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Vous vous souvenez ? Juste avant les vacances, je vous expliquais pourquoi j’ai décidé de faire de Cachemire & Soie un endroit dédié au bonheur et à la créativité. Si je vous parle en particulier d’Internet, des réseaux sociaux depuis quelques semaines, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une terre encore en friche où tant de choses sont à imaginer. Internet a besoin de vous parce vous êtes de belles personnes et que si vous ne proposez pas ce que vous avez de meilleur… alors qui le fera? Et rappelez-vous que vous n’avez pas besoin d’avoir du talent. Vous n’avez besoin que d’être vous, avec tous les trésors que vous portez : votre regard unique sur le monde, vos valeurs, ce qui vous touche et vous émeut. C’est aussi simple que ça :)

Aujourd’hui, comme promis, j’ai répertorié les idées qui me semblent les plus importantes pour faire de sa présence en ligne une expérience positive, aussi bien pour vous que pour ceux qui vous suivent. Comme vous le savez, je vais bientôt vous proposer un accompagnement sur ce sujet : comment partager votre regard sur le monde à travers des photos qui vous ressemblent, à l’aide de votre smartphone… puisque c’est lui que vous avez toujours dans la poche.

Vous êtes nombreuses, à avoir répondu aux questions que je vous ai posées, afin de m’aider à le préparer et je vous remercie très très fort. C’est pour répondre aux principales interrogations qui m’ont été exposées que j’ai eu envie de lister ces six points qui soulèvent chacun un des “freins” principaux qui ont été soulevés.

Alors allez vite vous faire chauffer un petit thé : il y a de la lecture, aujourd’hui, les amis !

– 1 –

Si vous avez peur que votre vie en ligne
ne vous fasse courir le risque – comme – Narcisse, de vous noyer
dans votre reflet
LE POUVOIR DE L’INTENTION

A priori, cela n’a pas grand chose à voir avec la photo. Pourtant, c’est par ce point précis que je commence car pour moi, presque toutes les expériences négatives en ligne – dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles – viennent de là. De cette notion d’intention. On pourrait écrire des livres entiers sur le pouvoir de l’intention, dans nos vies. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’une même action peut-être guidée par une multitude de motivations différentes et que l’intention, finalement, a beaucoup plus d’importance que l’action en elle-même.

Ainsi, avant de publier quoi que ce soit, posez-vous toujours cette question : pourquoi je le fais ?

Si la réponse est : parce que j’ai envie qu’on me dise que ma vie est intéressante/que je suis jolie/bourrée de talent/géniale… sincèrement, abstenez-vous (non pas parce que c’est mal, mais parce que ça vous fait du mal). Si cela ne fait pas forcément une grande différence pour vos lecteurs, l’expérience m’a montré que cela en fait une – et de taille – pour vous. C’est se mettre dans une situation d’extrême fragilité que de publier une photo dans le but d’obtenir de la reconnaissance.

Mais alors pourquoi je la poste, ma photo, si ce n’est pas pour me mettre en valeur?

Vous pouvez être guidée par une multitude d’intentions : vous faire connaître pour promouvoir votre activité, rencontrer de nouvelles personnes, échanger sur un sujet qui vous passionne ou tout simplement : partager, communiquer avec des personnes avec lesquelles vous vous sentez des affinités, déclencher une émotion positive, faire naître un sourire… Toutes ces intentions-là ont un point commun : elles sont un pas vers l’autre. Et dès que vous vous placez dans cette perspective, tout change.

Dans ce cas, le pire qui puisse vous arriver est de manquer votre cible… ce qui est bien moins grave que de vous mettre à croire que nous ne valez rien parce que votre jolie frimousse, ou votre photo des Seychelles n’a pas remporté le nombre de “like” escompté :)

Pour moi, c’est cette notion toute simple d’intention qui transforme absolument tout et vous met à l’abri, une bonne fois pour toutes, du miroir aux alouettes que représente un compteur d’abonnés bien gonflé.

– 2 –

Si vous avez peur de l’aspect technique de la photographie,
que vous croyez que c’est : trop difficile, trop long à apprendre, pas fait pour vous…
LE SYNDROME DE LA PHOTO “QUI NE REND RIEN”

Vous faites peut-être partie de celles qui se désolent, estimant que leurs photos “ne rendent rien”. C’est sans doute parce que vous pensez que votre appareil photo est capable de retranscrire à l’identique ce que vous voyez, voire : qu’il est assez performant pour communiquer ce que vous ressentez au moment où vous prenez la photo.

Je me dois de vous détromper sur cette question : si sophistiqué soit-il, un appareil photo reste une machine, bien plus limitée que votre oeil humain. Ce qui signifie que la plupart du temps, il est moins bon que vous.

