La disparition
Tags: Parisianismes • Tour eiffel
Si je fais l’effort de me pencher à la fenêtre ou sortir sur le balcon, je peux apercevoir les deux derniers étages de la Tour Eiffel. Il serait de bon ton de clamer combien cette vision quotidienne me laisse froide (beaucoup de parisiens aiment à prétendre qu’elle n’est qu’un accroc vulgaire à la beauté du paysage, sans parler des illuminations grotesques imaginées pour divertir les touristes). S’il est un spectacle dont je ne me lasse pas, c’est pourtant celui-ci. La beauté changeante du ciel, un peu comme s’il s’était paré d’une rivière de diamants. Quelle que soit l’heure du jour, cette image a quelque chose d’insensé.
Mon moment préféré : les quelques minutes que durent la tombée du jour lorsque le ciel est lourd de nuages sur le point d’éclater en pluie. Alors que la Tour Eiffel s’éclaire, il prend une teinte grise mêlée de mauve sombre, une couleur que je ne suis jamais parvenues à reproduire. Hier soir, justement, je me suis essayée à cela. Sans succès : en quelques minutes, la nuit était là.
Mais ce matin, une chose inouïe que je n’avais encore jamais vue s’est produite : dans le brouillard, la tour avait entièrement disparu. Totalement indécelable. Pfuit. Avant de comprendre qu’il n’y avait là qu’un effet de la brume, un tour de passe passe enfantin, l’espace d’un millième de seconde un minuscule éclair m’a traversé le cœur, comme si j’avais passé ces cinq dernières années à rêver les yeux ouverts et qu’elle n’avait jamais brillé que dans mon imagination, un peu comme lorsqu’on émerge d’un rêve…
Je vous laisse avec quelques photos prises hier soir. Le résultat n’est pas celui que j’espérais, mais j’aime beaucoup le bleu profond du ciel.






