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Durant les semaines précédentes nous avons parlé de plein de choses. D’outils pour apprendre à mieux se connaître, d’un certain nombre de questions à se poser pour avancer et d’un outil génial pour cela : cultiver son sentiment de gratitude (petit message de service : si vous faites partie de celles qui se sont inscrites et qui n’ont pas reçu les messages, je vais vous envoyer un petit mot à ce sujet). Aujourd’hui j’ai envie de parler d’une autre idée, qui contribue beaucoup elle aussi à enjoliver le quotidien.

Quelque chose qu’on entend un peu partout, à toutes les sauces ; un mot que l’on conjugue à tous les temps et qu’on l’emploie à tours de bras. Mais à force de le voir apparaître ainsi dans le vocabulaire courant, il me semble qu’on ne sait plus vraiment ce qu’il signifie, ce joli mot-là.

INSPIRATION

Avez-vous déjà pris le temps de vous interroger sur ce que cela signifie pour vous? Par exemple, si vous pensez à quelque chose de précis qui vous inspire (une image, un livre, une conférence, une personne…), qu’est-ce que cela veut dire concrètement à vos yeux ? De quelle manière cet « objet inspirant » impacte-t-il votre vie?

Avant de lire les lignes qui suivent, je vous invite chaleureusement à inscrire quelque part votre définition.

Voici maintenant ce que dit le Larousse.

Inspiration, n, fem. :
Mouvement intérieur, impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action : suivre son inspiration.
Enthousiasme, souffle créateur qui anime l’écrivain, l’artiste, le chercheur : chercher l’inspiration.

Ainsi, vous êtes-vous déjà demandé quelle place occupaient dans votre vie les choses qui vous inspirent? Je pense par exemple à votre compte Instagram : à quoi ça sert concrètement, de suivre des comptes que vous aimez? Peut-être avez-vous envie de répondre spontanément : « Parce que ça me fait plaisir, tiens ! » Je crois fermement que cela va, en réalité, bien plus loin que ça : ces images inspirantes parlent à la personne que vous avez envie de devenir. Dit autrement : elles donnent des indications et du carburant à votre petit moteur intérieur, celui qui fait ce qu’il faut pour vous amener vers la prochaine étape de votre vie.

Les comptes que l’on suit sont presque toujours, d’une manière ou d’une autre, un écho à l’une des facettes de ce que l’on désire développer et faire croître, en nous. Par exemple…

☞ Lorsque je regarde les photos culinaires chaleureuses de @Parigote, je pense que cela constitue pour moi de petits pense-bête qui me rappellent que c’est important pour moi d’octroyer davantage de place à la préparation de bonnes choses pour ma famille et trouver le temps pour inventer de moments jolis à vivre quand on est ensemble, avec ceux que j’aime.

☞ Les photos incroyables de @lilyrose et de ses voyages me parlent moins d’une envie que j’aurais moi aussi de voyager, que de la beauté du monde en général. S’arrêter pour prendre le temps de le regarder et développer ma capacité à immortaliser les belles choses qui croisent ma route. L’importance de les partager, de participer à ce compte rendu de la beauté du monde.

@elizabeth_gilbert_writer me parle tous les jours de la vie qui est folle et incompréhensible et si belle, si belle, si belle… La vie à embrasser, à comprendre et à ne pas comprendre. La vie avec laquelle on apprend à danser.

Ainsi en va-t-il de même pour vous. Chaque fois que vous voyez passer une image qui vous inspire, c’est un petit message envoyé à votre moi-idéal pour lui dire : « hey dis donc toi, tu as vu comme ce serait cool si je vivais quelque chose dans ce goût-là, moi aussi ! Tu veux pas qu’on mette des trucs en place pour que ça arrive concrètement dans ma vie ? »

Elles sont, consciemment ou non, un exercice de visualisation créatrice.

Je ne sais pas si ce concept vous est familier. En voici donc, en gros, le principe : ce que vous prenez le temps d’imaginer, votre cerveau l’enregistre et… vous y conduit. Autrement dit : la visualisation créatrice vous permettrait ni plus ni moins de créer la vie qui vous fait envie. Les techniques pour y parvenir sont infinies. Tableaux de vision (j’en parle rapidement dans « Manifeste pour une maison rangée« ), méditation, exercices d’écriture… il y a vraiment de quoi faire.

