Le bonheur, ce n’est pas toujours le meilleur moyen d’être heureux

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Je vous ai promis que l’on parlerait de bonheur, désormais sur Cachemire & Soie. Mais je dois vous avouer quelque chose : je ne crois pas que le bonheur tel qu’on se le représente en général existe réellement. Il y a cette réplique extraordinaire du film de Spike Jonze, Where the wild things are, qui m’accompagne depuis des années : “Happiness is not always the best way to be happy” et qui résume parfaitement ce que je pense profondément : le bonheur, ce n’est pas toujours le meilleur moyen d’être heureux.

Mais alors si ce n’est pas le bonheur, qui nous rend heureux, qu’est-ce qui le pourrait ?

Je crois qu’il y a une chose – et une seule – qui soit absolument nécessaire au surgissement du bonheur dans nos vies : le mouvement. Malheureusement, “le mouvement” c’est ce qu’on a souvent tendance à appeler les… emmerdes.

Je suis l’archétype même de la personne “qui suit ses rêves”. J’exerce différents métiers que j’aime et qui ont du sens pour moi : j’écris des livres, il y a Un Beau Jour dont je m’occupe à mi-temps et qui est un grand challenge, mais aussi la nouvelle direction de Cachemire & Soie avec – entre autres choses – cette formation super chouette dont je vais bientôt vous parler et dont le challenge « 7 jours pour des photos qui vous ressemblent » la semaine dernière, était la toute première étape.

Donc oui, je fais des choses que j’aime. Mais est-ce que cela signifie pour autant que ces activités me permettent de baigner dans un océan de bien-être tranquille, au quotidien? Je voudrais que les choses soient très claires sur ce point : PAS DU TOUT.

Une journée normale, dans ma vie, c’est une suite ininterrompue de difficultés de toute sorte, de to-do-list interminables, de décisions à prendre, d’échecs annoncés, de pages blanches, de tergiversations, de fausses routes, de ratés, de compromis et d’erreurs.

Mais il y a aussi tout ce qui m’enquiquine indépendamment de l’activité elle même : mon effroyable lenteur, ma difficulté à prendre soin de moi, à me faire confiance et à me concentrer, mais également mes doutes, la peur d’échouer (et celle de réussir), celle d’être jugée, le désir immense de devenir une meilleure personne, de devenir même la meilleure personne possible avec tout ce que cela implique (ne pas juger, ne pas dire du mal, faire preuve d’empathie, être à l’écoute…). On pourrait en tartiner comme ça des pages et des pages.

Honnêtement, j’ai souvent l’impression d’être un marin perdu au milieu de l’océan en pleine tempête, qui tient la barre de son bateau sans savoir s’il a la moindre chance d’arriver quelque part.

Mais alors dans ce cas… peut-on réellement dire que ces activités me rendent heureuse ? ABSOLUMENT.

Mais il m’a fallu du temps pour accepter ça. Cette cohabitation étrange entre l’idée de bonheur et ce qu’il faut bien appeler des difficultés.

Pendant longtemps, j’ai pensé qu’il existait une sorte d’équilibre parfait. Un genre de Paradis sur terre si vous voulez, qui surgissait lorsqu’on avait rempli tous les critères de ce qu’on avait défini comme notre idéal de vie. Et que notre travail à nous, c’était de trouver ce foutu Paradis – vaste océan de calme, de douceur et de sérénité – y poser ses valises et basta. Je croyais que c’était ce grand lac merveilleux dissimulé sur une carte indéchiffrable qu’il fallait chercher.

Et laissez moi vous dire que j’ai cherché. Je me suis démenée avec l’énergie du désespoir. Et je ne sais pas combien de fois j’ai cru m’en approcher. Combien de fois j’ai eu la certitude que mon grand lac se trouvait là, juste derrière la colline. Que je n’avais plus que quelques mètres à franchir et alors enfin je pourrais souffler.

Peut-être le connaissez-vous, vous aussi, ce sentiment de “quand j’aurai réussi à… je pourrai enfin être heureuse”? Dans ce cas, vous connaissez probablement la suite : invariablement, une fois que “j’avais réussi à…” je ne faisais que revenir à mon point de départ. Non seulement le bonheur ne se trouvait pas plus là qu’ailleurs, mais pour couronner le tout un nouveau “quand j’aurai réussi à…” pointait son nez comme par magie. Et tout recommençait. C’était diabolique.

Mais alors qu’est-ce que j’attendais, au juste, pour commencer à être heureuse ? Car c’était exactement ça : j’attendais.

