Mamma Mia
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Il ne m’était jamais arrivé d’être prise d’une soudaine envie de danser sur une table, un boa rose autour du coup en beuglant une chanson de ABBA avec, si possible, une coupe de champagne à la main. Jamais au cinéma, en tout cas. C’est pourtant ce qui s’est produit hier soir pendant la projection de Mamma-Mia, peut-être le film le plus déjanté de l’année. Et je peux vous dire que je n’étais pas toute seule, à me dandiner sur mon siège, les zygomatiques au maximum de leur capacités.
Je ne suis pourtant pas dingue de comédie musicale au cinéma, ni spécialement fan de ABBA. C’est Meryl Streep, surtout, que j’étais venue voir.
Meryl Streep qui ne craint pas de se ridiculiser. Et qui prouve ainsi qu’elle est « irridiculisable ». Meryl Streep qui semble s’amuser comme une folle et entraîner dans son délire toute une bande de copains hystériques. Voir Pierce Brosnan, loin de son personnage de 007, nanti d’une petite brioche d’homme de son âge, Colin Firth totalement à contre emploi dans le rôle de l’homo refoulé… Et voir Julie Walters répande son énergie plus que jamais communicative… C’était plus que délectable. Tout ce second degré de la part d’acteurs qui n’ont plus à faire leurs preuves, cette absence absolue de contrôle de leur image… c’est simplement géant. On a l’impression que, pendant tout le film, les comédiens ne se rendent pas compte qu’ils sont filmés, qu’il s’en fichent, surtout, parce que sur le plateau, c’est la grande marrade.
Le film, malheureusement est trop inégalement bon (ou trop inégalement mauvais : scénario bidon, une interprétation souvent… comment dire… ) pour accéder au rang de mes films culte personnels. Mais la première partie, mon Dieu! La première partie!! Je crois qu’elle pourrait être prescrite comme remède universel à la morosité. Un peu comme une demie heure de montagnes russes qui vous secouent dans tous les sens (si on aime les montagnes russe, biensûr).
Quand on est rentrés, hier soir on aurait tout donné pour pouvoir aller dépenser toute l’énergie acquise par contagion pendant le film dans une boîte rétro-kitsh cachée quelque part sur une petite île grecque. D’où les photos débiles, sèche cheveu en main, ABBA en fond sonore, prises hier soir au milieu d’un fou rire. Je me demande bien si je ne vais pas aller le revoir une seconde fois.





