Un nouveau jour

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Une lumière rose orange filtre sous ses paupières en dessinant de longs éclats dorés tout le long de la frange des cils. En papillonnant très légèrement des yeux, sans jamais cependant les ouvrir tout à fait, elle s’amuse à faire scintiller le fil brillant, presque liquide, qui s’étire devant eux ; comme le jour, à travers les persiennes, agace avec malice l’esprit encore tourné vers le repos.

Et pendant qu’elle éprouve ainsi la fragile membrane qui la sépare encore de l’éveil, elle reprend tranquillement conscience d’elle-même.

Mais avant de pouvoir explorer toute autre sensation, elle se sent brusquement ramenée à l’arrière plan de ses pensées par le souvenir du rêve interrompu, quelques secondes plus tôt. Elle tente d’en reconstruire le fil mais chaque image lui apparaît déformée, un peu comme sous l’effet de ces miroirs de fête foraine qui vous font paraître plus gros ou plus petit ou fin comme un pinceau ou encore biscornu. Un bref instant, elle croit retrouver une couleur, une sensation, mais au moment précis où elle se sent enfin capable de lui attribuer des mots clairs, celle-ci se défile. Épuisant jeu de cache-cache dont elle sait déjà qu’elle ne sortira pas victorieuse. Alors elle abandonne et lentement, s’étire comme un chat qu’on dérange.

Pour sortir du sommeil, il faut reprendre contact avec ses muscles. Réapprendre à contracter un mollet, plier une jambe, tendre le buste. Chaque nouvelle journée, réinvestir son corps comme on s’approprie un vêtement. Certains jours, rien ne va avec rien, tout est bancal, informe, encombrant. D’autres fois, au contraire, ce n’est qu’harmonie, simplicité et elle va le pas léger, les épaules dégagées, tout à la fois sereine et conquérante. Elle esquisse un sourire : elle en est certaine, aujourd’hui, sera un jour heureux. Chaque os, chaque tendon jusqu’au plus petit cartilage a trouvé sa place dans l’architecture compliquée de son corps. La peau, nerveuse, tendue, joyeuse, n’aspire plus maintenant qu’à entrer en mouvement.

Alors, tout naturellement, sans que cela demande le moindre effort, elle ouvre enfin les yeux, le regard tourné vers le ciel.

Crédit image : Day 7 by Jesy

Cet océan qu’on ne peut voir

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Un petit mot rapide aujourd’hui, simplement pour partager avec vous cette vidéo réalisée par Simon Christen que je me passe en boucle depuis que je l’ai découverte sur Fubiz (fournisseur officiel de belles choses). Elle s’intitule « The unseen Sea ». Le titre à lui seul est une invitation à la rêverie.

Peut-être l’avez-vous déjà vue car il me semble que les prouesses de Simon Christen ont déjà fait de nombreuses fois le tour de la toile, mais dans ce cas, je pense que vous ne rechignerez pas devant un énième visionnage. Pour ce qui me concerne, c’est bien simple : je rêve les yeux ouverts en regardant ces images…

 

Honey, honey, honey

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Vous ai-je dit que je venais de passer quelques jours en Irlande? Oui? Non? Je ne sais plus. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas encore fini de trier les photos, mais je vous reparlerai bien vite de ces quatre jours irlandais. Je suis revenue de ce petit voyage avec plusieurs paquets de honeycomb, acheté à Belfast chez Aunt Sandra’s candy factory, une confiserie artisanale. Il me semble que le honeycomb est une spécificité des pays anglo-saxons, je n’en ai jamais vu en France.

Il en existe notamment une variante délicieuse, appelée Crunchie, que l’on trouve au même rayon que les Mars et les Milky Way et qui n’est autre que du honeycomb enrobé de chocolat. Jusqu’à cette visite à la confiserie de Belfast, j’étais persuadée que  l’obtention de ce croustillant au cœur d’ambre dont la texture s’apparente à celle de la meringue résultait d’une combinaison chimique particulièrement violente de produits forcément désastreux pour la santé. En voyant que ces artisans en produisaient, je suis immédiatement partie en quête de la recette pour faire son propre honeycomb, mais jamais je n’aurais imaginé que le secret tienne en si peu de mots : le bicarbonate de soude.

Sitôt engloutis les trois paquets achetés à Belfast, je me suis donc mise au fourneaux. Avec le résultat que vous pouvez voir en photo. Pour obtenir cette jolie apparence spongieuse diaboliquement croustillante, il suffit donc de faire un caramel à base de sucre (100gr) et de miel liquide peu parfumé (50gr ou un peu moins). Faites brunir légèrement votre caramel (à cause du miel, il sera probablement mousseux). Dès qu’il est à votre goût, ajoutez une cuiller à café de bicarbonate de soude (5gr), fouettez pour bien mélanger le bicarbonate au caramel (réalisez cette opération rapidement) et versez immédiatement dans un moule en silicone. Laissez refroidir le tout pendant quelques heures et cassez la plaque obtenue à l’aide d’un petit marteau. C’est tout ce que vous avez à faire.

Vous pouvez ensuite grignoter votre honeycomb en faisant de grands scroutch scroutch bruyants, le réduire en miettes pour le saupoudrer sur une tarte au citron, sur une boule de glace ou un gâteau aux fruits, ou encore le casser en petit morceaux afin de le faire fondre dans le thé pour le plaisir de l’entendre faire shhhhhhh quand il se dissout dans l’eau chaude. Juste une précaution à prendre : le conserver dans une boîte hermétique à l’air, pour qu’il ne perde pas son croustillant. Je suis encore étonnée par la désarmante simplicité de cette recette que, comme la guimauve, j’imaginais réservée à la fabrication industrielle.

Last but not least, j’ai aussi eu le plaisir de constater que le honeycomb était un sujet délicieusement photogénique. Je vous laisse donc sur ces quelques images avant de vous souhaiter une bonne et belle semaine.

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