie leçon que je retire de cette petite expérience photographique : je crois bien que de toutes les photos prises pendant ce séjour, cette série au Polaroïd a ma préférence. Évidemment, les photos sont de moindre qualité et il me sera difficile de les retoucher pour obtenir ce que je veux exactement, mais il y a cette spontanéité, qui me ravit et que j’ai beaucoup plus de mal à obtenir, je m’en rends compte, avec mon appareil reflex. Probablement parce que je dois me concentrer sur plein de choses en même temps ce qui nuit à ma propre spontanéité au moment d’appuyer sur le déclencheur. Peut-être aussi que ce petit appareil-jouet impressionne moins que l’imposant objectif de mon reflex.

Quoi qu’il en soit, je sens bien que ce reportage m’a beaucoup appris sur ma façon de photographier et m’a ouvert d’autres portes. Alors bien entendu, douze pellicules instantanées, c’est un véritable petit budget, mais je ne le regrette pas et il me tarde de pouvoir en faire à nouveau l’expérience.

Et sinon j’ai refait entièrement mon album photo, avec les séries que je préfère. Vous pouvez y accéder depuis l’onglet qui se trouve dans l’en-tête du blog.























































L’observatoire des vagues

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De chaque voyage, on retient une impression générale d’où émergent quelques moments plus intenses. Parmi eux quelquefois, certains dont on sait d’emblée qu’on se souviendra toujours. Même lorsque nous ne serons plus capable de les situer dans le temps, ou nous en remémorer le contexte exact, il restera cette photographie mentale et toutes les sensations qui lui sont liées.

De l’île Maurice, je n’oublierai jamais notre plongée parmi les dauphins… ni ce moment où je suis arrivée à flanc de falaise, à quelques mètres au-dessus de ces vagues, au sommet de la Roche qui pleure. C’était le dernier jour. Nous avions débarqué à huit heures sur le port, mais notre avion ne repartait que le soir. Nous n’avions pas vraiment pris le temps d’organiser cette journée, et avons donc loué les services d’un guide à la journée qui nous a promené sur la côte jusqu’au soir.

Là d’où je viens, en Normandie, nous en avons pourtant des vagues. Un jour sur deux, la mer est moutonnante et je n’aime rien tant que me baigner dans les gros rouleaux qu’elle dépose parfois sur le rivage. Souvent, elles sont liées au mauvais temps. Des vagues comme celles-ci, qui se fracassent à toute volée contre la roche, sous un ciel totalement dégagé, je n’avais jamais vu ça. Mes photos, malheureusement, ne leur rendent pas justice. Il leur manque également la sonorité très particulière des rouleaux qui s’abattent sur l’eau.

Je suis persuadée qu’on peut en voir d’aussi belles dans de nombreux endroits du monde, y compris sous nos cieux français (les surfeurs pourraient me citer, je suis sûre, au moins cinq ou six spots à moins de huit heures de Paris sans avoir à se creuser la tête). Mais imaginez un peu : vous gravissez une colline en vous faufilant parmi les arbres sans la moindre idée de ce qui vous attend au bout, et soudain vous voilà nez à nez avec cette falaise, qui s’avance sur la côte comme la proue d’un bateau.

La falaise, surmontée d’une sorte de terreplein, vous permet d’avancer jusque là où l’écume vient lécher la roche. Et même votre visage si vous ne souffrez pas trop de vertige. Debout, quand vous regardez en bas, juste un peu plus loin que vos pieds, il n’y a plus que le remous vagues, les embruns et ce silence incroyable, aussi bruyant qu’un coup de tonnerre, mais qui est quand même du silence. Au loin, vous pouvez voir les rouleaux se former près de la barrière de corail. Avez vous parfois cette impression, pendant un concert, que la musique a pris toute la place, en vous, tant et si bien qu’elle vous empêche de réfléchir, presque de respirer? C’est une sensation comparable.