Et oui après tout : pourquoi pas une playlist, de temps en temps, histoire de partager avec vous ce qui réchauffe ce ciel un peu frais de la rentrée? N’hésitez pas, de votre côté, à me faire parvenir vos sélections persos sur cachemireetsoie(at)gmail(dot)com ou directement sur twitter @anneso. Bonne journée amigos !












Playlist – Septembre 2011
Bedouin Soundclash (feat. Coeur de Pirate) – Brutal Hearts
Peter Von Poehl – The Bell Tolls Five
Feist – My Moon My Man
Connan Mockasin – Megumi The Milkyway Above
Elephanz – Stereo
Tamara Kaboutchek – Deep Inside The Mind
Metronomy – Everything Goes My Way
the bird and the bee – I Hate Camera
Florent Marchet – Narbonne Plage
Robin Mckelle – Bei Mir Bist Du Schon
Stacey Kent – Les Vacances Au Bord De La Mer
Thomas Dutronc – Demain
Ou sinon, vous pouvez aussi cliquer directement ici pour la lire sur spotify.
Aujourd’hui, il fait beau. Le temps s’est rafraîchi, mais derrière la fenêtre, on ne sent pas ces premières bribes d’automne, le salon est baigné de lumière. Dans un coin, le chat dort à sa place préférée : sous la fenêtre, il attend que les premiers rayons viennent se chauffer à son pelage (non l’inverse, les chats ont leur façon à eux de voir les choses). Il sait sans doute qu’il va bientôt partir et refuse de regarder en face les colonnes de cartons.
Chers locataires, dans quelques jours, vous serez assis à ma place avec cette impression étrange que cet appartement n’est pas encore tout à fait le votre : c’est toujours comme cela, un nouveau lieu de vie. Il faut un peu de temps pour l’habiter vraiment et que s’évanouissent d’elles-mêmes les dernières présences des habitants d’avant. J’ignore, en fait, si les murs gardent une trace du passage de ceux qui nous ont précédé. Peut-être que tout s’efface derrière un coup de peinture.
Je ne serai pas là, ce jour-là, pour vous accueillir, mais je voulais que vous sachiez que la vue depuis le canapé, si vous l’installez contre le mur du fond, à gauche, est toujours magnifique, y compris quand le temps ne l’est pas, que les murs de cette pièce ont été tapissés de joie, surtout celui où trône la cheminée et que la moquette, malgré une tâche ou deux ici et là, est encore imprégnée de bonheur.
















Il y a quelque chose que je dois vous dire. Si je ne le fais pas, je sens que je finirai par ne plus écrire ici. J’ai eu beaucoup de mal à trouver mes mots, donc si je suis maladroite, j’espère qu’on ne m’en tiendra pas trop rigueur.
L’écriture est une chose étrange. Souvent, un auteur fait feu de tout bois en matière d’inspiration. Il utilise tout ce qu’il voit, ce qu’il entend, les confidences, les faits divers… Pour faire naître des situations, des personnages captivants, tout est bon à prendre. J’ai, avec ce « tout », une sorte de… difficulté morale que je ne parviens pas à dépasser.
Ainsi, je regrette chaque jour de n’avoir pas gardé l’anonymat sur Cachemire & Soie. Quand je pense à tout ce dont je pourrais parler ici librement, j’en ai le vertige. Mais ce qui est fait est fait. Alors pour tenir à jour mes réserves d’idées, j’explore ce qui m’arrive, à moi. Toute situation nouvelle ouvre des possibilités inattendues, des changements de point de vue, d’opinion… Tout cela est passionnant à explorer.
Il importe peu que ce qui se produise dans ma vie soit triste, difficile, heureux ou simplement joyeux. De mon point de vue d’auteur, c’est juste intéressant (de mon point de vue d’Anne-Solange, il en va, bien évidemment tout autrement). Au moment où je me décide à en faire le récit ici, je ne fais qu’utiliser un matériau : je choisis un angle, un point de vue, une « couleur » à transcrire. Que ce qui en découle tire sa source d’un événement vécu ou non n’a aucune importance à mes yeux. La seule chose qui compte pour moi est de parvenir à transcrire une idée et que cette idée parvienne à imprimer un petit quelque chose chez celui qui le lit.
Cela pour expliquer que, même si la plupart du temps je m’exprime ici à la première personne, même si je parle en général d’événements qui me touchent personnellement, je fais une très grande distinction entre l’auteur de ce blog et moi-même. Et je sens bien que ce n’est pas de cette façon que sont reçus les petits textes que j’écris ici.
Ainsi, en lisant tous vos messages, suite aux derniers billets, même si je suis forcément touchée par tant de gentillesse, je me sens aussi terriblement embarrassée. Ces textes qui ne m’avaient pas paru impudiques (d’autant moins qu’en l’occurrence, le second était une pure fiction ; et même sans aller jusque là, j’écris ici en toute subjectivité, ce qui fait de chaque billet, par essence, une forme de fiction), ces textes qui ne m’avaient pas semblé impudiques donc, le sont devenus à mes yeux, à force de lire des messages qui s’adressent non à l’auteur de ce blog, mais à moi en propre. Ce qui fait une grande différence.
Or si je ne peux pas me laisser la liberté de faire aussi le récit de ces choses-là, c’est simple : je n’ai plus qu’à fermer Cachemire & Soie, ce que je ne souhaite pas. La seule solution qui me vienne à l’esprit aujourd’hui est de fermer le module de commentaires.
Même si ce n’est que de façon symbolique – chacun reste libre de me contacter par d’autres moyens (twitter, messagerie…) s’il le souhaite – en coupant ce lien direct qui existe traditionnellement sur un blog entre l’auteur et les lecteurs, il me semble que la distinction entre ce que j’écris (qui est un espace public) et ce que je suis (qui ne l’est pas) sera plus claire.
À compter d’aujourd’hui, les commentaires ne sont donc plus accessibles. J’ai bien conscience qu’il s’agit là d’une initiative plutôt mal perçue en général, sur les blogs, et je peux déjà vous dire que les petits mots si doux de certains d’entre vous me manqueront, de même que les pistes de lectures, les bonnes adresses ou les conseils de voyage… J’espère seulement que ces lignes vous auront convaincues qu’il ne s’agit en aucun cas d’une porte qu’on vous claquerait au nez.





