La coulée verte
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C’est toujours un peu décevant, ces visites « toutes faites » : tour de la ville en autocar, dîner en bateau-mouche… ça a généralement un vilain goût de je ne sais pas quoi. Un goût de fake (pardon papa, je sais que je ne dois pas faire d’anglicisme: un goût de de contrefaçon), vous ne trouvez pas?
Le petit bateau que nous avons pris à Camden pour rejoindre Little Venice n’a pas échappé à la règle. Sur une péniche que nous aurions pilotée nous-mêmes, nous nous serions autrement plus amusés, ralentissant la où c’était le plus joli, prenant le temps qu’il faut et jouant à faire des ronds dans l’eau. Au lieu de quoi, nous avons filé, filé, filé.
Ca n’a pas traîné la visite! Le moteur semblait dire « Et que ça saute! » et je n’avais pas le temps de trouver le bon cadrage que nous étions déjà à cent mètres de ce que j’espérais photographier. Malgré tout, c’était un très bon moment. D’abord parce que je ne me sens jamais aussi chez moi que sur l’eau et parce qu’après tout, si l’appareil ne prenait pas ce que je lui demandais, il imprimait une autre chose, tout aussi ravissante.
Puis nous sommes arrivés à Little Venice qui ne porte pas très bien son nom, à mon avis : rien à voir avec la vraie Venise. Mais ce titre légèrement usurpé n’ôte rien au charme de ces quelques morceaux de quais habités, vivants et fleuris que nous avons longuement arpenté avant de nous perdre pour retrouver le métro. Et comme toujours, David ne cessait de me charrier parce que je ne peux pas m’empêcher de photographier tous les pots de fleurs qui passent, comme vous n’avez pas manqué de vous en aprecevoir ;)
Les bucoliques
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Je n’ai décidément pas fini de jouer les groupies quand il s’agit de Londres et de ses environs. C’est très simple, partout où nous sommes passés, je m’exclamais avec des yeux remplis d’amour que j’avais enfin trouvé le lieu où je veux vivre depuis toujours.
Tout cela en roulant des œillades pleines de promesses torrides à mon tendre amoureux afin qu’il consente à trouver dans les plus brefs délais un travail extrêmement bien payé pour nous permettre de couler des jours heureux dans une des villas fleuries du village d’Hampstead, de Notting Hill, Camden ou que sais-je.
Aujourd’hui, je vous emmène à Hampstead Heath, ce parc immense qui s’étend sur des kilomètres au nord de Londres. Les parcs anglais sont comme le maquillage « nude » : ils embellissent la vérité sans jamais la grimer. On se croirait en pleine nature, seulement les arbres ne coupent jamais la vue, les herbes nous font la grâce de ne pas pousser trop haut et on dénombre dans les vertes prairies un type très étudié de fleurs sauvages harmonieusement réparties ici et là sans jamais tomber dans le surnombre ou le dépouillement. De la nature photoshopée, en quelque sorte.
Ce qui en fait l’endroit idéal pour: Pique-niquer de bonnes choses anglaises. Gambader avec le chien, un polo à manches longues flottant négligemment sur les épaules. Faire semblant de dormir, un livre écrasé sur le visage en guise de pare-soleil. Hurler un bon coup sans crainte d’être entendu des voisins. Dévorer un livre palpitant, avachi dans l’herbe grasse, sur un lit de boutons d’or. Et de quelques chardons tout de même, pour préserver le goût de l’authenticité.
J’y ai même trouvé un trèfle à quatre feuilles. Pile au moment où je me disais : « si tu en trouves un, passe ton chemin et laisse-le à moins chanceux que toi ». Non mais vraiment n’importe quoi.
N’importe quoi, peut-être, mais impossible après ça, de le cueillir sans que s’abatte sur moi une chape de culpabilité bien trop lourde à porter pour ma petite conscience. Sachez donc, si d’aventure vous aviez besoin d’un petit coup de chance, que le fameux trèfle est encore probablement là bas :)
Et comme je trouvais que ces prés se prêtaient particulièrement bien à une interprétation rétro, j’ai aussi retravaillé cette série de photo façon Polaroïd. Vous pouvez la feuilleter ici.
Doux dingues
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Je n’aime pas me préoccuper des affaires météorologiques. C’est tout de même le temps – relativement clément même si nous n’avons pas échappé à quelques gouttes – qui nous a décidé hier à commencer notre petit séjour par la visite de Camden, à peine débarqués du train.
Comme toujours à Londres, j’y ai retrouvé cette ambiance de doux dingues faite de punks proprets, de pépés perchés, de blondes aussi ridées que péroxydées et de toute une faune indescriptible de fous inoffensifs qui me donnent une furieuse envie de filer mes Dim couleur gazelle, me teindre les cheveux en vert fluo et crier « moi aussi j’en ai une, de personnalité! »
Et Camden, c’est un peu comme Venise : le genre d’endroit où l’on sait qu’on peut se perdre sans jamais risquer de s’égarer vraiment. Ainsi, je suis bien incapable de vous citer le nom des différents lieux photographiés ci-dessous autrement que dans le désordre le plus total. Je laisse donc cela aux guides, bien mieux renseignés que moi.
Pour vous faire une idée, Camden est une sorte d’heureux bordel où des marchés aux puces nichent dans d’anciens box à chevaux dont les plafonds sont recouverts de sky capitonné. On y croise des accordeurs de piano en plein travail, des vêtements de seconde main pas trop chers et souvent délirants, des échoppes de bijoux fantaisie d’un goût très personnel et des hommes sandwich en pagaille arpentant les rues pour vendre les mérites de salons de piercing et de massage ou de fast food végétariens qui n’inspirent pas franchement confiance.
Et au hasard de la promenade, une place qui donne sur le canal, quelques péniches, un dédale de verdure, le calme. Un énorme coup de cœur.



















