Commencer simplement par regarder la mer.

Pour nombre de personnes, l’introspection n’est qu’une complaisance envers soi-même. C’est oublier que nous sommes tous faits de la même pâte, sur le même moule. Tout ce qui existe en vous – la joie, la colère, la sérénité, la peur, le calme, la tristesse – existe dans chaque être humain. Dans différentes proportions et dans de multiples nuances… mais pour l’essentiel vous, moi, n’importe quelle personne que vous croisez dans la rue, nous sommes pareils (n’est-ce pas @ceciledohertybigara ?✨)

Ainsi, regarder en soi, c’est se donner le temps d’observer l’humain de l’intérieur, comment Nous fonctionnons, ce qui Nous agite, Nous porte, Nous fait frémir… votre intériorité est la seule à laquelle vous ayez un accès direct, la seule que vous puissiez intimement questionner et observer. S’en priver, quelles qu’en soient les raisons, c’est se fermer à un océan de connaissance et de découvertes.

Pour autant, je sais que ce n’est pas toujours une voie facile. Ainsi si l’on n’ose pas regarder en dedans, si ce n’est pas le moment, si l’on ne sait pas comment s’y prendre, ou que la route semble pavée de trop de cailloux, il y a une autre solution : La mer. Les mouvements de l’âme ressemblent tant à ce que l’on peut observer de ces gigantesques masses d’eau.

Aussi, si vous ne savez pas comment regarder en vous, commencez simplement par regarder la mer.

Que j’aime cette vue de Granville, prise à la Haute Ville, depuis cette esplanade où l’on domine tout : le casino et la plage à gauche, puis la ville avec ses petits immeubles étroits et hauts qui semblent s’appuyer les uns sur les autres comme des marins ivres, l’église Saint Paul, majestueuse au milieu de ce désordre et qui comme une mère poule, semble garder un œil sur ses petits poussins. Et enfin tout à gauche, l’avant-port et le chantier naval. Plus encore qu’ailleurs en ville : le concert des Goélands, l’air iodé, chargé d’embruns et, selon le vent, les effluves piquants laissés par les kilomètres de vase que découvre la marée les jours de grand coefficient.

L’architecture Granvillaise, je ne sais pas comment l’écrire autrement, me remplit d’émotion. Tout semble construit n’importe comment – on aurait envie de prendre les immeubles et les ranger comme s’il s’agissait d’un jeu de construction – et ce qui est merveilleux : tous les chemins mènent à la mer. J’aime les petits points de brique orangée sur les toits bleus ou gris. Les terrasses et les jardins cachés qu’on peut apercevoir lorsqu’on grimpe la falaise. L’ambiance des différents quartiers. Tour à tour station balnéaire du siècle dernier, ville rude de travailleurs des mers, territoire de repos et de contemplation pour l’artiste. Terre d’enfance et de souvenirs. Granville me transporte à chaque fois.

Il faut que je fasse une liste des incontournables de la ville, au cas où vous vous décideriez pour une escapade.

Quand, avec David, on s’achète le même Sweat « les amoureux du dimanche » 💛

Cette photo, j’ai l’impression, nous ressemble tellement. Lui : son sourire franc, simple, cette souveraine tranquillité, son assurance totalement dénuée d’arrogance. Et beau. Mais beau. Lui, l’équilibre. Et moi avec tout ce dialogue inutile a l’intérieur, ce « oh la la le contre-champ… Rentrer le ventre, rentrer les dents, prendre un air romantique (quelle idée), s’inquiéter du vent, des cheveux pas coiffés, de lui qui est si grand et mince et beau et moi petite et ronde et ordinaire… » Et voilà, une pensée de trop, qui me donne cet air triste alors que toutes les autres secondes, tout ce qui se passe avant, après… je ne pense pas à tout ça et je suis heureuse et c’est tout. Quand il n’y a que la douceur de la vie, avec lui…

Alors que je regarde cette photo, je trouve que l’objectif du téléphone est un salaud : avoir choisi de capturer cette milliseconde-là, précisément ! En même temps la vérité, la justesse désarmante de cette image. Et parce que je nous aime.