, ,

Vous avez forcément déjà vécu une de ces grandes périodes de transition. Peut-être même êtes-vous en ce moment en plein dedans. Alors je ne vous apprends rien : quand on entre dans une zone de turbulences, ce n’est pas si simple de hausser tranquillement les épaules, se dire que « tout a du bon » et nous apportera, finalement, de beaux fruits. Et même une fois la tempête passée, il faut parfois plusieurs étés pour récolter enfin les bénéfices de ces épisodes mouvementés. C’est ce qui m’a donné envie de vous raconter cette petite histoire.

Comme vous le savez peut-être, il y a quatre ans, je suis partie en bateau pendant un mois et demi. Traverser l’Atlantique sur un voilier, c’était le rêve de ma vie. Pourtant, je n’ai jamais réussi à la raconter, cette transat. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, d’avoir relu cent fois mon désolant carnet de voyage dans l’espoir d’en tirer quelque chose d’intéressant. Mais rien. Jamais je n’ai expérimenté avec autant de force l’angoisse de la page blanche que dans ces moments où je me suis penchée sur le récit de ce voyage. Et pour cause : celui-ci ne m’ayant pas apporté ce que j’espérais y trouver, j’ai plus ou moins considéré qu’il ne m’avait rien apporté du tout.

Ce que j’espérais trouver en faisant ce voyage ? Oh, c’est tout simple : je voulais devenir quelqu’un d’autre. Ah! Si je défends corps et âme l’amour et la bienveillance envers soi-même, ce n’est malheureusement pas pour rien et cette époque a marqué le sommet de ce désir absolu d’échapper à moi-même.

Ainsi donc, une expérience de vie à dix mille lieues de mon quotidien m’était apparue comme une idée des plus brillantes pour parvenir enfin à me débarrasser de ma petite personne, et j’ai foncé dans l’aventure persuadée d’y découvrir enfin mon « Vrai Moi » (par opposition au « Moi Navrant » avec lequel je cohabitais péniblement jusqu’alors). Imaginez donc la cuisante déception, au retour, lorsqu’il me fallut admettre que j’étais rentrée de ce périple exactement telle que j’étais venue. Pas une once de transformation, si ce n’est les cinq kilos accumulés à bord, à force de tartines de Nutella, qui font probablement de moi la seule personne au monde ayant été capable de prendre du poids pendant une traversée en mer.

N’ayant pas réussi à devenir une autre personne, il m’aurait fallu reconnaître que ma Grande Aventure avait essentiellement consisté en un mois de vacances au grand air, certes délicieuses mais tout de même plutôt vaines, considérant les grandes ambitions que j’avais imprudemment placées en elle. Rien d’étonnant donc qu’en ces circonstances dramatiquement peu héroïques, j’aie rencontré quelques difficultés à en relater le récit.

Seul changement notable lié à ces six semaines en mer : j’y ai découvert, stupéfaite, que je pouvais être heureuse avec trois fois rien. Oui, moi – fruit d’une famille relativement prospère, clairement surprotégée, citadine convaincue, adoratrice d’escarpins à paillettes et utilisatrice compulsive de taxis – je pouvais me satisfaire de peu de choses (cinq culottes, trois t-shirts, deux shorts, autant de polaires, une veste de bateau, un maillot de bain et deux paires de tennis exactement) et d’un confort plus que relatif puisque nous vivions entassés à 30 sur ce grand rafiot franchement cracra sur lequel on lavait – vaguement – la vaisselle à l’eau de mer et où je partageais des toilettes à pompe avec ce que la planète a produit de plus incompatible : des hommes faisant pipi debout et un bateau qui tangue.

Hélas, loin de m’alléger, cette découverte a d’abord commencé par me jeter à terre : une fois rentrée chez moi à Paris, je me souviens nettement cette sensation de « trop de tout » qui m’a saisie à la gorge si violemment que, quelques jours plus tard dans un état proche de la panique, je déménageais à Granville, déterminée à faire table rase d’à peu près tout. Et par dessus le marché, il y avait ce constat sidérant : alors comme ça j’allais vraiment devoir vivre avec moi-même jusqu’à la fin de ma vie?