J’attendais le jour où…
je n’aurai plus à négocier mes contrats.
je n’aurai plus besoin de me battre pour défendre ma prochaine idée de livre.
j’aurai enfin du temps pour me consacrer aux projets que j’aime vraiment, plutôt qu’à ceux qui me font gagner ma vie.
j’aurai assez d’argent pour faire ci ou ça.
je n’aurai plus besoin d’accepter des compromis.
J’attendais, en somme, le jour où tout deviendrait FACILE.

Car au fond, ce que je pensais au sujet du bonheur, c’était qu’il était l’opposé des difficultés. Et que tout ce qui nous freine, nous terrorise, nous fait tomber, c’était ce qu’il fallait éviter. Pire : ce contre quoi il fallait se battre.

Et puis une idée différente a fini par s’immiscer. Une autre possibilité à explorer…

Et si le bonheur, comme une noix dans sa coquille, était aussi à l’intérieur de ce qui nous freine, nous terrorise, nous fait tomber et toutes ces choses au-devant desquelles on n’a pas spontanément envie d’aller?

Il y a cette citation superbe qui a longtemps orné le mur de mon salon : “Peace. It does not mean to be in a place where there is no noise, trouble or hard work. It means to be in the midst of those things and still be calm in your heart.” ( je n’en connais pas l’auteur, malheureusement).

Une chose est de le lire, le comprendre, être d’accord avec… Une tout autre chose est de le ressentir.

Et c’est ce à quoi je m’emploie désormais, chaque fois que survient une difficulté : constater la tempête et tenter d’y maintenir mon calme intérieur, ma sérénité. Evidemment, c’est sans doute l’apprentissage de toute une vie et je n’y parviens pas toujours. Mais lorsque cela arrive oui, je peux dire que je touche enfin quelque chose qui s’apparente au bonheur.

Je peux ressentir que le bonheur se niche aussi au creux de ce livre que je n’arrive pas à écrire, de ma difficulté à être à jour dans mes papiers administratifs, de ma peur du lendemain et de toutes ces choses difficiles qui, si elles ne sont pas les mêmes pour chacun, sont notre lot à tous.

Bien des choses ont changé lorsque j’ai accepté l’idée que je serai toujours, d’une manière ou d’une autre un petit marin dans la tempête. Et que ce n’était pas d’espérer que la tempête finisse par se calmer qui allait changer quoi que ce soit, mais peut-être d’apprendre à regarder la tempête avec calme.

Le bonheur, c’est souvent ce moment où l’on entrevoit quelque chose de nouveau : une note que l’on a enfin compris comment jouer, un texte qui a trouvé son équilibre, mais aussi – et c’est encore plus important – une manière nouvelle d’exprimer quelque chose ou de faire face à une situation, un changement de perception, une perspective inédite… Le bonheur c’est presque toujours une porte qui s’ouvre. Et pour qu’une porte s’ouvre, il n’y a un élément vraiment indispensable : du mouvement.

Ce fameux mouvement dont je vous parlais un peu plus haut et qu’on a tendance à appeler les emmerdes.

Evidemment, comment apprendre le calme intérieur si la vie ne vous confronte pas au stress? Comment comprendre les mécanismes de l’inspiration si vous n’avez jamais éprouvé le vertige de la page blanche? Comment découvrir ce que vous ne voulez pas de la vie, si la vie ne vous le propose pas à un moment ou à un autre? Les difficultés, finalement, sont aussi nos alliées. Sans elles, nous n’aurions aucune chance d’arriver où que ce soit.

Alors si, en ce moment dans votre vie, vous avez du mal à savoir où vous allez, si certains problèmes vous semblent sans issue, si vos rêves vous paraissent improbables ou mêmes perdus d’avance… rappelez-vous que vous êtes certainement en ce moment même en train de briser la coque au creux de laquelle se trouvent les réponses que vous attendez.

Si ça se trouve, ce sont précisément vos difficultés présentes qui vous permettront d’élargir vos horizons. Aussi étrange que cela puisse paraître… elles sont peut-être même ce qui pouvait vous arriver de meilleur.

7 jours pour des photos qui vous ressemblent

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Vous avez remarqué? Les semaines ont tendance à compter double depuis le début de l’année, sur ce blog. Je me sens d’une lenteur exaspérante, quelquefois. Amis perfectionnistes, levez la main ! J’ai enfin fini par comprendre que ce trait de caractère, loin d’être un atout comme on est souvent tenté de le présenter, avait plutôt tendance à nous freiner et nous empoisonner la vie. C’est quelque chose sur lequel je travaille fort, mais comme vous le voyez, il me reste encore un loooong chemin à parcourir. La nouveauté, c’est que cette année, j’ai décidé d’opter pour une approche différente : plutôt que tenter coûte que coûte d’avancer à contre-courant, me fâcher tout rouge après moi-même et finalement me sentir ultracoupable de ne pas voir les choses avancer aussi vite que je le voudrais… j’essaie de me pardonner.

