Quand le chat n’est pas là

Comme nous partions en croisière, il n’y avait pas de raison pour que notre chat ne s’offre pas lui aussi quelques jours de dépaysement. Il est donc en vacances en Savoie jusqu’à la fin de la semaine, avec un ami chat, logé dans une maison charmante et nanti de deux humains domestiques pour le servir, au moins aussi dévoués que nous le sommes David et Moi. Sans aucun doute le quatre étoile du chat.

Depuis que nous l’avons adopté, c’est la première fois que l’appartement est vide de sa présence. Voilà trois matins que je n’ai pas entendu les roucoulements de tourterelle qu’il fait pour nous saluer au réveil. Trois matins qu’il ne m’a pas lacéré le dos en voulant s’installer sur mes épaules pendant que je m’affaire devant l’ordinateur. Trois jours que m’étonne de ne pas avoir été sur-sollicitée pour des séances de grattouilles, papouilles et autres mamours adorés par les chats.

J’ai profité de son absence pour retrouver le plaisir des fenêtres grandes ouvertes sur le soleil un peu frais du mois de juin et je dois reconnaître que c’est une forme de petites vacances aussi pour moi de n’avoir pas constamment à me soucier de lui. Je constate avec étonnement qu’il y a même une sorte de… normalité, dans son absence. Comme si la vie reprenait son cours ordinaire. Et en même temps, bien entendu, il me manque : je crois que je l’ai adopté comme une mère prend un petit qui n’est pas le sien sous son aile et qui tente de l’aider à grandir dans un monde qui n’est pas prévu pour lui. A la maison, le chat est une personne à part entière, si l’on me demande combien nous sommes chez nous : nous sommes trois.

Mais ce qui me stupéfie surtout, dans l’absence de Malo, c’est le silence.

Depuis quelques jours, en particulier pendant la journée où je suis seule à mon bureau, il a revêtu une toute autre texture. Le silence quand Malo est là et qu’il dort ou lézarde au calme n’a rien à voir avec le silence où il n’y a personne. Un chat qui dort à quelques pas de vous, ce n’est pas de la solitude. Je l’avais pressenti, mais jamais vraiment expérimenté.

Il me semble, il m’a toujours semblé que les chats diffusaient une sorte d’onde de sérénité d’une façon un peu mystérieuse. Comme certaines personnes capables d’apaiser les tensions dans un groupe de personnes uniquement grâce à leur présence. Plus que jamais, je le crois.

Je repense aussi à ce silence dont on s’entoure lorsqu’on laisse aller ses pensées en contemplant quelque chose de beau, un paysage, par exemple. C’est un peu la même chose : la mer sous nos yeux peut bien écumer tout ce qu’elle veut et les vagues fracasser leur lame à grand bruit, nous sommes dans le silence.

De la même façon, avec Malo, le silence est une sorte de calme intérieur. Sans lui, le silence n’est rien de plus que le silence : il est vide.

43 réflexions sur “Quand le chat n’est pas là”

  1. girls_in_hawaii

    Très joli billet!…Moi aussi j’ai un gros matou ,tout blanc et très collant,sans qui je ne pourrais vivre…

  2. J’ai l’impression d’entendre ton silence. Mon chat est en pension chez ma grand-mère depuis l’arrivée de notre bébé. Le manque de place dans notre trop petit appartement parisien nous a imposé cette séparation que j’espère temporaire. Je me surprends encore à chercher ses gestes graciles, ses grognements, son regard profond et étonné.
    Il profite des joies de la campagne,
    Comme il me manque !
    Merci pour ce billet.

    1. J’ai plusieurs fois pensé à ce que nous serions forcés (ou pas) de faire le jour où nous aurons un petit loup à notre tour, je redoute déjà le jour où le médecin m’apprendra que je n’ai toujours pas contracté la toxoplasmose.

      1. @ Anne-so, je me pose les mêmes questions mais il me semble que même si tu n’as pas eu la toxo tu peux garder ton chat à condition de bien te laver les mains et ne pas t’occuper de sa litière ;)

        1. Ayant eu deux enfants j’ai toujours gardé mes chats même sans avoir eu la toxo. Il suffit d’être un peu prudente et de ne pas s’occuper de la litière, laisser cette charge à son mari. En même temps, il peut bien s’occuper de ça, non mais :)

      2. Bon alors c’est ce qui m’est arrivé alors que j’ai TOUJOURS habité avec un chat. Du coup, deux solutions : soit ton mari est plus que parfait et tu ne t’approches pas de la litière même en apnée, même avec des gants ( note que c’est une très bonne excuse pour éviter cette corvée pendant quelques temps ) et surtout tu ne te fais pas griffer même pour jouer ; soit tu le laisses 9 mois en villégiature et tu le récupères après…je sais c’est pas rigolo tout ça mais ça vaut tellement le coup de faire attention.

