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Alors, 2016 ? À cette question comme à toutes les questions, il y a plusieurs réponses. “La réponse du savant, la réponse du poète” comme l’écrivait si joliment Pierre Bottero qui en dénombrait deux. Et je crois en fait qu’il y en a plus encore.

Ainsi, à la seconde où je formule cette question du bilan de l’année qui vient de s’écouler, surgissent, les sentiments mêlés, parfois contradictoires, de la femme, de l’auteur, de l’entrepreneur, de l’amoureuse, de la fille, de la soeur, de celle qui tient les comptes, de celle qui vit d’amour et de beauté, de celle qui voudrait tant ralentir un peu, de celle qui éprouve un besoin si absolu d’accomplir quelque chose… Chaque voix tente de se faire entendre un peu plus que les autres, persuadée que son avis vaut plus et mieux que celui de ses consoeurs. Et ce qui me vient à l’esprit en premier : que j’aime notre complexité ! Comme ce sac de noeuds me passionne et me fait aimer la Vie !

On m’a parfois dit cette année que je me posais trop de questions, et à chaque fois, mon coeur s’est exclamé “jamais !”, jamais trop de questions. Je suis bien trop heureuse de faire partie de ce monde fou, incompréhensible et où tout est sujet à interrogation, à débat. Ce monde où aucune vérité ne peut se targuer de mieux valoir que les autres. Et où ce qui est “vrai” ne peut l’être que pour une personne donnée, à un moment précis, en fonction de ce qui se passe dans sa vie et de tout ce qui s’est passé avant pour elle. J’aime savoir que ce que je crois aujourd’hui ne sera peut-être plus vrai pour moi l’année prochaine et que les transformations se succèdent.

Quand on regarde le monde sous cet angle, comment diable ne pas s’en poser, des questions ? C’est la partie la plus intéressante de l’existence, je trouve !

Alors pour toutes ces interrogations et tous les chemins sur lesquels elles m’ont entraînée, les révélations aussi bien que les fausses pistes, les cul de sac ou les sentiers bordés de fleurs : MERCI. Merci pour cette année torrentielle ! Au moment où j’écris ces lignes, c’est ce que j’éprouve avant tout autre chose : la joie suprême d’être en vie.

Cela, c’est ce que me dit la petite voix disons… philosophique, en moi.

Mais elle n’est pas toute seule.

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La dernière fois, nous avons beaucoup parlé d’inspiration et de ce que ça nous faisait, quand on se sentait inspiré, pourquoi c’était si bien. Et aussi de combien c’est important, de participer, contribuer, par exemple sur les réseaux sociaux, en créant un blog, en publiant des photos sur Instagram.

Mais, je vois bien qu’une chose en particulier semble être un frein à tout ça : la difficulté à trouver “sa direction”. Ce qui fait qu’on possède une couleur propre, une identité. C’est de cette identité dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui, parce que cette question : “j’ai envie de faire des choses, de participer, mais comment faire pour trouver quelque chose qui me distingue ?” est l’une de celles qu’on me pose le plus souvent.

Aujourd’hui donc, éléments de réponse :-)

Car en effet, trouver son “identité”, sa “personnalité”, ce n’est pas si simple quand on regarde l’abondance de contenus diffusés partout sur internet. Et cela demande à mon avis deux choses assez peu valorisées par notre époque : du temps. Et de la patience.

Globalement les deux réponses que l’on désire le moins entendre, dans notre monde d’immédiateté, d’astuces pour et de solutions pratiques à effet immédiat.

Alors j’ai envie de vous raconter comment ça s’est passé pour moi, afin que vous puissiez mieux mesurer l’importance de ce cheminement.

L’année dernière, à peu près à cette époque, je regardais mon compte Instagram avec une sorte d’insatisfaction : certes, les photos que j’y publiais me plaisaient et j’aimais les échanges avec les personnes qui me suivaient, mais je ne m’y reconnaissais pas vraiment. Je me sentais inspirée par plein de gens, mais je ne me trouvais pas moi-même très inspirée. Je suivais d’ailleurs un certains nombre de comptes qui me semblaient à peu près interchangeables avec le mien et finalement, je ne voyais de moins en moins l’intérêt de tout ça. Hormis le plaisir – immense – pris à prendre des photo, évidemment. Mais après tout : si je n’avais rien à apporter d’un peu singulier, pourquoi ne pas garder ces photos pour moi ? Bref, je sentais qu’un changement de cap devenait nécessaire. Mais lequel?

