La première étoile à droite…

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La plupart des tentatives pour recréer dans la réalité l’univers merveilleux des histoires pour enfants échouent lamentablement. Je me souviens, petite, de ma déception après avoir reçu pour Noël un costume de princesse. Je n’avais pas plus de trois ou quatre ans, mais je me rappelle nettement m’être dit : « Non, mais ils se moquent de moi? » Le tissu, au lieu de flotter gracieusement dans un tourbillon de tulles et de jupons, tombait tristement à mes pieds, un vilain synthétique tenait lieu de brocart, rien n’était ajusté correctement et les manches supposées bouffantes s’approchaient davantage d’un soufflé retombé. On n’atteignait même pas le stade de pâle imitation.

Après cela, ce genre de jouet ne m’a plus jamais intéressée. Suite à ce malheureux épisode, je me souviens avoir souvent pensé, petite, que les adultes nous prenaient vraiment pour des cons. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai mis si longtemps à me décider à mettre les pieds à Disneyland, persuadée que c’était encore un traquenard. Je me rappelle très bien de ma première visite, il y a quatre ou cinq ans : je m’attendais vraiment au pire.

Contre toute attente, le spectacle m’a paru à la hauteur. Mon émerveillement, en parcourant le parc a été une vraie surprise. Aujourd’hui, après maintes escapades (c’est devenu un petit rituel, d’y passer la journée une ou deux fois par an), je suis évidemment redevenue plus critique. Et puis évidemment, je n’ai plus la naïveté de l’enfance, qui permet de faire abstraction de tout ce qui ne cadre pas exactement avec ce que l’on a envie de voir ou bien d’imaginer.

Mais c’est tout aussi bien : d’émerveillée, je suis devenue admirative. L’attention apportée à chaque petite chose – jusqu’aux vis personnalisées des plafonniers dans les files d’attente – me ravit à chaque fois. Je suis stupéfaite par l’intelligence avec laquelle sont aménagés les espaces, par l’ingéniosité de la circulation… Tout me semble si brillamment imaginé que c’est à observer le décor et ses millions de détails que je trouve le plus grand plaisir. Je rêverais de rencontrer les architectes, les décorateurs et les scénographes d’un lieu comme celui-ci.

Mais il y a quelquefois ces instants de grâce : le crépuscule qui tombe sur le parc ou ce moment où les toits du château s’embrasent d’étincelles. À ce moment-là, le temps d’un claquement de doigts, l’illusion est parfaite et je passe de l’autre côté du miroir.

Merci à tous pour votre participation au petit concours de ce début de semaine. Et bravo à Ju qui remporte une MancheBox. Merci aussi pour tous les petits mots qui ont accompagné vos participations, vous me donnez envie de vous serrer dans mes bras. Rien ne me fait plus plaisir que lorsque je sens – comme c’est souvent le cas – qu’assis autour d’une table à papoter, on aurait des tas de choses à se dire.

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Après Granville

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Il y a un peu plus d’un an maintenant, peu de temps après ma traversée en bateau, j’ai quitté Paris sur un coup de tête : moins d’une semaine après avoir pris ma décision, j’emménageais à Granville. Pendant des mois, je n’ai pas passé une journée sans aller voir la mer.

J’ai mangé tous les jours les bons produits du marché. Tant que le temps l’a permis, j’ai pique-niqué sur la plage à midi. Mon petit appartement donnait sur la place des Corsaires et depuis ma fenêtre, je pouvais voir le port. Les entrées et sorties des bateaux étaient devenues mon paysage. Je n’avais qu’à lever la tête.

Cette vie si différente de celle que je mène à Paris était rythmée par une foule de rituels agréables : deux fois par semaine, j’allais manger chez ma grand-mère. Nous papotions en déjeunant face à la mer sous la véranda et, quand elle est tombée malade, ça a été facile d’aller la voir régulièrement.

Les jours de grande marée, j’espérais trouver le « Monsieur des Crevettes » et son éternelle gentillesse à l’angle de la rue Le Campion. Je prenais trois mesures de crevettes encore frétillantes, il en ajoutait toujours une demie et une pelletée de sourires.

Tous les jours à dix heures et demie, on m’appelait depuis le trottoir pour prendre le café dans la jolie galerie d’art de ma tante. Avant le déjeuner, je passais quelquefois commander un livre à la librairie du Détour et c’était toujours une fête lorsque ma commande arrivait.

Vers sept heures, je me m’installais au piano pendant que B. préparait à manger. Ou bien c’était l’inverse. Mais il y avait toujours du piano et le parfum de quelque chose de bon qui mijote en cuisine.

