,

benetin-001

J’aime avoir les joues roses. Sans doute parce que ce sont celles des filles qui, hors d’haleine, attrapent in extremis le train qui les conduit vers une destination pour laquelle elles comptaient les jours. Ou bien qui rougissent de plaisir, en surprenant un compliment à leur sujet qu’elles n’étaient pas sensées entendre.

Ces filles qui arrivent en avance aux rendez-vous galants des touts débuts de leur histoire d’amour et sortent de leur salle bains après un bon bain chaud avec aux lèvres, un sourire qui ne s’adresse à personne d’autre qu’à elles-mêmes. Qui n’ont besoin d’aucune raison particulière pour se sentir de bonne humeur, et portent en elles la juste dose d’insouciance qui marque les tempéraments taillés pour le bonheur.

Lorsque je porte les joues roses, c’est un clin d’œil, aussi, à cette autre moi du passé qui a eu vingt ans un jour et des joues roses qu’elle n’avait pas besoin de dessiner au pinceau, mais qui avançait dans la vie avec une boule à l’estomac. Cette Anne-Solange d’avant qui, comme beaucoup de jeunes femmes de son âge, s’aimait trop peu pour savourer le charme involontaire que pouvait provoquer sur elle un moment d’embarras. Les joues roses des trentenaires, à leur façon, sont une petite revanche et c’est peut-être justement tout ce qui fait leur charme.

★★★

Edit : En fait, je réalise que mon idée de départ était tout de même de vous dire que j’avais redécouvert le BeneTint (de Benefit), après l’avoir délaissé pendant de longues années, je me demande bien pourquoi. En fin de compte, du rose aux joues aussi naturel, je crois qu’il n’y a que BeneTint qui sait faire ça.

caramel-001

J’avais prévu de publier cette petite recette pour Mardi Gras, mais le temps m’a manqué. Il s’agit d’une petite sauce au caramel et au chocolat que j’utilise pour les crêpes, en général (mais enfin, je suppose qu’elle peut convenir à bien d’autres utilisations) et qui est le fruit heureux d’une série de tests, ratages et malentendus. Elle vaut ce qu’elle vaut et ne comptez pas sur moi pour vous donner des indications précises – je fais toujours tout à vue de nez, mais d’après ce que j’ai pu comprendre, elle fait l’unanimité. La voici donc.

Il vous suffit de préparer un caramel avec une poignée de sucre en poudre et un peu d’eau. Lorsqu’il est bien doré, coupez le feu et ajoutez une bonne noix de beurre salé (j’ajoute encore une pincée de sel, personnellement), une lichette de crème fraiche liquide, une pointe de couteau de cannelle (attention à ne pas en mettre trop, il faut que ce soit à peine perceptible) et trois carrés de chocolat au lait Côte d’or.

Je pense que ce sont ces deux derniers ingrédients qui, mis ensemble, lui donnent un goût tout à fait particulier qui rappelle un peu le Carambar. Servie tiède sur des crêpes, c’est délicieux. Et je crois que si vous vous risquez à flamber le tout au Grand Marnier, vous ne serez pas déçus non plus ! Voilà les amis, c’est tout pour aujourd’hui. Bonne journée !

caramel-002

caramel-006

caramel-005

caramel-004

marine-1

Samedi dernier, à Londres, j’ai fait la connaissance d’une personne qui m’a toujours manqué, d’une certaine façon. Il y a dix huit ans, mon histoire familiale s’est pris les pieds dans le fil de la vie, comme cela se produit presque toujours, d’une façon où d’une autre, dans toutes les familles. C’est compliqué, bien entendu, la place qu’on accorde aux absents. Mais une place vide, dans une famille, c’est toujours une place.

Dimanche matin, nous nous sommes promenées sur Portobello Road. Il y avait ces arbres en fleur et les façades multicolores que je ne peux m’empêcher de photographier à chacun de mes passages à Londres. En prenant ces deux photos, je me disais qu’on ne savait pas ce que la vie nous réservait à toutes les deux. Peut-être deviendrons-nous aussi proches que nous aurions toujours dû l’être. Où peut-être pas. Tout ce que l’on peut, c’est se donner une chance, le reste ne nous appartient pas.

Mais une chose est certaine : ce matin-là, perchée sur des talons de douze achetés la veille chez Topshop, une paire de jolies joues de dix huit ans rendues toutes roses par un fond de vent bien anglais, elle avait les yeux qui brillaient de plaisir en découvrant le charme de Portobello Road. Elle avait les yeux qui brillaient de plaisir et je serais toujours celle qui lui aura fait découvrir cet endroit où je crois pouvoir dire qu’elle reviendra souvent. Dans ma tête, une petite voix sautillante répétait : « Plus un point pour Anne-So! Plus un point pour Anne-So! ». C’était puéril, un peu. Mais aussi tellement bon…

marine-2

eau-cologne

L’eau de Cologne, à mes yeux, c’était ce parfum de pépé jamais correctement dosé qui empestait dans toute l’église, le dimanche matin, à la messe. Une odeur désagréable et subie. Pourtant, voilà un moment que je porte à mon tour une Eau de Cologne. Achetée à l’aéroport de Florence, l’an dernier, quelques minutes avant de sauter dans l’avion, jamais je n’aurais cru qu’elle deviendrait cette signature si personnelle qu’elle est maintenant pour moi.

Avec sa faible concentration en essence, elle est particulièrement volatile et presque impossible à identifier après une heure ou deux. Elle ne laisse pas de sillage sur le passage de celui qui la porte et n’appartient plus qu’à moi lorsque, au cours de la journée, je frotte mes poignets l’un contre l’autre pour en libérer les effluves.

Aucune composition alambiquée ici : seulement une fleur, le gardénia. Il m’a fallu un moment pour comprendre que je faisais partie de ceux qui préfèrent cette simplicité-là aux jus sophistiqués. Sans doute parce que de cette façon, cette fragrance ne correspond à aucune histoire spécifique. Ici, on ne cherche pas à m’embarquer dans un conte imaginé dans la grande salle de réunion d’une agence de publicité géante. Il n’y a pas de concept, pas de cible. En tout cas, je n’ai pas cette sensation.

Peut-être est-ce pour tout cela qu’en peu de temps, c’est comme si l’Eau de Cologne au gardénia était devenue un peu de la composition olfactive de ma peau. Je ne vous ai pas encore dit son nom : il s’agit de l’Eau de Cologne de la Officina Santa Maria Novella qui existe dans de nombreuses déclinaisons. Il me semble qu’elle n’est commercialisée à Paris que chez Amin Kader qui se trouve rue Guisarde, dans le sixième arrondissement.