Bidouilles + Ciel bleu = <3

Quelques photos, rien de particulier à raconter. Voilà un polaroïd raté, quelques confettis, un bracelet tricoté à partir de bandes de t-shirt usagé (il s’agit du sujet d’une de mes chroniques pour Teva. Nous l’avons tourné il y a quelques jours, j’ignore s’il a déjà été diffusé). Ce n’est rien, je ne sais même pas si c’est joli. Les photos, j’entends ; le bracelet, oui: je le porte souvent et mon carnet de commandes s’allonge de jours en jours.

Prendre ces photos, coller les confettis, c’était un bon moment. Le bien-être peut vraiment surgir de toutes petites choses et je me sens très reconnaissante que mon métier me permettre d’octroyer du temps à ces trois fois rien qui me font me sentir si bien : bricoler, bidouiller, prendre des photos, jouer comme si j’en avais encore l’âge…

La glaneuse

Chercher des coquillages sur la plage est une occupation éreintante et magique. J’ai retrouvé dans les cartons le produit de quelques unes de ces pêches miraculeuses que je m’amuse de temps en temps à ressortir et à trier – comme, sans doute, je le ferais si j’avais à disposition une montagne de bijoux, et avec, je suppose, un plaisir équivalent – en me demandant comment tirer parti de ce trésor sans valeur qui dort la plupart du temps dans de petites pochettes molletonnées et tient dans une boîte minuscule.

Je n’ai pas encore trouvé l’usage que je pourrais en faire, mais les voir ainsi rangés à la façon d’un inventaire m’a donné quelques idées et l’occasion de commencer à apprivoiser cette belle lumière, qui s’invite chaque jour à ma table à partir de onze heures du matin…

J’ai envie, je crois, d’exploiter cette idée d’inventaire. Je ne sais pas encore comment et ces photos ne sont qu’un bref croquis. Je me rends compte aussi, en les regardant, que travailler aux côtés d’un excellent technicien de l’image pour ma chronique en stop motion, me rend beaucoup plus exigeante en matière de photographie : ces images me mettent face à de nombreuses questions que je ne sais pas encore comment résoudre : des ombres que je n’arrive pas à chasser, un grain que je ne sais pas comment obtenir, des tons mal réglés, une composition jamais aussi nette que je le voudrais… C’est très frustrant, même si je sais que forcément, tout cela me fera progresser d’une façon ou d’une autre.

Allons bon, des pistes pour s’améliorer, un début d’idée… et sous les jérémiades, me voici finalement destinataire de deux très bonnes nouvelles.

Dans cet appartement

Dans cet appartement, il y a en fond sonore les gammes de l’accordéoniste dont je suis désormais la voisine, qui font comme si certains moments passés ici avaient leur propre bande originale.

Il y a ce bocal plein de coquillages de Chausey, découvert dans un coin le jour de mon arrivée. Une poignée de coquillages rapportés – je pourrais en jurer – il y a des années de cela, par ma cousine M. pour mon ami B., cet ami d’enfance qui vivait ici à l’époque. Comme s’il avait été oublié tout exprès pour me rappeler que des personnes que j’aime ont vécu ici avant moi.

Il y a ce dessin de Pénélope, punaisé sur le mur de la cuisine par la précédente locataire et les sonorités de vie des habitants qui vivent de l’autre côté de la cour.

Le voisin d’en face que je salue de ma fenêtre si nos regards se croisent, et cette table en formica ramenée de Normandie, qui n’est pas en très bon état. Une pile de torchons de lin rapportés d’Afrique par bateau, dans de grandes caisses en bois, il y a plus de trente ans de cela par mes grand-parents. Ce grand Vélux qui me donne l’impression de travailler à une terrasse, même quand le temps est gris comme aujourd’hui. Deux grands fauteuils très laids dont je ne sais trop que faire et sur une étagère, quelques livres que je n’ai pu m’empêcher de ranger par couleur. Deux, trois tasses en métal comme celles dans lesquelles on se sert le café sur le bateau. Un plancher gris. Mille recoins pour le petit chat, pour quand il reviendra chez moi. Et puis ce livre de Murakami, l’éléphant s’évapore, qui me donne l’impression d’avoir installé un ami à demeure…