Mais il y a aussi tout un ensemble de choses que vous faites probablement déjà sans même vous en rendre compte et qui oeuvrent pour vous, sans que vous ayez à lever le petit doigt et votre compte Instagram en est un exemple très parlant.

Faites l’essai ! Rendez-vous sur votre compte Instagram !

Allez donc jeter un oeil à votre compte, et prenez quelques minutes pour observer les images auxquelles vous avez donné un petit coeur, récemment.

Que disent-elles de vous, de vos aspirations, de vos envies?
Pourquoi avez-vous choisi de suivre telle ou telle personne?
Qu’est-ce que cela raconte à la personne que vous êtes en train de devenir?
Et comment ça se matérialise?

Attention, hein : la personne que vous êtes en train de devenir ne s’oppose pas à celle que vous êtes aujourd’hui. Elle ne répond pas à un dénigrement de celle que vous êtes maintenant. Je la vois plutôt comme la projection d’un chemin, de « l’escale suivante sur votre route ». Ainsi, vous nourrissez quotidiennement votre esprit de toutes ces choses qui vous font palpiter et que, d’une manière où d’une autre, vous avez envie de développer dans votre vie. Vous donnez du carburant à votre petit moteur intérieur.

Les comptes que vous suivez, c’est le premier côté de la médaille. L’autre, c’est ce que vous publiez et partagez à votre tour.

Acteur ou spectateur?

Car évidemment pour que l’expérience soit vraiment palpitante, il est nécessaire de participer, de contribuer à ce vaste système « inspirant » / « inspiré » en publiant à votre tour ce qui éveille votre sensibilité particulière au quotidien et en communiquant votre regard unique sur le monde. Vous vous en doutez, il ne se passera pas grand chose si vous vous contentez de regarder les images qui vous inspirent, sans octroyer un peu de temps, de votre côté, pour souligner et célébrer ce qui est déjà beau, dans vos journées et qui témoigne du chemin sur lequel vous vous trouvez.

Pour moi, le simple fait de proposer soi-même quelque chose est un vrai élément de réponse à cette fameuse angoisse des réseaux dont tout le monde parle : c’est quand on se contente de rester spectateur d’un monde qui nous attire, sans oser participer qu’on se met dans une position bancale.

Hélas, il arrive souvent que ce soit à ce moment-là que le bât blesse : faute de connaître les quelques bases qui pourraient vous permettre de partager exactement ce que vous souhaitez, vous préférez souvent… vous abstenir de participer.

Et c’est super dommage, parce que dans ce cas, il se passe ce qui arrive lorsqu’au sein d’un groupe donné, on n’ose pas prendre la parole. On assiste au débat sans y participer et on se sent toujours un peu frustré de garder le silence parce notre problème n’est jamais de n’avoir rien à dire : on a tous PLEIN de choses à dire ! C’est juste qu’on ne sait pas COMMENT les dire. Alors on préfère se taire. C’est aussi là généralement qu’intervient cette petite voix perfide qui nous susurre que l’on n’est « pas intéressant », « pas assez bien », “pas à la hauteur” et toutes ces choses désagréables dont notre petit tourmenteur intérieur adore nous gratifier. Et alors, au lieu de se nourrir avec plaisir de toutes les choses intéressantes que les autres personnes du groupe ont partagé et qui pourraient apporter de l’eau à notre moulin, on reste coincé dans cet état de frustration qui nous fait soupirer et nous empêche d’avancer. Avec l’impression que la vie des autres est bien plus intéressante que la nôtre.

Et bim ! C’est là que la roue de l’inspiration se bloque : au lieu de vous aider à avancer, elle vous maintient dans l’immobilité. Le fameux : “ma vie c’est de la merde et les autres ont beaucoup plus de chance que moi/meilleur goût/réussissent mieux/sont plus créatifs/ je vous laisse compléter cette liste en fonction du petit démon qui se réveille chez vous dans ces cas-là (le mien : “Je n’arriverai jamais à rien, je ne sais même pas pourquoi j’essaie”).

Exactement le contraire de ce que vous voulez, donc.

