Tallinn ou l’art des peintures écaillées

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S’imprégner de l’atmosphère d’un lieu lorsqu’on dispose seulement de trois petites heures est un défi en soi. Tenter d’en fournir un compte en rendu est un véritable challenge. Je l’avais pressenti, évidemment, mais pas dans ces proportions.

Il y a comme une urgence : vite! trouver les éléments les plus caractéristiques, identifier ce qui nous interpelle en particulier, sortir furtivement des chemins trop balisés des guides touristiques, ne pas perdre les précieuses minutes dont on dispose. C’est à la fois stimulant et décourageant. Ensuite, je pense qu’il faut être philosophe : parfois la pêche est bonne, parfois, elle ne l’est pas.

Pour ce qui concerne Tallinn, où nous avons débarqué cet après-midi, je n’arrive pas à décider de quel côté penche ma balance émotionnelle. Les renseignements pris sur la ville m’annonçaient un lieu en avance sur ton temps, technologiquement à la pointe, jeune, vif, nerveux. J’y ai trouvé un centre ville médiéval, un goût certain pour la peinture écaillée et j’irais jusqu’à dire une étonnante esthétique du délabrement.

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Passons sur le centre ville médiéval dont le charme est entièrement vampirisé par le commerce touristique et les 4000 personnes des paquebots amarrés au port en visite pour l’après-midi. Non seulement cela fait du monde, mais la foule qui ne brille pas nécessairement par sa jeunesse ne contribue pas à vivifier l’atmosphère.

Par contre, j’avoue volontiers un vrai coup de coeur pour les façades élimées, la peinture aux multiples pelures et allons-y franchement, le délabrement apparemment assumé de nombre de maisons. Le jeu des couleurs constitue indubitablement ce qui m’a le plus captivée. La richesse des palettes employées, l’harmonie ou la disharmonie ne sont certes pas sans évoquer un paradis pour grand enfants, mais c’est précisément ce qui rend supportable – et même en réalité assez irrésistible – le manque d’entretien, voire l’abandon pur et simple de nombre de demeures.

Mais ce soir j’ai repris le bateau avec la sensation d’être peut-être passée à côté des choses. Soit parce que mes pas ne m’ont pas conduit là où battait le véritable cœur de la ville, soit – et c’est plus embêtant – parce que je n’ai pas su porter le regard qu’il fallait, que je n’ai pas su ajuster ma lentille… Il me tarde d’autant plus de voir ce que les autres moussaillons auront déniché. Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes tous studieusement installés dans la salle des ordinateurs, j’en déduis donc que les uns et les autres ont de belles prises dans leurs filets.

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PS : ne m’en veuillez pas si je ne réponds pas aux commentaires et encore moins si je ne réponds pas à mes mails. La connexion internet sur le navire est très aléatoire (le mot est faible) et tout un tas de choses, dont ma messagerie, refusent tout bonnement de s’ouvrir.