Quand on pense à l’idée de pardon, on s’interroge souvent sur tout ce que l’on aurait à pardonner aux autres, à ceux qui nous ont blessé, ou menti, ou déçu… Mais plus je m’intéresse à cette idée, plus je réalise que c’est à nous-même en vérité qu’on a le plus à pardonner. S’arrêter quelques minutes dans la journée pour se dire à soi-même : « Je sais que tu fais de ton mieux. Tout est OK. Ne t’inquiète pas, je ne vais pas me fâcher après toi. On fait une bonne équipe. » Petit à petit, j’apprends à me parler en amie.

Pour le moment j’avance toujours aussi lentement… mais je me rends compte que le fais avec plus de légèreté. Et c’est déjà un grand changement que de modérer les ardeurs de son petit juge intérieur ! Alors j’espère que vous me pardonnerez, vous aussi, d’être cette petite tortue qui rêverait d’être un lièvre. Et que cela vous donnera envie de prendre quelques instants vous aussi, pour vous octroyer un vrai moment de pardon, quelles que soient les faiblesses ou les limites qui empoisonnent vos journées.

Passé ce petit interlude, j’en arrive maintenant au billet du jour :-)

Vous vous souvenez, dans le dernier billet, je vous proposais 7 pistes à explorer pour faire de votre compte Instagram un endroit où il fait bon vivre et vous aide à vous connecter aussi souvent que possible à ce qui se produit de beau, d’intéressant, de marquant, jour après jour, dans votre vie. Cachemire & Soie est désormais un blog consacré au bonheur et à tous les outils susceptibles de le trouver, le reconnaître, le multiplier. Le pardon, que je viens d’évoquer, en est un. Et pour moi, nul doute que la photo en fait aussi partie.

Prendre des photos est une manière très efficace de développer son aptitude à se connecter aux moments de joie qui se trouvent chaque jour sur notre chemin. Très efficace, mais aussi très accessible, très simple. D’ailleurs, nous le faisons souvent d’instinct.

Généralement, c’est l’après qui pose problème, en particulier quand on désire les partager (que ce soit auprès de nos amis ou sur les réseaux sociaux) : des photos qui ne donnent pas le résultat escompté, qui ne rendent pas comptent correctement ce que vous aviez en tête. Si on possède un compte Instagram : un compte qui ne reflète pas ce que l’on voudrait vraiment partager. Souvent, on remet en cause son talent, alors que franchement, ça n’a rien à voir. Ce qui nous manque, ce sont juste les outils de base.

Mais apprendre tout seul dans son coin ça prend du temps (ça m’a pris cinq ans) et ce n’est pas très rigolo (en plus d’être décourageant). C’est pour cela que je vais bientôt vous proposer un accompagnement si vous souhaitez apprendre à partager des photos qui traduisent exactement ce que vous désirez, et faire de votre compte Instagram un véritable fil de gratitude. Tout cela au sein d’un petit groupe, dans un espace privé où on peut échanger et apprendre à son rythme, et avec moi :)

D’ici là, vous pouvez déjà faire des progrès dès… eh bien dès tout de suite ! Comme promis, je vous propose d’aller plus loin, avec un challenge de 7 jours. Sept jours pour mettre toutes les chances de votre côté en utilisant les ressources cachées de votre téléphone ET en choisissant les bons outils. Que vous ayez un compte Instagram, le projet d’en créer un ou simplement parce que vous avez envie d’améliorer la qualité des photos que vous prenez à l’aide de votre téléphone portable, ce challenge est fait pour vous :)

Concrètement, c’est pour vous si…

Vous avez l’habitude d’appuyer sur le déclencheur sans tenir compte de tout ce que votre téléphone peut vous aider à faire sans lever le petit doigt

Vous ne connaissez pas les outils capables de transformer vos photos “mouais” en photos “woaouh”, pour prendre des images que vous avez plaisir à revoir et à partager.

Vous vous sentez prête pour un petit défi “une photo par jour” :-)

Et que vous voulez réussir à…

Mieux régler l’appareil photo de votre téléphone en fonction de la situation.

Découvrir les outils les plus cools pour retoucher/corriger vos images (ceux que presque tous les instragramers que vous aimez utilisent, en fait ^^).

Vous vous posez encore des questions?

Quand cela commence-t-il ?
Le challenge commence le 21 mars et dure 7 jours :)

Combien de temps cela va me prendre, chaque jour?
Participer au challenge prendra 10 minute de votre temps chaque jour… davantage si vous avez envie d’échanger dans le groupe, de poser des questions et d’aller plus loin :)

Et si je manque une journée?
Aucun risque ! Tous les mails vous seront envoyés :) Et si vous manquez de temps un jour, vous pourrez toujours reprendre le challenge en cours de route. L’idée, c’est de s’amuser, pas de se mettre la pression !