Voici un exemple. Vous vous trouvez face à un coucher de soleil magnifique et, naturellement, vous dégainez votre appareil pour l’immortaliser et le partager. Hélas, ce que vous obtenez n’a rien à voir avec le spectacle sublime qui s’étend sous vos yeux. Les couleurs sont saturées, l’image sombre (ou au contraire beaucoup trop claire), le rose s’est mué en rouge moche, l’azur en bleu marine… Bref, vous venez d’atteindre le point “ça ne rend rien”.

Or, il aurait sans doute seulement fallu que vous utilisiez la molette de contrôle de l’exposition pour obtenir une image beaucoup plus proche de ce que vous voyez. Une simple petite manip que l’on peut apprendre en quelques minutes et qui change absolument tout.

Vous voulez essayer ?
Voici comment procéder, sur un Iphone : commencez par faire le point (choisir la zone de netteté) en déplaçant le viseur sur votre écran. Une fois que c’est fait, appuyez quelques secondes sur le viseur, jusqu’à voir apparaître l’indication “verrouillage AE/AF” et un petit soleil sur le côté droit de votre viseur. C’est ce petit soleil qui vous permet de régler l’exposition. Dit en langage courant : de contrôler la luminosité de votre image. Amusez-vous à le déplacer pour comprendre comment ça fonctionne. Sinon, vous pouvez utiliser par exemple “ProCaméra” (j’utilise cette application depuis des années, elle coûte autour de 6 euros, mais en vaut largement la peine) qui propose automatiquement deux curseurs : le focus et l’exposition.

Et voilà : en quelques secondes, vous avez pris en main un aspect technique super important !

Vous avez vu comme c’était facile, finalement? Et comme ça peut tout changer? Et en plus, cela vous a permis de gagner un temps fou, puisque vous ne passez pas des heures à retoucher votre photo, ou à chercher le filtre qui pourrait l’améliorer. Les bases de la photo ne sont pas très compliquées et en connaître les cinq-six points clef vous fera gagner à la fois beaucoup de temps et de satisfaction.

– 3 –

Si vous croyez que les gens que vous suivez sur Instagram
ne retouchent jamais leurs photos :
RETOUCHER C’EST PAS TRICHER

On a tendance à croire qu’une photo “juste”, “vraie”, “authentique” est une photo non retouchée. Rien n’est plus faux. Je vous assure que presque toutes les photos que vous voyez passer sur Instagram sont passées par la case “retouche”. Les miennes le sont à 98%. Les 2% restant étant le fruit de moments de grâce où on se trouve au moment précis où la lumière est parfaite, où on a le temps de soigner son cadre et qu’on attrape le bon mouvement au bon moment. Si je devais attendre ça à chaque fois, laissez-moi vous dire que j’attendrais longtemps.

Donc oui : la plupart des photos sont retouchées. Et ceci pour deux raisons.

Restituer la réalité
Eh oui ! La première fonction de la retouche est de corriger l’appareil photo, qui ne sait pas toujours comment traiter telle ou telle information. Ou bien tout simplement de corriger vos approximations à vous. Dans tous les cas, il s’agit de mieux rendre compte de la réalité. D’ailleurs, on appelle plutôt ça « éditer » ou « corriger ».

Un petit exercice?
Si vous prenez une photo le soir à l’extérieur, la lumière sera probablement un peu bleutée. Comme votre oeil sait s’adapter, vous vous voyez bien du blanc, mais votre appareil photo, lui, ne sait pas faire ça et il interprète le blanc comme du bleu (sauf si vous savez utiliser la balance des blancs, mais c’est une autre histoire). Ainsi, si vous voulez retrouver les couleurs ou la lumière que vous voyez, vous n’avez souvent pas d’autre choix que d’en passer par un brin de retouche.

En l’occurrence pour corriger le problème que je viens de vous exposer : il vous suffit de pousser le bouton “température”de votre logiciel de retouche vers la droite (sur Vsco, par exemple) afin de lui ajouter du jaune, ce qui aura pour effet d’atténuer – voire de faire complètement disparaître – l’aspect bleuté de votre image.

Dans l’exemple ci-dessous, j’ai aussi augmenté la luminosité de l’image. Vous remarquez que la théière est totalement bleue à gauche, presque blanche à droite.

Photo-bleutee


Ainsi, même si vous militez en faveur des photos authentiques et réalistes (ce qui est votre droit le plus absolu, loin de moi l’idée de vous convaincre que mon obsession pour les photos lumineuses et colorées est une règle à suivre), vous gagnerez forcément à vous intéresser un peu aux aspects principaux de la retouche photo, qui vous permettront de gagner en réalisme, justement et en authenticité.

