Là d’où l’on vient
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Les racines. J’ai beaucoup de mal à décrire ce qu’elles sont et plus de mal encore à comprendre à quoi elles servent dans le mécanisme secret qui nous permet de tenir debout. Souvent, on n’y pense pas, à nos racines. Sans doute qu’elles font tellement partie de nous : on respire, on marche, on est retenu au sol du monde par des racines, et voilà.
On ne fait pas trop attention à elles. Parfois même, on en déniche une et l’on est tout surpris : un ami d’enfance, par exemple. Un jour, on parle, on refait le monde et paf, tout à coup on comprend que dans cette relation, dans cette amitié, il y a une racine solidement arrimée, bien enroulée autour de notre cœur.
Je crois aussi qu’on en a toujours une ou deux qui sont établies en nous plus profondément. Qui nous définissent, presque, tant on est lié à elles. La mienne, je le sais depuis longtemps, se trouve là, sur ces photos. Parmi les grains de sable, le varech et les moulières. Dans le vent qui porte les goélands argentés et les mouettes bavardes. Même dans le bruit que font les tracteurs qui rentrent des marées. Dans les épuisettes des enfants ou dans la glaise qu’on trouve parfois à mer basse. Et dans les parasols d’un goût douteux des vacanciers qui font comme des nuées de fleurs un peu vulgaires, les jours où il fait beau.
Je ne saurais pas dire exactement en quoi je suis enracinée ici, ni à quoi ça me sert. Ni même pourquoi c’est important. Peut-être est-ce seulement parce que quand je regarde ces photos c’est un peu comme si je découvrais soudain mon portrait. Un endroit qui me définirait mieux et bien plus complètement que n’importe quel qualificatif.
Assise sur l’un des cailloux qui bordent la plage, je regarde la mer remonter à toute vitesse sur la grève de Saint Martin de Bréhal et je sais avec une certitude qui m’émerveille que quels que soient les chemins et les routes que la vie choisira pour moi, quels que soient mes voyages, mes errances ou mes escales, cette plage et ces vagues seront toujours mon seul chez moi.
Comme Heidi, je suis allée trouver le calme pour quelques jours dans les alpages avec ma petite famille. Là d’où je suis, je commence sérieusement à douter de mon tempérament de citadine. Le temps à rallonge, les cloches des vaches, les prés fleuris, la marche, le silence… j’hésite à faire une étude de marché sur le fromage de brebis moulé à la louche, que j’envisage presque sérieusement comme une opportunité idéale de reconversion.
Non, sans rire, qu’est-ce qu’on est bien ici. Voilà quelque photos pour vous faire partager un peu du calme des montagnes.
Bribes estivales
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Je me demande toujours ce qui fait que parfois, même si l’on ne dispose que de quelques heures de repos, on se sent tout à coup en vacances coupé du quotidien comme au temps de l’école où l’on jouissait de deux bons gros mois de trêve et qu’on finissait par avoir l’impression que le rythme estival allait durer toujours.
Ce week-end, tout avait un goût de vacances: la chaleur presque étouffante dès le point du jour, le petit déjeuner en terrasse, le thé chauffé par le soleil qui se refuse à refroidir.
La langueur. Un déjeuner de choses fraîches, le croquant des salades du jardin et le basilic frais coupé dans les tomates aux olives. Les longues discussions à l’ombre du bouleau, quelques abeilles et de dodus frelons. Une piqûre de moustique, même. Et puis la fraîcheur du gazon sous la plante des pieds, les cônes à la vanille, les lavandes à peine fleuries et quelques coups de soleil. Tout avait goût de vacances.
Et ce matin, sous le ciel gris, c’est un peu comme si j’avais quitté Paris il y a longtemps. Presque, cette étrange impression d’être en septembre…













