Je n’ai pas encore réussi à trancher, en matière de vêtements, entre les tenues « qui racontent des histoires », souvent un peu loufoques, qui prennent toute la place et forcent les gens, dans la rue à se retourner sur vous ; et la recherche de l’élégance décontractée qui fait oublier le vêtement au profit de la personne qui le porte.
C’est vrai, je suis subjuguée par ce qu’on appelle couramment l’élégance : le don qu’ont certaines personnes de se couler dans la vie avec aisance, de s’approprier ses codes et en jouer. Cette capacité de toujours porter le bon vêtement au bon moment et de la bonne manière, d’être toujours à l’aise. Sonner juste, avec en même temps, cet air de ne pas accorder d’importance à sa mise, que rien ne coûte. Ce style inimitable et léger, qui ne porte pas sur lui les efforts que ceux qui l’ont conçu. Effortlessly chic.
Mais j’aime la liberté d’être que proposent au contraire les extravagants, cette façon de ne pas se plier à l’air du temps. Souvent, lorsque je croise une femme qui semble surgie d’un film des années cinquante par la grâce d’un bibi et d’une jupe taille haute, une jeune fille échappé d’un conte moderne punk rock, armée de ses peintures de guerre cosmétiques ou un dandy tout droit sorti d’un roman d’Edith Wharton ou de Francis Scott Fitzgerald, j’admire toujours cette volonté d’enchanter leur quotidien en ne renonçant pas à ce qui séduit leur imaginaire. Et tant pis (tant mieux!) pour le décalage, pour les regards des passants dans la rue et l’impression, peut-être de nager à contre courant.
Lorsque j’ai passé cette jupe boule, il m’a semblé qu’elle tirait un trait d’union entre ces deux tendances. Toutes proportions gardées, bien entendu, entre mes idéaux vestimentaires et la réalité. Il y avait ce petit quelque chose de drôle, d’un peut déguisé – peut-être à cause de sa taille un rien trop haute – et paradoxalement une forme de simplicité. Elle me donnait l’impression d’être une chipie. Du genre à jouer en cachette à des jeux vidéos et à se passionner pour des maquettes radio-commandées sous ses airs d’héroïne de la comtesse de Ségur. Une façon de vivre au cœur de ses petits contes personnels…
Top brun // Brown Top : Zara
Jupe boule taille haute // Skirt : H&M
Babies // heels : Steeve Madden (en vente ici, pour celles qui me l’ont demandé)
Bracelet guitare // Guitar bracelet : Stella Cadente
Besace // Handbag : Jerôme Dreyfuss
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Bijoux, cailloux, choux…
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J’ai toujours l’impression de manquer d’accessoires. Je vois défiler les filles autour de moi qui n’oublient jamais le petit détail qui fait mouche, le sautoir ou la broche qui transfigure une tenue ; et les magazines qui ne cessent de nous répéter que ce qui différencie la fille stylée de la fille « sur laquelle aucun Sartorialist ne se retournera jamais », tient dans les deux-trois accessoires qui finissent un ensemble. Fort bien. Mais moi, les accessoires, je ne sais pas faire.
Ce n’est pas que je n’aime pas, notez. Mais que je ne sais pas. Plantez-moi devant le rayon bijoux fantaisie de n’importe quel H&M et vous aurez une idée assez précise de ce à quoi ressemble une poule lorsqu’elle vient de trouver un couteau. Lorsqu’il m’arrive de dénicher quelque chose de joli, je l’envisage en tant que tel, sans l’imaginer sur un vêtement. C’est ainsi que j’ai accumulé des broches en forme d’arc-en-ciel, des sautoirs rose-fluo et de ravissants pin’s publicitaires des années 90. Rien que du tout à fait portable, donc. Le pendentif boule sobrissime qui sera sublime sur un pull noir à col roulé, je le zappe. Au H&M, je ne le vois même pas. Je le snobe. Pire, je le trouve assommant. Comprenez-moi, aussi : un chouchou imprimé smileys et des BO en plastique orange en forme de tête de mort me tendent les bras, à trente centimètres de là…
De guerre lasse, j’ai donc fini par m’en remettre une fois de plus à cette célèbre maxime « less is more ». Mais avant ça, j’ai tout de même eu envie de dresser un petit inventaire photographique de ces bijoux et accessoires de fille. Nombre d’entre eux sont importables, mais au moins je me suis bien amusée à les prendre en photo. Tout bien réfléchi, quelque chose me dit que je vais peut-être, après tout, tenter de fréquenter le fameux rayon bijoux du H&M du coin… je trouve que le plastique accroche plutôt bien la lumière :)
Je n’ai mis dans ce billet qu’une partie de l’inventaire.
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Je posterai d’autres photos au fur et à mesure.
J’ai beau m’étourdir de désir pour la dernière collection Rykiel, me pâmer d’amour lorsque je croise une paire de Lanvin, de Marc Jacobs ou de Miu Miu, ou m’évanouir à la vue du nouveau Prada, la vérité vraie, c’est que je dépense surtout des sommes folles dans du H&M (mon fournisseur officiel d’achats ratés, mais heureusement aussi fournisseur officiel de merdouilles qu’on prendrait facilement pour une top marque), du Zara, du Gap, du Mango, du Jonak, du André, j’en passe et des bien pires. En un mot : du cheap.
Bien entendu, j’ai quelques pièces par-ci par-là (un Joes, un Paul&Joe, un Zadig ou deux, du Maje et du Sandro) mais au final, ça ne va jamais chercher très loin. Non pas que je voue un culte à la griffe cheap, notez… mais question sous, je n’ai toujours pas trouvé mieux. Le drame, c’est que tout de même, ces grandes marques ne se renouvellent pas des masses : le pull Zara, je sais qu’il est toujours trop court pour moi. Les Jonaks sont souvent trop étroites. Et ma robe H&M que j’adore, je ne suis pas exactement la seule à l’adorer, si vous voyez ce que je veux dire. Et le fait de la trouver sur un quart de la population féminine, à la longue, ben je l’aime moins. Read more »