Mon téléphone est très vieux, ça marche quand même?
S’il est assez performant pour vous permettre de télécharger des applications et publier des photos sur Facebook ou Instagram, vous n’avez besoin de rien de plus :)

Et si finalement, je découvre en cours de route que ça ne me convient pas?
Alors il suffira de vous désinscrire, tout simplement.

Vous avez des questions ? Posez-les dans les commentaires, je suis là !
Vous êtes partante ? Formidable ! Vous avez remarqué comme c’est toujours plus motivant de partager ces moments avec des personnes qu’on connaît? Ce challenge est gratuit, alors pensez à le partager, par exemple à 3 personnes que vous connaissez et qui pourraient être intéressées :)

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7 pistes pour faire de son compte Instagram un endroit où il fait bon vivre

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Vous vous souvenez ? Juste avant les vacances, je vous expliquais pourquoi j’ai décidé de faire de Cachemire & Soie un endroit dédié au bonheur et à la créativité. Si je vous parle en particulier d’Internet, des réseaux sociaux depuis quelques semaines, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une terre encore en friche où tant de choses sont à imaginer. Internet a besoin de vous parce vous êtes de belles personnes et que si vous ne proposez pas ce que vous avez de meilleur… alors qui le fera? Et rappelez-vous que vous n’avez pas besoin d’avoir du talent. Vous n’avez besoin que d’être vous, avec tous les trésors que vous portez : votre regard unique sur le monde, vos valeurs, ce qui vous touche et vous émeut. C’est aussi simple que ça :)

Aujourd’hui, comme promis, j’ai répertorié les idées qui me semblent les plus importantes pour faire de sa présence en ligne une expérience positive, aussi bien pour vous que pour ceux qui vous suivent. Comme vous le savez, je vais bientôt vous proposer un accompagnement sur ce sujet : comment partager votre regard sur le monde à travers des photos qui vous ressemblent, à l’aide de votre smartphone… puisque c’est lui que vous avez toujours dans la poche.

Vous êtes nombreuses, à avoir répondu aux questions que je vous ai posées, afin de m’aider à le préparer et je vous remercie très très fort. C’est pour répondre aux principales interrogations qui m’ont été exposées que j’ai eu envie de lister ces six points qui soulèvent chacun un des “freins” principaux qui ont été soulevés.

Alors allez vite vous faire chauffer un petit thé : il y a de la lecture, aujourd’hui, les amis !

– 1 –

Si vous avez peur que votre vie en ligne
ne vous fasse courir le risque – comme – Narcisse, de vous noyer
dans votre reflet
LE POUVOIR DE L’INTENTION

A priori, cela n’a pas grand chose à voir avec la photo. Pourtant, c’est par ce point précis que je commence car pour moi, presque toutes les expériences négatives en ligne – dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles – viennent de là. De cette notion d’intention. On pourrait écrire des livres entiers sur le pouvoir de l’intention, dans nos vies. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’une même action peut-être guidée par une multitude de motivations différentes et que l’intention, finalement, a beaucoup plus d’importance que l’action en elle-même.

Ainsi, avant de publier quoi que ce soit, posez-vous toujours cette question : pourquoi je le fais ?

Si la réponse est : parce que j’ai envie qu’on me dise que ma vie est intéressante/que je suis jolie/bourrée de talent/géniale… sincèrement, abstenez-vous (non pas parce que c’est mal, mais parce que ça vous fait du mal). Si cela ne fait pas forcément une grande différence pour vos lecteurs, l’expérience m’a montré que cela en fait une – et de taille – pour vous. C’est se mettre dans une situation d’extrême fragilité que de publier une photo dans le but d’obtenir de la reconnaissance.

Mais alors pourquoi je la poste, ma photo, si ce n’est pas pour me mettre en valeur?

Vous pouvez être guidée par une multitude d’intentions : vous faire connaître pour promouvoir votre activité, rencontrer de nouvelles personnes, échanger sur un sujet qui vous passionne ou tout simplement : partager, communiquer avec des personnes avec lesquelles vous vous sentez des affinités, déclencher une émotion positive, faire naître un sourire… Toutes ces intentions-là ont un point commun : elles sont un pas vers l’autre. Et dès que vous vous placez dans cette perspective, tout change.

Dans ce cas, le pire qui puisse vous arriver est de manquer votre cible… ce qui est bien moins grave que de vous mettre à croire que nous ne valez rien parce que votre jolie frimousse, ou votre photo des Seychelles n’a pas remporté le nombre de “like” escompté :)

Pour moi, c’est cette notion toute simple d’intention qui transforme absolument tout et vous met à l’abri, une bonne fois pour toutes, du miroir aux alouettes que représente un compteur d’abonnés bien gonflé.

