Quelque chose à vous dire…

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Lorsque j’ai commencé à écrire Cachemire & Soie, il y a près de dix ans aujourd’hui, jamais je n’aurais pu soupçonner la place que ce blog occuperait dans ma vie. Pendant dix ans, il a été mon carnet de bord et au fil du temps, j’y ai développé différents sujets qui correspondaient à ce qui attirait ma curiosité à ce moment-là de ma vie. J’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas cantonner cet espace à une thématique ou à une autre.

Aujourd’hui, les choses sont différentes. Je suis certaine, d’ailleurs, que vous l’avez déjà remarqué.

Voilà des mois que je réfléchis à ce à quoi je désire prendre part dans la vie, et comment le faire ici, sur ce blog. Des mois que j’en parle autour de moi. Que je peaufine. Mais en lisant vos réactions, il y a quelques semaines, suite à ce billet, “Avec des si seulement…”, je me suis aperçue que tout était déjà en marche.

Cachemire & Soie a déjà pris sa nouvelle direction. J’ai pris une nouvelle direction. Si naturellement, en fait, que je ne m’en étais même pas rendue compte.

Mais aujourd’hui, avec cette nouvelle maquette (qui va évoluer au fil des jours, il reste encore une multitude de petites choses à faire), j’ai envie de marquer le coup : à compter d’aujourd’hui, Cachemire & Soie devient officiellement un espace dédié au bonheur. Plus précisément : un outil de création de son propre bonheur, sous toutes ses formes, et ouvert à tous ceux qui voudront y prendre part.

Je suis par exemple en train de travailler sur accompagnement vers plus de bonheur et de créativité dans votre quotidien.

Je pourrai vous présenter ce programme très bientôt, mais avant cela : j’ai besoin de votre aide (ça se saurait, n’est-ce pas, si on pouvait se créer comme ça du bonheur tout seul dans son coin). J’ai mille idées en tête et des questions à vous poser : êtes-vous partant ? D’ici le 20 décembre, entrez votre prénom et votre mail ci-dessous et cliquez sur : “Raconte-moi ce qui se trame!” De cette manière, je pourrai vous inviter dans les coulisses de ce projet et vous expliquer tout ça en privé, peut-être même dès la semaine prochaine. J’ai vraiment hâte de vous y retrouver. Merci !

Oui, je veux participer !




Mais peut-être avez-vous envie que je vous en raconte un peu plus en détail, la raison pour laquelle je veux faire de Cachemire & Soie cet espace dédié au bonheur?

Ces douze derniers mois, j’ai appris – vraiment appris – combien la vie était fragile. À quel point il était urgent de ne pas remettre à demain et combien il est vital de faire maintenant ce qui nous fait vibrer. Maintenant. Car c’est toujours maintenant ou jamais, finalement.

Et ce qui me fait vibrer, moi – ce qui m’a toujours vraiment fait vibrer depuis que j’écris l’histoire de Cachemire & Soie – c’est ce moment suspendu pendant lequel quelque chose passe, entre nous. Quand, par la magie de l’écriture ou bien de la photographie, ce qui résonne en moi se met à résonner en vous. C’est à ce moment-là que je me sens à ma place.

Ces dernières années, j’ai aussi appris qu’il existe cet espace de joie, de paix, de sérénité et d’écoute en nous qui, lorsqu’on le découvre enfin, modifie chaque parcelle de notre être. Qu’il ne dépend pas de contraintes extérieures. Et… que l’on ne sait pas toujours comment y accéder (souvent, on ne sait même pas qu’il existe).

Alors lorsque je me pose cette question : “Et toi, Anne-Solange, tu veux être au service de quoi dans ta vie ? Quelle cause, quelle idée es-tu prête à défendre corps et âme? À quoi ça peut servir, la vie de Anne-Solange Tardy?”. La réponse est limpide : je veux être au service du Bonheur. De ce genre de bonheur qui, en nous menant à nous-même, nous conduit inexorablement vers les autres, nous aide à embrasser le monde.

Lorsque je regarde mon parcours jusqu’à aujourd’hui, il me semble que tout a toujours convergé pour me mener ici, à ce moment précis où je vous écris avec cette sorte de peur bien spéciale, vous savez? La peur de quand on est assis dans l’avion vers un pays encore inconnu où on s’apprête à poser ses valises, ou de quand on avance vers l’autel pour dire Oui à la personne qu’on aime. La peur exacte de quand on prend la mer.

Ce matin, j’ai peur comme le jour où j’ai envoyé à mon éditrice le manuscrit de mon premier roman, il y a huit ou neuf ans. Comme quand j’ai décroché mon téléphone pour reprendre des cours de piano. Comme quand, avec Elo, nous avons signé les papiers pour créer Un Beau Jour SARL, il y a quatre ans. J’ai peur comme on a peur, à chaque fois que l’on prend une décision importante, qui va nous secouer on le sait déjà, nous emmener là où ce n’est ni confortable, ni évident, ni gagné d’avance… mais avec cette conviction, qui vient d’on ne sait où, que c’est la voie à emprunter, qu’il n’y en a pour ainsi dire pas d’autre. Alors voilà. On y est.

