Le livre de poésie

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Chaque fois que je m’arrête devant le rayon littérature « en anglais » d’une librairie, je me fais la même réflexion. Mais pourquoi les éditeurs français ne s’inspirent-ils pas de leurs homologues anglo-saxons? J’aime tellement leur façon de faire de chaque livre une petite aventure visuelle.

Hier soir, c’est ce livre qui a atterri dans mon sac, un recueil de poèmes d’amour, que je ne lirai probablement jamais. Peu importe : tous les livres ne sont pas faits pour être lus, certains sont de puissants symboles qu’il suffit de garder près de soi pour en être nourris.

En le feuilletant ce matin, au petit déjeuner, je réalise qu’il est arrivé chez moi un jour de Saint Valentin. Et à la réflexion, je crois que c’est le seul cadeau qui aurait pu me faire plaisir.

On a perdu l’habitude de la poésie (vous en croisez souvent, vous, des gens qui lisent de la poésie? À part des étudiants de la Sorbonne qu’on reconnaît dans le métro au premier coup d’œil et qui ne comptent pas : ils font seulement leur devoirs de classe). Pourtant, c’est là, dans les recueils de poésie, que sont consignées toutes les vérités sur l’amour. Les vérités les plus douces et les plus cruelles. Toutes ses étapes et toutes ses facettes. Il existe toujours un poème d’amour pour retranscrire dans ses plus infimes subtilités l’humeur sentimentale dans laquelle vous vous trouvez.

Les recueils de poésie amoureuse montrent à quel point c’est là, dans l’amour, que se joue l’expérience humaine la plus exaltante et la plus difficile qui soit. Une aventure qui vaut toutes les concessions, toutes les blessures et les efforts que l’on est prêts à consentir en son nom. Et qui font de l’amour la seule expérience, à mes yeux, qui mérite d’être vécue absolument.

Ce recueil de poésie, d’une certaine façon, est l’exact contraire du bonheur à deux sous que tente de promouvoir la Saint Valentin et je suis heureuse que ce livre ait choisi un 14 février pour entrer dans ma vie.

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Les dernières heures des livres?

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Voilà des mois que j’hésite à m’offrir un lecteur de livres électroniques. Sur ce sujet, je suis en butte à toute sorte de sentiments très partagés. Le scepticisme d’abord : mu par le fameux « on ne pourra jamais remplacer le papier ». La curiosité : à quoi ressemble l’encre électronique? Quelles nouvelles habitudes de lecture adoptera-t-on? L’enthousiasme : imaginez tous ces livres aujourd’hui tombés dans le domaine public, accessibles gratuitement! Et bien entendu, une pointe d’angoisse. En ma qualité d’auteur, il m’est difficile de ne pas entrevoir le manque à gagner dans un futur proche en matière de revenus (déjà très faibles, dans l’édition). Et enfin, renouveau d’enthousiasme en pensant à tout ce que cela représente comme possibilités nouvelles pour les auteurs, l’explosion, certainement, de l’auto-édition, par exemple. C’est toujours quelque chose de grisant, d’entrer dans un nouveau cycle.

Lundi matin, j’ai reçu mon nouvel Iphone, lequel dispose – entre autres choses – d’une toute nouvelle application : I-Books qui n’est autre qu’un lecteur de livres électroniques. Après trois jours d’utilisation, quelles que soient les défauts de l’application telle qu’elle se présente aujourd’hui, je suis certaine d’une chose : aussi sûrement que le Mp3 a remplacé le disque, les formats numériques remplaceront les livres (et plus généralement, le papier).

Je ne peux pas dire que cette idée me ravisse totalement, mais je suis convaincue à présent que c’est inéluctable. Je sais aussi que je m’engouffrerai dans cette nouvelle manière d’appréhender le livre et qu’un jour pas si lointain, le papier ne sera plus pour moi que de l’histoire ancienne, laissant seulement une marque nostalgique vive, mais dérisoire. Un peu comme le souvenir de la vie quotidienne avant que n’apparaissent les téléphones portables.

Bien entendu, je suis agacée de devoir lire sur un écran minuscule. La possibilité de paramétrer la taille du texte est, elle aussi, un renoncement au confort : dans une taille de police agréable, l’écran affiche deux phrases par page ; si je tiens à lire de vraies pages, la police est alors trop petite. C’est vrai, on perd le plaisir inexplicable de tourner la page, le parfum du papier. Même si je pense que c’est aussi une question d’habitude et que la légèreté de l’iphone ouvre d’autres portes dans la recherche du confort. Autre constat déplaisant : les livres gratuits n’ont pas, à l’évidence, bénéficié des relectures, ni de l’attention soutenue d’un éditeur et sont truffés de coquilles.

