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À la fête foraine, je suis celle pour qui ça ne va jamais assez vite, jamais assez haut ni assez fort. J’aime avoir l’estomac qui chatouille et de gentilles peurs au creux du plexus solaire. Avoir le cœur bien accroché permet de profiter pleinement de l’instant sans s’inquiéter d’éventuelles conséquences peu appétissantes. Pourtant, après avoir essayé tout ce que les fêtes foraines comptent de manèges retors, celui qui me séduit le plus reste les chaises volantes. Cette idée simple de vous faire tournoyer dans les airs en douceur, exactement comme on voudrait que ce soit si on savait voler.

Mais aux chaises volantes, il manque le frisson. Cette délicieuse angoisse au moment où vous vous demandez si tout compte fait, vous n’auriez pas mieux fait d’attenter à vos jours pour quelque chose de plus sérieux, comme par exemple sauver le monde ou un oiseau blessé.

Les sorties en parapente, je l’ai découvert la semaine dernière, sont en quelque sorte des chaises volantes portées à leur ultime degré de perfection. Il y a le démarrage en douceur sur une pente de montagne. Le paysage, qui apparaît soudain sous un jour inédit à nos yeux. L’inconcevable légèreté des manœuvres et la possibilité de diriger sa voile où bon nous semble. Une étonnante sensation de sécurité, aussi, jusqu’au moment où le pilote vous embarque enfin dans une danse folle, juste sous les nuages, où la gravité n’a plus le moindre sens et où, ivre de quelque chose impossible à identifier, on peut contempler la terre la tête en bas, comme habituellement, on regarde le ciel.

J’ai fait ma descente en parapente avec l’équipe de La Tania qui propose des vols tous les jours. 90€ le vol, certes, mais je n’ai qu’une hâte, recommencer cet hiver quand la neige aura tout recouvert. L’équipe est adorable, les pilotes très entraînés (celui qui a fait le vol avec moi concoure pour les championnats du monde) et le paysage éblouissant. Si vous passez dans les environs de Courchevel pendant les vacances et que l’idée d’un vol en parapente vous tente, c’est un endroit idéal. J’en profite aussi pour vous recommander de ne pas hésiter à prendre votre appareil photo : malgré les encouragements du pilote, j’ai renoncé au dernier moment à emporter mon reflex avec moi de crainte de l’abimer ou me blesser avec pendant le décollage ou l’atterrissage, mais j’aurais pu le prendre sans problème.

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Formuler des vœux communs sous les étoiles filantes avec une fille du bout du monde qu’on aime comme une sœur. Se laisser griser par la nuit. Dormir sans fatigue, par nonchalance ou par amour des rêves.

Échanger des morceaux de vie, des brins de savoir, des bouts d’amour et des paquets de paille d’or. Partir en bateau comme des grands avec des amis de toujours. Rire, surtout quand ce n’est pas tellement drôle. Lire sur le pont des romans qu’on connaît par cœur. Se raconter encore les mêmes histoires.

Se laisser porter par la mer au clair de lune. S’assoupir dans les ondoiements du bateau. Faire la vaisselle à l’eau froide sur un ponton un peu glissant. Sentir le crissement du sel dans les cheveux. Dormir tout nu ou bien tout habillé. Ou bien ne pas dormir.

Danser pieds nus sous un ciel indigo et regarder mourir encore quelques étoiles filantes. Faire des promesses qu’on ne tiendra jamais, sans doute. Et des projets qui n’ont pas d’avenir au-delà des élans de la conversation. Ou qui en ont peut-être, on verra bien.

Il arrive quelquefois que le temps se condense et s’étire en même temps. Et c’est peut-être dans ces moments-là, au fond, que s’épanouit l’intensité des choses.

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Il y avait un château rose et bleu dont les pointes dorées s’accordaient parfaitement avec les rayons du soleil. Quelques nuages parce que les ciels ne sont jamais plus beaux qu’émaillés de ces flocons géants, hachés comme les lambeaux qu’on arrache sur les barbe-à-papa.

Il y avait les enfants déguisés dans de vilains costumes bas de gamme toujours trop grands ou trop petits pour eux, un sourire lumineux suspendu à leurs lèvres. Des bonbons par parquets dans les mains des parents. Quelquefois des couronnes de princesse. Un ascenseur géant qui dégringole de cinq étage pour rire. Du popcorn au parfum abricot qui sent la confiture de prunes.

Il y avait des gaufres avec une boule de glace Ben & Jerrys surmontée d’un château de Chantilly. Mickaël Jackson, dans un vieux film en trois dimensions qui a très mal vieilli et aussi un canon qui vous propulse dans la galaxie. Un carrousel monumental sur lequel on enfourche des chevaux grandeur nature, parés comme au temps des chevaliers. Un rien de vent. Le froissement légèrement métallique des feuilles de bambou lorsqu’on approche le bateau des pirates. Des jets d’eau qui sautillent. Des étoiles dans mes yeux et sur les murs peints des manèges.

Il y avait des amis. Un arbre gigantesque et une maison délicieusement hantée…

(J’avais fait, l’an passé, une série de photos de Dinseyland, vous pouvez la retrouver ici)

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Oui, en effet, en ce moment je suis en pleine obsession contre-jour au moment du soleil couchant, lumière dorée etc. Ca passera, rassurez-vous. Et oui, encore une histoire de fringues aujourd’hui. Cette petite robe Luella (une de mes marques préférées) trouvée pour 50 euros au Bon Marché, un peu grande. Il s’agit d’une ancienne collection, probablement si j’en juge par le prix des robes Luella en temps normal (même soldées). Un vrai coup de chance.

Je suis décidément conquise par ces coupes rétro : décolleté sage, coupe au genou, ceinture à peine resserrée, matière fluide qui danse à chaque pas. Elles m’évoquent immanquablement Sur la route de Madison, ce doit être pour cela que je les aime tant.

Les photos ont été prises la semaine dernière, au tuileries, à deux pas de la fête foraine. Il faisait un temps parfait. Et j’ai réalisé que j’aimais moins les barbes à papa qu’autrefois, mais heureusement, le plaisir que j’éprouve à les regarder, lui, ne faiblit pas. Bon lundi les amis !

Robe : Luella / Escarpins : Faith.

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