  3. Joli text que tu nous as écris… Comme je te comprends nous aussi nous avons trouvé voilà trois ans une chienne devant notre porte dans le ruisseau. Au tout débout je ne voulais pas la garder car j’avais peur des chiens en plus elle ne ressemblait à rien ou presque elle avait l’air d’un gigantesque rat blond (elle était toute maigre et mouillée lorsque mon mari l’a trouvé). Bref tout comme toi je la considère comme un membre de la famille, c’est mon bébé, mon amour sans elle je serai plus la même…Elle est si mignonne et surtout elle est très calîne avec nous.
    Nous l’aimons très fort d’ailleurs je le lui dis souvent que je l’aime…

    1. Ah, merci de nous faire partager cette histoire. Moi aussi je le lui dis à mon chat, combien je l’aime et combien j’ai de la chance qu’il vive parmi nous :)

  4. Je m’étonnerais toujours en lisant tes posts de voir combien tu sais mettre des mots sur les sentiments que j’éprouve. Tout est tellement juste.

  5. j’en ai deux et depuis peu ils dorment dehors dans leur nouvelle niche (obligé ils urinent à l’intérieur…) mais je peux dire que les 1ere nuits furent angoissantes et si il y a un orage, je ne peux me résoudre à les laisser seuls dehors…

    1. Comme je te comprends. Au denier gros orage, je me suis précipitée dans le salon pour voir si Malo n’était pas trop effrayé. Et en fait pas du tout, il dormait. j’ai même senti que bon j’étais bien mignonne là, de le réveiller à une heure pareille et que si je pouvais faire moins de bruit. ;)

  6. Le mien est en vacances en Normandie en attendant qu’on prenne les notres la semaine prochaine… et je vois tout à fait de quoi tu parles… Le silence n’est pas le même, la maison non plus… Plus de ronflements la nuit (en même temps plus de place pour dormir !), plus d’accueil le soir en miaulant et en faisant son « tour du propriétaire »… tout ça me manque mais heureusement ce n’est que provisoire… et je sais que là où il est il est plus que chouchouté ;)

    1. Oui, moi aussi, je sais combien il est chouchouté et c’est ce qui me permet de ne pas trop m’en faire. Sinon, de toute façon, je ne serais pas partie en croisière.

  7. C’est tellement vrai…
    Un chat, juste par sa présence, même si elle est silencieuse, emplit une pièce de tout un tas de choses.
    Je crois que les personnes qui n’ont jamais eu de chat nous prennent pour des fous mais c’est tellement vrai…

    1. Oui, tu as raison, je crois que les gens qui n’ont jamais vécu avec des animaux et dans ce cas précis avec des chats auraient du mal à comprendre ça.

  8. Très joli billet, et je suis bien d’accord avec toi !! J’ai un chat, qui quand il ne dort pas, est très envahissant : toujours sur mes genoux, toujours à miauler on ne sais pas pourquoi, à faire tomber des trucs, à gratter sa litière etc…, quand il n’est pas là (ou même quand moi je ne suis pas pour cause de vacances), c’est à la fois reposant et frustrant, ça laisse vraiment un vide !

    1. Oui, c’est exactement ça. Parfois, il me fait rie car il me semble qu’il prend beaucoup plus de place, avec ses trois petits kilos, qu’un humain de taille adulte, avec ses miaulements, ses courses effrénées, le bazar qu’il met partout…

  9. j’ai du m’habituer moi aussi à la non présence de mon chat, quand j’ai déménagé de chez ma mère pour venir à paris.

    le pauvre passe sa vie dans le jardin, je ne pouvait pas lui imposer de ne plus sortir !

    1. Je comprend très bien ce que tu dis, c’est difficile de priver un animal de son coin d’espace. J’aurais sans doute fait pareil à ta place, mais cela n’aurait pas été facile.

    1. Oui et non. Au début, on avait envie de tout un tas de noms débiles et marrants genre Brad Pitt ou Tom Cruise, ou en effet, tous les jeux de mots idiots qu’on peut faire avec ‘chat’. Dont Malo. mais en fait, il se trouve que c’est un prénom que j’aime énormément, qui est breton comme moi (et aussi comme le petit chat qui venait de Fougères) et que ça correspond bien à mon souhait de monter que le chat fait partie de la famille, avec un prénom qui ne soit pas un diminutif. Voilà, tut sais tout ^^’

  10. Bonjour,
    quel joli billet. Je te lis souvent mais c’est la première que je commente. J’ai deux chats et leur absence, quand elle a lieu, est tout à fait notable !!! (ils sont encore jeunes et assez turbulents mais je les adore)

    J’aime beaucoup ton blog, que j’ai trouvé via des blogs mode mais que je trouve beaucoup plus varié. J’aime bien tous tes conseils déco notamment.

    Bon retour à Malo et à toi ! sourit

  11. Merci pour ce billet qui m’a particulièrement touchée.
    Les chats et moi c’est une longue histoire d’amour…
    J’ai perdu l’année dernière le mien. C’était aussi un membre de la famille à part entière. Un grand vide a suivi. Les chats, à leur manière, prennent beaucoup de place.