Pour la prise de parole en public, je n’ai pas de conseil à vous donner (j’en aurais plutôt à recevoir, si vous avez suivi mes aventures sur Instagram tout au long de la promotion de mon dernier livre ^^), par contre, pour ce qui est des images, j’ai des réponses à partager avec vous. Et croyez-moi, tout ce qui vous empêche aujourd’hui de partager vos photos sur Instagram est bien plus simple à régler que vous ne le pensez :)

Ce qui vous manque probablement tient en très peu de chose, en réalité :

☞ Les bases techniques (faciles à apprendre)
☞ Les bons outils (simples à prendre en main)
☞ La confiance en vous (qui s’acquiert logiquement grâce aux deux premiers points ^^)

C’est la raison pour laquelle j’ai créé cette année l’atelier Insta•Gratitude : un atelier en ligne de six semaines qui vous donne les bases nécessaires pour partager et transmettre en photo ce qui vous anime au quotidien.

Dans les prochains jours, je vais ouvrir les inscriptions à la prochaine session de l’atelier Insta•Gratitude, qui commencera courant janvier.  Pour ne pas louper ce lancement, laissez-moi votre mail !

Cela vous permettra notamment de participer à l’atelier en bénéficiant de l’offre que j’ai imaginé pour vous, pour Noël, à un prix tout doux, tout doux, et aussi de recevoir immédiatement le mini guide « 7 pistes pour un compte Instagram où il fait bon vivre » qui vous permettra de commencer tout de suite à expérimenter de nouvelles idées.

N’oubliez pas de partager ce message avec toutes les personnes de votre entourage que cela pourrait aider !

 

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J’avais prévu de publier autre chose, ce matin, mais finalement je vais vous parler d’eux.

Eux, ils sont trois : Caroline, Léo et Marc, embarqués sur un voilier d’une dizaine de mètres. En fait non, ils sont cinq, car on ne peut oublier Jeanne et Antoine, qui sont restés à quai, mais qui font partie intégrante de cette belle aventure. Marc, c’est mon oncle. Caroline est sa fille. Léo, l’amoureux de Caroline. Jeanne, ma tante, la femme de Marc. Antoine, leur fils ainé.

Marc, lui, n’avait pas pris la mer depuis de longues années. Cette idée : renouer avec l’océan après trente ans passés à terre, pour partir en bateau pendant un an avec sa fille, c’était une pure folie. Impensable, pour ne pas dire carrément impossible. Tellement impensable, en fait, que c’est devenu… indispensable. Alors l’obsession est devenu un projet, le projet une réalité.

Caroline et Léo étaient cuisiniers dans un grand restaurant Nantais. Un travail que je crois, ils adorent tous deux. Ils l’ont néanmoins mis de côté pour embarquer sur une coque de noix et se donner les chances de vivre quelque chose de nouveau. Avant ce jour d’octobre, ils n’avaient pour ainsi dire jamais mis le pied sur un bateau, ni l’un ni l’autre.

Il y avait mille raisons de laisser cette idée demeurer un rêve qu’on se raconte avec la drôle de nostalgie des choses qu’on n’a pas vécues. Mille « raisons raisonnables », des justifications à n’en plus finir, un chapelet de problèmes insurmontable à résoudre. Et d’ailleurs, c’est ce qui s’est passé : une dizaine de pages n’y suffirait pas pour faire le récit des difficultés rencontrées, des points d’interrogation et des changements de plan.

Pourtant ils sont partis, voilà quelques semaines. En ce moment-même, ils font route vers Essaouira après avoir quitté le port de Tanger.

Jeanne et Antoine ne font pas partie du Voyage. Mais ça ne les empêche pas de faire partie de l’Aventure : leur acte de bravoure, à eux, c’est d’avoir encouragé cette folie malgré ce qu’il leur en coûterait d’être séparés pour un temps de ceux qu’ils aiment, d’être parfois inquiets pour plein de raisons hautement valables (les conditions en mer, les avaries possibles sur le bateau…), parfois aussi sans doute un peu jaloux de se trouver seulement dans le creux de l’histoire.

Marc, Caro, Jeanne, Antoine, Léo et tant d’autres, ce sont eux mes héros. Ces héros qu’on ne voit jamais dans les pages d’un journal. Ceux qu’on ne reconnaît pas quand on les croise dans la rue, parce qu’ils sont seulement comme vous, comme moi : des gens très ordinaires. Des anonymes heureux de leur anonymat.

