La semaine dernière, je vous montrais à quoi ressemblerait mon compte Instagram si je ne retouchais pas mes photos (et pourquoi le fait de retoucher ses photos, ce n’est pas nécessairement tricher). Aujourd’hui, je vous propose d’aborder un autre versant de cette question : celle de… l’intimité.

Vous est-il arrivé, vous aussi, d’avoir ce sentiment à travers les réseaux sociaux, que les autres – ceux dont vous suivez l’activité en ligne – partagent une version complètement idéalisée de leur quotidien ? Ou bien de penser que c’était vraiment une arnaque tous ces comptes qui font “la promotion de leur vie parfaite” ? Voire : que c’était dangereux. C’est d’ailleurs le message largement diffusé par la presse.

Du coup, j’aimerais vous expliquer pourquoi je ne publierai jamais a priori une photo de mon appartement un jour de loose, le vendredi soir par exemple, quand tout le désordre de la semaine s’est accumulé ici et là et que l’étendoir trône en plein milieu de la pièce, et vous donner une bonne raison supplémentaire de retoucher vos photos ;-)

Mais surtout : pourquoi je ne fais pas tout ça pour vous en mettre plein la vue.

Mais avant de vous parler de ça, j’ai une question pour vous : que faites-vous lorsque vous avez des amis qui viennent dîner à la maison ? Ou que vous recevez de parfaits étrangers à votre domicile ? Vous faites probablement comme moi : le ménage. Vous rangez. Vous concoctez peut-être un bon repas ou un gâteau. Vous vous habillez un peu.

N’est-ce pas ?

Et quand vos invités passent le pas de la porte, sans doute ne vous comportez-vous pas non plus exactement comme vous le feriez en famille. Vous vous tenez peut-être un peu plus droite. Vous parlez sur un ton légèrement différent. Vous ne vous asseyez peut-être pas par terre comme vous avez pourtant coutume de le faire. Vous ne rotez pas. Pas plus que vous ne vous autorisez à évacuer ces satanés gaz qui font pression sur vos sphincters. En deux mots : vous agissez davantage comme vous le feriez à l’extérieur de chez vous. En terrain étranger.

Et pourquoi faites-vous cela, y avez-vous déjà réfléchi ? Pour paraître et donner une vision idéalisée de votre vie ? Pour en mettre plein la vue à vos copains ? Pour vous faire mousser et que l’on vous envie ?

À mon avis, rien de tout ça.

D’abord, vous le faites certainement par gentillesse : pour que chacun passe le meilleur moment possible sous votre toit. Il arrive même sans doute que vous fassiez pour eux bien des choses que vous ne vous offrez pas à vous-même comme allumer quelques bougies, sortir la belle vaisselle ou mettre de la musique… C’est la première chose. Mais vous agissez probablement aussi pour une autre raison.

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Ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi ressemblerait le compte Instagram d’une personne que vous suivez… si ses photos n’étaient pas du tout retouchées ? Qu’elles étaient publiées telles quelles, sans aucun filtre ni retouche ? À travers ce billet, j’ai envie de vous en donner une idée, et pour cela, je vais vous montrer le mien.

Il y a plein, mais PLEIN de choses que je pourrais détailler à propos de ces photos, en prenant chacune d’elles l’une après l’autre pour vous expliquer le pourquoi du comment de chaque retouche. Cependant, comme je n’ai pas envie de vous perdre en cours de route, je vais m’attarder aujourd’hui sur l’une d’entre elles, celle qui me paraît la plus importante.

Mais d’abord, voyons à quoi ça ressemblerait, mon compte Instagram, si je me contentais de publier telles quelles les photos que je prenais.

Ca, c’est mon compte Instagram tel que vous le connaissez

 Et ça, ce serait mon compte si je ne retouchais pas mes photos


Il y a une chose que je lis régulièrement, à propos de la photo et en particulier des photos sur Instagram : « Oui, mais c’est retouché. Donc c’est tricher ». En témoigne l’absurde tag #nofilter qui sous entend que la photo est « authentique », par opposition à toutes les autres images, diaboliquement trafiquées.