Restituer des émotions
Mais la retouche photo, c’est aussi un terrain de jeu génial pour vous aider à raconter vos émotions, mettre l’accent sur ce que vous voulez partager ou transmettre. Retoucher vos images, apprendre à vous éloigner de la réalité, peut contribuer énormément à les rendre plus expressive et plus lisibles.

Si je prends en photo un coucher de soleil uniquement pour moi, je n’ai aucune raison de me fatiguer : j’étais présente au moment où j’ai pris la photo et ce bel instant, je l’ai vécu. Il est, d’une certaine manière, gravé en moi. La photo que je prends n’est donc qu’un petit marqueur qui m’aidera à me souvenir de ce moment précis au cas où j’en aurais envie et si les couleurs sont moins belles sur la photo que dans la réalité, franchement, ce n’est pas un drame. Si je décide de la partager, en revanche, les choses sont très différentes : les personnes à qui je présenterai cette photo n’étaient pas présentes, il faut donc que je m’interroge sur la manière dont je pourrais restituer l’ambiance, afin de la leur faire ressentir, à eux aussi. Cela peut passer par un choix de cadrage et par des décisions spécifiques au moment de la prise de vue… mais aussi, bien souvent, par un peu de retouche.

Voici un exemple

Photo-retouche

J’ai pris cette image un matin, alors que j’étais en voiture. C’était vraiment joli, cette fumée rose, comme de la barbe à papa, d’autant plus joli à mes yeux que cela se passait sur le périph à une heure de pointe un lundi matin très tôt et que j’allais chez le médecin. Ce petit rayon de soleil qui émergeait de la grisaille, c’était exactement ce dont j’avais besoin. Mais je n’avais que quelques secondes pour faire la photo (puisque nous étions en voiture), aucune possibilité de travailler mon cadrage (pour la même raison) et le paysage alentour – le périph, donc – était franchement vilain. Retoucher la photo était donc ma meilleure option.

Voici les retouches apportées à l’image :

– Un recadrage, pour éliminer la mocheté du cadre tout en gardant quelques indices sur le lieu où je me trouvais (les réverbères) afin de rester dans le contexte.

– Un travail pour améliorer la luminosité : les nuages étant très clairs, l’appareil photo a naturellement assombri l’image et le pare-brise légèrement teint n’aidait pas. Il m’a donc fallu l’éclaircir pour la ramener au plus près de la réalité.

– Ensuite, ça a été une question d’interprétation : j’ai ajouté un petit travail sur les teintes, pour rendre l’image plus rosée. Eclaircir l’image a naturellement “lavé” les couleurs et mes nuages roses sont devenus tout pâlichons, il me fallait donc trouver une solution pour leur rendre leur éclat. Et j’aimais bien cette petite pointe de rose, aussi, dans le bleu du ciel. Plus un ou deux points de saturation. Parce que. Mais j’aurais pu faire une infinité de choix différents, pour obtenir un rendu différent.

C’est là qu’intervient le regard de chacun. Pour certains, le résultat sera beaucoup trop saturé et donc “faux”, pour d’autres ce sera “juste”. Et en fait peu importe : ce qui compte à ce point du travail, c’est que cela vous parle à vous, que cela vous semble fidèle à ce que vous avez envie de faire passer ou à ce que vous voulez partager. De toute façon, vous ne pourrez jamais plaire à tout le monde, alors autant prendre le parti de vos préférences, quoi qu’il arrive, non?

Enfin, n’oubliez pas qu’il n’est écrit nulle part que les photos doivent à tout prix rendre compte de la réalité ! Ce n’est qu’un choix esthétique parmi d’autres :)

– 4 –

Si vous avez peur d’attirer sur votre compte des personnes malintentionnées
ou tout simplement avec lesquelles vous n’avez pas envie d’échanger.
CHOISISSEZ VOS LECTEURS

Vous pensez peut-être que vous ne pouvez pas choisir les personnes qui vous suivent. Mais ce n’est pas tout à fait vrai : en réalité, vous pouvez très bien choisir à qui vous vous adressez… au moins en pensée.

Rien ne vous empêche d’imaginer “un lecteur idéal”, le type de personne à laquelle vous avez envie de parler, avec laquelle vous éprouvez des affinités et l’envie d’échanger. C’est de cette manière que vous vous donnerez le plus de chances de créer une communauté avec laquelle vous vous sentirez parfaitement en accord et que vous attirerez à vous effectivement le type de personne avec lesquelles vous avez des affinités. Et puis c’est également un excellent guide pour déterminer la nature de vos publications : si votre lecteur idéal est un rat de bibliothèque et que vous avez envie d’échanger sur de la littérature, vous ne vous adresserez pas à lui de la même manière que si votre lecteur idéal est un voyageur passionné avec lequel vous avez envie de parler du bout du monde.

