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Tags: la double vie de Pénélope B. • Lectures • livre • romans
Je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais en matière de lecture, j’enchaîne souvent des séries de livres qui me plaisent ou me déplaisent. Le début de l’année a été marqué par tout un bataillon de livres que je ne suis pas parvenue à finir. Mais depuis quelques semaines, j’enchaine les lectures ou les relectures enthousiasmantes. Puisque ce sont les vacances, c’est peut-être le bon moment pour partager ces quelques livres avec vous.
? Robinson Crusoe – Defoe
Je ne sais jamais s’il faut commencer ou finir par ce qui nous la plus transportée. Cette fois, je commence. J’ai relu ce livre à la suite d’une discussion avec mon père qui me disait combien il déplorait que ce merveilleux roman véhicule également une idée du « sauvage » intolérable pour les lecteurs que nous sommes. C’est seulement pour pouvoir poursuivre cette discussion avec lui que je l’ai ouvert et surprise, voilà bien longtemps que je n’avais lu un livre avec autant de plaisir. Vous connaissez l’histoire, je ne vais pas vous refaire l’article, seulement vous dire que vous pourriez être surpris en redécouvrant ce superbe roman. Le chapitre complet sur l’installation du héros dans l’île demeurera sans doute une de mes lectures les plus jubilatoires et surtout, j’aime l’aspect initiatique de ce roman dont les fondamentaux rappellent évidemment Candide (que je relis sans cesse avec autant de joie).
? Une faim de loup – A.-M. Garat
Vous en avez forcément entendu parler : c’est la fameuse analyse du Petit Chaperon Rouge de Perrault. Je lis rarement des analyses littéraires et ce livre m’a vraiment donné envie de replonger dans mes années d’études. Même s’il me semble que le sujet (le conte de Perrault) n’est plus, à certains moments, qu’un support pour permettre à l’intellectuel de jouer avec sa pensée, il s’agit d’une étude fascinante à la fois sur le le plan littéraire et psychanalytique. L’auteur, en ressituant le texte dans son contexte historique et social nous en propose une lecture totalement nouvelle et vraiment exaltante. J’aimerais beaucoup trouver d’autres analyses litéraires de ce type car je me suis, c’est le cas de le dire, régalée. Merci encore à Andrea pour ce conseil excellent.
? L’enchanteur – Barjavel
De cet auteur, bien plus que de ses histoires, je raffole de la plume. Je crois que si ce monsieur avait réécrit l’annuaire, l’annuaire m’aurait été une délectable lecture. Des différents romans que j’ai lu ces derniers mois (le grand secret, la nuit des temps…), un se détache en particulier : L’enchanteur. Read more »
Les regrets
Tags: bateau • Contes fillosophiques • Fillosophie • Photos
Dans la famille, on fait de la voile depuis des générations. Quand le capitaine vous ordonne d’affaler la voile, de border le hale-bas ou d’installer les dames de nage sur l’annexe, vous avez intérêt à comprendre de quoi il s’agit si vous ne voulez pas prendre un grain. Et à vous exécuter presto.
Autour du capitaine, tout le monde file droit. À une exception près : moi. Dans la famille, je suis la seule à qui l’on épargne les ordres. À moi, on ne demande jamais rien en dehors de bien vouloir mettre la table et couper des tomates. Voilà des années que je suis officiellement parquée dans la catégorie « zéro pointé » question navigation. Même mon père, l’autre jour, a osé me demander si je savais ce qu’était une écoute ( pour vous donner une idée, c’est un peu comme si on vous disait : « mais si, tu sais, la roue, les quatre ronds qui tournent de chaque côté de la voiture »).
Si on me considère comme un poids mort à bord du bateau c’est pour une raison très simple : indéniablement, je le suis. Il y a une quinzaine d’années, quand est venu le temps pour moi d’apprendre et de subir les foudres de mon grand père chaque fois que la voile n’était pas bordée correctement ou parce que je barrais n’importe comment, je ne me suis pas accrochée. Plutôt que faire le dos rond en attendant le moment où je serai assez chevronnée pour passer au travers des remontrances, j’ai sorti mon rouge à lèvres nacré d’adolescente, mes lunettes noires et un bon bouquin. Puis je suis allée paresser à l’avant du bateau, là où l’on est bercé par le mouvement des vagues et rendu sourd par la chanson du vent. De l’avis de tous : la meilleure place.
