Tribulations Shu Uemuresques
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A la base, je suis plutôt dubitative sur les produits Shu Uemura. Je les trouve excessivement chers, d’une part et leur design style « produits de démonstration » me laisse de marbre. J’ai beau savoir que c’est uuuultra tendance, hyper épuré et totalement dans l’air du temps, 20 euros pour 1,5 grammes de poudre compressée dans un bout de plexiglas… comment dire… non. Mais je me suis quand même fait piéger.
Parce qu’il y a néanmoins une chose qui ne manque pas de me plonger dans une contemplation extatique chaque fois que je passe devant un corner Shu Uemura : l’étendue de leur nuancier. Je ne me lasse pas de regarder les mille et une couleurs de leur palette d’ombre à paupières. Du rose fushia au vert gazon, de l’anis au citron, à la lavande et au granit. Toutes les couleurs du monde sont condensées dans les petits étuis transparents.
Et c’est pile au moment où je m’abîmais dans cette réflexion hautement philosophique que le vendeur du corner a saisi que c’était maintenant ou jamais, s’il voulait me fourguer sa came.
Il me demande si j’ai besoin d’aide, avec un accent Massimo Gargiesque. Je réponds que non. Mais comme il continue à me fixer en attendant une réaction de ma part, j’ajoute que je trouve ça super beau à regarder mais super frustrant. Oui. Super frustrant parce qu’il y a là tout plein de couleurs rigolotes et c’est chouette mais que dans la réalité, on ne porte jamais rien que des nuances chiantes à crever, sur les paupières : du brun, du beige, du beige rosé et autres terre de je sais pas quoi, d’un ennui mortel. Faut dire qu’on sait pourquoi : la dernière fois qu’on s’est laissée tenter par le vert anis têêêêêllement génial de chez mac, on ressemblait à un clown. Donc à tout prendre, le beigeasse, c’est plus safe.
Evidemment, dès que j’ai achevé mon exposé…