Vous voulez savoir qui est mon lecteur idéal? Ma meilleure amie. Quand je publie quelque chose ici, ou sur mon compte Instagram, je m’adresse toujours à une sorte de “meilleure amie imaginaire”, un condensé de tous les gens que j’aime et dont l’opinion est importante à mes yeux. Une personne que j’aime infiniment et qui m’entoure de toute sa bienveillance. C’est ce qui m’aide à toujours essayer de faire de mon mieux. Chaque fois que je me dis que ce n’est pas assez bien pour ma meilleure amie, c’est que ce n’est pas encore assez abouti pour être publié et je me remets au travail.

Est-ce que cela immunise totalement contre les casse-pieds, les pénibles et les trolls? Je préfère être honnête : pas tout à fait. Mais lorsqu’ils se manifestent, ce n’est pas très difficile alors de les percevoir comme ce qu’ils sont : des voyageurs égarés, arrivés chez vous par erreur. Dans ce cas, il vous suffit simplement de les raccompagner gentiment à la porte ou de leur expliquer quelles sont les règles de votre espace, s’ils semblent décidés à revenir vous dire bonjour :)

– 5 –

Si vous avez peur que votre intimité ne vous échappe
et de partager trop de choses, avec trop de gens.
DEFINISSEZ VOTRE PROJET

L’un des aspects quelquefois effrayant d’internet est celui-ci : on a peur de dévoiler sa vie privée. D’ouvrir trop grand la porte. Si c’est votre cas voici votre mot clef : projet.

Un projet vous permet de définir un cadre, et donc des limites. Et celui-ci n’a pas besoin d’être ultra complexe : une photo par jour, une couleur par semaine, un cadrage toujours identique, un thème… En vérité, peu importe. L’objectif est seulement de créer un filtre entre vous et ce que vous choisissez de partager.

Un exemple : ce n’est pas la même chose, si vous partagez une photo de votre progéniture parce que vous trouvez que tout ce petit monde est merveilleux (il l’est!), ou si vous le faites pour illustrer un moment heureux de la vie de famille dans le cadre de votre projet “365 jours dans une maison de campagne”.

Dans le premier cas vous parlez de vous et exposez votre vie privée sans filtre. Dans l’autre, vous parlez de la vie de famille. Avec votre regard, votre sensibilité, certes, mais vous abordez-là un sujet universel dont vous n’êtes plus, tout à coup, qu’une illustration au service de votre propos.

Vous n’avez d’ailleurs pas besoin de l’exprimer, votre projet, il peut très bien rester “entre les lignes”. Mon projet à moi, est tout simple et il n’est écrit nulle part : partager ce pourquoi j’éprouve de la reconnaissance. Ce qui me réjouit et me rend heureuse. Mais depuis un moment, je sens que j’ai envie de partager aussi, autre chose : les gens que j’aime. Leur trouver une place, les mettre en avant. Alors je cherche une manière de le faire qui soit assez cadrée pour permettre de ne pas franchir la ligne de notre intimité… et parfois cela prend du temps alors je garde cette idée dans un coin de ma tête jusqu’à ce que je trouve enfin une manière de faire qui me convienne.

Enfin, n’oubliez pas que nulle règle ne précise qu’Instagram (votre blog, votre compte Facebook…) sont supposés rendre compte de votre vie. Vous êtes parfaitement libres de faire de votre espace ce qui vous fait plaisir. Rien ne vous force à publier vos images en temps réel, ni à rendre compte de tout ce qui se passe dans votre vie.

Alors racontez-moi : ce sera quoi votre projet à vous?

– 6 –

Si vous avez peur de ne pas être à la hauteur ou de ne rien apporter d’intéressant
NE VOUS SOUCIEZ PAS D’ÊTRE INSPIRANTE : VOUS L’ÊTES !

Ce sont LES mots qui reviennent sans cesse. Les gens “inspirants”, les magazines “inspirants”, les comptes instagram “inspirants”. Est-ce que pour autant, vous devez chercher à être inspirant (même si cela semble être le graal ultime)?

À mon avis, non. Parce qu’à partir du moment où vous partagez les moments qui vous sont précieux, vous l’êtes de toute façon. L’une des grandes phrases-guide de ma vie est celle-ci : “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”. Elle nous vient de Gandhi. Je crois profondément que notre seul véritable travail, tout au long de notre existence, est de faire de notre mieux pour devenir la meilleure personne possible, chercher à être en accord avec les valeurs qui sont les nôtres, avec nos croyances, nos aspirations… Et que c’est la seule et unique manière de convaincre. Et « convaincre » n’est rien d’autre qu’une autre manière de dire « être inspirant ».

