Chaises volantes et autres plaisirs
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Des fêtes foraines, j’aime l’idée qu’on s’en fait davantage que les fêtes elles-mêmes. J’aime, par exemple l’idée du manège, cette ivresse qu’on s’offre pour deux-trois euros et qui cesse d’un coup après quelques minutes, sans dommage collatéral pour qui supporte bien d’être secoué comme un prunier. J’aime le parfum écœurant des churros imbibés de sauce au chocolat, les sucettes encore chaudes, les lumières stroboscopiques et tout simplement, la saisonnalité. Une fête foraine, en ville, c’est forcément un événement.
Dans la réalité, il m’est toujours difficile de supporter le rire strident que font les pré-adolescentes dans les bras de leur petit copain du moment, pour se donner du courage dans les attractions qui bousculent, ou décupler l’adrénaline.
Vraiment, la promiscuité gâche tout : je rêve d’un manège silencieux qui tournerait des heures durant sur les hauteurs de Paris ou de tout autre paysage splendide et où nous serions tous abîmés dans la contemplation et la joie muette de tournoyer dans l’air.
Mais au lieu de ça, tout le monde braille, se piétine, se cogne et se pousse. Les enfants pleurent ou rient trop fort. L’odeur de l’huile cent fois recuite ou de graisse de viande brulée assaille les naseaux avec une brutalité qui porte eu cœur et chacun sait que les carabines, au stand de tir, sont toutes un peu truquées. Le tour de manège ne dure jamais assez, il est toujours trop cher. Les fêtes foraines sont chaque fois une petite déception.
Mais samedi matin, à l’ouverture de la fête des Tuileries, nous n’étions qu’une poignée de visiteurs. La fête, comme si on l’avait prise au dépourvue, restait plongée dans le silence, ensorcelée par je ne sais quelle magie*. Les brochettes n’avaient pas encore été mises sur le grill et le soleil, déjà de plomb malgré l’heure matinale colorait tout d’une teinte exotique.
Samedi matin, je crois que pour une fois, la fête était en phase avec mon imagination.
PS : J’ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à prendre ces photos.
PPS: La fête du jardin des Tuileries est ouverte jusqu’au 24 août 2009, toutes les infos ici
* J’ai appris qu’en fait, il s’agit d’une particularité de la fête foraine du jardin des tuileries de ne jamais diffuser de musique.
Frrrrais !
Tags: inspiration nature • jardin parisien • paris • Photos • vie parisienne
Hier, en revenant d’une interview, un nom inscrit en tout petit sur le plan du vingtième arrondissement, où forcément j’étais perdue, m’a poussée à différer de quelques minutes le trajet de retour au bureau : Jardin Naturel. Impossible de résister à cette jolie appellation. Il s’agit en fait d’un petit coin de verdure accoté au cimetière du Père Lachaise.
Ne vous fiez surtout pas aux photos, qui donnent, je crois, une impression d’espace : c’est un jardin de poche, on en fait le tour en seulement quelques minutes. Mais, justement, je suis très impressionnée par le travail des paysagistes capables dans un espace aussi réduit de vous propulser si totalement depuis le tumulte de la ville jusqu’aux rives d’un marécage. Et d’un battement de cils, vous immerger au cœur d’un été dans le sud de la France, quand les herbes sont sèches et le bleu de l’azur quasi fluorescent.
Croiriez-vous, en regardant ces photos qu’elles ont été prises hier, en plein Paris, entre l’agitation sonore des voix d’enfants de l’école primaire installée juste derrière la clôture et le silence des morts, de l’autre côté du grand mur?
Marie & Margot
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Vous souvenez-vous de cette séance photo avec la charmante Estelle? Cette fois, Marie et Margot se sont prêtées au jeu de modèle pendant que Géraldine jouait les stylistes. Mon rôle, dans cette histoire était de prendre des photos et je ne vous cache pas que j’ai longuement hésité entre un bol de cigüe et une rasade de mort au rat pour fournir une excuse valable au désistement de dernière minute qui me semblait être la seule issue possible
Puis je me suis souvenue que la cigüe aussi bien que la mort au rat tuaient plus sûrement que la honte ou la peur de l’échec et que de ces deux maux, je préférais choisir le moindre.
Au final, pas loin de trois heures à jouer les photographes entre deux bols de thé fumant. Pas mal de stress, quand même. Deux modèles adorables et jolies. Des vêtements à tomber. Plein de choses apprises. Une ambiance à la fois détendue et studieuse. Un excellent moment, en somme. Et une folle envie de réitérer l’expérience, histoire de voir si j’ai tiré de bonnes leçons de ces quelques heures. Et Dieu sait qu’il y en avait à tirer! Si j’avais su, par exemple, qu’un photographe devait simultanément penser à autant de choses… Read more »



