– 2 –

Si vous avez peur de l’aspect technique de la photographie,
que vous croyez que c’est : trop difficile, trop long à apprendre, pas fait pour vous…
LE SYNDROME DE LA PHOTO “QUI NE REND RIEN”

Vous faites peut-être partie de celles qui se désolent, estimant que leurs photos “ne rendent rien”. C’est sans doute parce que vous pensez que votre appareil photo est capable de retranscrire à l’identique ce que vous voyez, voire : qu’il est assez performant pour communiquer ce que vous ressentez au moment où vous prenez la photo.

Je me dois de vous détromper sur cette question : si sophistiqué soit-il, un appareil photo reste une machine, bien plus limitée que votre oeil humain. Ce qui signifie que la plupart du temps, il est moins bon que vous.

Voici un exemple. Vous vous trouvez face à un coucher de soleil magnifique et, naturellement, vous dégainez votre appareil pour l’immortaliser et le partager. Hélas, ce que vous obtenez n’a rien à voir avec le spectacle sublime qui s’étend sous vos yeux. Les couleurs sont saturées, l’image sombre (ou au contraire beaucoup trop claire), le rose s’est mué en rouge moche, l’azur en bleu marine… Bref, vous venez d’atteindre le point “ça ne rend rien”.

Or, il aurait sans doute seulement fallu que vous utilisiez la molette de contrôle de l’exposition pour obtenir une image beaucoup plus proche de ce que vous voyez. Une simple petite manip que l’on peut apprendre en quelques minutes et qui change absolument tout.

Vous voulez essayer ?
Voici comment procéder, sur un Iphone : commencez par faire le point (choisir la zone de netteté) en déplaçant le viseur sur votre écran. Une fois que c’est fait, appuyez quelques secondes sur le viseur, jusqu’à voir apparaître l’indication “verrouillage AE/AF” et un petit soleil sur le côté droit de votre viseur. C’est ce petit soleil qui vous permet de régler l’exposition. Dit en langage courant : de contrôler la luminosité de votre image. Amusez-vous à le déplacer pour comprendre comment ça fonctionne. Sinon, vous pouvez utiliser par exemple “ProCaméra” (j’utilise cette application depuis des années, elle coûte autour de 6 euros, mais en vaut largement la peine) qui propose automatiquement deux curseurs : le focus et l’exposition.

Et voilà : en quelques secondes, vous avez pris en main un aspect technique super important !

Vous avez vu comme c’était facile, finalement? Et comme ça peut tout changer? Et en plus, cela vous a permis de gagner un temps fou, puisque vous ne passez pas des heures à retoucher votre photo, ou à chercher le filtre qui pourrait l’améliorer. Les bases de la photo ne sont pas très compliquées et en connaître les cinq-six points clef vous fera gagner à la fois beaucoup de temps et de satisfaction.

– 3 –

Si vous croyez que les gens que vous suivez sur Instagram
ne retouchent jamais leurs photos :
RETOUCHER C’EST PAS TRICHER

On a tendance à croire qu’une photo “juste”, “vraie”, “authentique” est une photo non retouchée. Rien n’est plus faux. Je vous assure que presque toutes les photos que vous voyez passer sur Instagram sont passées par la case “retouche”. Les miennes le sont à 98%. Les 2% restant étant le fruit de moments de grâce où on se trouve au moment précis où la lumière est parfaite, où on a le temps de soigner son cadre et qu’on attrape le bon mouvement au bon moment. Si je devais attendre ça à chaque fois, laissez-moi vous dire que j’attendrais longtemps.

Donc oui : la plupart des photos sont retouchées. Et ceci pour deux raisons.

Restituer la réalité
Eh oui ! La première fonction de la retouche est de corriger l’appareil photo, qui ne sait pas toujours comment traiter telle ou telle information. Ou bien tout simplement de corriger vos approximations à vous. Dans tous les cas, il s’agit de mieux rendre compte de la réalité. D’ailleurs, on appelle plutôt ça « éditer » ou « corriger ».

Un petit exercice?
Si vous prenez une photo le soir à l’extérieur, la lumière sera probablement un peu bleutée. Comme votre oeil sait s’adapter, vous vous voyez bien du blanc, mais votre appareil photo, lui, ne sait pas faire ça et il interprète le blanc comme du bleu (sauf si vous savez utiliser la balance des blancs, mais c’est une autre histoire). Ainsi, si vous voulez retrouver les couleurs ou la lumière que vous voyez, vous n’avez souvent pas d’autre choix que d’en passer par un brin de retouche.