Héros d’une aventure particulière, mais pas de toutes les aventures. Et certainement pas des héros par nature.

Des héros comme vous d’ailleurs, peut-être, car je ne connais pas une seule personne qui n’ait sa cape, son masque et son super-pouvoir dans une circonstance ou une autre. On a tous un super-pouvoir pour quelque chose, vous ne croyez pas?

On n’a pas toujours besoin d’aller chercher très loin pour trouver, nos héros. Ils vivent parmi nous, tout contre nous. Ceux qui, par leurs décisions, leur sens de l’aventure et leur appétit de la vie nous rappellent que tout est toujours entre nos mains.

Ce matin, je pense à eux, à ces superhuman de tous les jours, discrets, quelquefois presque invisibles. À l’énergie qu’ils nous communiquent du simple fait de leurs actions. Simplement d’être ce qu’ils sont.

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Je vous ai souvent parlé de ma grand-mère maternelle, sur ce blog. Sans doute n’aurais-je d’ailleurs jamais fini de parler d’elle. Elle est l’une de mes plus grandes sources d’inspiration, y compris dans ce qui nous a souvent opposées, dans nos périodes houleuses et dans nos – nombreux – désaccords. Je me souviens en particulier de ceci.

Une chose me rendait folle : la manière dont elle accueillait les plaintes.

Qu’il s’agisse d’une simple jérémiade ou bien d’un trouble plus profond, elle tranchait systématiquement d’un sévère : “Sois reconnaissante” ; m’observait de ses yeux noirs, qui n’étaient pas noirs en réalité, mais d’un très beau vert-gris certes peu coloré mais intensément brillant et ajoutait avec autorité : “Contente-toi de ce que tu as”.

Ma grand mère aimait passionnément donner des ordres. Or, rien n’a pire effet sur moi qu’une tournure de phrase impérative : il suffit qu’on m’ordonne pour que, par une sorte d’instinct primaire, je soies tentée de faire exactement le contraire. Et c’est ainsi que pendant longtemps, je rejetais de toutes mes forces ce “devoir de gratitude”, que je ne comprenais pas et que je ne pouvais m’empêcher de percevoir comme une sorte de punition.

D’ailleurs, je ne l’entendais pas vraiment, ce “sois reconnaissante”.
J’entendais : “Je n’ai pas de temps à t’accorder”.
J’entendais : “J’ai honte de toi qui est si gâtée”.
J’entendais : “Tes difficultés ne m’intéressent pas”.

Être reconnaissant, se contenter… ces mots me faisaient horreur. Je les interprétais comme un renoncement, une manière de courber le dos devant la fatalité, pire : de capituler. À chaque fois que je recevais cette terrible injonction, il me semblait que ma vie rapetissait, qu’on me demandait de laisser tomber mes rêves. Désirer mieux que ce que je vivais déjà était visiblement inacceptable aux yeux de ma grand-mère et, en plus de me sentir désespérément incomprise, je me sentais aussi atrocement coupable.

Combien d’années a-t-il fallu pour que je comprenne le message qu’elle tentait de me faire passer !

Je me souviens encore de ce premier soir où j’ai remplacé mes “s’il vous plait” et mes “je voudrais”, par des mercis… J’en ai d’ailleurs déjà parlé, dans ce billet qui date d’un certain nombre d’années maintenant, et qui a amorcé le premier pas vers un changement profond, dans ma manière de regarder la vie.

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Dernièrement, j’ai croisé un certain nombre de personnes visiblement exaspérées par ce qu’elles nomment « la dictature du bonheur ». Ou encore « la mode du bonheur ». C’est drôle que l’on puisse comparer cela à la prochaine couleur de sac à main que l’on verra partout, vous ne trouvez pas? Et surtout, j’ai du mal à comprendre l’agacement que je cela engendre. 

J’ai toujours envie de demander : qu’est-ce que ça t’enlève, à toi, si moi j’ai envie d’être plus heureuse dans ma vie? Qu’est-ce que ça te retire si les autres, autour de toi éprouvent le besoin de comprendre un peu mieux comment ça se passe à l’intérieur et d’explorer les solutions qu’on pourrait mettre en place pour souffrir moins? Qui a décidé que la vie devait être pénible?

