La délicate question du poil

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poilant J’ai survécu à ma 3è séance de Bikram Yoga. Plutôt bien, je dois dire. Bien entendu, j’ai toujours des hauts-le-coeur et des vertiges durant toute la première demie-heure mais ça s’améliore. Pour dire : j’ai même dit « Namasté » avec les autres. Parce que moi aussi, je le valais bien.
Il semble donc que je sois appelée à persister sur cette voie douloureuse. Soit. Mais il reste une énigme des plus épineuses : le poil. Eh oui, le cycle pileux (3 semaines et des brouettes entre chaque épilation) ne correspond pas au cycle Zen imposé par le yoga (3 jours entre chaque cours).
Première solution : un vêtement couvrant. Je me dois d’écarter vivement cette première méthode, le yoga bikram est une activité qui nous mène à des situations délirantes du type « j’ai vraiment trop chaud dans ce maillot de bain ». L’épilation à la cire est a écarter de la même façon : le poil doit repousser convenablement pour être arraché (3 semaines, donc) ET je n’ai pas envie de dépenser l’équivalent de mon salaire chez une esthéticienne. Le rasoir serait la solution idéale si : 1-je n’avais pas les jambes en feu après chaque passage de la lame sur ma délicate gambette, 2 – je n’avais pas envie de rivaliser de robustesse pileuse avec mon ami le yéti. L’épilation laser, quant-à elle, est envisagée de plus en plus sérieusement MAIS ne résoud pas le problème à court terme.
Bref, je suis présentement dans une situation pileuse des plus délicates. Toute participation active (avec solution miracle) à ce passionnant exposé sera des plus appréciées.

NB: tout commentaire désagréable à propos de mon illustration, sous entendant que ma charmante petite touffe de copains-poils ressemble à un groupement de spermatozoides en goguette, sera purement et simplement censuré. Non mais.

Bikram Yoga, 2è round

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Hier soir, nous sommes allées, avec ma compagne de souffrance, Nadia, à notre deuxième cours de Yoga. J’ai quand même failli tomber dans les pommes deux fois (oui, je sais, une endive au déjeuner c’est pas suffisant). Coincée entre une jeune fille novice mais parfaitement zen et un yogi professionnel, on se sent vite au bout du rouleau.
J’ai donc passé une bonne partie de la séance à tenter de ne pas sombrer dans un coma profond. A l’issue de cette pathétique performance, je me sentais même plus digne de dire « Namasté » ? la fin du cours… Déprimant. Et pourtant passé cette cuisante humiliation d’être la plus nulle du cours, on sent tout de suite que c’est très bénéfique. Les muscles se sont déjà assouplis, on se sent comme redynamisé. Et puis, honnêtement, si avec ça on ne commence pas à ressembler à Elle Mc Pherson fissa… c’est que, définitivement, y’a plus d’espoir.

Pfff… hyperfacile, le yoga…

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BikramYoga Celui que j’entendrai dire ça peut déjà compter les minutes qui lui reste ? vivre ! Donc vendredi soir, je me suis rendue à mon premier cour de yoga bikram avec mon amie Nadia. Par prudence, j’ai décidé de ne pas étrenner tout de suite ma nouvelle tenue de sport tendance et de me contenter d’un short (oui, oui, un vrai short, je n’en reviens pas moi-même) et d’un t-shirt.
Nous entrons donc dans l’enceinte sacrée. Un monsieur nous reçoit, torse-poil et serviette à la taille. Bon, bon… Lui serrer la main d’un cordial « bonjour monsieur, enchantée », me paraît déplacé. Je réprime heureusement ce premier instinct au moment où lui-même me sert un : « Salut, comment tu t’appelles? ». Les salamalecs ne sont donc pas le style de la maison.
Inscriptions et présentations des lieux faites, le professeur nous instruit qu’en cas de malaise (???), étourdissement (!!!), fatigue, on peut s’arr?ter un moment (encore heureux!) mais que l’on ne doit pas quitter la salle (chauffée à plus de 40°, je le rappelle). La pression monte.
Nous allons rapidement nous changer dans un vestiaire commun. Aime pas trop ça, moi, les vestiaires communs. Dans la salle, le professeur nous a déjà placées. Pas trop près l’une de l’autre. Nous entendant babiller pleines d’entrain il a dû craindre (à raison) un clair manque de concentration chez ses nouvelles recrues et une facilité certaine à prendre un fou rire à la première occasion.
Les premières positions et le rythme auquel on les enchaîne sont diaboliques. Au bout d’un quart d’heure, j’ai effectivement l’impression que le malaise me guette. Mon teint a viré brique et l’envie de rire me prend à l’idée d’avoir pu envisager le sarouel dans une telle atmosphère: mon short lui-même, déjà trempé, me paraît de trop. Je reste incrédule: même mes tibias peuvent transpirer! Au bout de 20 minutes, je constate que dévinitivement, toute vélleité de coquetterie est vaine. Voire stupide. Je me félicite encore d’avoir laissé tomber mon attirail mode. Je rêve d’un maillot de bain. J’ai oublié que je n’étais pas du tout présentable en maillot de bain. Et du reste, je m’en fous. Mon amie, elle aussi s’est arrêtée pour reprendre ses esprits.
Mais la litanie indiscontinue du professeur se poursuit : étirez les jambes, ventre rentré, serrez les fesses, exxxxxxxpirez, tirez les jambes, le dos bien droit, vos mains vont touuuuuucher le plafond, vos yeux percent le miroir… Au début, cela aurait un peu tendance à me faire marrer, mais je comprends vite que cette litanie est bénéfique : elle aide à la concentration, comme une béquille pour la volonté si on veut… Et puis j’ai tellement mal partout que je n’ai plus le courage de faire bouger mes zygomatiques.
Je regarde autour de moi, la sérénitié de certaines participantes me laisse perplexe. Mon visage à moi exprime plutôt l’effarement mêlé d’une grande douleur et d’une extrême fatigue. Tout à coup, je prend conscience que je ne sais pas depuis combien de temps je suis là : 10 mn, une heure? Aucune idée. Le découragement me guette. Je ne tiendrai jamais jusqu’au bout. J’ai l’impression d’avoir déjà donné le maximum. Il faut dire ausi que, niveau sport, je pars de zéro. Mais curieusement, bien qu’exténuée, les exercices me paraissent moins douloureux au fur et à mesure que la séance avance: la fatigue me fait peut-être divaguer. C’est une hyothèse que je n’écarte pas. Et tout d’un coup, le professeur nous fait entrevoir le début de la fin du cours. Les dernières postures me paraissent nettement plus douces que les premières. Deux postures, une posture, relaxation.
Le professeur éteint la lumière. Nous sommes tous allongés. Je l’entends dire un truc du genre « vos paupières sont lourdes…. » normalement, ça m’aurait donné le fou rire (ça me rappelle l’école), là non, j’apprécie. Il félicite les participants et conclut: « Namasté* ». Les participants en choeur répondent « Namasté ». Merde, je n’ai pas eu le temps de comprendre qu’il fallait dire pareil. Pourtant, ça c’est la classe: dire « Namasté », comme ça à la fin du cours. Ca fait tellement « moi aussi je suis une yogi ». J’ai envie de lui demander de le redire une fois pour que moi aussi, je puisse me joindre au groupe… mais bizarrement, j’ai senti que ce n’était pas opportun. J’ai hâte d’être au prochain cours, au moins pour ça!

* Namast? : « Que l’ensemble de vos qualités soient bénies et protégées des dieux ». Au quotidien, c’est une façon de saluer (bonjour, bonsoir…)