En l’occurrence pour corriger le problème que je viens de vous exposer : il vous suffit de pousser le bouton “température”de votre logiciel de retouche vers la droite (sur Vsco, par exemple) afin de lui ajouter du jaune, ce qui aura pour effet d’atténuer – voire de faire complètement disparaître – l’aspect bleuté de votre image.

Dans l’exemple ci-dessous, j’ai aussi augmenté la luminosité de l’image. Vous remarquez que la théière est totalement bleue à gauche, presque blanche à droite.

Photo-bleutee


Ainsi, même si vous militez en faveur des photos authentiques et réalistes (ce qui est votre droit le plus absolu, loin de moi l’idée de vous convaincre que mon obsession pour les photos lumineuses et colorées est une règle à suivre), vous gagnerez forcément à vous intéresser un peu aux aspects principaux de la retouche photo, qui vous permettront de gagner en réalisme, justement et en authenticité.

Restituer des émotions
Mais la retouche photo, c’est aussi un terrain de jeu génial pour vous aider à raconter vos émotions, mettre l’accent sur ce que vous voulez partager ou transmettre. Retoucher vos images, apprendre à vous éloigner de la réalité, peut contribuer énormément à les rendre plus expressive et plus lisibles.

Si je prends en photo un coucher de soleil uniquement pour moi, je n’ai aucune raison de me fatiguer : j’étais présente au moment où j’ai pris la photo et ce bel instant, je l’ai vécu. Il est, d’une certaine manière, gravé en moi. La photo que je prends n’est donc qu’un petit marqueur qui m’aidera à me souvenir de ce moment précis au cas où j’en aurais envie et si les couleurs sont moins belles sur la photo que dans la réalité, franchement, ce n’est pas un drame. Si je décide de la partager, en revanche, les choses sont très différentes : les personnes à qui je présenterai cette photo n’étaient pas présentes, il faut donc que je m’interroge sur la manière dont je pourrais restituer l’ambiance, afin de la leur faire ressentir, à eux aussi. Cela peut passer par un choix de cadrage et par des décisions spécifiques au moment de la prise de vue… mais aussi, bien souvent, par un peu de retouche.

Voici un exemple

Photo-retouche

J’ai pris cette image un matin, alors que j’étais en voiture. C’était vraiment joli, cette fumée rose, comme de la barbe à papa, d’autant plus joli à mes yeux que cela se passait sur le périph à une heure de pointe un lundi matin très tôt et que j’allais chez le médecin. Ce petit rayon de soleil qui émergeait de la grisaille, c’était exactement ce dont j’avais besoin. Mais je n’avais que quelques secondes pour faire la photo (puisque nous étions en voiture), aucune possibilité de travailler mon cadrage (pour la même raison) et le paysage alentour – le périph, donc – était franchement vilain. Retoucher la photo était donc ma meilleure option.

Voici les retouches apportées à l’image :

– Un recadrage, pour éliminer la mocheté du cadre tout en gardant quelques indices sur le lieu où je me trouvais (les réverbères) afin de rester dans le contexte.

– Un travail pour améliorer la luminosité : les nuages étant très clairs, l’appareil photo a naturellement assombri l’image et le pare-brise légèrement teint n’aidait pas. Il m’a donc fallu l’éclaircir pour la ramener au plus près de la réalité.

– Ensuite, ça a été une question d’interprétation : j’ai ajouté un petit travail sur les teintes, pour rendre l’image plus rosée. Eclaircir l’image a naturellement “lavé” les couleurs et mes nuages roses sont devenus tout pâlichons, il me fallait donc trouver une solution pour leur rendre leur éclat. Et j’aimais bien cette petite pointe de rose, aussi, dans le bleu du ciel. Plus un ou deux points de saturation. Parce que. Mais j’aurais pu faire une infinité de choix différents, pour obtenir un rendu différent.

C’est là qu’intervient le regard de chacun. Pour certains, le résultat sera beaucoup trop saturé et donc “faux”, pour d’autres ce sera “juste”. Et en fait peu importe : ce qui compte à ce point du travail, c’est que cela vous parle à vous, que cela vous semble fidèle à ce que vous avez envie de faire passer ou à ce que vous voulez partager. De toute façon, vous ne pourrez jamais plaire à tout le monde, alors autant prendre le parti de vos préférences, quoi qu’il arrive, non?

Enfin, n’oubliez pas qu’il n’est écrit nulle part que les photos doivent à tout prix rendre compte de la réalité ! Ce n’est qu’un choix esthétique parmi d’autres :)

– 4 –

Si vous avez peur d’attirer sur votre compte des personnes malintentionnées
ou tout simplement avec lesquelles vous n’avez pas envie d’échanger.
CHOISISSEZ VOS LECTEURS

Vous pensez peut-être que vous ne pouvez pas choisir les personnes qui vous suivent. Mais ce n’est pas tout à fait vrai : en réalité, vous pouvez très bien choisir à qui vous vous adressez… au moins en pensée.

