Ce petit jardin aussi, tout comme Neal’s Yard, a bien failli nous échapper. Et sans l’aide de quelques passants bienveillants nous y serions encore. Phoenix Garden est ouvert au public – mais pas public – et entièrement entretenu par un groupe de volontaires qui le mettent à disposition de tous ceux qui souhaitent y flâner parce qu’après tout à quoi sert d’être un beau jardin si personne ne peux venir s’y promener?
On croise à Phoenix Garden des messieurs en costumes venus y faire une sieste à même le gazon à la pause déjeuner, des promeneurs égarés, un couple d’amoureux qui se bécotent assis sur un banc de bois dissimulé des regards par les branches protectrices d’un saule pleureur. J’ai l’impression de troubler la quiétude avec le petit clac clac clac de mon appareil photo.
Le monsieur à l’accueil parle un anglais que j’ai peine à comprendre. Je parle un anglais qu’il ne comprends pas du tout. Mais, mais il mise certainement sur l’espoir que je lui poserai les même questions que les autres touristes qui sont passés ici depuis ce matin. À tout hasard, il me donne les renseignements que précisément, j’attendais. Dans un coin, comme dans un vrai jardin, une brouette, des plants en pots, quelques outils. Et l’impression étrange qu’ici on est un peu chez soi.
Voici donc ma petite promenade en images, mais je dois dire que les photos de David, me semblent vraiment beaucoup plus réussies (surtout la 5 et la 7 dans le diaporama, j’en suis folle), vous devriez aller jeter un petit coup d’œil. Et aussi à celle-ci.
Tsssss, je vous entend penser. C’est un peu Jardiland ici, ces derniers jours. Et vous avez raison. Je vais essayer de me calmer question verdure, mais ça ne va pas être facile. Il me reste encore une série de photos de Londres (quelques images de Notting Hill et de ses environs), mais je ne sais pas si je vais la poster, Londres, ça commence un peu à bien faire, non? On verra.
En même temps, je peux bien publier n’importe quoi ce week-end, avec le merveilleux temps annoncé, je doute que qui que ce soit se trouve devant son ordinateur dans les deux jours qui viennent et c’est tant mieux ;)
Je viens de réaliser qu’il s’est écoulé juste six ans depuis cette photo. Il faisait aussi beau qu’aujourd’hui, peut-être même plus chaud encore. Les gens, sur la cale, criaient vivent la mariée. Je portais au poignet un bracelet de coquillages.
Il avait six kilos de plus qu’aujourd’hui (et moi de moins, tout n’est qu’injustice en ce monde). Le bustier de ma robe était trop grand, le photographe avait trop chaud et mon père nous attendait sur le quai en nous faisant des signes de la main.
Sur les photos que je viens de regarder, mes deux grand-mères, installées côte à côte, rient aux éclats dans l’église. Sur le parvis, les tourterelles refusent de s’envoler, quelques ballons aussi. Sur nombre d’entre elles nous nous tenons par la main comme nous le faisons encore maintenant. Mon bouquet pèse une tonne et j’entends encore ma plus jeune cousine me glisser à l’oreille qu’elle attend que nous lui offrions petit cousin au plus vite.
Le lendemain, il a un peu plu. Le temps est gris mais nous somme encore plus joyeux que la veille. Nous avons mangé comme des chancres et longuement somnolé sur la pelouse. Maman qui n’avait pas porté de talons depuis trente ans a des ampoules gigantesques aux orteils et se promène pieds nus dans la maison en poussant des cris d’orfraie. Mes oncles se battent pour savoir qui a réalisé la meilleure terrine et je ne cesse de contempler mon alliance avec un sourire bête. Six ans se sont écoulés depuis cette photo.
À quelques détails près, six ans de bonheur.
La coulée verte
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C’est toujours un peu décevant, ces visites « toutes faites » : tour de la ville en autocar, dîner en bateau-mouche… ça a généralement un vilain goût de je ne sais pas quoi. Un goût de fake (pardon papa, je sais que je ne dois pas faire d’anglicisme: un goût de de contrefaçon), vous ne trouvez pas?
Le petit bateau que nous avons pris à Camden pour rejoindre Little Venice n’a pas échappé à la règle. Sur une péniche que nous aurions pilotée nous-mêmes, nous nous serions autrement plus amusés, ralentissant la où c’était le plus joli, prenant le temps qu’il faut et jouant à faire des ronds dans l’eau. Au lieu de quoi, nous avons filé, filé, filé.
Ca n’a pas traîné la visite! Le moteur semblait dire « Et que ça saute! » et je n’avais pas le temps de trouver le bon cadrage que nous étions déjà à cent mètres de ce que j’espérais photographier. Malgré tout, c’était un très bon moment. D’abord parce que je ne me sens jamais aussi chez moi que sur l’eau et parce qu’après tout, si l’appareil ne prenait pas ce que je lui demandais, il imprimait une autre chose, tout aussi ravissante.
Puis nous sommes arrivés à Little Venice qui ne porte pas très bien son nom, à mon avis : rien à voir avec la vraie Venise. Mais ce titre légèrement usurpé n’ôte rien au charme de ces quelques morceaux de quais habités, vivants et fleuris que nous avons longuement arpenté avant de nous perdre pour retrouver le métro. Et comme toujours, David ne cessait de me charrier parce que je ne peux pas m’empêcher de photographier tous les pots de fleurs qui passent, comme vous n’avez pas manqué de vous en aprecevoir ;)
