Aussi, j’aimerais tenter de vous montrer pourquoi ce raisonnement n’a pas vraiment de sens. Car la photo, quoi qu’on fasse, c’est TOUJOURS de la triche : le simple fait de choisir l’heure à laquelle on prend une photo, la direction de la lumière par rapport à son sujet ou le point de vue depuis lequel on se place peut changer diamétralement l’effet que peut produire une scène donnée (il faudra que je vous montre un jour l’effet de la lumière sur les rides et vous verrez que le premier Botox, en photo, n’est pas le maquillage)(ou que je vous explique comment la manière dont on place l’objectif face à son sujet peut lui permettre de perdre ou gagner un bon nombre de tailles, bien plus sûrement qu’un coup de Photoshop).

Enfin bref. Sacré différence, n’est-ce pas ?! Alors regardons ça de plus près. Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit en premier ?

Une histoire de luminosité

Oui, évidemment. La lumière. Je suis sûre que vous vous dites : oh là là, c’est vraiment plus sombre. Ce qui est vrai. Pour autant, est-ce que ces photos, plus sombres, se rapprochent davantage de la « réalité »? Eh bien en fait, pas spécialement. Si par “réalité” vous entendez “ce que je voyais à ce moment-là”, ce qui reste de toute façon très subjectif, je suis au regret de vous dire que les photos non retouchées n’en sont pas plus proches.

Et je vais vous montrer pourquoi.

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Qu’est-ce qui vous nourrit, vous, en ce moment?

Ce blog reprend doucement du service, mais comme tout ce que je prépare pour les semaines qui viennent est encore en chantier ET que j’avais tout de même très très envie de faire un tour ici, je vous propose qu’on se raconte un peu, aujourd’hui, ce qui nous nourrit, en ce moment.

Voici donc les dernières choses que j’ai aimé lire / voir / entendre etc… je vous invite bien entendu à partager les vôtres dans les commentaires :)

« The art of being Yourself »
La conférence de Caroline Mc Hugh

Je vous en parle en premier, comme ça, si vous n’avez pas le temps de tout lire, vous aurez vu le plus important : cette conférence de Caroline Mc Hugh intitulée “The art of being yourself” qui ne cesse, depuis que je l’ai écoutée, de me trotter dans la tête.
Voici ce que dit Caroline Mc Hugh : « We come complete. We come complete with one true note we were destined to sing » (que je traduirais par « Nous venons au monde complets. Pleins et entiers, faits de cette note fondamentale unique, que nous sommes destinés à chanter). Selon elle, notre travail en ce monde consiste à trouver et comprendre cette « note » et la mettre au service de ce que nous désirons accomplir. Comme elle, je pense que la société est une combinaison d’individus et que c’est en permettant à chacun d’exprimer sa « note » unique que l’on se donne une vraie chance d’aller de l’avant. Voilà longtemps qu’un discours ne m’avait remuée à ce point. Aussi, si vous avez vingt minutes devant vous, je vous encourage vraiment, vraiment, vraiment à prendre le temps de la visionner.

Les livres d’Elizabeth Von Arnim

J’ai découvert les livres d’Elizabeth von Arnim totalement par hasard, simplement intriguée par une photo de @undimanchealacampagne (le compte de Sylvi qui a suivi mon atelier photo et fait des pas de géants <3) et grâce à cette photo, il semblerait que je sois partie pour lire tout ce que cet auteur, une dame très comme il faut, a pu écrire. D’abord parce qu’elle a un don certain pour le récit contemplatif et que lire ses livres ressemblent à s’y méprendre à une ballade en pleine nature, ce à quoi je ne peux qu’être sensible, mais aussi parce qu’elle me fait un peu penser à Jane Austen dans ce que je préfère chez la vénérable anglaise, c’est-à-dire l’humour, l’ironie voire le sarcasme, le féminisme voilé. Je sais que le style d’Elizabeth Von Arnim est aussi capable d’exaspérer par le peu d’action (quand ce n’est pas tout simplement l’absence d’histoire) et l’extrême lenteur dans laquelle chaque chose de déroule, mais en ce qui me concerne, c’est une découverte délicieuse et je me réjouis à l’avance pour tout ce que je n’ai pas encore lu. Pour le moment, j’ai pris un grand plaisir à lire Elizabeth et son jardin anglais, ainsi que Les Aventures d’Elizabeth à Rügen.