Autant vous dire qu’à ce moment là, je ne me souviens pas avoir ressenti tout cela comme un enseignement. Encore moins comme une étape positive de ma vie. Au retour de ce voyage, l’inconfort généralisé que j’éprouvais alors a même atteint une sorte d’épouvantable climax : non seulement ça n’allait pas mieux après la traversée, mais ça allait franchement moins bien. Autant l’avouer clairement : j’avais atteint le point « finalement la vie, c’est pas terrible, ça ne m’intéresse pas tant que ça. Est-ce que je serais pas mieux d’arrêter les conneries? »

Et bon. J’ai la chance inouïe d’être bien entourée. Cahin-caha, la vie a repris son cours. J’ai doucement repris mes habitudes l’une après l’autre pour finir par oublier carrément ça, que vivre avec trois culottes, trois t-shirts et deux shorts avait été une forme de libération. Progressivement tout a repris sa place : mes chaussures à paillettes et mon usage frénétique des taxis, compris.

Le zéro absolu du changement, en somme. J’avais fait ma crise et rien, RIEN, n’avait bougé. Non seulement j’étais restée exactement la même, mais pire : je n’avais rien appris. À quelques petits détails près, en fait… Mais ça il m’a fallu quatre ans pour m’en rendre compte. QUATRE ANS, les enfants !

Point 1. L’amour de soi. Ces dernières années, j’ai appris doucement à devenir amie avec moi-même et je crois pouvoir dire qu’en dehors de quelques rechutes passagères, je le suis désormais. J’ai d’ailleurs commencé à rédiger plein de choses à ce sujet et je pense qu’il y aura ici une série de billets consacrées à la manière dont je m’y suis prise, pour cela. Parce que finalement, j’ai avancé de manière très scolaire. Mais ce billet est déjà bien trop long pour que je commence à entrer dans les détails.

En tout cas. Aujourd’hui, entre moi et moi, ça va plutôt pas mal. Et si ça va bien, c’est parce qu’un voyage en bateau, il y a quatre ans, m’a donné exactement le contraire de ce que j’attendais de lui, en me montrant que je ne pourrais jamais, jamais, jamais échapper à moi-même. Y compris au milieu de l’Atlantique (encore moins au milieu de l’Atlantique que partout ailleurs, en fait). Et je vais vous dire : n’avoir aucun autre choix que celui d’affronter le désamour complet que j’éprouvais pour ma petite personne est l’une des choses les plus douloureuses, les plus difficiles que j’ai eu à faire jusqu’à présent dans ma vie. Mais aussi des plus essentielles. Et finalement des plus précieuses.

Point 2. Vivre avec moins. Découvrir que je pouvais me satisfaire de peu de chose n’a pas fait de moi un esprit pur, dénué de tout désir matériel. Non. La vérité, c’est quand-même qu’à choisir, je préfère nettement vivre avec beaucoup qu’avec peu. Et je dois bien reconnaître que je me verrais bien mieux installée dans le grand bureau lumineux d’une vaste demeure en pierre taillée dotée d’une exquise vue sur mer, qu’en baroudeuse échevelée parcourant le monde avec son sac à dos et son bâton de marche.

Par contre, savoir que je peux vivre avec peu de biens matériels, peu de confort et peu d’occupations m’a permis de progresser sur quelque chose d’essentiel : la peur de manquer. Le risque me fait bien moins peur aujourd’hui parce que je finis toujours par me dire : « Bon et si ça ne marche pas, au pire, il se passe quoi? Je me trouverai un petit bateau miteux et j’irai à la pêche? Bon. Alors ça va. » Et le plus incroyable dans tout ça, c’est que ça marche plutôt mieux. Aussi curieux que ça puisse paraître : mes projets sont globalement plus profitables aujourd’hui qu’il y a cinq ans.

Bon, vous allez me dire que j’aurais aussi pu partir deux semaines en camping pour me rendre compte de tout ça, que c’était pas la peine de faire tout ce cirque. Alors oui, c’est vrai : avec du recul, on peut toujours se dire qu’on aurait pu mieux faire, plus vite, plus simple, plus direct et se faire moins de bobos. Mais je ne suis pas très sûre d’y croire. J’ai plutôt l’impression que chaque mini chose compte et que tout est à la bonne place. Tout le temps. Même lorsque ça nous casse les bonbons.

