La couronne de cheveux

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Rien à voir avec le sujet, mais je me disais qu’il y en avait un peu marre de faire la belle sur son blog, non? Faudrait qu’on publie de temps en temps des photos où on louche, on grimace, on se tient mal, histoire de contrebalancer les choses et rétablir la vérité. Bref.

Je suis plutôt habile de mes mains, en général : je dessine un peu, je sais couper droit, tracer un rond à peu près rond, poser du papier peint, monter des meubles Ikea, écrire avec les deux mains en même temps, peindre des meubles, cuisiner, me maquiller et faire des pompons. Mais il y a une chose pour laquelle je suis archi-nulle, c’est me coiffer.

Je suis incapable de faire un brushing, pour commencer. Je rêve de prendre des cours pour m’offrir une crinière dument disciplinée chaque matin (pour le moment, j’ai adopté un peu malgré moi le style « sortie de son lit » à toute heure du jour). L’option queue de cheval, ne m’en parlez pas. Certaines filles savent faire des miracles avec un élastique, moi non. Généralement, on croirait que je suis sortie de la maison en oubliant de me coiffer. Le chignon, la plupart du temps, me sauve de l’humiliation capillaire, mais avouez que c’est dommage d’avoir patienté de longs mois à laisser pousser ses cheveux pour finir par les faire disparaître en boule au sommet du crâne. Quatre vingt dix jours sur cent, donc, je ne ressemble à rien. Et si je me risque à demander quelques explications quand je croise une jolie coiffure, on me rétorque en général « non, rien, je ne sais pas, je me suis brossé les cheveux, quoi ». Je crois sérieusement qu’il existe une société secrète des gens bien coiffés, lesquels gardent jalousement leurs secrets pour quelque raison obscure.

Et voici le plus étrange, dans cette histoire : quand il s’agit de faire quelque chose d’un peu compliqué, par contre, souvent je m’en sors mieux, comme ici, avec cette tresse qui fait le tour de la tête, comme une couronne.

Quelques explications? Je l’ai faite sur cheveux mouillés pour que ce soit plus simple et que les cheveux accrochent mieux. Il s’agit en fait d’une tresse africaine que j’ai démarrée sur le bas de la nuque, à droite et « tissée » progressivement, au plus près de l’implantation des cheveux. En remontant vers l’oreille droite, puis le sommet de la tête, puis l’oreille gauche et en ajoutant à chaque passage une petite mèche de cheveux. En arrivant sous l’oreille gauche, tous les cheveux sont pris dans la tresse, que j’ai continué de tisser et fixé à l’aide de quelques épingles sous la nuque là où elle rejoignait sa naissance. En réalité, ça ne m’a pris que quelques minutes.

Une chose importante, à propos de la tresse africaine : habituellement, on ajoute une mèche de cheveux à chaque passage : un à gauche de la tresse, un à droite, pour que celle-ci soit en quelque sorte « fondue » dans la masse capillaire. Ici, je me suis contentée d’ajouter des cheveux uniquement du côté « intérieur » (côté « masse » et non côté « racines »), c’est ce qui donne du relief à la tresse et la ramène convenablement au plus près de la racine des cheveux. Mais pour être tout à fait franche, rien ne dit que je parvienne moi-même à réitérer la chose…

EDIT : J’ai oublié de préciser que j’avais fait tout cela la tête en bas, c’est beaucoup plus simple pour attraper les mèches de cheveux.

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Petit luxe personnel

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Plus j’avance dans la vie plus je constate combien le vrai luxe, à mes yeux, n’a pas grand chose à voir avec ce qui est forcément rare ou cher. Les diamants, pas plus que le caviar ou le champagne millésimé ne me font pétiller le regard (encore que pour ce dernier, je réserve un joker) et je reste insensible à l’attrait de ce qu’on réserve, par caprice, à une poignée de privilégiés.

Je crois même pouvoir dire que les privilèges, en règle générale m’insupportent. Mettez donc « soirée V.I.P. » sur un carton d’invitation, c’est le meilleur moyen pour s’assurer que je n’y mettrai pas les pieds.

Non, le vrai luxe, pour moi, ce serait de pouvoir, je ne sais pas… m’offrir un billet d’avion pour le Quebec aussi souvent que le cœur le commande, afin voir mon père – qui vit là-bas depuis des années – plus souvent. Ce serait de ne jamais plus devoir me déplacer pour chercher un colis à la Poste, pouvoir acheter des magazines dépourvus de publicité (à un prix bien plus élevé, forcément) ou encore… me faire coiffer à domicile. Read more »

La touche Gretel

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Quand on se décide enfin à laisser pousser ses cheveux, je me demande toujours où on trouve la patience pour ça. Des mois, voire des années à les regarder s’allonger à coup de millimètres arrachés aux coiffeurs toujours partants pour vous couper un petit centimètre. La simple idée de toute cette période de pingrerie capillaire assez déshonorante où le moindre petit bout de cheveu nous semble d’une importance capitale devrait nous rebuter. Je pense aussi à tous les jours où on doit se raisonner pour ne pas courir se les faire couper une bonne fois pour toutes. Ne serait-ce que pour ne plus se réveiller avec un paquet de nœuds dans les cheveux, ne plus passer son temps à les huiler, les chouchouter, les chérir. En clair : oublier sa tignasse deux minutes et se concentrer sur des choses autrement plus passionnantes. Comme, disons : la longueur de ses ongles ou bien encore sa peau d’orange.

Pour tenir à distance mes envies de meurtre capillaire durant cette longue période de pousse j’ai besoin de me fixer des objectifs. Le premier, je vous en ai déjà parlé (décidément, je vous en raconte, hein, des choses passionnantes), c’était le chignon tenu avec un crayon à mine. Le second le voici : les tresses relevées façon Gretel. Ou façon Sienna Miller, si vous préférez. Je me demande même si, au fond, ce n’est pas juste pour ça que j’ai eu envie de me laisser pousser les cheveux. En fait, non, je ne me demande pas : je sais que c’est ça qui m’a décidée. Seulement j’assume moyennement : c’est un peu comme quand, finalement, on se décide sur cette machine à laver là plutôt que l’autre deux fois moins chère avec des arguments aussi solides que: « oui mais bon, celle là, tu vois, elle a un joli petit bouton, là à gauche et son écran digital avec la lumière rose, c’est têêêêllement beau ». Ridicule.

Hier, juste pour voir combien de centimètres il me manquait encore, j’ai relevé les deux tresses autour de ma tête, deux petites tresses de cheveux fins. Ma maigre tignasse fait sans doute pâle figure à côté de celle de Sienna et il manque peut-être encore un peu de longueur. Mais miracle, ça fonctionne. Et miracle, c’est presque aussi joli que l’idée que je m’en étais faite. Call me Gretel. Call me Sienna. But, please, call me not Loulia.