Ce que vous êtes transparaîtra toujours à travers ce que vous faites, souvent d’une façon dont vous n’avez même pas conscience. C’est cela, précisément, qui peut être une source d’inspiration pour ceux qui vous suivent. Mais je crois aussi que c’est quelque chose qui vous échappe forcément et qu’il est illusoire de chercher à maîtriser ça. C’est la raison pour laquelle je ne pense pas que ce soit une question à se poser, de savoir si l’on est inspirant ou pas.

Tous les comptes que je suis sont pour moi une source d’inspiration, à un titre ou un autre, mais je ne suis pas sûre que les personnes qui les tiennent seraient capables, si on leur posait la question, de dire pourquoi elles sont inspirantes… ni que toutes les personnes qui les suivent répondraient la même chose à cette question.

Sur ce point je n’ai donc qu’un conseil, mais il est important : soyez-vous même, c’est ça qui est véritablement inspirant.

– 7 –

Si vous avez peur de passer à côté d’un bon moment,
trop occupée que vous êtes à le photographier
VIVRE LES CHOSES, AUTREMENT

J’entends souvent cette remarque : « mais ils en oublient de savourer l’instant, tous ces gens, à force de prendre en photo tout et n’importe quoi ! » Et vous, qu’est ce que vous en pensez ? 

Pour moi, les choses sont plus nuancées. Evidemment, si portée par une communauté active, vous vous sentez l’obligation d’avoir des choses à montrer en permanence, il n’est pas impossible que la quête perpétuelle d’un sujet « instagrammable » (mot horrible) devienne vite très pesante. Mais là encore, je vous ramène à la notion d’intention, qui devrait vous aider à faire le tri entre ce qui est bon pour vous et ce qui l’est moins.

Pour moi, prendre une photo, c’est surtout une manière d’arrêter le temps et contempler tranquillement, pleinement ce qui fait l’objet de mon intérêt. Que ce soit une belle lumière, l’imprimé ravissant d’un coussin, mon chat qui dort ou une pâtisserie appétissante… je m’accorde alors le temps d’être totalement avec mon sujet. Je le scrute, je suis attentive aux détails et alors, une multitude de choses s’ouvrent à moi, que je n’aurais jamais pu observer sans ce temps dont je me fais cadeau pour immortaliser l’instant. Je vais même vous dire : souvent, ça ne donne aucune photo intéressante. À ce moment-là, c’est moins le résultat qui compte que l’instant, justement.

Prendre une photo, ce peut être aussi le meilleur moyen d’être totalement connectée à ce que vous vivez. Etre parfaitement dans l’instant présent. Parfaitement au contact du bien-être que vous procure ce moment. Il y a aussi quelque chose de très méditatif, dans le fait de prendre une photo.

 

– Et maintenant? –

Bon. On ne va pas s’arrêter en si bon chemin, n’est-ce pas? La semaine prochaine, je vous invite à passer aux travaux pratiques ! Mon accompagnement n’est pas encore disponible (bientôt!), mais je vais vous montrer plus précisément comment vous pouvez commencer à mettre tout ça en place : faire de votre compte Instagram un fil de gratitude pour ces moments précieux du quotidien, ceux que vous remarquez, mais que vous avez parfois du mal à retranscrire en images.

Je vais vous inviter à un challenge sur 7 jours – promis juré, ce sera rigolo, facile, plaisant et nous donnera l’occasion de partager plein de jolies choses ensemble ! Alors s’il y a des questions techniques que vous vous posez, des petits secrets que vous rêvez d’apprendre, c’est le moment où jamais de me les poser dans les commentaires : j’adapterai le challenge en fonction !

Pour ne pas le rater : laissez moi votre mail ci-dessous, afin que je puisse vous envoyer les infos par mail. Et si vous connaissez des personnes qui pourraient être intéressées, pensez à partager cet article !

À la semaine prochaine !

Je veux participer !




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La semaine dernière, pour les besoins d’un projet, j’ai passé pas mal de temps à trier les innombrables photos qui, depuis des années, s’entassent dans mes disques durs. Une chose en entraînant une autre, j’ai également passé des heures à m’interroger sur la place de la photo dans ma vie. Pourquoi je les prenais, ce qui m’avait donné l’élan d’apprendre et ce que cela apportait dans ma vie… Et alors, je me suis amusée à fouiller sur Cachemire & Soie à la recherche de la toute première photo publiée ici, sans savoir exactement ce sur quoi j’allais tomber. Voici ce que j’ai exhumé du plus profond de mes archives…

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Ahah! C’est drôle, je me souviens de ce moment. Peut-être aurez-vous du mal à me croire, mais j’ai pris cette photo avec beaucoup d’application et je l’ai longuement retouchée avant de me décider à la publier. À une époque où les filtres automatiques n’existaient pas encore, il fallait un véritable savoir-faire pour effectuer les retouches les plus simples. Savoir-faire que, de toute évidence, je ne possédais pas. Mais j’avais probablement fait ce que je pouvais espérer de mieux avec les outils et les compétences dont je disposais, à savoir absolument AUCUN. Et je me rappelle que je la trouvais très bien, moi, cette photo.