Rien ne vous empêche d’imaginer “un lecteur idéal”, le type de personne à laquelle vous avez envie de parler, avec laquelle vous éprouvez des affinités et l’envie d’échanger. C’est de cette manière que vous vous donnerez le plus de chances de créer une communauté avec laquelle vous vous sentirez parfaitement en accord et que vous attirerez à vous effectivement le type de personne avec lesquelles vous avez des affinités. Et puis c’est également un excellent guide pour déterminer la nature de vos publications : si votre lecteur idéal est un rat de bibliothèque et que vous avez envie d’échanger sur de la littérature, vous ne vous adresserez pas à lui de la même manière que si votre lecteur idéal est un voyageur passionné avec lequel vous avez envie de parler du bout du monde.

Vous voulez savoir qui est mon lecteur idéal? Ma meilleure amie. Quand je publie quelque chose ici, ou sur mon compte Instagram, je m’adresse toujours à une sorte de “meilleure amie imaginaire”, un condensé de tous les gens que j’aime et dont l’opinion est importante à mes yeux. Une personne que j’aime infiniment et qui m’entoure de toute sa bienveillance. C’est ce qui m’aide à toujours essayer de faire de mon mieux. Chaque fois que je me dis que ce n’est pas assez bien pour ma meilleure amie, c’est que ce n’est pas encore assez abouti pour être publié et je me remets au travail.

Est-ce que cela immunise totalement contre les casse-pieds, les pénibles et les trolls? Je préfère être honnête : pas tout à fait. Mais lorsqu’ils se manifestent, ce n’est pas très difficile alors de les percevoir comme ce qu’ils sont : des voyageurs égarés, arrivés chez vous par erreur. Dans ce cas, il vous suffit simplement de les raccompagner gentiment à la porte ou de leur expliquer quelles sont les règles de votre espace, s’ils semblent décidés à revenir vous dire bonjour :)

– 5 –

Si vous avez peur que votre intimité ne vous échappe
et de partager trop de choses, avec trop de gens.
DEFINISSEZ VOTRE PROJET

L’un des aspects quelquefois effrayant d’internet est celui-ci : on a peur de dévoiler sa vie privée. D’ouvrir trop grand la porte. Si c’est votre cas voici votre mot clef : projet.

Un projet vous permet de définir un cadre, et donc des limites. Et celui-ci n’a pas besoin d’être ultra complexe : une photo par jour, une couleur par semaine, un cadrage toujours identique, un thème… En vérité, peu importe. L’objectif est seulement de créer un filtre entre vous et ce que vous choisissez de partager.

Un exemple : ce n’est pas la même chose, si vous partagez une photo de votre progéniture parce que vous trouvez que tout ce petit monde est merveilleux (il l’est!), ou si vous le faites pour illustrer un moment heureux de la vie de famille dans le cadre de votre projet “365 jours dans une maison de campagne”.

Dans le premier cas vous parlez de vous et exposez votre vie privée sans filtre. Dans l’autre, vous parlez de la vie de famille. Avec votre regard, votre sensibilité, certes, mais vous abordez-là un sujet universel dont vous n’êtes plus, tout à coup, qu’une illustration au service de votre propos.

Vous n’avez d’ailleurs pas besoin de l’exprimer, votre projet, il peut très bien rester “entre les lignes”. Mon projet à moi, est tout simple et il n’est écrit nulle part : partager ce pourquoi j’éprouve de la reconnaissance. Ce qui me réjouit et me rend heureuse. Mais depuis un moment, je sens que j’ai envie de partager aussi, autre chose : les gens que j’aime. Leur trouver une place, les mettre en avant. Alors je cherche une manière de le faire qui soit assez cadrée pour permettre de ne pas franchir la ligne de notre intimité… et parfois cela prend du temps alors je garde cette idée dans un coin de ma tête jusqu’à ce que je trouve enfin une manière de faire qui me convienne.

Enfin, n’oubliez pas que nulle règle ne précise qu’Instagram (votre blog, votre compte Facebook…) sont supposés rendre compte de votre vie. Vous êtes parfaitement libres de faire de votre espace ce qui vous fait plaisir. Rien ne vous force à publier vos images en temps réel, ni à rendre compte de tout ce qui se passe dans votre vie.

Alors racontez-moi : ce sera quoi votre projet à vous?

– 6 –

Si vous avez peur de ne pas être à la hauteur ou de ne rien apporter d’intéressant
NE VOUS SOUCIEZ PAS D’ÊTRE INSPIRANTE : VOUS L’ÊTES !

