Il y a quelques temps, à mon retour de vacances, je me plaignais du regard distant, voire parfois franchement hostile des gens de province au regard de la parisienne que je suis devenue. Evidemment, j’avais tourné le truc à mon avantage histoire de montrer combien je n’avais pas changé, en réalité; combien j’étais restée une authentique petite bretonne/normande fraîche et innocente des maifaits dont on l’accusait. Mais l’autre jour, en discutant au téléphone avec une journaliste qui me posait la question de l’aspect parisien de mon blog, j’ai pensé à toutes les fois, ou c’est vrai, je fais ma… connasse de parisienne. Et ou mes amis et mes proches, j’avoue, font preuve d’indulgence et doivent sérieusement prendre sur eux pour continuer à me trouver sortable. Les exemples, malheureusement, ne manquent pas…
Lorsque je tape une crise parce qu’au Gaumont du coin, ils ne passent pas le film autrement qu’en VF. Et que je me retiens de finir ma phrase par « ces ploucs ». Parce que bon, objectivement, moi aussi j’en suis une, de plouc (pour ceux qui ne savent pas, au départ, « plouc » n’est pas du tout insultant: c’est comme ça qu’on appelait les bretons, parce que chez nous, tout commence en « plou » quelque chose).
Quand je pète un scandale parce qu’on est dimanche, que j’ai des aigreurs d’estomac et qu’il n’y a même pas une p**** de pharmacie d’ouverte, « dans ce bled » (« ce bled » étant le village où j’ai passé de nombreuses années de ma vie que j’aime entre tous, mais des fois, je sais pas… j’oublie) Read more »
Se réveiller au côté de son amoureux, lui sourire et penser avec bonheur que demain, c’est le week-end: deux jours entiers ensemble….
Faire bien gaffe à poser le pied droit en premier, pour la peine.
Se lever en farfouillant dans ses cheveux. Être impatiente d’être à ce soir, mais reconnaître aussi que la semaine a passé vite. Trop vite. Qu’il reste beaucoup de choses à faire avant ce soir.
Regarder le réveil. Constater, une fois de plus, qu’on est en retard. Penser qu’on est tout le temps en retard, pour tout et avec tout le monde. Culpabiliser un peu.
Sortir de sa torpeur et avoir une pensée agréable pour tout ce qu’on va pouvoir faire samedi : cette robe à faire raccourcir, les courses, une tarte au citron meringuée, changer le bracelet de mes menottes Dinh Van, faire un cadeau à une amie, du travail et encore du travail, des projets à faire avancer, des listes… le repos ne fait pas partie du programme. Groumpff… Read more »
J’ose pas…
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Dans le Marais, il y a quelques jours. Un jeune homme nous arrête. Il veut nous vendre son recueil de poésie. Moi, la poésie, c’est juste pas du tout mon truc. En même temps, je suis là avec ma tenue de parfaite petite nantie devant un type qui se démène pour vendre son bouquin, je sais déjà que je vais culpabiliser si je ne lui prends pas. Sans compter que si je lui achète, ça va me donner une bonne image de moi à peu de frais (le coup de la bonne action). Mais honnêtement, on me l’offrirait que je n’en voudrais pas. C’est alors qu’il se produit quelque chose de plutôt inhabituel : avec mon plus beau sourire, je m’entends lui répondre que je suis désolée mais que la poésie, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé et que donc non merci à bientôt. « Parce que c’est vrai quoi », je dis plus tard à mon mari, « on se prive de plein de trucs qui nous feraient plaisir, c’est pas pour larguer notre fric dans un bouquin qu’on n’ouvrira même pas! ». Je ne vous dis pas l’éclair d’admiration que j’ai lu dans ses yeux.
Parce que s’il y a une chose qui me caractérise entre toutes, c’est bien le fameux: « j’ose pas ». J’ose pas demander, j’ose pas dire, j’ose pas rappeler, j’ose pas j’ose pas j’ose pas! Et autant ces gens culottés qui se croient tout permis m’exaspèrent, autant, perso, ça ne me ferait pas de mal d’oser un peu plus… Read more »