Et alors une multitude de souvenirs est remontée à la surface…

La première fois où j’ai utilisé un filtre “traitement croisé” et où soudain, tout le monde s’est mis à trouver que mes photos étaient jolies. À l’époque, il s’agissait de scripts sur photoshop et rares étaient celles, dans le petit monde des blogs, qui savaient les utiliser, ce qui me donnait une longueur d’avance. Tout le monde s’est mis à me demander des conseils, et j’entretenais le mystère, terrorisée à l’idée qu’on découvre qu’il ne s’agissait, en fait, que d’une supercherie. Presque un poisson d’avril, tant c’était enfantin : j’appuyais sur un bouton et pouf tout devenait joli. Et puis les filtres automatiques sont apparus et il a bien fallu que je m’intéresse de plus près à la manière dont fonctionnait un appareil photo pour conserver ce peu de crédit, acquis sur un parfait malentendu :)

Ainsi, c’est sur une supercherie que tout a vraiment commencé

Ensuite, il y a eu mon premier reflex, qui me donnait l’impression de posséder une baguette magique. Pendant deux ou trois ans, je ne m’en suis pas séparée une minute. À cette époque, j’ai pris des milliers de photos. Des dizaines de milliers. De tout. De presque rien. De poussières sur la moquette qui, tout à coup, parce que je m’intéressais à elles devenaient séduisantes. C’était extraordinaire.

Je me trouvais sans cesse confrontée à des difficultés que je ne savais pas comment dépasser, des moments dont je ne parvenais pas à rendre compte, des instants qui me passaient sous le nez. C’était foisonnant, riche, excitant.

Oh ! Et ce livre “Apprenez la photo », avec son chapitre consacré à la colorimétrie. En grand sur une page, on pouvait voir l’image correctement retouchée, puis une série de vignettes pour expliquer : “celle-ci est trop jaune, celle-ci trop verte, celle-là tire vers le rouge”. Moi, je ne voyais pas la moindre différence. Des années plus tard, en faisant du tri, je suis retombée sur ces pages. Cette fois, je n’avais besoin d’aucune légende pour voir les défauts des images. Le plaisir que c’était de pouvoir mesurer mes progrès.

Je me suis rappelée toutes les expérimentations plus ou moins hasardeuses sur ce blog. Et ce commentaire agressif d’une personne qui m’écrivait, visiblement très énervée : “cette fois, trop c’est trop ! La surexposition à outrance et les filtres, ça devient insupportable à la fin !” Et moi avoir pensé, alors : “Oui, c’est peut-être vrai. Peut-être que ce n’est pas très bon, tout ça. Mais je me l’autorise. Je m’autorise à apprendre. Ce n’est pas grave, de ne pas donner son meilleur à chaque fois parce que même quand on croit qu’on recule, en vrai on ne fait qu’avancer, toujours”. À quel point cela m’a aidée, de réaliser cela.

J’ai tellement aimé découvrir que faire des photos n’impliquait pas de se couper d’un moment pour l’immortaliser, qu’il s’agissait seulement de le vivre autrement. Un peu comme on prend du recul sur ses pensées : prendre du recul sur ce que l’on vit, ce que l’on voit. Tout ce que l’on perçoit différemment derrière l’objectif d’un appareil photo…

Et ce moment, que je ne saurais pas trop dater, où j’ai progressivement délaissé mon reflex, enchantée par la légèreté de mon premier smartphone. Habitude que je n’ai pas quittée, depuis. C’était délicieux de me remémorer de tout ça…

J’en arrive à ce que je voulais vous dire aujourd’hui : vous n’avez pas besoin d’avoir du talent.

Si ce qu’on appelle “le talent” consiste en une aptitude innée pour une discipline donnée, il est officiellement acquis que je n’en ai jamais possédé la moindre petite goutte. Et vous savez quoi? À la réflexion, je considère cela comme une chance.

Je ne me suis jamais inquiétée, par exemple, d’être originale. Je n’ai jamais rien eu à prouver, ni à revendiquer. L’attente d’un quelconque succès ne m’a jamais dévoré les entrailles. Je n’ai eu qu’à suivre les chemins de ma curiosité. C’est tout.

Et ça ne m’a pas empêchée de vivre des instants mémorables, comme ce jour où un magazine à gros tirage m’a contactée pour utiliser mes photos de San Francisco. Ou ce projet pour un éditeur avec lequel je travaille en ce moment. Le fait de ne pas éprouver d’attente démesurée pour quelque chose, le fait de ne pas vous y consacrer corps et âme n’exclut pas la possibilité que cela vous emmène quelque part. Mais en vérité, même sans tout cela, je me sentirais gagnante.