À l’avant du bateau, j’y suis encore.
Contrairement à mon frère, à ma cousine, je n’ai donc rien appris. Le peu que je savais, au fur et à mesure, je l’ai oublié. Et si je me sens capable de m’en sortir sur un dériveur d’enfant, si je suis encore apte à comprendre ce que signifient la plupart des termes techniques qui volent en tous sens comme des essaims d’oiseaux pendant les manœuvres, un voilier n’est plus pour moi qu’un moyen de locomotion plaisant. Le plaisir qu’il y a à manœuvrer ces géants un peu lents m’est désormais fermé, sans doute pour toujours.
Car il faut des années de pratique pour savoir exécuter certaines manœuvres, des heures et des heures d’entraînement et d’erreurs sous l’œil sévère d’un grand-père exigeant.
Le week-end dernier en immortalisant ces gestes si familiers – et tellement étrangers puisque je ne suis plus capable de les reproduire – j’ai pris conscience que c’était trop tard, que j’avais loupé le coche. Cette sensation palpable que quelque chose d’irréversible s’est produit. Ce qui n’avait été pour moi qu’un problème abstrait de grande personne, un problème d’adulte, était là, devant moi : être au point de sa vie où certaines choses sont à jamais perdues.
Et pour la première fois, j’ai compris ce qu’étaient les regrets.
Il y a quinze jours a eu lieu la plus belle journée de l’année 2009 : le mariage de ma plus ancienne amie. Je n’ai pas été, cette année, plus heureuse que ce jour là et je pourrais raconter par le menu tout ce que cette journée avait de beau, mais ce n’est pas le sujet de ce billet.
Non. Car il y a une chose qu’il faut que vous sachiez si vous faites l’acquisition d’un reflex : tous les copains vous demandent de faire les photos de leur mariage. Si vous rétorquez que vous n’êtes peut-être pas tout à fait la personne indiquée pour cette tâche délicate, on vous répond invariablement avec un air très serein: « je sais que tu feras ça parfaitement ». Même quand vous invoquez un matériel inapproprié. Même quand vous faites la bouche qui pleure avec les coins tombant vers le menton, les yeux de chien battu. La moue Bardot elle même n’a pas le moindre impact. Rien n’y fait. Le pire, dans tout ça, c’est qu’on vous fait CONFIANCE. Une confiance AVEUGLE. Ainsi, avec l’air de décontraction de vos amis qui se veut rassurante, vous êtes à cran.
J’ai évidemment accepté de réaliser les photos du mariage. Comment refuser quoi que ce soit à sa meilleure amie? J’ai donc joyeusement galopé huit heures durant ; piétiné pieds nus sur le gazon ; retenu mon souffle d’émotion et de concentration à l’église, sautillé plusieurs fois du fauteuil de témoin à l’emplacement prévu pour le photographe pendant les signatures à la mairie. En tout, pas loin de 1500 photos. Beaucoup trop.
Beaucoup trop peur de rater mon coup, surtout.
Le résultat, je dois le reconnaître, est mitigé. Mais j’ai tiré quelques leçons photographiques de cette journée. Leçons que je m’en vais de ce pas vous livrer car après tout, qui sait, elles vous seront peut-être utiles en cette saison où les mariages fleurissent comme les coquelicots au bord des routes. Voici, plutôt que des conseils, un petit carnet de bord de la journée avec mes remarques. Attention, il y en a une tripotée (sans doute le billet le plus long de l’histoire de ce blog), j’ai essayé d’être aussi complète que possible. Je ne me vexerai pas si vous ne parvenez pas au bout :)
+ La préparation.
Il est vrai qu’avant d’être le photographe de la journée, j’étais surtout l’amie de toujours. Ce qui change assez considérablement la donne quand la fiancée est un peu stressée. On pense à tenter de l’apaiser plutôt qu’à chercher à capter les émotions qui flatteront la pellicule. Et on ne l’embarrasse pas avec des questions de lumière. Read more »













