La fille dans le métro

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C’était le matin, sur la ligne huit, direction Concorde. J’avais réussi à m’encastrer tout au fond de la voiture, là où deux rangées de trois sièges se font face et où l’on n’est dérangé ni par le passage des voyageurs, ni par l’inévitable bousculade qui précède l’arrivée à certaines stations. Mon casque diffusait très fort une de mes listes de musique préférées : « Happy Summer », peut-être, qui me rappelle les bons moments passés cet été en famille, « Allez Hop » auprès de laquelle je trouve la motivation qui me manque quelquefois pour aller courir, ou bien encore « Un dimanche matin », qui change tout le temps et qui constitue mon best of musical du moment.

Je ne sais plus, je me souviens seulement que j’étais de bonne humeur ce jour-là. Un rendez-vous très prometteur pour mon travail et dehors, le beau temps : on entrait dans l’été indien. Et puis, on n’a pas toujours besoin de vraies raisons pour se sentir joyeux, c’était comme ça. Quand mes yeux se sont attardés sur la jeune femme qui me faisait face.

Cette jeune femme qui pleurait. Les filles pleurent souvent, dans le métro, l’avez-vous remarqué ? Moi-même, j’ai souvent versé des larmes, installée sur une fesse au bord d’un strapontin. Alors toutes les techniques pour masquer l’humiliant chagrin, je les connais : tantôt baisser le visage, tantôt lever les yeux au ciel jusqu’à presque les révulser, faire semblant d’observer quelque chose derrière soi, par dessus son épaule, mortifié que l’on est par son incapacité à retenir le flot, effondré devant la possibilité qu’un voyageur repère le trop plein dans ses yeux. Rougir à l’idée de se donner ainsi en spectacle… Read more »

Donne moi ta main…

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Je passe mon temps à dire qu’on manque de soirées costumées. J’aime tout le temps qu’on consacre aux préparatifs : trouver son costume, faire les essayages, tergiverser. Ensuite, l’impatience au moment d’enfiler son habit de lumière et la curiosité à l’idée de découvrir les déguisements des autres. C’est toujours plus convivial, les barrières tombent plus facilement quand on est déguisé.

Avouez, qu’à vous aussi ça vous manque. Alors justement, demain soir, c’est Surprise Party, Surpat pour les initiés. Les organisateurs nous font, à chaque édition, faire un bond dans le temps du côté des années soixante. Chaque fois, un thème différent nous est proposé et demain soir ce sera « Les années Sorbonne ». J’avais manqué toutes les autres, mais demain, je sors mes socquettes, mon blazer à blason, ma jupe plissée et mes mocassin, et autant vous dire que ça va twister du côté du quai de Valmy.

Comme je connais la petite bande de doux dingues qui organisent les Surpat (ce sont eux, aussi, qui organisent les We are the 90′s donc question ambiance, on peut leur faire confiance les yeux fermés), j’ai quatre places pour deux à vous faire gagner. Il suffit pour cela de me raconter votre pire souvenir de soirée costumée (la plus ratée, la plus humiliante, votre costume le plus laid), je choisirai les réponses qui m’amusent le plus, en toute subjectivité.

C’est le moment ou jamais de ressortir vos robe Courrège, votre jupe à godets et vos sous-pull en maille synthétique qui gratte. Surtout, n’hésitez pas à venir en famille, histoire de faire danser les mamans sur un rock endiablé et apprendre le twist aux petits loups, les Surpat sont vraiment ouvertes à tous. L’entrée est à 5 euros si vous jouez le jeu du costume, sinon, petite pénalité : ce sera 10 euros l’entrée pour les ressortissants des années 2010.

La soirée commence à 23 heures au Bizz’art, 167 Quai de Valmy à Paris et ne se termine que lorsque vos batteries sont à plat! Je vous laisse avec la vidéo réalisée par Firr pour le lancement de la Surpat de la rentrée. Toutes les infos pratiques sont sur leur site.

Un autre monde

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Lorsqu’on est parisien, il est de bon ton d’afficher un souverain mépris pour tout quartier un tantinet touristique. Ainsi, rien n’est plus saugrenu qu’une virée à Montmartre, où d’ailleurs je n’avais plus mis les pieds depuis mes premiers pas en terre parisienne, il y a une dizaine d’années.

Mais il se trouve qu’un samedi soir, alors que je venais d’apprendre qu’il me fallait renoncer à quelque jours très prometteurs à Milan ainsi qu’à mon voyage à Montréal (initialement prévu au mois d’octobre) et furieuse à l’idée de n’avoir d’autre horizon immédiat que les toits de Paris, j’ai eu envie de dépaysement immédiat.

Après avoir fait un rapide tour des options qui s’offraient à moi pour satisfaire l’urgence (aucune, donc), Montmartre, m’est apparue comme une solution tangible : après tout, on devient toujours un peu touriste lorsqu’on se mélange à leur foule, non? Quarante minutes plus tard, le bus, me déposait à quelques pas du Sacré-Coeur.

J’ai donc fait, appareil photo à la main, tout ce que font les touristes aux abords de la place du tertre : main dans la main, nous avons applaudi le monsieur qui faisait la statue, tergiversé sur le choix du plus mauvais restaurant du coin, mitraillé la Tour Eiffel au pied du sacré cœur au moment du soleil couchant, pour achever la promenade dans les petites rues animées du quartier, éclairées comme pour un quatorze juillet avec à la main l’indispensable cornet de glace.

Contre toute attente, j’ai aimé Montmartre. Réellement aimé. Bien que rendu artificiel par la manne financière que représente le tourisme, c’est un lieu magnifique. Le point de vue depuis le Sacré-Coeur, à la tombée de la nuit est époustouflant. Et au-delà de ça, cette impression que le temps s’est arrêté ici il y a de longues années, la foule tranquille des visiteurs qui n’ont d’autre but que de prendre du bon temps, la douceur des couleurs, les pavés… sont autant d’éléments qui ce soir-là, on sauvé haut la main cette soirée mal partie qui promettait d’être morose.

Une ou deux petites recommandations? Ne vous arrêtez sous aucun prétexte au Pichet du tertre (près de la place du Tertre, rue Norvins), j’y ai mangé et de très loin, la galette la plus infâme de ma vie. N’hésitez pas, par contre, à prendre une glace chez Tutti Sensi (toujours rue Norvins, au numéro 14), je ne sais pas comment ils parviennent à rendre leurs crèmes glacées aussi crémeuses, mais ça a quelque chose à voir avec un miracle. N’hésitez pas à faire comme tout le monde à la tombée du jour : allez vous installer sur les marches du Sacré Coeur pour voir venir la nuit, la vue de Paris y est spectaculaire. Et si, décidément, l’ambiance « Mont-Saint-Michel-Disneyland » vous fait saigner les yeux, vous pouvez toujours bifurquer à quelques mètres plus bas dans le quartier des Abesses où Paris redevient instantanément celui des parisiens.

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