Car ce qui me passionne en photo, c’est ce moment où l’on arrive cherche à faire cohabiter dans une même image ce que l’on voit et ce que l’on ressent. À le rendre intelligible. Je ne parle pas seulement d’enregistrer un souvenir ou un moment, mais de chercher à le retranscrire. Et donc le partager. Pour moi, prendre des photos est devenu un instrument de bonheur à part entière, une manière tout particulière de me connecter aux autres aussi bien qu’à moi même. Et le talent n’a rien à voir, dans cette équation-là.

Lorsque je remonte le fil de mon compte Instagram, c’est toujours un moment agréable, qui me fait l’effet de dérouler tranquillement une pelote d’instants heureux. Sincèrement, j’adore cet endroit et je chéris chacune des images qui y sont publiées. En y réfléchissant, il me fait un peu penser à un carnet de gratitude.

Alors évidemment, lorsqu’une photo reçoit son lot de petit coeurs sur Instagram, c’est un immense plaisir. Mais il reste quoi qu’il arrive la trace d’un bon moment vécu. Le plaisir pris à faire l’image. Et celui, en la partageant, de produire peut-être un éclat de joie dans la journée de quelqu’un d’autre, d’échanger sur des choses positives. Vous vous souvenez, ce dont on a parlé la dernière fois? ;)

Pour la semaine prochaine, je suis en train de préparer un article qui vous raconte tout cela en détail : comment vous pouvez vous y prendre vous aussi, pour créer un espace à votre image, prendre des photos qui font du bien, à vous comme à ceux qui vous suivent. Nous allons voir comment faire de votre compte Instagram un lieu dédié au bonheur, un fil de gratitude où s’expriment vos émotions, ce qui vous touche et vous fait vibrer, y compris si vous ne possédez ni talent, ni connaissance particulières.

Alors dites-moi! Qu’est-ce que vous aimez partager, vous, sur les réseaux sociaux? Quelle relation entretenez-vous avec ce que vous publiez? Qu’est-ce qui vous touche? Qu’est-ce qui vous arrête encore, alors que vous avez envie de vous lancer?

PS : Merci pour vos petits mots ! J’ai été malade, ces trois dernières semaines, mais tout est rentré dans l’ordre à présent. Il paraît que mon corps récupère étonnamment vite et bien. Je sais que toutes les bonnes ondes que vous m’avez fait parvenir y sont pour quelque chose.

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Quelle est la place des réseaux sociaux dans votre vie? Si vous suivez ce blog, je parie sans prendre de grands risques que vous en avez une, quelle que soit sa forme. Et que vous vous êtes déjà interrogée sur tout ça : qu’est-ce que ça m’apporte ? Et moi, qu’est-ce que j’ai à dire, à montrer, à cacher, à défendre ? Comment me protéger ? Est-ce que tout ça n’est pas factice ? Et la vraie vie la-dedans?

Je ne compte plus les articles destinées à vous mettre en garde sur les dangers d’une exposition trop fréquente à Internet et plus particulièrement aux réseaux sociaux, nouvelle bête noire des médias de tous poils (y compris numériques) supposés nous entraîner inéluctablement dans des gouffres d’insatisfaction… Comme si, intrinsèquement, les réseaux sociaux étaient responsables de tous les maux dont on les accuse. Souvent, cela me donne l’impression d’une sorte de lobby destiné à sauvegarder son petit pré carré, un peu comme quand on lance à la cantonade que sa glace à la verveine est infecte, simplement parce qu’on n’a pas envie de la partager.

Parce que les réseaux sociaux, en vrai, ne sont jamais rien d’autre que ce que l’on fait d’eux.

S’il y a une chose qui m’émerveille toujours, aussi totalement aujourd’hui que la première fois ou j’ai entendu le crincrin exaspérant d’un modem 56K, c’est la liberté absolue qui nous est offerte sur Internet et qui n’a rien, absolument rien de virtuel. Aujourd’hui, les outils dont nous disposons pour faire entendre notre voix, nos idées, pour partager notre vision du monde ou notre créativité dépassent, littéralement, l’entendement. Et je ne parle pas, bien entendu, des opportunités de se rencontrer, créer des connexions, entrer en communication. Etourdissantes.

Et ce qui est encore plus merveilleux : on a même le droit de ne pas être créatif, inspirant, bouillant d’idées. On a même le droit d’être moyen, de se rater, d’essayer et de recommencer. On a le droit d’apprendre, de se perfectionner, de ne pas être au top immédiatement. Il suffit simplement d’avoir envie de participer, d’avoir quelque chose à offrir. Toutes les contributions sont acceptées. Absolument toutes.

Connaissez-vous un système plus démocratique que celui-ci, vous?

