Mr. Fox

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Des renards. C’est en les croisant que j’ai réalisé que je n’en avais encore jamais vu ou alors sur une route mal éclairée, une étincelle rousse à la lisière d’un bois… si furtivement que ça ne compte pas vraiment. Lorsque nous avons croisé leur chemin, nous étions justement en train de nous demander pourquoi la vitesse venait soudainement d’être limitée à trente kilomètres heures, sans raison apparente.

C’est ravissant un renard. En le regardant se mouvoir et réagir aux différents éléments de son environnement, on comprend tout de suite pourquoi c’est un animal de contes, de légendes et d’histoires. Immédiatement, on a envie de leur donner des noms en fonction de ce que l’on peut déceler de leur tempérament. Leur regard et leur corps véhiculent toute sorte d’émotions que bien sûr on ne comprend pas forcément, mais qui se succèdent à toute allure un peu comme celles des jeunes chats à ce moment de leur vie où ils veulent toujours jouer. Ils sont vifs, agiles, joueurs et vraiment très malins. Si vous les aviez vu nous faire du charme pour obtenir un petit quelque chose à manger…

Nous avons rencontré ces renards sur une petite route qui traverse le parc National de l’île du Prince Edouard, entre Cavendish et North Rustico (nous avons d’ailleurs passé la nuit dans un motel pas mal du tout pour moins de $90, en plein cœur du parc, le St Lawrence Motel). J’aimerais vous faire croire que cette rencontre au détour d’une route de campagne était exceptionnelle – j’aimerais y croire moi-même – mais l’abondance de voitures arrêtées sur le bas-côté en même temps que nous ce jour-là m’interdit de me raconter des histoires.

Car bien entendu, réserve naturelle ouverte aux visiteurs oblige : ces animaux sont copieusement nourris par les touristes, qui ne peuvent résister au plaisir de lâcher quelques miettes de sandwich, de biscuits apéritif ou de frites froides pour les voir immédiatement accourir aux pieds de la voiture. Nous avons même croisé une femme qui leur offrait à manger à la main. En regardant cette scène, j’ai pensé au renard du Petit Prince.

Ils sont habitués à recevoir de la nourriture : ils s’offrent même le luxe de la choisir. Un peu comme s’ils réclamaient le paiement pour le passage des visiteurs, ils s’approchent facilement de toute voiture arrêtée, viennent par groupe de deux, trois, quatre ou même davantage (nous en avons compté jusqu’à neuf, visibles en même temps sur la route, attardés autours de divers véhicules) et ne craignent pas de vous regarder dans les yeux, souverainement allongés à quelques centimètres de la voiture, attendant l’obole. Il sont si peu craintifs que je ne suis même pas sûre que l’on puisse encore parler d’animaux sauvages ; Dieu seul sait s’ils savent encore chasser. J’espère que oui, principalement à cause de l’hiver qui les prive forcément de la manne nourricière offerte par les touristes. Là encore, j’ai pensé au Petit Prince : est-ce qu’on a le droit de jouer à les apprivoiser si c’est pour les laisser se débrouiller quand arrive l’hiver?

Nous avons donc résisté au plaisir de leur donner nous aussi un petit quelque chose à manger, mais je garde de ces instants un souvenir absolument magique. Nous avons observé leur petit manège pendant un long moment. C’était en fin d’après-midi, mais je crois que si nous les avions croisé au petit matin, nous aurions passé le jour entier dans la voiture à contempler leurs jeux, leurs opérations séduction près des voitures et aussi leurs disputes. Merci, renards.

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DIY – Les fleurs d’Adeline

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Il y a quelques jours, j’étais invitée par mon amie Adeline qui vient, une nouvelle fois, de sortir un livre extraordinaire, entièrement photographié par l’adorable et si talentueuse Emilie Guelpa qu’on ne présente plus. L’objet de l’invitation : un petit atelier pour apprendre à réaliser des fleurs en papier issues de son dernier livre « Fêtes en Papier » (Marabout).

Les fleurs que je vous présente ici ne sont pas tout à fait les mêmes que celles du livre d’Adeline, mais la technique pour plier la feuille en cinq pétales est celle qu’elle nous a montré ce soir-là. Je vous laisse le plaisir de découvrir la méthode complète pour réaliser les fleurs de cerisier par vous-même en feuilletant son livre.