Alors n’oubliez pas ça, vous non plus, si vous traversez une période de changement, de transition, de flou, d’inconfort. C’est vrai, peut-être que vous n’obtiendrez pas ce que vous espériez. Et peut-être d’ailleurs que c’est une sacré chance que vous ne l’obteniez pas. Si ça se trouve vous aussi, vous avez besoin d’arriver devant un mur ou de faire le constat d’une impasse pour décider de changer de point de vue. Et oui, il se peut qu’il s’écoule un petit moment avant que vous ne puissiez voir les beaux fruits nés de cette période où ça gratte de partout. Mais n’oubliez pas que ça va arriver. Ce jour-là, vous serez éblouie de découvrir tout ce que vous avez acquis sans même vous en rendre compte. Que vous êtes déjà en train d’acquérir. Là, en ce moment. Exactement maintenant.

Alors ne lâchez pas la barre, hein. C’est vraiment pas le moment!

Transat-009

Transat-008
Transat-002

Transat-006

Transat-003d
Transat-007
Transat-003g
Transat-005

Transat-004

Transat-001

 

a-samedi
On a rendez-vous, vous et moi ! Samedi !

Oui, en vrai. Samedi, j’ai le plaisir d’animer deux ateliers DIY pour vous apprendre à fabriquer ces jolies petites boules en papier, à l’occasion du Pop Up Store d’Etsy au BHV Marais.

Je suis très, très heureuse de faire partie de cette petite aventure : Etsy, c’est une plateforme que j’ai découverte à ses tous débuts et que je suis avec passion depuis. J’aime les valeurs portées par Etsy et leur manière d’embellir le monde, de donner leur chance à des créateurs confidentiels et les accompagner dans leur développement.

Et puis, j’aime toutes les personnes qui composent l’équipe française : un groupe de femmes créatives et inspirantes qui contribuent vraiment à rendre la vie plus jolie.

Rien ne me ferait plus plaisir que d’avoir l’occasion de vous rencontrer à l’occasion de ces petits ateliers créatifs et de partager un moment ensemble. Et ça me donnera l’occasion de vous présenter mes deux livres de DIY sur le papier, « Premières leçons » et « Autour du papier » écrits l’année dernière et dont je n’ai pas encore vraiment parlé, qui ont été imaginés pour vous montrer comme c’est facile et merveilleux, le papier… Comme on peut tout faire avec une feuille de papier.

Le premier « Papier : premières leçons » s’adresse à toutes celles qui débutent totalement et croient – à tort – qu’elle y arriveront jamais. Le deuxième « Autour du Papier », propose des projets de niveau variable, du plus simple au plus complexe, pour progresser à son rythme.

IMG_5438

Mais revenons aux ateliers de samedi ! Ca se passe samedi 30 avril, dans l’après Midi au BHV Marais (rendez-vous au Pop Up Store Etsy) et il y a deux sessions : l’une de 15h à 16h et l’autre de 16h à 17h.

Je suis très heureuse à l’idée de vous rencontrer en vrai et passer un moment avec vous, alors n’hésitez pas à me dire dans les commentaires si vous avez l’intention de venir !!!

À samedi!

 

,

Pfiou ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que les dernières semaines n’ont pas démérité en intensité. Vous avez été 550 à participer au challenge photo que je vous proposais ! 550 à apprendre, échanger, vous épauler pour prendre des photos qui vous ressemblent et à les partager ! Ce que je n’avais pas prévu, c’est que cette aventure serait un vrai challenge pour MOI AUSSI ! D’un autre point de vue peut-être, mais un challenge tout de même.

La première chose, c’était de partager un vrai moment avec vous.
La deuxième était de vous permettre de faire l’expérience de quelque chose d’important à mes yeux : ça peut être simple, amusant et rapide d’apprendre les techniques qui donnent des photos qui vous plaisent vraiment.
La troisième : me montrer à moi-même que l’atelier que je prépare depuis des mois fonctionne. Crash-test réussi ! Et je suis plus heureuse que jamais à l’idée d’accompagner plusieurs dizaines d’entre vous qui ont déjà décidé de continuer l’expérience et de s’inscrire à l’atelier qui commence la semaine prochaine et auquel vous pouvez vous inscrire jusqu’à dimanche !