Tout cela est vrai.

Sur la boutique Ibooks, qui regroupe aussi bien des livres payants (au même prix que la version papier, un vrai scandale quand on sait que les prix cumulés de l’impression, du stockage et du transport représentent le plus gros morceau du gâteau dans le coût d’un livre) que des livres gratuits. Mais tout cela est mal organisé, fouillis, confus et je n’ai toujours pas trouvé comment savoir en quelle langue est un livre avant qu’il soit téléchargé (le titre ne parle pas toujours de lui même : Eugénie Grandet reste Eugénie Grandet en anglais).

Cependant, je constate que la lecture d’un bon roman (je suis en train de relire Jane Eyre) dès le moment qu’il vous captive.. vous captive assez pour que vous passiez sans trop de difficulté sur l’inconfort de lecture. D’autant plus que le livre électronique apporte bien d’autres avantages : les signets, la possibilité de les organiser, de surligner un passage, d’ajouter une note. Plus de pages cornées, de texte confus ajouté dans la marge, de trace de crayon de papier. Pour moi, elle presque révolutionnaire, cette simplicité nouvelle dans la prise de notes car contrairement à son équivalent sur papier, elle ne perturbe pas le rythme de la lecture.

Enfin, il me faut avouer que je suis prise de vertige par le volume immense des livres disponibles gratuitement. J’ai beau être directement concernée par la question des droits d’auteurs, je reste persuadée que le livre dans sa forme actuelle est trop cher et que toute possibilité d’en réduire le coût est une excellente chose. Pour ce qui est des ouvrages gratuits, il faut, bien entendu, aimer la littérature classique, mais par chance, c’est mon cas. De ce point de vue, je suis comblée au delà de mes espérances. En quelques jours, j’ai découvert de nombreux sites internet très complets, celui de la BNF en tête, qui permettent de télécharger sans dépenser le moindre sou plus de choses que ce que nous serions capables d’emmagasiner en une vie.

L’inconfort – relatif – de lecture demeure donc le seul véritable frein. Déjà levé par l’arrivée de l’Ipad si j’en crois les divers points de vue entendus. La lecture de bandes dessinées elle-même y est paraît-il, très agréable.

Je m’aperçois que l’arrivée de ce nouveau format, en définitive, m’inquiétait. Comme si la littérature courrait le risque de disparaître avec le papier. Je sentais bien qu’il y avait là une révolution en marche, déjà irréversible, mais j’avais peur d’y perdre trop au change. Je suis heureuse de constater que cette première expérience avec l’Iphone, même si elle demeure imparfaite à bien des égards, me tranquillise immensément.

Les petites couleurs

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Voilà longtemps que ce livre de Nina Chakrabarti était noté dans un coin de ma tête, mais chaque fois que l’occasion s’était présentée, j’avais toujours fini par jeter mon dévolu sur autre chose. La semaine dernière, c’est l’idée qu’il allait peut-être bientôt disparaître des linéaires qui m’a décidée à le prendre enfin.

My Wonderful World of Fashion est tout à la fois un livre d’illustration qui dresse, au trait, des inventaires : de motifs, de sacs à mains ou de chaussures et dont le charme suffit largement à en faire un objet désirable. Mais on y trouve aussi pèle-mêle : des idées pour personnaliser ses vêtements, des propositions et des idées mode, de quoi noter ses petites réflexions perso (que bien entendu, on ne note jamais mais ça c’est comme tous les jolis carnets à personnaliser, on les achète juste pour le plaisir de s’imaginer le remplir alors qu’en réalité, on ne veut surtout pas l’abimer).

Enfin, c’est un livre… à colorier. Le temps d’un film, voilà ce à quoi j’ai occupé mes mains, dimanche matin, installée en tailleur sur mon canapé, la langue pincée entre les lèvres en signe d’application. C’est inutile et doux et léger et tendre et amusant. Un peu de soleil quand le soleil du ciel se refuse à briller.

My wonderful world of fashion
Nina Chakrabarti – 22€

? Petit message : une de mes amies a quatre chatons (trois mâles et une femelle) à placer. Ils sont nés le 5 mai. Deux d’entre eux sont gris, les deux autres sont gris et noirs. Ils seront sevrés au début du mois de juillet. Mon amie vit dans les environs de Rennes, mais elle se déplace régulièrement à Paris. Vous pouvez voir une photo ici. Alors si vous recherchez un chaton, n’hésitez pas à m’envoyer un petit mot (cachemireetsoie(arobase)gmail(point)com), je vous mettrai en relation avec elle.

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