Japoniaiseries
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Je me demande à quel point l’image qui nous parvient du japon est déformée. Pratiquement toutes les personnes qui en reviennent rapportent des dizaines de ces petites gourmandises mignonnes et amusantes. Pour un peu, j’en viendrais presque à penser que la pauvre Hello Kitty est au Japon ce que le béret est à la France : à peu de choses près, un mythe.
Reste que j’adore ces petites cochonneries parce qu’on est toujours surpris par les saveurs que renferment ces confiseries étranges. Hier, pour faire le plein justement, d’étrangeté, je suis allée faire un saut au comptoir japonais le Kikoumaru qui rassemble précisément ces petites choses que les touristes ont l’habitude de rapporter du Japon.
J’ai ainsi découvert le Calpico, une boisson à base de lait fermenté que j’ai (contre toute attente) adorée et quelques bonbons du même fabricant. Si vous ne connaissez pas le Calpico, je vous encourage à tester, ne serait-ce que parce que ça ne ressemble à rien de ce que nous connaissons (un peu comme lorsqu’on goûte pour la première fois le Rootbeer anglais).
Je n’ai pas résisté aux pastilles Hello Kitty, ni à ces chamallows qui cachent au fond de leur petit cœur une gelée de fraise. Mais la plus belle prise du jour reste sans hésiter ce flacon de saké rose parfumé à la banane. En revenant de cette petite escapade, j’avais l’impression d’avoir accumulé un vrai trésor…
Le kikoumaru café se trouve au 43-45, rue de la Roquette, à deux pas de Bastille.
Comme tous les enfants, j’ai adoré construire des cabanes dans ma chambre, à l’aide d’un grand drap chipé dans la lingerie de maman et quelques chaises astucieusement disposées. Plus tard, je n’ai jamais cessé d’aimer les constructions en poupées russes : une petite maison imbriquée dans la maison, comme on en trouve dans certains lofts aménagés sur les restes d’usines désaffectées. C’est peut-être pour cela que cette idée d’une fête foraine installée sous la voûte du Grand Palais me séduit tant.
Et en déambulant hier soir entre les manèges et les stands à gaufres, la joie d’évoluer dans ce monde aux proportions irréelles ne m’a pas quittée. Cette grande roue trônant au centre du bâtiment jusqu’à presque toucher le ciel de verre pendant que s’échappent de la scène le notes mélancoliques d’un groupe de jazz manouche… l’étrangeté du spectacle est saisissante.
Je vous laisse en juger par vous-mêmes avec ces quelques photos et vous encourage chaudement à y faire un détour si vous passez les fêtes de fin d’année en région parisienne. Vous avez jusqu’au premier janvier.
L’entrée coûte cinq euros et les attraction sont au même prix que dans une fête foraine traditionnelle. On y trouve un vin chaud tout à fait acceptable (à l’entrée de la fête ou au stand chocolat qui se trouve au fond à gauche) et des gaufres à damner un ange (au stand « À l’ancienne », juste derrière les chaises volantes). Amusez-vous bien!
Je ne suis jamais très à l’aise quand il s’agit de luxe. Combien de fois me suis-je défilée devant la perspective d’une soirée un peu chabada, tremblante à l’idée d’être un peu trop ceci ou pas assez cela, vexée par avance devant la possibilité d’apparaître aussi peu raffinée qu’un touriste attendant le passage de je-ne-sais quelle célébrité, un sandwich à la main, un compact dans l’autre, devant les marches du festival de Cannes.
L’idée du luxe, en général, me terrifie. M’intimide, au moins. Face à elle, je ne peux m’empêcher de me représenter comme un gros animal malhabile et peureux. Devant cette image désolante, je préfère généralement passer mon chemin.
Pourtant, le luxe est une des choses que j’aime le plus au monde. La notion d’excellence qu’elle représente me galvanise, littéralement. Comme me galvanisent les pièces de tissus ourlées par les élève de l’école Duperré ou les ateliers de la cristallerie de Saint Louis. Je ne suis jamais choquée d’apprendre que tel poudrier vaut un millier d’euros, telle robe une année de salaire, telle malle en cuir, l’équivalent d’une belle voiture. Entendons nous bien, je parle de cette forme de luxe qui est le résultat d’un savoir faire hors du commun, non pas de cette industrie qui repose sur la seule idée de rareté et ne vaut que pour les vaniteux ou bien les imbéciles.
Peut me chaut, en réalité, d’être en mesure de posséder ces objets hors de prix ou pas, pourvu que certains le puissent et offrent à une myriade d’artisans d’excellence la capacité d’exercer leur art et en vivre.
C’est précisément cette idée du luxe qui me ravit, dans les salons du Palais Royal, l’écrin imaginé par le parfumeur Serge Lutens pour recevoir ses clientes. Ici, chaque chose a été pensée dans les détails les plus infimes, le moindre élément du décor a un sens, la moindre couleur. La densité du silence elle-même semble ne pas résulter du hasard.
Ici se côtoient une profusion de savoir-faire : les plafonds et les murs ont été peints à la main, l’escalier à lui seul est un chef d’œuvre. Chaque flacon de parfum en est un autre. Du luxe, ce n’est pas l’idée du prix qui me touche, c’est l’ambition d’aller aussi loin que possible au bout de son idée. Voire même un peu plus loin, si on le peut.
Je remercie infiniment Amélie pour m’avoir si chaleureusement ouvert les portes de ce magnifique espace et m’avoir autorisée à le photographier librement. Si vous ne connaissez pas les parfums Serge Lutens, courez les découvrir (aux Salons du Palais Royal plutôt que chez Marionnaud, si vous le pouvez, l’expérience n’en sera que plus belle). J’ai longtemps porté Douce Amère, il y a des années, c’est une vraie splendeur. Fleur d’Oranger est un des plus beaux jus que j’aie jamais senti et la plupart des fragrances atteignent des sommets de raffinement. En attendant, je vous laisse parcourir l’album photo de ce bel endroit à l’atmosphère délicieusement mystique.
Les Salons du Palais Royal Sisheido
Serge Lutens
142 galerie de Valois – 75001 Paris




