Vous pouvez donc accéder à l’atelier que j’ai préparé pour vous : apprendre à faire des photos qui reflètent vraiment ce que vous voyez et à les partager pour faire de votre compte Instagram un espace à votre image.

J’ai vraiment hâte ! Mais aujourd’hui, j’ai envie de dresser avec vous le bilan de tout ce que ces quelques jours m’ont appris, à moi. J’aime beaucoup lire ces retours d’expérience quand les autres les publient, alors je me dis que cela vous apportera peut-être à vous aussi, quelques billes pour avancer dans vos projets.

– 1 –
On ne peut pas vraiment savoir tant qu’on n’a pas essayé

Il n’y a qu’un remède : se lancer

Quelques jours avant le challenge, j’ai soudain réalisé que ce serait la première fois que j’allais mettre en pratique ce sur quoi je travaille depuis des mois. Pour de vrai. Devant un parterre de participants enthousiastes et qui comptaient sur moi. Ce moment où une simple idée devient concrète est toujours un grand saut dans le vide. Gros gros pic de joie-stress-peur-euphorie, tout ça mélangé. Montagnes russes dans l’estomac et dans le coeur.

Je vous laisse donc imaginer le plaisir que c’était, lorsqu’après quelques jours de challenge, je constatais déjà les progrès de chacun. Et aussi que l’ambiance, dans le groupe privé, était telle que je l’avais imaginée : entraide, bienveillance, partage. Tout ce qui est important pour moi était là.

Plus que jamais, cela me prouve que vous, derrière votre écran, vous êtes une personne super. Que ça vaut mille fois la peine que je vous encourage à aller plus loin, parce que vous avez des trésors en vous et que j’adore l’idée de vous aider à les faire surgir.

La semaine de challenge m’a permis de valider quelque chose d’essentiel : je crois en ce que je fais. Et je le crois aujourd’hui plus que jamais.

– 2 –
Quand tu as peur d’échouer, 

c’est souvent que tu as très très peur de réussir aussi

En voyant le nombre de participations augmenter si vite, j’aurais dû sauter de joie. En vrai : ça m’a fait flipper. Lorsque le nombre des inscrits a atteint 100 personnes, j’ai dû résister de toutes mes forces à l’envie de clore les inscriptions (je me suis imaginé plein d’excuses et de bonnes raisons pour le justifier). Parce que ce dont j’ai rêvé pendant longtemps était en train de se produire. En mieux. Et que je n’y étais pas préparée. Eblouie par tant de soleil, j’ai lâché la barre.

Dans ma tête c’était “trop”. Trop bien. Trop prometteur. Trop encourageant. Et alors je me suis rendu compte à ce moment-là que c’était souvent difficile aussi, d’accueillir les bonnes choses. Pour moi, en tout cas. Peut-être parce qu’en cas d’échec vous auriez été encore plus nombreuses à en être témoin? Je ne sais pas.

Ce que je sais en revanche, c’est que cette sensation je l’ai déjà vécue souvent, sans jamais la comprendre vraiment. La différence, c’est que cette fois je ne l’ai pas subie : je me suis regardée partir en vrille… et j’ai cloué le bec à cette petite partie de moi qui adore saboter tout ce que je fais. Je ne me suis pas laissée démonter, et j’ai maintenu mon cap.

Et ce qui est fou, c’est que, passé ce moment de panique, tout a été vraiment plus simple. Et j’ai pu célébrer pleinement ce moment, au dernier jour des inscriptions, où vous étiez cinq fois plus nombreuses que dans mes estimations les plus hautes (estimations basées sur rien, d’ailleurs).

Celles qui ne possèdent pas le gène de l’auto-sabotage auront probablement du mal à comprendre ce que je viens d’expliquer. Pour toutes les autres : ne vous laissez pas faire par ce petit con. Ca vaut vraiment, vraiment la peine de lui pincer les oreilles.