Anne et la maison aux pignons verts
Lucy Maud Montgomery

Comme vous peut-être, je fais partie de ces petites filles qui ont grandi en rêvant des aventures de la ravissante orpheline rousse de l’île du Prince Edouard, régulièrement diffusées à la télévision lorsque j’étais enfant, mais jamais je n’avais songé à lire les livres. Quelle erreur ! S’il s’agit bien entendu de livres pour enfants, il y a une fraîcheur et une justesse dans la plume de Lucy Maud Montgomery tout à fait charmantes. Quel plaisir de lire les longs monologues de la petite Anne, désireuse d’embrasser la vie, pleine de questions existentielles et d’idées aussi divines que déroutantes… un peu comme on s’amuse des reparties inattendues des enfants les plus malins et les plus éveillés, quant ils nous donnent le sentiment que ce sont eux, finalement, qui ont tout compris de la vie. La petite Anne de ce roman ressemble terriblement à ces enfants et le premier tome de ses aventures, Anne et la maison aux pignons verts (Anne of Green Gables), fut un moment réjouissant.

Martha Argerich, l’enfant et les sortilèges
Olivier Bellamy

Peut-être ne savez-vous pas qui est Martha Argerich. Elle compte parmi les pianistes les plus célèbres et les plus vénérées de sa génération… mais si vous ne vous intéressez pas à la musique classique, il est possible que vous n’ayez même jamais entendu parler d’elle. Aussi je ne vous en parle pas dans le but de vous inciter à tout prix à écouter de la musique classique même si ce serait un effet secondaire formidable, mais parce que cette biographie ne vaut pas que pour les amoureux du piano : la vie de Martha Argerich, pianiste de génie tourmentée et fantasque a vraiment de quoi séduire quiconque aime à plonger dans le récit des vies exceptionnelles. Et la plume d’Olivier Bellamy que je qualifierais volontiers d’amoureuse – amoureuse du prodige, de l’intelligence et surtout de la musique – sert à merveille ce tumultueux portrait. Si, comme moi, vous avez plaisir à explorer les parcours d’esprits brillants et hors normes, vous ne serez pas déçue par cette la lecture de Martha Argerich, l’enfant et les sortilèges.

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Hey dis donc ! Merci pour le super accueil que vous avez réservé au dernier billet, celui dont la mission était de libérer le petit génie qui se trouve au fond de votre poche (je parle de votre téléphone portable) ! J’ai décidé de vous proposer une série de billets plus concrètement orientés “photo”, dans les jours qui viennent, pour vous aider à avancer dans votre pratique de la photo, à l’aide de votre petit génie.

D’ailleurs, si vous savez déjà que vous avez envie d’aller plus loin, c’est le moment où jamais : les inscriptions pour l’atelier InstaGratitude – un workshop photo en ligne de six semaines pour apprendre à faire des photos qui racontent vraiment ce que vous avez envie de partager – ferment demain (le lundi 23 janvier à minuit).

Aujourd’hui, on va parler retouche. Si vous vous êtes du genre à vous demander, en regardant votre compte Instagram préféré : “Mais bon sang de bois, QUEL FILTRE elle utilise !?!” vous allez enfin avoir une réponse.

En vrai, il y a trois chances sur quatre pour que la personne à laquelle vous pensez n’ait pas utilisé de filtre. Et si vous vous posez cette question : neuf chances sur dix que vous, vous n’ayez jamais vraiment pris le temps d’éditer une photo :)

Retoucher, éditer… il y a une différence ? J’imagine que les puristes verront de multiples subtilités. Pour ma part, je pense “retouche” lorsque l’image est extrêmement retravaillée et modifiée (les photos de @mattcrump, pour moi, sont retouchées car elles s’éloignent énormément de la réalité et me font davantage penser à des tableaux que de la photo) . Et je pense plutôt “édition”, lorsqu’il s’agit davantage de corriger les petits défauts de la photo, et/ou de lui donner un petit twist personnel. Un peu comme un filtre, si vous voulez… mais un filtre que vous auriez créé vous-même.

Pour vous donner un exemple concret, nous allons regarder les différentes étapes par lesquelles j’ai fait passer cette photo avant de la publier sur mon compte Instagram. Depuis la photo brute, en passant par l’édition, et une petite retouche finale.

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