Avec M. et B., on se donnait toujours du temps pour refaire le monde et notre vie à toutes les sauces. On parlait surtout de l’amour évidemment. L’amour qu’on avait eu, qu’on avait plus, qu’on retrouvait, qu’on avait raté, qu’on espérait. À la fin, on se tassait toutes les trois dans le petit canapé, sous la mezzanine. On s’enroulait dans des plaids pour regarder des films souvent assez mauvais tout en buvant des litres de tisane.

Le week-end, on se baladait. Jamais très loin. En gros, on changeait de plage : Bréville, Jullouville, Coutainville… rien que des noms en « ille ». On ramassait des coquillages, et s’il faisait beau, on se nichait derrière de grands cailloux pour s’abriter du vent pour jouir du plus petit rayon de soleil. C’était toujours la même chose et j’ai l’impression que j’aurais pu faire ça chaque jour jusqu’à la fin des temps. J’ai adoré cette vie. Peut-être d’autant plus que je la pressentait provisoire.

Au mois d’avril, il y a eu d’autres surprises, d’autres bonheurs… un tourbillon de choix à faire. Au mois de mai, c’était déjà réglé : je refermais la parenthèse granvillaise pour rentrer à Paris.

Je suis partie avant que le printemps et le soleil ne reviennent. J’attendais le retour du beau temps pour parcourir la Manche de long en large, dégoter tous les petits coins jolis et vous les raconter. J’avais même fait un itinéraire, posé des questions, épinglé quelques adresses… Mais les plans ont changé, alors ça ne sera pas pour tout de suite, peut-être même que ce sera pour jamais. La vie nous réserve trop de surprises pour en avoir la moindre idée. Mais en tout cas, c’est mon seul regret, ne pas avoir eu le temps de faire ça avant de rentrer.

(c’est à ce moment-là que les lecteurs qui auront parcouru ce billet jusqu’au bout vont se sentir récompensés)

Alors j’ai été toute heureuse que l’office de tourisme de la Manche me propose, il y a quelques jours, d’offrir à l’un d’entre vous une « Manche Box » (vous pouvez aller regarder le détail du coffret ici) qui vous permettra d’aller constater par vous même à quel point la Manche est une jolie région.

La box vous permet de choisir parmi 30 courts séjours partout dans la Manche et dans les îles Anglo-Normandes. Si vous ne connaissez ni le Mont Saint Michel, ni Jersey, ni Guernesey, je vous recommande en particulier ces escapades, mais il y en a plein d’autres. J’ai longuement feuilleté le catalogue, la Manche Box me semble vraiment très bien faite.

Le concours est ouvert jusqu’à mercredi midi. Pour participer, c’est facile comme tout, il vous suffit de me dire dans quel archipel ont été prises les photos de ce billet.

Alors c’est à vous, rendez-vous mercredi après-midi pour vous dire qui a gagné !

PS : N’oubliez pas de mettre une adresse mail valide dans le champ « email » des commentaires, si celle-ci ne fonctionne pas, je ne comptabiliserai pas votre participation.

Couleur !

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Parmi les choses qui me font plaisir, dans la vie, je peux placer en bonne position les espaces joliment décorés. J’ai été bien avisée, l’autre jour, de venir munie de mon appareil photo à l’occasion d’un rendez-vous au ShowRoom Bensimon, situé à deux pas du canal Saint Martin et dissimulé, comme souvent à Paris, derrière une porte cochère.

C’est une des choses dont je ne lasserai jamais à Paris, les mystères incroyables qui peuvent se cacher derrière n’importe quelle porte, y compris la plus anodine. Dans une autre vie, je serai un chat, pour pouvoir visiter chacune d’entre elles en catimini.

Le Showroom est un espace tel que je les aime, spacieux, baigné de lumière et chaleureux. Ce jour-là, j’ai aussi croisé monsieur Bensimon. Charismatique et attentionné, il compte parmi ces personnes dont j’admire la capacité à se comporter avec chacun en lui octroyant toute son attention, toute sa présence. Le genre de personne dont on n’envie pas la réussite : on s’en réjouit.

PS : Merci pour vos participations au concours Printic. J’ai envoyé un petit mot aux deux gagnantes, Blandine et Laura.

PPS : Si vous avez un joli endroit à me faire découvrir (boutique, Showroom, hotel, ou mieux encore, votre petit nid) pour que je vienne y faire quelques images, n’hésitez pas à m’envoyer un petit mail !

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