Bref. Aujourd’hui, voyons un peu ce qui semblent tellement déranger, à propos de l’idée du bonheur.

 

– Argument n°1 –

« Le bonheur, cette nouvelle mode »

Vous voulez que je vous dise : quand j’entends-ça, les bras m’en tombent. C’est un peu comme si on prétendait : « La santé? Ah mais vous allez arrêter avec ça, hein ! Vous nous cassez les bonbons avec cette lubie d’essayer de faire en sorte que les gens vivent mieux, en meilleure forme et plus longtemps ! » C’est vrai qu’on parle plus fréquemment de bonheur, de développement ou de transformation personnelle aujourd’hui qu’on ne le faisait il y a quelques décennies. Les sciences, même les sciences politiques commencent timidement à se pencher sur la question. Mais sérieusement IL ÉTAIT TEMPS !

Une question à se poser pour avancer :

Et si, finalement, la recherche du bonheur dans sa vie n’était pas tout simplement une façon de se préoccuper de la bonne santé son esprit ?

 

– Argument n° 2 –

« Le bonheur, c’est bon pour les gens déjà heureux »

Comprenez : qui n’ont pas de VRAIS problèmes. Je connais un certain nombre de personnes qui ont ce qu’on appelle de vrais problèmes (une maladie grave, un handicap lourd, un pronostic vital pas foufou…) et qui passent leur temps à sourire et remercier pour tout ce que la vie peut leur apporter, qui embrassent ce que la vie leur propose. Ce sont ces mêmes personnes, avec leur rayonnement intérieur incroyable, qui me poussent chaque matin à m’interroger davantage sur toutes ces questions. J’en connais et tout le monde en connaît. Vous avez besoin d’un exemple? Regardez cette femme, qui intervient à 3’47 dans la vidéo de la réalisatrice Taryn Brumfitt. Et voilà, vous en connaissez au moins une. Vous en voulez un autre? Regardez donc le compte Instagram de Paola Antonini. Et pouf, en voilà deux ! S’il vous en faut d’autres, demandez : j’en ai des dizaines, des exemples comme ceux-là :)

Une question à se poser pour avancer :

Et si nos états intérieurs ne dépendaient pas autant qu’on le croit de ce qui nous arrive dans la vie ? Si on pouvait choisir de se sentir bien, indépendamment de ce qui nous arrive ?

 

– Argument n°3 –

Le bonheur, c’est un truc d’égoïste

C’est tellement plaisant, en effet, d’être entouré de gens perpétuellement tristes, déprimés, en colère, fatigués, dépassés. Être soi-même cette personne triste et déprimée est probablement un régal pour tout le monde, pourquoi donc se préoccuper de changer ça? La joie, l’enthousiasme, les rires sont aussi contagieux que la déprime, la tristesse ou le manque de motivation. Qu’on le veuille ou non, notre état d’esprit influence immensément ceux qui nous entourent. À chacun de voir ce qu’il préfère essayer de disperser et semer aux quatre vents. Vous voulez rendre heureux les gens que vous aimez ? Dispensez de la joie. Dispensez de la disponibilité. De la poésie. De l’amour. Des plaisanteries. Des compliment sincères. De la gratitude, ce que vous voulez. C’est ça le seul vrai premier pas vers un monde plus heureux.

Une question à se poser pour avancer :

Et si je décide de me préoccuper de ce qui me rend plus heureux au quotidien, qu’est-ce que cela pourrait engendrer pour mon entourage ? Par exemple : si j’apprends à réduire mon stress, quel effet cela pourrait-il avoir sur ma famille?

 

– Argument n°4 –

« Le bonheur, c’est une utopie »

Ptêt ben quoui, ptêt ben qunon. Ce qui est certain, c’est que si on n’essaie pas, ça ne nous donne pas beaucoup de chance d’en avoir une idée précise. Et jusqu’à présent, je n’ai pas le sentiment que l’humanité se soit beaucoup penchée sur la question. Donc puisqu’on a bien compris que pour le moment on va droit dans le mur à tout point de vue (social, économique, politique, sanitaire, écologique…) on peut aussi se dire « Hey, Pourquoi pas ». Et j’ajouterai cette petite phrase que d’aucuns prendront – je le sais – un pernicieux plaisir à qualifier de « phrase de blogueuse » : Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient. Et rappeler gentiment que la plupart des grands projets de ce monde ont été qualifiés d’utopie avant de voir le jour.