– 3 –
Si tu as un doute
ESSAIE ! 



Il y a une autre chose qui me faisait un peu peur : le groupe privé. Je vais même vous dire, je n’étais pas totalement convaincue de son utilité. Si je ne me définis pas comme une personne particulièrement timide, l’idée d’être le “professeur” d’une classe de 550 personnes avait tout de même quelque chose d’un peu intimidant.

Mais c’était sans compter la gentillesse de tous les participants. Et surtout, j’ai compris à quel point cela faisait une différence, d’être vraiment présente. De pouvoir échanger en direct avec chacun, répondre aux questions, donner un avis, un conseil. Finalement, c’était comme le trac avant d’entrer en scène, rien de plus.

Et cela m’a beaucoup aidée à faire évoluer ma perception de l’atelier que je vous présenterai la semaine prochaine : au départ, j’imaginais plutôt celui-ci comme un livre. Quelque chose que vous pourriez acheter pour faire vos progrès tranquillement de votre côté. Aujourd’hui, je perçois à quel point les échanges dans le groupe apportent une autre dimension et combien il ont été source de progrès. L’expérimenter pendant une semaine m’a vraiment aidée à le comprendre.

Et comme mon objectif est moins d’écrire un livre qui m’amuse que de proposer une formation qui FONCTIONNE, je suis contente d’être revenue sur mon impression première : le groupe privé, ça déboîte.

– 4 –
Et s’il existait finalement
Un vrai BON stress?

Il y a une chose qui me cassait les pieds depuis des mois : question mise en page je n’y connais rien. In Desing m’a toujours paru un logiciel obscur et je rechignais réellement à m’y mettre.

Conséquence de tout ça : à quelques jours du challenge, je n’avais AUCUNE solution convenable pour la mise en page des supports à télécharger quotidiennement, que je voulais clairs, pédagogiques, mais aussi agréables à consulter et jolis. L’urgence aidant, j’ai fini par arrêter de me poser des questions et m’y plonger tête baissée.

À la fin du challenge – après des heures à hurler dans le salon parce que ça ne marchait pas comme je voulais et des heures de sommeil en moins – j’avais compris les bases du logiciel. Et même s’il me reste beaucoup de choses à apprendre, j’ai pu livrer un contenu de bonne qualité, tous les jours. Ce qui était déjà un sacré objectif. Et pour moi, une formation accélérée en conditions réelles.

Morale de l’histoire : un petit coup de stress est bien souvent… un vrai gros coup de pouce pour vous aider à franchir une étape. Comprendre les arcanes d’In Design est un truc que je repoussais depuis des années. Voilà, c’est chose faite ! Et comme vous l’imaginez certainement : c’était beaucoup moins dur que je ne l’avais cru. Classique.

Je remarque aussi que l’on apprend parfois très bien dans l’urgence, comme si on se mettait exactement dans les bonnes conditions. Cette semaine m’a vraiment permis d’expérimenter que le stress pouvait également être un super moteur… ce qui m’aide à l’aimer un peu mieux :)

– 5 –
Trouver le bon rythme
Accepter qu’il ne soit pas linéaire

Le dernier point que je voudrais aborder dans cette liste de choses apprises durant cette semaine un peu folle, est lié au rythme. Vous m’avez souvent entendu me plaindre ici, sur ce blog, de mon effroyable lenteur à accomplir toute chose. La semaine du challenge m’a prouvé que j’étais capable d’être à 100% concentrée sur ce que j’ai à faire, sans gaspiller de temps, sans me perdre dans une overdose de tergiversations et en prenant des décisions rapidement.

Mais alors que je découvrais que j’étais parfaitement capable de travailler comme je souhaiterais le faire tous les jours (c’est-à-dire être une machine de guerre), j’ai découvert aussi que ce ne pouvait pas être un rythme de croisière. En aucun cas. Et que, même si j’adorais cette immersion totale, elle ne pouvait être que temporaire ; qu’il me faudrait des plages de moments plus calmes pour prendre le temps de mettre les choses à plat, réfléchir et me poser toutes ces questions que je juge habituellement comme une perte de temps et qui, probablement sont précisément ce qui m’a permis, quand c’était nécessaire, d’avancer vite et bien.

