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J’aime. La maison, en Normandie, qui devient de plus en plus belle. Le soleil de l’hiver, surtout quand il arrive avec un jour d’avance. Les demandes en mariage un peu folles qui font pleurer les foules. Une belle rencontre entre deux trains. Le thé juste infusé, pile à la bonne température.

Le couscous aux gambas de Bérangère. Les peurs quand elles s’envolent enfin, on ne sait pas bien pourquoi. L’envie de changement et toutes les aventures qu’elle dépose à nos pieds. Ces cartons, dans l’entrée, qui contiennent ce qui n’avait pas d’importance, finalement. Croire en quelque chose, même si c’est un peu flou.

Les nouvelles collections, dans les boutiques et tant pis si on ne peut encore les porter qu’en pensée. Essayer sans succès de ne pas trop penser à quelque chose de bien qui pourrait arriver. Ces quelques grains de sable, qui refusent de quitter le fond de mon sac. Les blagues pas vraiment drôles qui me font rire quand même.

Le goût d’une cigarette, quand on se fait croire que ce sera la dernière. Le premier regard, au matin, qu’on jette à la fenêtre. Cette petite chanson gaie qui me prend par surprise parce qu’on vient de me dire quelque chose de gentil. L’instant où l’on comprend qu’une personne est devenue votre amie.

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Chaque fois que je m’arrête devant le rayon littérature « en anglais » d’une librairie, je me fais la même réflexion. Mais pourquoi les éditeurs français ne s’inspirent-ils pas de leurs homologues anglo-saxons? J’aime tellement leur façon de faire de chaque livre une petite aventure visuelle.

Hier soir, c’est ce livre qui a atterri dans mon sac, un recueil de poèmes d’amour, que je ne lirai probablement jamais. Peu importe : tous les livres ne sont pas faits pour être lus, certains sont de puissants symboles qu’il suffit de garder près de soi pour en être nourris.

En le feuilletant ce matin, au petit déjeuner, je réalise qu’il est arrivé chez moi un jour de Saint Valentin. Et à la réflexion, je crois que c’est le seul cadeau qui aurait pu me faire plaisir.

On a perdu l’habitude de la poésie (vous en croisez souvent, vous, des gens qui lisent de la poésie? À part des étudiants de la Sorbonne qu’on reconnaît dans le métro au premier coup d’œil et qui ne comptent pas : ils font seulement leur devoirs de classe). Pourtant, c’est là, dans les recueils de poésie, que sont consignées toutes les vérités sur l’amour. Les vérités les plus douces et les plus cruelles. Toutes ses étapes et toutes ses facettes. Il existe toujours un poème d’amour pour retranscrire dans ses plus infimes subtilités l’humeur sentimentale dans laquelle vous vous trouvez.

Les recueils de poésie amoureuse montrent à quel point c’est là, dans l’amour, que se joue l’expérience humaine la plus exaltante et la plus difficile qui soit. Une aventure qui vaut toutes les concessions, toutes les blessures et les efforts que l’on est prêts à consentir en son nom. Et qui font de l’amour la seule expérience, à mes yeux, qui mérite d’être vécue absolument.

Ce recueil de poésie, d’une certaine façon, est l’exact contraire du bonheur à deux sous que tente de promouvoir la Saint Valentin et je suis heureuse que ce livre ait choisi un 14 février pour entrer dans ma vie.

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Depuis que j’ai cessé de manger de la viande, il se trouve toujours une personne, au cours du repas, pour me demander entre deux bouchées de foie gras : « Mais au fait, pourquoi tu ne manges pas de viande? »

J’ai d’abord cru qu’il y avait dans cette interrogation, le réel désir de comprendre quelque chose. Or, quelle que soit ma réponse, s’en suivent presque toujours les plaisanteries d’usage sur les souffrances de la carotte et sur les poules – jugées généralement comme l’animal le plus stupide de la création – qui ne méritent rien de mieux que de passer à la casserole.

Quand ce ne sont pas des plaisanteries, ce sont les sermons sur la dangerosité du végétarisme pour l’organisme (pourtant mon médecin est formel, je me porte comme un charme) ou les remarques acides qui me mettent face aux incohérences – réelles – de ce régime (porter des chaussures en cuir, par exemple). Dans tous les cas : je n’ai rien expliqué du tout ou, si je tente de le faire, personne ne semble disposé à écouter les réponses que je pourrais avoir à formuler.

De ces (non-)discussions, je suis parvenue à une conclusion : nos choix alimentaires sont une question bien trop vaste, complexe et fondamentale pour faire l’objet d’une conversation mondaine au-dessus d’un poulet rôti (ou d’un billet sur ce blog). Et il n’y a pas de moment plus mal choisi que le repas pour disserter sur ce sujet. Continuer la lecture

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Un projet. Il y a, de temps en temps, ce moment charnière, curieusement grisant où l’on se trouve dans l’attente qu’un projet nouveau, inattendu, se présente à nous pour qu’on le saisisse au vol. Lorsqu’on se sent prêt à accorder du temps à quelque chose que l’on n’a pas encore défini, une bulle d’air dans la vie qu’on cherche encore comment remplir pour s’offrir à soi-même un nouveau souffle.

J’aime bien cette attente, faite de patience, d’une attention accrue à ce qui se produit autour de soi et de toutes les promesses contenues dans un tout petit mot : projet. En ce moment, je cherche un projet. Un tout petit de rien du tout, un projet pour rien. Pour le plaisir de choisir un chemin sans en connaître la destination : on ne sait jamais où peut nous mener un projet.

Dans ce projet, je pense qu’il y aura de la photo. De la photo instantanée. Et une histoire de ciel. Peut-être avec des mots. C’est vraiment délicieux de ne pas encore savoir. Et plus j’y pense, plus il me semble que les projets, au fond, sont ma façon à moi de voyager.

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