Une question à se poser pour avancer :

Pourquoi ne pas essayer le bonheur après tout? Qu’est-ce qu’on risque, franchement?

 

– Argument n°5 –

« Le bonheur, c’est inné : on l’a ou on ne l’a pas »

Certaines études semblent prouver que c’est vrai. Laissez-moi émettre un sérieux doute. En tout cas, si c’est inné : ça ne l’est pas pour moi ! J’ai passé les 30 premières années de ma vie à ressentir la vie comme quelque chose d’essentiellement douloureux. Donc ce n’est pas à moi que vous allez faire croire qu’on est heureux ou non par nature. Le bonheur, la joie de vivre, la confiance… tout cela peut s’apprendre (en plus, le simple fait d’apprendre des choses contribuerait également au bonheur) et chaque jour qui passe me le prouve un peu plus. Aujourd’hui – même si ça ne prévient aucunement des problèmes en tout genre – je suis convaincue que nous avons tous la possibilité de se rapprocher de l’idée que l’on se fait du bonheur. Avec plus ou moins de travail certes, mais c’est une possibilité. J’oserais presque dire : un choix.

Une question à se poser pour avancer :

Et si, sans que rien d’extérieur ne change dans ma vie, je pouvais tout ressentir différemment? Si je pouvais faire une lecture apaisée de tout ce qui compose mon existence?

 

– Argument n°6 –

C’est impossible d’être tout le temps heureux

Et donc ? Déjà, ça reste à prouver (je vous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, on pensait que c’était impossible d’aller sur la lune, que les bébés n’étaient pas véritablement des personnes, et que c’était le Bon Dieu qui créait les orages quand il pétait sa coche). Ensuite : est-ce que cela justifie qu’on s’en désintéresse ou qu’on l’écarte ? C’est impossible de manger tout le temps des éclairs au café, pour autant, il ne viendrait à l’idée de personne de rejeter l’idée de l’éclair au café dans son ensemble, au motif qu’on ne passe pas sa vie entière à en manger. On a sans doute tendance à confondre le bonheur qui peut être un état d’esprit, avec la béatitude qui ne survient qu’en de rares occasions, voire jamais (et j’avoue que personnellement, l’idée de béatitude me fait un peu peur, donc rien que pour ça, ça ne risque pas de m’arriver).

Une question à se poser pour avancer :

Au fait, qu’est-ce que ça signifie concrètement pour moi, le bonheur ? À quoi ça ressemble, quand je me sens heureux?

 

– Argument n°7 –

Le bonheur, c’est pour les imbéciles (heureux, donc)

Ahahah, quelle idée, franchement. Voilà l’argument favori des sarcastiques et des cyniques. Le problème, je vais vous le dire : c’est bien plus difficile de faire grandir les belles fleurs, que de laisser pousser les mauvaise herbes. Chercher à devenir plus heureux – il suffit de se pencher sur la question deux minutes pour le comprendre – c’est accepter aussi une introspection pas toujours agréable pour développer en soi la compassion, la douceur, l’écoute, l’empathie, l’amour, la gratitude, le pardon… au détriment par exemple du profit, du pouvoir, du désir de briller, d’être le meilleur ou encore le premier. Simple à comprendre ne veut pas dire facile à appliquer. Essayez donc de ne pas dire ou penser de mal de qui que ce soit pendant une seule journée, juste pour voir.

J’essaie tous les jours depuis des mois, sans JAMAIS y être parvenue un seul jour. C’est infiniment plus facile de gloser sans fin sur le pourquoi et le comment de la médiocrité humaine, croyez-moi !

Une question à se poser pour avancer :

Et si c’était tout simplement céder à la facilité que de dire fuck le bonheur ?

