Le film de maman
Tags: comédie musicale • eye candy • inspiration • jolies choses • Mamma mia
J’ai décidé de décerner mon oscar personnel du meilleur film de l’année 2008. Et celui-ci va, sans conteste, à la comédie musicale délirante Mamma Mia!, sur laquelle j’ai pourtant lu et entendu les critiques les plus navrées, les plus incrédules et les plus atterrées.
Lorsque je suis sortie du cinéma après l’avoir vu, il y a quelques mois, j’ai téléphoné à ma mère sans m’inquiéter de savoir si j’allais la réveiller et je hurlais comme une hystérique dans le combiné que je venais de trouver son nouveau film culte et peut-être bien le mien, aussi, par la même occasion. Sûre de mon fait, j’aboyais qu’il fallait à tout prix qu’elle se rue, séance tenante, vers le premier cinéma encore ouvert. Et dans la rue, je beuglais Money, Money Money avec l’envie que tout le monde se réveille et se lève pour chanter avec moi.
La seule chose, c’est que lorsque votre enfant chérie, presque en transe, vous appelle à une heure du matin pour vous parler d’un film, vous souriez poliment en retenant une folle envie de lui dire de se calmer. Et bien entendu, vous ne courrez pas du tout voir le film. C’est ainsi que, peut-être par ma faute, ma maman est passée pendant de longs mois à côté d’un de ses films préférés.
Mais je ne suis pas fille à se laisser arrêter comme ça et, lors de mon dernier passage en Bretagne, je lui ai apporté le DVD, trouvé par hasard dans un kiosque à journaux. Nous l’avons regardé ensemble au petit déjeuner, devant la baie vitrée, pelotonnées dans notre pyjama, les cheveux en bataille et l’œil encore un peu collé. Elle avec sa clope et son café, moi installée en crapaud devant un litre de thé fumant.
Quand je regarde ce film, je la vois, elle et ses amies faisant le pitre dans le jardin avec un soutif de grand-mère accroché en bonnet sur la tête, un verre de rosé à la main. Des scènes d’enfance se déroulent aussi dans ma tête : quand on chantait des chansons des années 60, un micro-brosse-à-cheveux fermement vissé à la main ; le jour de mon mariage, pendant ces minutes privilégiées où elle m’a aidée à m’habiller ; celui où je lui ai annoncé qu’on allait se marier ; et toutes les fois où c’est vers elle que je me tourne pour consoler un chagrin… Plan après plan, j’y retrouve sa façon de décider que la vie sera belle malgré les soucis, sa volonté de ne pas renoncer à la joie, jamais. Et de préserver l’insouciance à tout prix.
Et je la regardais visionner le film, les yeux brillants de tout cela, émerveillée de voir que quelqu’un, quelque part dans le monde porte aussi ce regard pas très sérieux et franchement déjanté sur les choses. Et se délecter du bleu perpétuel, des volets de guingois et de la mer à perte de vue qui signent chaque plan du film. Comme si tout ce qu’elle aime avait été condensé ici dans une heure trente de film. De l’élixir de joie de vivre. Ce jour-là, j’ai pris encore plus de plaisir à contempler ma mère qu’à regarder le film.
Et en quelques heures, Mamma Mia! est devenu et sera toujours pour moi le film de maman.
Mamma Mia
Tags: drôle • film culte • Mamma mia • meryl streep • movie • paris • parisiennes à paris • Photos
Il ne m’était jamais arrivé d’être prise d’une soudaine envie de danser sur une table, un boa rose autour du coup en beuglant une chanson de ABBA avec, si possible, une coupe de champagne à la main. Jamais au cinéma, en tout cas. C’est pourtant ce qui s’est produit hier soir pendant la projection de Mamma-Mia, peut-être le film le plus déjanté de l’année. Et je peux vous dire que je n’étais pas toute seule, à me dandiner sur mon siège, les zygomatiques au maximum de leur capacités.
Je ne suis pourtant pas dingue de comédie musicale au cinéma, ni spécialement fan de ABBA. C’est Meryl Streep, surtout, que j’étais venue voir.
Meryl Streep qui ne craint pas de se ridiculiser. Et qui prouve ainsi qu’elle est « irridiculisable ». Meryl Streep qui semble s’amuser comme une folle et entraîner dans son délire toute une bande de copains hystériques. Voir Pierce Brosnan, loin de son personnage de 007, nanti d’une petite brioche d’homme de son âge, Colin Firth totalement à contre emploi dans le rôle de l’homo refoulé… Et voir Julie Walters répande son énergie plus que jamais communicative… C’était plus que délectable. Tout ce second degré de la part d’acteurs qui n’ont plus à faire leurs preuves, cette absence absolue de contrôle de leur image… c’est simplement géant. On a l’impression que, pendant tout le film, les comédiens ne se rendent pas compte qu’ils sont filmés, qu’il s’en fichent, surtout, parce que sur le plateau, c’est la grande marrade.
Le film, malheureusement est trop inégalement bon (ou trop inégalement mauvais : scénario bidon, une interprétation souvent… comment dire… ) pour accéder au rang de mes films culte personnels. Mais la première partie, mon Dieu! La première partie!! Je crois qu’elle pourrait être prescrite comme remède universel à la morosité. Un peu comme une demie heure de montagnes russes qui vous secouent dans tous les sens (si on aime les montagnes russe, biensûr).
Quand on est rentrés, hier soir on aurait tout donné pour pouvoir aller dépenser toute l’énergie acquise par contagion pendant le film dans une boîte rétro-kitsh cachée quelque part sur une petite île grecque. D’où les photos débiles, sèche cheveu en main, ABBA en fond sonore, prises hier soir au milieu d’un fou rire. Je me demande bien si je ne vais pas aller le revoir une seconde fois.