J’ai passé un certain temps comme ça, à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire d’intéressant. Et je me sentais VRAIMENT à court d’idées.

Alors voici ce que j’ai fait : j’ai laissé poser.

Et c’est sans doute la première chose à faire : formuler le problème et laisser poser.

N’ayant pas de meilleure idée, j’ai continué à faire ce que je faisais, mais avec cet questionnement en tête, toujours bien présent en tâche de fond. Parfois, quand on n’a pas de solution immédiate, c’est la seule option. En gros : prendre son mal en patience et avancer en n’oubliant pas ce que l’on veut changer, mais en restant attentif aux idées nouvelles qui pourraient émerger.

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Durant les semaines précédentes nous avons parlé de plein de choses. D’outils pour apprendre à mieux se connaître, d’un certain nombre de questions à se poser pour avancer et d’un outil génial pour cela : cultiver son sentiment de gratitude (petit message de service : si vous faites partie de celles qui se sont inscrites et qui n’ont pas reçu les messages, je vais vous envoyer un petit mot à ce sujet). Aujourd’hui j’ai envie de parler d’une autre idée, qui contribue beaucoup elle aussi à enjoliver le quotidien.

Quelque chose qu’on entend un peu partout, à toutes les sauces ; un mot que l’on conjugue à tous les temps et qu’on l’emploie à tours de bras. Mais à force de le voir apparaître ainsi dans le vocabulaire courant, il me semble qu’on ne sait plus vraiment ce qu’il signifie, ce joli mot-là.

INSPIRATION

Avez-vous déjà pris le temps de vous interroger sur ce que cela signifie pour vous? Par exemple, si vous pensez à quelque chose de précis qui vous inspire (une image, un livre, une conférence, une personne…), qu’est-ce que cela veut dire concrètement à vos yeux ? De quelle manière cet “objet inspirant” impacte-t-il votre vie?

Avant de lire les lignes qui suivent, je vous invite chaleureusement à inscrire quelque part votre définition.

Voici maintenant ce que dit le Larousse.

Inspiration, n, fem. :
Mouvement intérieur, impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action : suivre son inspiration.
Enthousiasme, souffle créateur qui anime l’écrivain, l’artiste, le chercheur : chercher l’inspiration.

Ainsi, vous êtes-vous déjà demandé quelle place occupaient dans votre vie les choses qui vous inspirent? Je pense par exemple à votre compte Instagram : à quoi ça sert concrètement, de suivre des comptes que vous aimez? Peut-être avez-vous envie de répondre spontanément : “Parce que ça me fait plaisir, tiens !” Je crois fermement que cela va, en réalité, bien plus loin que ça : ces images inspirantes parlent à la personne que vous avez envie de devenir. Dit autrement : elles donnent des indications et du carburant à votre petit moteur intérieur, celui qui fait ce qu’il faut pour vous amener vers la prochaine étape de votre vie.

Les comptes que l’on suit sont presque toujours, d’une manière ou d’une autre, un écho à l’une des facettes de ce que l’on désire développer et faire croître, en nous. Par exemple…

☞ Lorsque je regarde les photos culinaires chaleureuses de @Parigote, je pense que cela constitue pour moi de petits pense-bête qui me rappellent que c’est important pour moi d’octroyer davantage de place à la préparation de bonnes choses pour ma famille et trouver le temps pour inventer de moments jolis à vivre quand on est ensemble, avec ceux que j’aime.

☞ Les photos incroyables de @lilyrose et de ses voyages me parlent moins d’une envie que j’aurais moi aussi de voyager, que de la beauté du monde en général. S’arrêter pour prendre le temps de le regarder et développer ma capacité à immortaliser les belles choses qui croisent ma route. L’importance de les partager, de participer à ce compte rendu de la beauté du monde.

@elizabeth_gilbert_writer me parle tous les jours de la vie qui est folle et incompréhensible et si belle, si belle, si belle… La vie à embrasser, à comprendre et à ne pas comprendre. La vie avec laquelle on apprend à danser.

Ainsi en va-t-il de même pour vous. Chaque fois que vous voyez passer une image qui vous inspire, c’est un petit message envoyé à votre moi-idéal pour lui dire : “hey dis donc toi, tu as vu comme ce serait cool si je vivais quelque chose dans ce goût-là, moi aussi ! Tu veux pas qu’on mette des trucs en place pour que ça arrive concrètement dans ma vie ?”