 

– Argument n°8 –

Le bonheur, c’est mal

Vous ne trouvez pas, vous, qu’il y a en France ce culte du petit malheur de bon aloi ? On n’ose pas trop dire que ça va bien, finalement. Comme si le ciel risquait de nous tomber sur la tête au moment même où l’on aurait commis l’irréparable : accepter que ça ne va pas si mal.

Pour ne pas se vanter, ne pas “cracher notre bonheur au visage” (sérieusement !), par une sorte de superstition enfantine qui voudrait que les bonnes choses nous soient retirées sitôt qu’on en aurait mentionné publiquement les bienfaits. Et aussi évidemment parce qu’on se sent coupable d’aller bien quand le monde va si mal. Ce qui serait un calcul valable si cela nous aidait à nous soulever, nous indigner, nous battre, tendre la main, écouter, consoler, comprendre… Sauf que bizarrement, ça nous conduit plutôt à nous plaindre, à nous décourager, baisser les bras, laisser tomber, nous enfermer chez nous. Non seulement ça ne fait pas avancer le bordel, mais ça contribue plutôt à le faire empirer. Cherchez l’erreur.

Une question à se poser pour avancer :

Qu’est-ce qui se passerait si j’acceptais que tout va bien – là, tout de suite – pour moi ? Quels sont les risques?

 

– Argument n°9 –

Le bonheur, ce n’est pas vendeur

Hannnnn, tu m’en diras tant. C’est en tout cas l’argument massue brandi bien haut par les médias qui aiment à justifier de cette manière l’avalanche de mauvaises nouvelles dont ils nous abreuvent à chaque instant, sous couvert de nous informer, occultant sans trop de problème tout ce qui arrive de bon chaque jour.

Sauf que cette fameuse règle qui voudrait que les bonnes nouvelles ne fassent pas vendre commence à battre de l’aile très sérieusement. Il suffit de voir la production de livres à ce sujet, et l’émergence de magazines comme le superbe Flow, Simple Things et autres Happinez pour comprendre que les bonnes nouvelles ont aussi leur place. Pour beaucoup d’entre nous d’ailleurs, Internet est un bon moyen de chercher – et trouver !! – ses sources de bonnes nouvelles. Tiens d’ailleurs, quelles sont les vôtres?

Une question à se poser pour avancer :

Et moi, quelle place j’accorde aux bonnes nouvelles dans ma vie? Comment je les reçois? Qu’est-ce que j’en fais?

– Argument n°10 –

Le bonheur, c’est pour endormir les foules

Ah tiens. C’est drôle, parce que j’ai EXACTEMENT le sentiment inverse. Je n’ai pas l’impression que les puissants de ce monde aient grand avantage à tirer de populations heureuses, vivant dans l’abondance et la sérénité, voyez-vous. En revanche, je vois sans difficulté tout le lait qu’il est aisé de tirer des mamelles de la peur, de la colère, de l’anxiété, du sentiment d’injustice… Savamment entretenir ces maux comme on entretient un bon feu de cheminée me semble être la meilleure stratégie que l’on puisse mettre en place pour contrôler les foules.

D’ailleurs, on peut le constater chaque matin en ouvrant n’importe quel canard, à n’importe quelle page, c’est exactement comme cela que ça fonctionne. Ajoutons à cela un divertissement de masse juste bon à endormir les cerveaux déjà bien assommés par toutes ces mauvaises nouvelles (le temps de nous faire gober sans trop de difficulté quelques annonces publicitaires) et vous tenez un peuple assez anxieux pour accepter n’importe quelle solution supposée lui apporter le moindre apaisement, rapidement. Si l’on peut en plus identifier des coupables, c’est encore mieux. Et c’est ainsi que toutes les dictatures de ce monde font tranquillement leur lit avant de s’y coucher.

Ainsi, j’en suis intimement convaincue, c’est le prix que réclame une plus grande liberté que d’apprendre à faire taire en soi la peur qui enferme et cloisonne ; la colère – celle qui obscurcit le jugement ; le sentiment de manque quand il ne correspond qu’à une idée dictée par l’économie, et toutes ces émotions paralysantes qui sont les fondements sur lesquels s’appuient ceux qui nous gouvernent (et bien entendu : ceux qui gouvernent ceux qui nous gouvernent).

Une question à se poser pour avancer :

Chercher à être plus heureux, si c’était ça la dissidence ?