On se retrouve très vite en back stage ? Je vous invite à entrer votre prénom et votre mail ci-dessous, avant le 20 décembre, puis cliquer sur : “Raconte-moi ce qui se trame! ». Je pourrai ainsi vous donner rendez-vous dans les coulisses de ce projet et vous expliquer tout ça en privé, au plus tôt dès la semaine prochaine, au plus tard juste après les fêtes. Merci, merci, merci !

Oui, je veux participer !




Ne soyons pas leur arme

Eiffel-T

Bonjour à tous, amis de ce blog. Amis de la douceur, de la tendresse et de la joie. Amis de la liberté d’être. Ce matin, nos coeurs pèsent très lourd, n’est-ce pas, dans nos poitrines. Mes pensées sont tournées vers ceux qui ont perdu la vie, vendredi. Ceux qui pleurent un être aimé. Mais je pense à nous, aussi. À nous tous, qui nous sentons ce matin si durement éprouvés.

Je pense à nous, parce que les événements de vendredi font de nous des soldats, que nous le voulions ou non. NOUS sommes les sentinelles de la paix. Cette guerre contre le terrorisme, nous sommes seuls à pouvoir la gagner. Chacun d’entre nous, habitants de France et de tous les pays menacés.

Si spectaculaire, si violente soit-elle, la vraie menace ne vient pas des fusils. La vraie menace est celle que nous portons en nous.

Vous la sentez probablement, vous aussi, cette tension, au fond du coeur ; cette tentation de céder à la colère, à la peur, à l’envie d’exclure, de juger, de rejeter. C’est exactement cela qui est mis à l’épreuve. Et si nous échouons, nous perdons. C’est, hélas, aussi simple que cela.

Ne nous trompons pas : ces gens le savent bien, que leur victoire ne s’est pas mesurée, vendredi, au nombre des victimes. Non, la véritable bataille, c’est maintenant qu’elle a lieu. Dans ce qui se joue en nos coeurs. Dans notre capacité à ne pas laisser les flammes de la colère, de la peur, du rejet, de l’angoisse et de la haine prendre le pas sur ce qui existe de bon, en nous.

Nous n’avons désormais AUCUN autre choix que celui de la Fraternité. Aucun autre choix que celui de l’Amour. Aucun autre choix que celui de rejeter de toutes nos forces le cynisme qui nous fait si souvent penser que l’Amour, la Joie, la Fraternité sont les mots de la naïveté. Quelle que soit la communauté à laquelle nous appartenons, c’est désormais notre devoir le plus absolu de préserver notre unité.

Chaque fois que nous cédons à la peur, à l’angoisse, à la colère ou à la haine, nous devenons LEUR arme. C’est exactement ce qu’ils attendent de nous.

Ne devenons jamais leur arme.

Prenez soin de vous, de vos proches, de vos voisins, de ceux que vous aimez et aussi de ceux que vous aimez moins. Prenez soin de tout ce qui existe de lumineux, en vous. C’est ici que se trouve la victoire.

Avec des « si seulement… »

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Qu’est-ce qui vous manque, à vous, dans votre vie ? Quand était-ce, la dernière fois que vous avez commencé une phrase par « si seulement… »? Peut-être que ce qui vous manque en ce moment, c’est l’argent nécessaire pour avancer dans vos projets. Peut-être que ce qui vous manque, c’est du temps pour accomplir ce que vous voudriez. Ou encore une famille aimante, un compagnon de route, la venue tant espérée d’un enfant, un travail plus épanouissant… on a tous quelque chose qui nous fait parfois dire qu’on serait plus heureux, si seulement.

Ce qui me manque à moi en ce moment? Je peux vous le dire, après tout pourquoi en faire un tabou : un enfant (et aussi dix ans de moins, une maison au bord de l’eau, des cuisses fermes, un retentissant succès professionnel qui me rende riche une bonne fois pour toutes… ceci afin de pouvoir m’offrir une éternelle jeunesse, la maison au bord de l’eau, les cuisses de Kyla Itsines etc…). Il se peut que le mois prochain, je fasse pipi sur un petit bâton qui imprimera enfin les deux traits tant attendus. Il se peut aussi que ne cela ne se produise ni demain, ni jamais.

Quel que soit le vôtre à vous, de manque, je suppose que la société ne se prive pas de vous rappeler combien c’est essentiel et à quel point vous avez raison de souffrir. Voire : à quel point vous devriez en souffrir encore davantage. Cette manière, par exemple, de louer votre courage ou de saluer votre optimisme à toute épreuve quand vous prenez les choses avec philosophie… même les encouragements sont parfois une manière de vous rappeler qu’aux yeux de tous, un grand malheur vous frappe. Cultiver le manque est l’une des clefs de voûte de la société de consommation, mais à bien y réfléchir, c’est aussi l’un des piliers de la société tout court. On n’aime pas vous savoir trop bien dans vos baskets.