Ce sont LES mots qui reviennent sans cesse. Les gens “inspirants”, les magazines “inspirants”, les comptes instagram “inspirants”. Est-ce que pour autant, vous devez chercher à être inspirant (même si cela semble être le graal ultime)?

À mon avis, non. Parce qu’à partir du moment où vous partagez les moments qui vous sont précieux, vous l’êtes de toute façon. L’une des grandes phrases-guide de ma vie est celle-ci : “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”. Elle nous vient de Gandhi. Je crois profondément que notre seul véritable travail, tout au long de notre existence, est de faire de notre mieux pour devenir la meilleure personne possible, chercher à être en accord avec les valeurs qui sont les nôtres, avec nos croyances, nos aspirations… Et que c’est la seule et unique manière de convaincre. Et « convaincre » n’est rien d’autre qu’une autre manière de dire « être inspirant ».

Ce que vous êtes transparaîtra toujours à travers ce que vous faites, souvent d’une façon dont vous n’avez même pas conscience. C’est cela, précisément, qui peut être une source d’inspiration pour ceux qui vous suivent. Mais je crois aussi que c’est quelque chose qui vous échappe forcément et qu’il est illusoire de chercher à maîtriser ça. C’est la raison pour laquelle je ne pense pas que ce soit une question à se poser, de savoir si l’on est inspirant ou pas.

Tous les comptes que je suis sont pour moi une source d’inspiration, à un titre ou un autre, mais je ne suis pas sûre que les personnes qui les tiennent seraient capables, si on leur posait la question, de dire pourquoi elles sont inspirantes… ni que toutes les personnes qui les suivent répondraient la même chose à cette question.

Sur ce point je n’ai donc qu’un conseil, mais il est important : soyez-vous même, c’est ça qui est véritablement inspirant.

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Si vous avez peur de passer à côté d’un bon moment,
trop occupée que vous êtes à le photographier
VIVRE LES CHOSES, AUTREMENT

J’entends souvent cette remarque : « mais ils en oublient de savourer l’instant, tous ces gens, à force de prendre en photo tout et n’importe quoi ! » Et vous, qu’est ce que vous en pensez ? 

Pour moi, les choses sont plus nuancées. Evidemment, si portée par une communauté active, vous vous sentez l’obligation d’avoir des choses à montrer en permanence, il n’est pas impossible que la quête perpétuelle d’un sujet « instagrammable » (mot horrible) devienne vite très pesante. Mais là encore, je vous ramène à la notion d’intention, qui devrait vous aider à faire le tri entre ce qui est bon pour vous et ce qui l’est moins.

Pour moi, prendre une photo, c’est surtout une manière d’arrêter le temps et contempler tranquillement, pleinement ce qui fait l’objet de mon intérêt. Que ce soit une belle lumière, l’imprimé ravissant d’un coussin, mon chat qui dort ou une pâtisserie appétissante… je m’accorde alors le temps d’être totalement avec mon sujet. Je le scrute, je suis attentive aux détails et alors, une multitude de choses s’ouvrent à moi, que je n’aurais jamais pu observer sans ce temps dont je me fais cadeau pour immortaliser l’instant. Je vais même vous dire : souvent, ça ne donne aucune photo intéressante. À ce moment-là, c’est moins le résultat qui compte que l’instant, justement.

Prendre une photo, ce peut être aussi le meilleur moyen d’être totalement connectée à ce que vous vivez. Etre parfaitement dans l’instant présent. Parfaitement au contact du bien-être que vous procure ce moment. Il y a aussi quelque chose de très méditatif, dans le fait de prendre une photo.

 

– Et maintenant? –

Bon. On ne va pas s’arrêter en si bon chemin, n’est-ce pas? La semaine prochaine, je vous invite à passer aux travaux pratiques ! Mon accompagnement n’est pas encore disponible (bientôt!), mais je vais vous montrer plus précisément comment vous pouvez commencer à mettre tout ça en place : faire de votre compte Instagram un fil de gratitude pour ces moments précieux du quotidien, ceux que vous remarquez, mais que vous avez parfois du mal à retranscrire en images.

Je vais vous inviter à un challenge sur 7 jours – promis juré, ce sera rigolo, facile, plaisant et nous donnera l’occasion de partager plein de jolies choses ensemble ! Alors s’il y a des questions techniques que vous vous posez, des petits secrets que vous rêvez d’apprendre, c’est le moment où jamais de me les poser dans les commentaires : j’adapterai le challenge en fonction !

Pour ne pas le rater : laissez moi votre mail ci-dessous, afin que je puisse vous envoyer les infos par mail. Et si vous connaissez des personnes qui pourraient être intéressées, pensez à partager cet article !

À la semaine prochaine !

Je veux participer !