Le chignon de Monsieur L.
Tags: beauté • cheveux • chignon • Drames capillaires
Celles qui ont déjà porté les cheveux longs sont sans doute arrivées à une conclusion proche de celle-ci : lâchés, c’est très bien, mais concrètement, pas franchement confortable (pour danser, faire la cuisine, prendre des photos ou que sais-je) ; attachés, c’est bien joli mais à la longue, pourquoi donc se casser la tête à entretenir une tignasse presque toujours dissimulée sous deux tonnes d’épingles.
J’en étais là de ces interrogations apparemment insolubles quand un certain Monsieur L. m’a donné son secret : un chignon qui tient tout seul, sans épingle ni élastique, ni quoi que ce soit de contraignant. En le voyant déployer une chevelure digne des plus grands films de samouraïs, pour sa démonstration, j’ai d’abord pensé que ce truc-là ne fonctionnerait jamais sur ma propre tignasse : fine, peu fournie, farouchement indomptable. Je me trompais.
Après un ou deux essais infructueux, ce chignon a embelli mon été en le simplifiant sensiblement. Il fonctionne de toutes les façons possibles : fixé sur le haut du crâne, bas sur la nuque ou comme ici, juste sous l’oreille (mon préféré). Si on ne passe pas son temps à vérifier sa bonne tenue, il peut rester en place toute la journée. Et s’il se défait en cours de route, il donne une jolie forme ondulée à la chevelure. Je peux ainsi avoir les cheveux défaits ou attachés, indifféremment, plusieurs fois au cours de la journée. Honnêtement, tous les coiffeurs devraient enseigner cette méthode désarmante de simplicité, charmante et surtout si pratique.
De mon côté, j’avoue avoir développé un petit tic : détacher, enrouler, fixer, dérouler, admirer les ondulations, enrouler, fixer etc. Un petit jeu agaçant, sans doute, mais qui, à tout prendre, est probablement plus séduisant que feu mon éternelle queue de cheval… Merci Lâm!
Rien à voir avec le sujet, mais je me disais qu’il y en avait un peu marre de faire la belle sur son blog, non? Faudrait qu’on publie de temps en temps des photos où on louche, on grimace, on se tient mal, histoire de contrebalancer les choses et rétablir la vérité. Bref.
Je suis plutôt habile de mes mains, en général : je dessine un peu, je sais couper droit, tracer un rond à peu près rond, poser du papier peint, monter des meubles Ikea, écrire avec les deux mains en même temps, peindre des meubles, cuisiner, me maquiller et faire des pompons. Mais il y a une chose pour laquelle je suis archi-nulle, c’est me coiffer.
Je suis incapable de faire un brushing, pour commencer. Je rêve de prendre des cours pour m’offrir une crinière dument disciplinée chaque matin (pour le moment, j’ai adopté un peu malgré moi le style « sortie de son lit » à toute heure du jour). L’option queue de cheval, ne m’en parlez pas. Certaines filles savent faire des miracles avec un élastique, moi non. Généralement, on croirait que je suis sortie de la maison en oubliant de me coiffer. Le chignon, la plupart du temps, me sauve de l’humiliation capillaire, mais avouez que c’est dommage d’avoir patienté de longs mois à laisser pousser ses cheveux pour finir par les faire disparaître en boule au sommet du crâne. Quatre vingt dix jours sur cent, donc, je ne ressemble à rien. Et si je me risque à demander quelques explications quand je croise une jolie coiffure, on me rétorque en général « non, rien, je ne sais pas, je me suis brossé les cheveux, quoi ». Je crois sérieusement qu’il existe une société secrète des gens bien coiffés, lesquels gardent jalousement leurs secrets pour quelque raison obscure.
Et voici le plus étrange, dans cette histoire : quand il s’agit de faire quelque chose d’un peu compliqué, par contre, souvent je m’en sors mieux, comme ici, avec cette tresse qui fait le tour de la tête, comme une couronne.
Quelques explications? Je l’ai faite sur cheveux mouillés pour que ce soit plus simple et que les cheveux accrochent mieux. Il s’agit en fait d’une tresse africaine que j’ai démarrée sur le bas de la nuque, à droite et « tissée » progressivement, au plus près de l’implantation des cheveux. En remontant vers l’oreille droite, puis le sommet de la tête, puis l’oreille gauche et en ajoutant à chaque passage une petite mèche de cheveux. En arrivant sous l’oreille gauche, tous les cheveux sont pris dans la tresse, que j’ai continué de tisser et fixé à l’aide de quelques épingles sous la nuque là où elle rejoignait sa naissance. En réalité, ça ne m’a pris que quelques minutes.
Une chose importante, à propos de la tresse africaine : habituellement, on ajoute une mèche de cheveux à chaque passage : un à gauche de la tresse, un à droite, pour que celle-ci soit en quelque sorte « fondue » dans la masse capillaire. Ici, je me suis contentée d’ajouter des cheveux uniquement du côté « intérieur » (côté « masse » et non côté « racines »), c’est ce qui donne du relief à la tresse et la ramène convenablement au plus près de la racine des cheveux. Mais pour être tout à fait franche, rien ne dit que je parvienne moi-même à réitérer la chose…
EDIT : J’ai oublié de préciser que j’avais fait tout cela la tête en bas, c’est beaucoup plus simple pour attraper les mèches de cheveux.
Donc voilà. Les photos – même prises n’importe comment comme c’est le cas ici – valent mieux qu’un long discours : après avoir joué ces derniers mois avec toutes les couleurs de la gamme chromatique capillaire (dont un passage éclair au blond californien), me voilà rousse. Et ce n’est pas, finalement, une mince affaire que ce changement de couleur.
J’avais envie, avant toute chose, de changer radicalement d’allure, sans pour autant couper mes cheveux. C’est presque par défaut que ce choix s’est donc imposé à moi, même si cette idée me trottait dans la tête depuis un bon moment. Mais vous le savez, devenir rousse, comme porter les cheveux court, va au-delà du simple choix esthétique. Il y a là quelque chose qui a à voir avec le mode de vie. Même si j’ai encore du mal à définir concrètement cette idée, il me semble que c’est un peu comme si être rousse était une composante à part entière du caractère et je me demande si tout compte fait, je n’ai pas pris cela un peu à la légère.
Ainsi, je ne suis pas totalement contente de la couleur que j’aurais aimée plus franchement rousse et je ne suis pas non plus convaincue par les pointes, trop foncées à mon goût. Mais finalement, tout cela peut s’améliorer facilement, ce ne sont que de menus ajustements. Non, la vraie question est ailleurs : ai-je en moi, dans mon comportement, ma façon d’être, ma gestuelle, ce que j’associe de façon nébuleuse à la couleur rousse? Voilà quelques jours que je croise mon reflet avec un étonnement qui ne décroît pas. Mais étrangement, j’ai tout de même envie d’apprendre à aimer ces petites flammes que je vois scintiller parfois autour de mon visage et qui me donnent l’impression agréable de faire surgir de moi une personne différente…
PS : Je suis un peu embarrassée par cette photo vraiment prise à la va-vite, mais je n’en avais pas de meilleure sous la main et les vacances à la montagne (c’est à dire sans make up, ni sèche cheveux) ne sont guère propices à une moue langoureuse devant un objectif.