  12. J’éprouve souvent un sentiment de culpabilité vis à vis des sentiments que j’éprouve pour mon chat, qui me semblent parfois démesurés. Mais finalement je crois qu’on ne peut pas aimer un animal « à moitié », une fois qu’on en a un chez soi, il fait partie de notre vie comme une personne à part entière… Je suis allergique à ma Luna, mais je lutte chaque jour au prix de traitements longs et contraignants tellement je tiens à elle et que la vie me semblerait bien vide si elle n’était pas là. Ton texte est magnifique, j’ai l’impression de m’entendre au travers de tes mots… Touchant.

  13. J’ai vécu exactement la même expérience que toi, il n’y a pas si longtemps avec notre petit chat.

    C’est fou la place qu’un animal peut prendre dans nos vies

  14. Voilà un très joli billet.

    Mon chat est depuis des années chez mon papa, puisque je ne peux me résoudre à l’enfermer dans un appartement alors qu’il peut profiter de la campagne là bas.

    Mou (c’est son pti surnom) me manque, mais c’est toujours un vrai plaisir de la retrouver.

    Et je plussoie l’idée du silence: sans une compagnie, ce n’est plus pareil…

    Bonne fin de journée

  15. Très très joli texte… Je suis folle des chats, je rêve d’en avoir un depuis des années, mais j’hésite toujours. pas pour la garde quand je serai en vacances, ni parce que j’ai pas envie de m’en occuper… mais parce que je crois que je l’idéalise trop, j’ai envie d’un chat qui soit comme ci et comme ça, mais les chats sont trop imprédictibles et c’est ça aussi que j’aime chez eux… Un jour j’en aurais un, un jour :)

  16. il est booooooooooooo…il ressemble au mien en beaucoup plus calins;.le mien c’est plus  » je cours toute la journée, je crois que lecher ou mordre c’est pareil, si on me touche j’attaque..bref un vrai pti tigre..mais bon on l’aime quand même!

  17. Quel joli texte – C’est vraiment ca une personne en plus dans la maison avec un côté petit tyran et curieux de tout – s’il a décidé de jouer il miaule jusqu’à ce que je me lève – si je râle après lui il répond – il est vrai que les siamois n’ont pas volé leur réputation de grands bavards – si je cuisine il se met sur le lave linge pour regarder ce que je fais, tous soirs il inspecte mon sac à main, lorsque j’ouvre la porte de chez moi, il est là il m’attend et miaule jusqu’à ce que je lui fasse son câlin – Il est à sa façon aussi envahissant que ma fille – et lorsqu’il n’est pas là la vie comme tu dis redevient normale et au bout de quelques jours il me manque.

  18. Quand le chat n’est pas là ou l’ode à Malo.

    Le mien est mort il y a quelques mois et j’ai du mal à m’habituer. J’étais trop accoutumée à sa présence, qu’il se fasse discret ou non. Je pense en prendre un autre mais j’ai un peu peur que la vie d’appartement ne plaise pas à un nouveau jeune compagnon comme à mon vieux pépère.

    En tout cas, je dois dire que Malo est magnifique. J’aime particulièrement les chats noirs pour leur élégance et leur mystère.

  19. Merci pour ce très beau texte et cette photo de panthère élégante.
    Je suis en train de déménager et ne peux, ni ne souhaite, emmener mes chats avec moi.
    Car pour le moment, là où je vis encore, il y a 3 chats dont 2 à moi, qui ont la chance d’avoir un très grand jardin !
    Toutes des minettes. L’une je l’ai recueillie quand elle avait 3 semaines, je l’ai nourri, élevé, calinée, changé.
    elle m’a pourri des draps, des serviettes.. C’est un vrai budget en nourriture…
    Mais je l’aime plus que tout. C’est ma fille..chat 8 Oui je sais. Elle me console, me réchauffe, prends soin de moi quand je suis malade, les chats sont très empathes.
    Mon autre minette, plus jeune, roucoule, ressemble à une lionne blanche, bouffe comme un ogre, m’emmr…e mais elle est si gentille.
    J’avais un troisième chat, avec mon ex, mais il est passé sous une boîte à roues hélas.
    Tous mes chats sont mes compagnons, ils ont leur place mais ils me manquent quand je m’absente, quand ils ne rentrent pas dormir et reste dehors. Bref merci pour ton texte (et mon premier com je crois) et ton blog, si élégant et multiple.

  20. Les animaux c’est une sacrée présence … Quand il ne sont plus là l’espace d’un moment on ne peut pas ne pas l’ignorer.
    Pour moi c’est pareil, impossible de laisser les fenetres ouvertes sans fermer les volets. J’avoue, ça me manque …

    mel

  21. Très joli ce minou !
    Jamais je n’ai laissé mes deux minettes seules en pension … les fenêtres ne sont ouvertes que si le volet est quasi fermé, j’ai des pots de colle dans les jambes … mais je sais que je serais en manque de mes deux fauves si je laissais chez des amis |o|

  22. Désolée, ça fait un peu bateau de commencer comme ça, mais je te lis avec plaisir, et souvent avec émotion, depuis plusieurs semaines. Et la truffe noire de ton Malo me rappelle celle de mon Moustik, mon vieux chat noir qui m’accompagne depuis mes 13 ans (j’en ai 31…).
    Merci pour ce joli billet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *