« On va voir la mer ?! » Petite phrase rituelle bien connue de tous ceux qui passent quelques jours près d’une plage : qu’il vente, qu’il pleuve ou bien qu’il fasse grand soleil. Avant même d’avoir défait ses valises, ce moment magique où l’on vire chaussures, chaussettes et tout le tintouin et où l’on s’élance sans réfléchir vers le rivage. Cette forme de libération.

« Venez! On va voir la mer !!!! » Quelquefois, on l’annonce comme ça, à la cantonade pour entraîner toute notre smala avec nous et retrouver la mer ensemble. On veut lui faire la fête. La célébrer. Lui offrir un sabbat.

« Viens, on va voir la mer… » Parfois on le chuchote à une oreille aimée comme un secret. Simplement partager ce moment à deux, dans un silence recueilli. S’offrir un moment de solitude ensemble. Une manière comme une autre de se parler d’amour.

« Je vais voir la mer. » Et il arrive enfin qu’on se le murmure à soi-même, juste pour se l’entendre dire. Puis on s’échappe à petit pas pendant que tout le monde est aux retrouvailles, aux embrassades et aux verres qui se remplissent déjà. Comme un rendez-vous amoureux : on a besoin d’un tête à tête. Il arrive même qu’on ait simplement besoin de se rassurer : constater de ses yeux, qu’elle n’a pas disparu. Le monde secoue l’humanité comme un prunier, mais elle. Elle est là. Elle a ses humeurs, oui. Mais elle est là. Toujours.

Pour le moment, alors que je suis à Paris. La mer, celle que j’aime et qui me manque, est dans mon téléphone et au fond de mon cœur. Mais j’avais envie de vous dire, à vous aussi : « Hey tu viens, on va voir la mer!? »

J’espère que vous avez passé une belle journée 😘🌈✨

Lorsque j’habitais à Granville, j’empruntais toujours ce petit chemin pour me rendre à Donville, les jours où je déjeunais avec ma grand-mère. C’est de là, selon moi, que l’on a la plus belle vue sur la côte, à 180º, d’un bout à l’autre de l’horizon. Depuis la route principale, si vous longez les tennis après la maison Dior, et prenez les petites routes en direction de la côte, il n’y a que quelques minutes de marche. Les levers de soleils y sont, eux aussi, incroyables (même si le soleil se lève de l’autre côté, la couleur de la mer quand il fait beau est stupéfiante).

Ici, c’est un de ces points de vue qui vous font sentir si petit. Une poussière dans l’immensité. Qui rappelle que l’on n’est que de passage, aussi. Que nous n’avons pas l’éternité pour jouir de tout cela. On a maintenant et peut-être demain. Ou dix ans ou même quatre-vingt. Mais pas l’éternité.

Ce soir-là, je me disais : des milliards de milliards d’êtres vivants et je suis là, presque seule, devant ce spectacle. Aux premières loges. Les chances pour que cela se produisent sont aussi faibles que gagner le gros lot au loto, et pourtant je suis là. Un miracle. De ces miracles qui, parce qu’ils font partie de toutes les vies, se laissent si facilement oublier.

Et voilà pourquoi je prends des photos : pour fixer ces instants de grâce. Et plus important encore, pour les partager.

Passez une délicieuse journée 😘

Oh là là Marine. C’est une histoire magique. Ma cousine. La vie prend parfois de drôles de chemins : nous avons fait la connaissance l’une de l’autre il y a cinq ans seulement. Marine, elle est belle comme c’est pas permis. Je vois souvent les gens se retourner sur elle, hypnotisés par tout ce qu’elle dégage. Elle a toujours des expressions mignonnes, par exemple, elle dit d’elle : « je suis un coussin » pour décrire ses adorables rondeurs. J’adore quand on regarde des films sous le plaid, le dimanche en hiver, même si elle finit presque toujours par s’endormir. La joie que c’est quand on prend le temps de dessiner toutes les deux, sous le parasol, moi des petits pâtés et elle, toutes ces choses gracieuses qui semblent surgir du papier.

Tantôt, je trouve en elle l’enfant qu’elle a dû être et que je souffrirai toujours un peu de n’avoir pas connu, tantôt elle semble dotée d’un siècle de sagesse. Mon amie Nadia a dit d’elle une fois qu’elle était « une vieille âme » et ça me semble juste (même s’il faut bien avouer que cette histoire d’âme vieille ou jeune est un concept qui me dépasse un peu).

Mais voilà ce qui est magique : à la seconde précise où j’ai rencontré son visage pour la première fois, je l’ai aimée comme si nous nous étions toujours connues. Je n’ai pas eu besoin de savoir quel était son tempérament, ni ce qu’elle aimait, comment elle se comportait, ni même si elle allait m’aimer en retour. J’ai découvert ce jour-là qu’il y avait cette place pour elle et que ça se passait d’explication.

Cette expérience a remis en question tout ce que je croyais de l’amour : qu’il fallait que mes amis, mon entourage, mon amoureux soient comme ceci ou comme cela, qu’ils s’intéressent à telle ou telle chose, qu’ils aient plutôt telle ou telle idée sur la vie ou que sais-je. Alors que l’amour, je l’ai découvert a ce moment là, l’amour peut aussi se passer d’argument. Quelquefois il est là, simplement.

La semaine dernière, c’était sa rentrée dans une prestigieuse école hollandaise. Un grand, grand changement dans sa vie. C’est difficile de ne pas me précipiter là-bas pour faire son petit déjeuner et lui tenir la main.

J’ignore pourquoi les éternelles fissures sur les vitres des hublots des bateaux. Mais j’ai toujours aimé regarder le paysage à travers eux. Le scintillement des fissures, qui trouve le moyen d’embellir encore ce qui, déjà, est sublime.

Petite, je passais des heures dans le carré à regarder la mer à travers les hublots, malgré les supplications de mes grands-parents alarmé à l’idée que je puisse tomber malade, ce qui pourtant n’arrivait jamais. Je crois en vérité que pour eux, si l’on avait la possibilité d’être dehors, alors il fallait l’être un point c’est tout.

C’est un plaisir qui ne m’a jamais quitté et je ne compte pas les fois où un passager interloqué demande ce que je regarde avec tant d’attention. C’est toujours difficile d’expliquer ça, que rien, je regarde la mer. Qu’il ne se passe rien de particulier et que c’est justement cela qui est fou : le grandiose partout, tout le temps, pour tout le monde. Et que c’est simplement cela mon plaisir : regarder la mer à travers les paillettes du hublot.