C’était une leçon très importante, pour moi qui ai tendance à accueillir la moindre de mes défaillances comme une faute grave. Et, depuis quelques jours, je constate que je me mets un peu moins de pression… ce qui ne me rend pas moins productive, je dirais même : au contraire.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, tant cette semaine a été riche d’enseignements, mais ce sera tout pour aujourd’hui : je suis sûre que j’aurai l’occasion de vous reparler de tout cela, avec encore un peu plus de recul et, donc un regard différent.

Mais aujourd’hui, je vous donne rendez-vous dès aujourd’hui pour la naissance officielle de l’atelier Instagratitude : le moment de faire de vote compte Instagram le reflet de ce que vous voyez est arrivé !

,

Ce week-end, nous avons profité de la grande marée pour faire une escapade dans la maison de mon enfance, David, mes amies Elo et Mathilde et moi. Ce qui me reste de ce week-end tient en peu de mots : c’était parfait.

Pourtant, nous n’avons pour ainsi dire rien fait : une petite heure de pêche aux coques, un très joli moment passé à contempler la mer à marée montante, quand elle envahit les prés salés et la route submersible… et c’est à peu près tout. Le reste du temps, nous l’avons passé à dormir, manger de bonnes choses du matin au soir (littéralement), papoter en attisant paresseusement le feu qui d’ailleurs ne cessait de s’éteindre, bouquiner ou pianoter distraitement.

Ce week-end, c’était comme un morceau de piano sans fausse note, joué au bon tempo et avec ces nuances qui font qu’une bête suite de notes se transforme en un moment suspendu dans lequel se dessine quelque chose de plus grand, qui nous échappe un peu.

Ces trois jours m’ont fait l’effet d’une longue semaine de vacances : comme si le temps s’y était arrêté un peu, lui aussi, pour souffler un peu.

En ce moment, j’y réfléchis beaucoup, au temps. Sans doute parce que ces derniers mois ont été particulièrement denses, je m’interroge énormément sur la manière dont je l’emploie. Chaque jour, j’accorde une place très importante au “faire” : j’ai des objectifs, un emploi du temps souvent très serré et des tonnes de rêves que je découpe en petits morceaux pour en faire des projets réalistes et concrets. Je passe mon temps à ajuster et rechercher l’équilibre idéal comme un petit cuisiner à la recherche de SA recette. Celle dans laquelle il se reconnaîtra totalement et avec laquelle il pourra faire partager ce qu’il a de meilleur. J’aime cette vie trépidante. Elle me convient totalement, même si j’ai conscience que je tire toujours un peu trop sur la corde et que sans doute, ce n’est pas toujours de cela dont j’aurai envie.

Pourtant, ce week-end, j’ai renoué contact avec quelque chose dont je m’étais un peu éloignée ces temps-ci : c’est bien, aussi, de mettre un peu de côté le “faire” pour se laisser de la place pour “être”.

Simplement être.

En l’écrivant, je peux sentir à quel point c’est exactement de cela dont parle Eckhart Tolle, dans son célébrissime “Pouvoir de l’instant présent” : ÊTRE. Et que oui, vivre pleinement le moment présent, c’est sans doute ça – simplement ça – qui définit finalement un moment parfait.

Je vous laisse avec quelques photos de la marée montante dans les Salines. Nous avons un peu traîné des pieds pour y aller et si ma tante ne nous avait pas un peu bousculées, nous serions sans doute passées à côté de ce moment dingue. J’ai vu ce spectacle des dizaines de fois, mais jamais dans ces conditions. C’était magnifique.

Et drôle, aussi : certains d’entre vous ont certainement vu cette photo d’Eleonore sur son compte Instagram, où on me voit les pieds dans l’eau en jupette, mes ballerines à la main. Je me souviens à un moment avoir pensé : « tu préfères sauver tes ballerines où finir de prendre tes photos? » Et… c’était déjà trop tard pour prendre une décision :) C’est bon parfois, d’être un peu ridicule : ça nous rappelle combien il est agréable de s’autoriser à prendre la vie avec légèreté.

grande-maree-002
grande-maree-003

grande-maree-004