Comme tous les enfants, j’ai adoré construire des cabanes dans ma chambre, à l’aide d’un grand drap chipé dans la lingerie de maman et quelques chaises astucieusement disposées. Plus tard, je n’ai jamais cessé d’aimer les constructions en poupées russes : une petite maison imbriquée dans la maison, comme on en trouve dans certains lofts aménagés sur les restes d’usines désaffectées. C’est peut-être pour cela que cette idée d’une fête foraine installée sous la voûte du Grand Palais me séduit tant.
Et en déambulant hier soir entre les manèges et les stands à gaufres, la joie d’évoluer dans ce monde aux proportions irréelles ne m’a pas quittée. Cette grande roue trônant au centre du bâtiment jusqu’à presque toucher le ciel de verre pendant que s’échappent de la scène le notes mélancoliques d’un groupe de jazz manouche… l’étrangeté du spectacle est saisissante.
Je vous laisse en juger par vous-mêmes avec ces quelques photos et vous encourage chaudement à y faire un détour si vous passez les fêtes de fin d’année en région parisienne. Vous avez jusqu’au premier janvier.
L’entrée coûte cinq euros et les attraction sont au même prix que dans une fête foraine traditionnelle. On y trouve un vin chaud tout à fait acceptable (à l’entrée de la fête ou au stand chocolat qui se trouve au fond à gauche) et des gaufres à damner un ange (au stand « À l’ancienne », juste derrière les chaises volantes). Amusez-vous bien!
Chaises volantes et autres plaisirs
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Des fêtes foraines, j’aime l’idée qu’on s’en fait davantage que les fêtes elles-mêmes. J’aime, par exemple l’idée du manège, cette ivresse qu’on s’offre pour deux-trois euros et qui cesse d’un coup après quelques minutes, sans dommage collatéral pour qui supporte bien d’être secoué comme un prunier. J’aime le parfum écœurant des churros imbibés de sauce au chocolat, les sucettes encore chaudes, les lumières stroboscopiques et tout simplement, la saisonnalité. Une fête foraine, en ville, c’est forcément un événement.
Dans la réalité, il m’est toujours difficile de supporter le rire strident que font les pré-adolescentes dans les bras de leur petit copain du moment, pour se donner du courage dans les attractions qui bousculent, ou décupler l’adrénaline.
Vraiment, la promiscuité gâche tout : je rêve d’un manège silencieux qui tournerait des heures durant sur les hauteurs de Paris ou de tout autre paysage splendide et où nous serions tous abîmés dans la contemplation et la joie muette de tournoyer dans l’air.
Mais au lieu de ça, tout le monde braille, se piétine, se cogne et se pousse. Les enfants pleurent ou rient trop fort. L’odeur de l’huile cent fois recuite ou de graisse de viande brulée assaille les naseaux avec une brutalité qui porte eu cœur et chacun sait que les carabines, au stand de tir, sont toutes un peu truquées. Le tour de manège ne dure jamais assez, il est toujours trop cher. Les fêtes foraines sont chaque fois une petite déception.
Mais samedi matin, à l’ouverture de la fête des Tuileries, nous n’étions qu’une poignée de visiteurs. La fête, comme si on l’avait prise au dépourvue, restait plongée dans le silence, ensorcelée par je ne sais quelle magie*. Les brochettes n’avaient pas encore été mises sur le grill et le soleil, déjà de plomb malgré l’heure matinale colorait tout d’une teinte exotique.
Samedi matin, je crois que pour une fois, la fête était en phase avec mon imagination.
PS : J’ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à prendre ces photos.
PPS: La fête du jardin des Tuileries est ouverte jusqu’au 24 août 2009, toutes les infos ici
* J’ai appris qu’en fait, il s’agit d’une particularité de la fête foraine du jardin des tuileries de ne jamais diffuser de musique.