Ces petites fleurs sont très simples à réaliser et, une fois que vous avez le coup de main, il ne vous faut pas plus d’une minute ou deux pour en faire une. Comme nous l’a montré Adeline, c’est aussi en superposant les fleurs et en les maintenant avec une petite attache parisienne que le résultat est le plus joli. Vous pouvez, enfin, ajouter un petit cœur de fleur découpé dans un emporte-pièce, comme c’est le cas sur certaines fleurs photographiées ici.

La base est toujours un carré, toutes les tailles conviennent, y compris, si vous en avez la patience, de très petits carrés. Vous pouvez aussi utiliser tous les papiers qui se plient correctement : papier japonais, mais aussi papier à dessin fin, papier kraft… En principe, vous ne devriez pas avoir besoin d’explications écrites pour réaliser le pliage, mais si vous avez des questions, n’hésitez pas, je vous répondrai dans les commentaires. Bon vendredi les amis!

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Surf Guard

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Parmi les petites villes où l’on vous recommandera souvent de faire escale sur l’île du Prince Edouard, vous entendrez certainement parler de Cavendish. Située tout au nord de l’île, Cavendish est surtout connue pour être le berceau de ce merveilleux roman de Lucy Maud Montgomery qui a bercé l’enfance de tant de petites filles : Anne of Green Gables – Anne aux Pignons verts. D’une manière générale, vous trouverez souvent sur l’île des références à ce roman. La petite Anne au tresses rousses en est incontestablement l’une des emblèmes.

Malheureusement, j’ai dû passer à côté des lieux les plus intéressants – c’est l’inconvénient de voyager le nez au vent sans avoir presque rien préparé, car Cavendish m’est plutôt apparue comme une agglomération construite un peu artificiellement pour les loisirs d’été : visite de la fameuse maison aux pignons verts du film tiré du roman, minis parcs d’attractions et enfilades de pavillons en tôle, construits à la hâte à destination des vacanciers. Bref, je n’ai pas été renversée par l’endroit. Par contre, le chemin côtier qui mène à Cavendish depuis l’Est de l’île lui, m’a littéralement enchantée. Cette plage en particulier, loin, vraiment très loin de l’univers d’Anne aux Pignons Verts (dans lequel je nourrissais pourtant de grands espoirs).

Jamais je n’aurais pensé me trouver devant une scène comme celle-ci ici, sur l’île du Prince Edouard qu’on associe plus volontiers à certains coins frais du Royaume Uni qu’à la Californie : les surf guards en maillot jaune installés sur leur chaise haute, la petite cabine rayée des sauveteurs, la planche de surf étiquetée « rescue »… Lorsqu’on ne s’y attend pas, le dépaysement est encore plus total. Ce jour-là, notre baignade sous l’œil avisé des Surf Gards avait une saveur toute particulière.

Et puis il y a autre chose que j’aime bien, qui n’est pas très visible sur ces photos, mais qui nous a pourtant sauté aux yeux lors de notre voyage : la manière canadienne, très éloignée de la nôtre – en tout cas de la mienne – de passer une après midi à la plage. Alors que je me contente d’une serviette de bain, d’une bouteille d’eau et d’un bouquin les jours où je suis le mieux organisée, les canadiens eux, débarquent avec glacière, fauteuils pliants, tentes, parasols et une multitude de gadgets destinés à satisfaire leur confort.

Je mentirais si je prétendais que ce spectacle ne gâche pas un tantinet le paysage. Mais il en résulte un spectacle qui me fait aussi penser aux plages des années 70/80. Je me rappelle très bien les transats en toile qui parsemaient la plage, les parasols fleuris et les thermos de grenadine bien fraîche. Les gobelets en plastique dur ou en métal qu’on rinçait dans l’eau de mer et les grands paravents rayés qui nous permettaient de délimiter chaque jour un petit coin à nous. Mes grands mères ne se seraient jamais contentées, elles non plus, d’une banale serviette de plage. C’est aussi pour la nostalgie que tout cela évoque que je garde des plages québécoises un si joli souvenir.

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