Petit luxe personnel
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Plus j’avance dans la vie plus je constate combien le vrai luxe, à mes yeux, n’a pas grand chose à voir avec ce qui est forcément rare ou cher. Les diamants, pas plus que le caviar ou le champagne millésimé ne me font pétiller le regard (encore que pour ce dernier, je réserve un joker) et je reste insensible à l’attrait de ce qu’on réserve, par caprice, à une poignée de privilégiés.
Je crois même pouvoir dire que les privilèges, en règle générale m’insupportent. Mettez donc « soirée V.I.P. » sur un carton d’invitation, c’est le meilleur moyen pour s’assurer que je n’y mettrai pas les pieds.
Non, le vrai luxe, pour moi, ce serait de pouvoir, je ne sais pas… m’offrir un billet d’avion pour le Quebec aussi souvent que le cœur le commande, afin voir mon père – qui vit là-bas depuis des années – plus souvent. Ce serait de ne jamais plus devoir me déplacer pour chercher un colis à la Poste, pouvoir acheter des magazines dépourvus de publicité (à un prix bien plus élevé, forcément) ou encore… me faire coiffer à domicile. Read more »
Quand on se décide enfin à laisser pousser ses cheveux, je me demande toujours où on trouve la patience pour ça. Des mois, voire des années à les regarder s’allonger à coup de millimètres arrachés aux coiffeurs toujours partants pour vous couper un petit centimètre. La simple idée de toute cette période de pingrerie capillaire assez déshonorante où le moindre petit bout de cheveu nous semble d’une importance capitale devrait nous rebuter. Je pense aussi à tous les jours où on doit se raisonner pour ne pas courir se les faire couper une bonne fois pour toutes. Ne serait-ce que pour ne plus se réveiller avec un paquet de nœuds dans les cheveux, ne plus passer son temps à les huiler, les chouchouter, les chérir. En clair : oublier sa tignasse deux minutes et se concentrer sur des choses autrement plus passionnantes. Comme, disons : la longueur de ses ongles ou bien encore sa peau d’orange.
Pour tenir à distance mes envies de meurtre capillaire durant cette longue période de pousse j’ai besoin de me fixer des objectifs. Le premier, je vous en ai déjà parlé (décidément, je vous en raconte, hein, des choses passionnantes), c’était le chignon tenu avec un crayon à mine. Le second le voici : les tresses relevées façon Gretel. Ou façon Sienna Miller, si vous préférez. Je me demande même si, au fond, ce n’est pas juste pour ça que j’ai eu envie de me laisser pousser les cheveux. En fait, non, je ne me demande pas : je sais que c’est ça qui m’a décidée. Seulement j’assume moyennement : c’est un peu comme quand, finalement, on se décide sur cette machine à laver là plutôt que l’autre deux fois moins chère avec des arguments aussi solides que: « oui mais bon, celle là, tu vois, elle a un joli petit bouton, là à gauche et son écran digital avec la lumière rose, c’est têêêêllement beau ». Ridicule.
Hier, juste pour voir combien de centimètres il me manquait encore, j’ai relevé les deux tresses autour de ma tête, deux petites tresses de cheveux fins. Ma maigre tignasse fait sans doute pâle figure à côté de celle de Sienna et il manque peut-être encore un peu de longueur. Mais miracle, ça fonctionne. Et miracle, c’est presque aussi joli que l’idée que je m’en étais faite. Call me Gretel. Call me Sienna. But, please, call me not Loulia.