Que vous manquiez d’argent, d’une santé parfaite, d’un enfant, de beauté, de jeunesse et même d’une bonne santé… le monde n’attend qu’une occasion pour vous prendre en pitié, vous aider à considérer en quoi votre vie n’est pas totalement réussie. Parfois, il attend même de vous une amertume de bon aloi. On aimerait clairement vous voir raser les murs quand vous n’êtes ni assez riche, ni assez beau, ni assez conforme au modèle établi. J’ai souvent remarqué que la bienséance, si j’ose dire, voudrait que je sois dévastée, obsédée par cette maternité en creux. Asphyxiée, littéralement, par le Manque. Avec bien sûr une place de choix pour sa meilleure amie, la Culpabilité.

Parce que j’ai le sourire, on aurait même tendance à me soupçonner de « ne pas le vouloir assez » cet enfant, ou « de ne pas le vouloir vraiment » . Bref, il y a clairement de ma part une absence de détresse tout à fait suspecte. À ce stade de la lecture, vous vous attendez d’ailleurs peut-être à des aveux de type : « Oui, je suis dévastée au fond de moi etc… ».

Sauf que rien ne m’oblige à être dévastée. Et vous non plus, rien ne vous force à l’être, quel que soit ce qui vous manque aujourd’hui. On peut manquer de quelque chose d’important et rester globalement heureux. Pas heureux malgré tout. Ni heureux quand même. Heureux point.

Rien ne nous force à définir notre vie par ce qui lui fait défaut.

Chaque fois que l’on se dit : « si seulement… », on va au devant d’une souffrance inutile. Parce qu’elle ne change rien au problème (aucun soupir n’a jamais résolu la moindre difficulté) et qu’elle anéantit sur son passage tout ce qui vaut la peine d’être considéré. Sans compter qu’il y a là un dangereux engrenage, car chaque « si seulement… » en entraine immédiatement un autre, lorsque par hasard il se trouve finalement satisfait. 

Ainsi, de « si seulement » en « si seulement », on ne se donne finalement jamais aucune chance d’être heureux. Et pendant ce temps-là, le compteur tourne. Car même quand elle est très longue, ça reste court, une vie. Et ça peut s’arrêter à tout instant. Ma croyance – rien ne vous oblige à la partager, même si je vous assure que depuis que je vois les choses sous cet angle, tout a changé pour moi – est que nous sommes là pour faire la plus belle expérience possible de la vie qui nous est confiée, dans les conditions qui nous sont données. J’ai la conviction que la recherche de son propre bonheur est la seule option raisonnable. La société entière concoure à vous faire croire que c’est une ineptie, mais c’est justement ça que moi je trouve suspect.

Quel que soit ce qui nous manque, rien ne nous oblige à considérer le verre à moitié vide. Ni même à moitié plein, d’ailleurs (cette terrible expression qui suppose toujours que votre vie n’est qu’à demi quelque chose). Le verre, est souvent bien plus plein qu’on ne veut l’admettre, si l’on considère tout ce à quoi on ne prête même plus attention tant certaines choses nous semblent naturelles lorsqu’on en a pris l’habitude. C’est sans doute ce que m’a appris cette longue attente d’un enfant.

Si vous vivez dans l’abondance financière, cela vous semble sans doute normal de réserver des billets pour vos prochaines vacances. Si vous avez reçu une solide instruction cela vous paraît naturel de pouvoir débattre avec n’importe qui de n’importe quel sujet. Si vous vivez entourée d’une famille aimante, quoi de plus banal qu’un coup de fil de votre mère qui raccroche en disant qu’elle vous aime? Que vos enfants se portent bien, que vous viviez en parfaite harmonie avec votre compagnon de vie, que votre visage soit agréable à regarder, que votre corps soit parfaitement fonctionnel… quoi de plus normal, n’est-ce pas? On finit vite par l’oublier, mais ces bienfaits qu’on ne voit même plus constituent précisément le « ce qui manque » de tant d’autres.

Jour après jour, j’apprends à regarder combien mon verre est plein. Et plus j’apprends à le faire (en développant mon sentiment de gratitude, par exemple), plus mon verre se remplit. C’est un exercice qui demande de la pratique, évidemment. Cela ne vient pas tout seul, mais croyez-moi, c’est un jeu qui en vaut la peine.

Nous avons tous vécu, je pense, ce moment terrible : lorsque nous avons la conviction que ce dont nous manquons gâche irrémédiablement tout le reste. On a le droit de souffrir, bien sûr, il ne s’agit pas de nier cela. Et quand on n’arrive pas à faire autrement, il est bien inutile de venir en plus se couvrir de reproches. Mais n’oubliez pas non plus que vous portez en vous les ressources pour vous affranchir de tout ça. Alors ne laissez personne s’autoriser à vous faire croire que votre vie est seulement à demi réussie. Surtout pas vous-même. Vous avez parfaitement le droit de penser que votre vie est extraordinaire.

PS : l’illustration de ce billet représente un portrait de nous trois (David, Malo, notre chat et moi) réalisé par Geneviève Godbout. Le sujet de ce portrait était justement celui-ci, nous rappeler tous les jours que notre verre est déjà bigrement bien rempli… Et qui sait si demain il ne le sera pas encore davantage? :)