Internet, au fond, ce n’est qu’un lieu de contribution et de partage : chaque fois que vous publiez ou partagez une image, un texte, une réaction, une idée, vous participez à étendre ses frontières. Et il me semble que c’est très important d’en avoir conscience : il n’appartient qu’à nous de faire de notre présence en ligne une expérience positive. De choisir ce que l’on partage et comment on le fait. Il n’est que de notre ressort d’en faire un instrument de bonheur et d’épanouissement… ou bien tout son contraire.

Je connais tant de gens extraordinaires, autour de moi, qui rêveraient de se lancer (lancer un blog, un compte Instagram, faire des vidéos ou que sais-je), qui ont des idées, des envies, parfois même de grands rêves et qui faute d’un petit coup de pouce, restent indéfiniment au stade du “je n’ose pas”. Par peur d’être jugés, ne pas avoir assez à dire ou à montrer, de faire mal, de ne pas “être à la hauteur”…

Internet porte en lui tous les chemins, tous les possibles. Que vous ayez un grand rêve à concrétiser ou simplement l’envie de partager au quotidien vos plus menues sources de joie, il y a de la place pour vous. Toute la place que vous pourriez désirer et même bien davantage encore.

Je me demande souvent ce qui serait arrivé, dans ma vie, sans cette fenêtre merveilleuse ouverte sur le monde. Je ne compte pas les amis, les opportunités, les chances, les rêves réalisés et ceux qui ont surgi de ce qui était au départ un tout petit espace. Un rien du tout de quelques lignes, balancé au hasard dans l’Univers. Je n’oserais même pas énumérer ici tout ce que cette présence en ligne a apporté dans ma vie et apporte encore chaque jour.

Alors si, à l’heure qu’il est, vous faites partie de ceux qui “ont envie mais…”, je vous propose de faire une petite chose toute simple : arrêtez de faire des colonnes de “plus” et de “moins” dans votre tête. Les moins, je suppose que vous en avez déjà une idée précise (le monde et les médias se sont bien chargés du boulot), mais les “plus”… souvenez-vous seulement que vous ne pouvez en entrevoir aujourd’hui qu’une partie infime.

Quel que soit ce que vous avez à donner, à offrir, à partager, soyez certain que vous rendrez service à quelqu’un, même si ce quelqu’un vous ne le connaîtrez peut-être jamais. Internet – n’en doutez pas une seule seconde – Internet a besoin de vous. De votre bienveillance, de votre regard unique sur le monde, de votre gentillesse, de votre créativité, de vos idées… Vous n’imaginez pas à quel point chaque idée positive, chaque belle image, chaque commentaire encourageant joue son rôle. Et vous n’imaginez sans doute pas à quel point ce simple petit pas de rien du tout peut changer votre vie. En bien.

N’en perdez pas une miette !




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Bienvenue2016

La première semaine de janvier est déjà écoulée et… je suis déjà en retard, preuve s’il en était besoin, que les bonnes résolutions sont une énorme arnaque.

Grâce à vous, les derniers jours de cette terrible année 2015 se sont achevés dans la joie. L’enthousiasme avec lequel vous avez accueilli ce dernier billet, et les centaines de réponses que vous avez pris le temps de m’envoyer ; tout ce que vous avez eu la gentillesse de partager avec tant de générosité, c’était incroyable. Littéralement incroyable. J’en suis encore toute étonnée. Presque sonnée. Et en lisant vos réactions (pour être franche, elles sont si nombreuses que je n’ai pas encore terminé) je mesure mieux les liens qui existent entre nous, tout ce que nous partageons, ce petit fil invisible, mais bien réel qui existe entre nous. En vous lisant, je ne sais pas combien de fois j’ai pensé que j’aimerais vous rencontrer en vrai… D’ailleurs, dites-moi, ça vous plairait?

Les quelques jours qui ont suivi la publication de ce dernier billet ont été un moment de grâce, comme on n’en connait pas tous les jours dans sa vie. Je voulais prendre le temps de vous le dire et de vous remercier du fond du coeur, avant de vous souhaiter… de vous souhaiter quoi, d’ailleurs, pour 2016?

De traverser votre vie avec courage.

Le courage d’affronter les épreuves, évidemment, mais surtout celui de regarder en face tout ce qui en fait la beauté et le prix. Je vous souhaite le courage de regarder la lumière, même quand elle éblouit. Et ce qui est le plus difficile : le courage de regarder votre propre lumière.

Et aussi d’entreprendre, de créer, d’aimer, de partir le nez au vent si le coeur vous en dit et de changer le monde. Je vous souhaite d’être totalement vous. Et à nous, je nous souhaite de partager plein de choses. Mieux que ça, je nous souhaite de vivre ensemble une grande et belle aventure.

Rendez-vous dès la semaine prochaine !