Elles sont, consciemment ou non, un exercice de visualisation créatrice.

Je ne sais pas si ce concept vous est familier. En voici donc, en gros, le principe : ce que vous prenez le temps d’imaginer, votre cerveau l’enregistre et… vous y conduit. Autrement dit : la visualisation créatrice vous permettrait ni plus ni moins de créer la vie qui vous fait envie. Les techniques pour y parvenir sont infinies. Tableaux de vision (j’en parle rapidement dans “Manifeste pour une maison rangée“), méditation, exercices d’écriture… il y a vraiment de quoi faire.

Mais il y a aussi tout un ensemble de choses que vous faites probablement déjà sans même vous en rendre compte et qui oeuvrent pour vous, sans que vous ayez à lever le petit doigt et votre compte Instagram en est un exemple très parlant.

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J’avais prévu de publier autre chose, ce matin, mais finalement je vais vous parler d’eux.

Eux, ils sont trois : Caroline, Léo et Marc, embarqués sur un voilier d’une dizaine de mètres. En fait non, ils sont cinq, car on ne peut oublier Jeanne et Antoine, qui sont restés à quai, mais qui font partie intégrante de cette belle aventure. Marc, c’est mon oncle. Caroline est sa fille. Léo, l’amoureux de Caroline. Jeanne, ma tante, la femme de Marc. Antoine, leur fils ainé.

Marc, lui, n’avait pas pris la mer depuis de longues années. Cette idée : renouer avec l’océan après trente ans passés à terre, pour partir en bateau pendant un an avec sa fille, c’était une pure folie. Impensable, pour ne pas dire carrément impossible. Tellement impensable, en fait, que c’est devenu… indispensable. Alors l’obsession est devenu un projet, le projet une réalité.

Caroline et Léo étaient cuisiniers dans un grand restaurant Nantais. Un travail que je crois, ils adorent tous deux. Ils l’ont néanmoins mis de côté pour embarquer sur une coque de noix et se donner les chances de vivre quelque chose de nouveau. Avant ce jour d’octobre, ils n’avaient pour ainsi dire jamais mis le pied sur un bateau, ni l’un ni l’autre.

Il y avait mille raisons de laisser cette idée demeurer un rêve qu’on se raconte avec la drôle de nostalgie des choses qu’on n’a pas vécues. Mille “raisons raisonnables”, des justifications à n’en plus finir, un chapelet de problèmes insurmontable à résoudre. Et d’ailleurs, c’est ce qui s’est passé : une dizaine de pages n’y suffirait pas pour faire le récit des difficultés rencontrées, des points d’interrogation et des changements de plan.

Pourtant ils sont partis, voilà quelques semaines. En ce moment-même, ils font route vers Essaouira après avoir quitté le port de Tanger.

Jeanne et Antoine ne font pas partie du Voyage. Mais ça ne les empêche pas de faire partie de l’Aventure : leur acte de bravoure, à eux, c’est d’avoir encouragé cette folie malgré ce qu’il leur en coûterait d’être séparés pour un temps de ceux qu’ils aiment, d’être parfois inquiets pour plein de raisons hautement valables (les conditions en mer, les avaries possibles sur le bateau…), parfois aussi sans doute un peu jaloux de se trouver seulement dans le creux de l’histoire.

Marc, Caro, Jeanne, Antoine, Léo et tant d’autres, ce sont eux mes héros. Ces héros qu’on ne voit jamais dans les pages d’un journal. Ceux qu’on ne reconnaît pas quand on les croise dans la rue, parce qu’ils sont seulement comme vous, comme moi : des gens très ordinaires. Des anonymes heureux de leur anonymat.

Héros d’une aventure particulière, mais pas de toutes les aventures. Et certainement pas des héros par nature.

Des héros comme vous d’ailleurs, peut-être, car je ne connais pas une seule personne qui n’ait sa cape, son masque et son super-pouvoir dans une circonstance ou une autre. On a tous un super-pouvoir pour quelque chose, vous ne croyez pas?

On n’a pas toujours besoin d’aller chercher très loin pour trouver, nos héros. Ils vivent parmi nous, tout contre nous. Ceux qui, par leurs décisions, leur sens de l’aventure et leur appétit de la vie nous rappellent que tout est toujours entre nos mains.

Ce matin, je pense à eux, à ces superhuman de tous les jours, discrets, quelquefois presque invisibles. À l’énergie qu’ils nous communiquent du simple fait de leurs actions. Simplement d’être ce qu’ils sont.