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Le bonheur c’est pour les imbéciles (heureux, donc)

Dernièrement, j’ai croisé un certain nombre de personnes visiblement exaspérées par ce qu’elles nomment « la dictature du bonheur ». Ou encore « la mode du bonheur ». C’est drôle que l’on puisse comparer cela à la prochaine couleur de sac à main que l’on verra partout, vous ne trouvez pas? Et surtout, j’ai du mal à comprendre l’agacement que je cela engendre. 

J’ai toujours envie de demander : qu’est-ce que ça t’enlève, à toi, si moi j’ai envie d’être plus heureuse dans ma vie? Qu’est-ce que ça te retire si les autres, autour de toi éprouvent le besoin de comprendre un peu mieux comment ça se passe à l’intérieur et d’explorer les solutions qu’on pourrait mettre en place pour souffrir moins? Qui a décidé que la vie devait être pénible?

Bref. Aujourd’hui, voyons un peu ce qui semblent tellement déranger, à propos de l’idée du bonheur.

 

– Argument n°1 –

« Le bonheur, cette nouvelle mode »

Vous voulez que je vous dise : quand j’entends-ça, les bras m’en tombent. C’est un peu comme si on prétendait : « La santé? Ah mais vous allez arrêter avec ça, hein ! Vous nous cassez les bonbons avec cette lubie d’essayer de faire en sorte que les gens vivent mieux, en meilleure forme et plus longtemps ! » C’est vrai qu’on parle plus fréquemment de bonheur, de développement ou de transformation personnelle aujourd’hui qu’on ne le faisait il y a quelques décennies. Les sciences, même les sciences politiques commencent timidement à se pencher sur la question. Mais sérieusement IL ÉTAIT TEMPS !

Une question à se poser pour avancer :

Et si, finalement, la recherche du bonheur dans sa vie n’était pas tout simplement une façon de se préoccuper de la bonne santé son esprit ?

 

– Argument n° 2 –

« Le bonheur, c’est bon pour les gens déjà heureux »

Comprenez : qui n’ont pas de VRAIS problèmes. Je connais un certain nombre de personnes qui ont ce qu’on appelle de vrais problèmes (une maladie grave, un handicap lourd, un pronostic vital pas foufou…) et qui passent leur temps à sourire et remercier pour tout ce que la vie peut leur apporter, qui embrassent ce que la vie leur propose. Ce sont ces mêmes personnes, avec leur rayonnement intérieur incroyable, qui me poussent chaque matin à m’interroger davantage sur toutes ces questions. J’en connais et tout le monde en connaît. Vous avez besoin d’un exemple? Regardez cette femme, qui intervient à 3’47 dans la vidéo de la réalisatrice Taryn Brumfitt. Et voilà, vous en connaissez au moins une. Vous en voulez un autre? Regardez donc le compte Instagram de Paola Antonini. Et pouf, en voilà deux ! S’il vous en faut d’autres, demandez : j’en ai des dizaines, des exemples comme ceux-là :)

Une question à se poser pour avancer :

Et si nos états intérieurs ne dépendaient pas autant qu’on le croit de ce qui nous arrive dans la vie ? Si on pouvait choisir de se sentir bien, indépendamment de ce qui nous arrive ?

 

– Argument n°3 –

Le bonheur, c’est un truc d’égoïste

C’est tellement plaisant, en effet, d’être entouré de gens perpétuellement tristes, déprimés, en colère, fatigués, dépassés. Être soi-même cette personne triste et déprimée est probablement un régal pour tout le monde, pourquoi donc se préoccuper de changer ça? La joie, l’enthousiasme, les rires sont aussi contagieux que la déprime, la tristesse ou le manque de motivation. Qu’on le veuille ou non, notre état d’esprit influence immensément ceux qui nous entourent. À chacun de voir ce qu’il préfère essayer de disperser et semer aux quatre vents. Vous voulez rendre heureux les gens que vous aimez ? Dispensez de la joie. Dispensez de la disponibilité. De la poésie. De l’amour. Des plaisanteries. Des compliment sincères. De la gratitude, ce que vous voulez. C’est ça le seul vrai premier pas vers un monde plus heureux.

Une question à se poser pour avancer :

Et si je décide de me préoccuper de ce qui me rend plus heureux au quotidien, qu’est-ce que cela pourrait engendrer pour mon entourage ? Par exemple : si j’apprends à réduire mon stress, quel effet cela pourrait-il avoir sur ma famille?

 

– Argument n°4 –

« Le bonheur, c’est une utopie »

Ptêt ben quoui, ptêt ben qunon. Ce qui est certain, c’est que si on n’essaie pas, ça ne nous donne pas beaucoup de chance d’en avoir une idée précise. Et jusqu’à présent, je n’ai pas le sentiment que l’humanité se soit beaucoup penchée sur la question. Donc puisqu’on a bien compris que pour le moment on va droit dans le mur à tout point de vue (social, économique, politique, sanitaire, écologique…) on peut aussi se dire « Hey, Pourquoi pas ». Et j’ajouterai cette petite phrase que d’aucuns prendront – je le sais – un pernicieux plaisir à qualifier de « phrase de blogueuse » : Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient. Et rappeler gentiment que la plupart des grands projets de ce monde ont été qualifiés d’utopie avant de voir le jour.

Une question à se poser pour avancer :

Pourquoi ne pas essayer le bonheur après tout? Qu’est-ce qu’on risque, franchement?

 

– Argument n°5 –

« Le bonheur, c’est inné : on l’a ou on ne l’a pas »

Certaines études semblent prouver que c’est vrai. Laissez-moi émettre un sérieux doute. En tout cas, si c’est inné : ça ne l’est pas pour moi ! J’ai passé les 30 premières années de ma vie à ressentir la vie comme quelque chose d’essentiellement douloureux. Donc ce n’est pas à moi que vous allez faire croire qu’on est heureux ou non par nature. Le bonheur, la joie de vivre, la confiance… tout cela peut s’apprendre (en plus, le simple fait d’apprendre des choses contribuerait également au bonheur) et chaque jour qui passe me le prouve un peu plus. Aujourd’hui – même si ça ne prévient aucunement des problèmes en tout genre – je suis convaincue que nous avons tous la possibilité de se rapprocher de l’idée que l’on se fait du bonheur. Avec plus ou moins de travail certes, mais c’est une possibilité. J’oserais presque dire : un choix.

Une question à se poser pour avancer :

Et si, sans que rien d’extérieur ne change dans ma vie, je pouvais tout ressentir différemment? Si je pouvais faire une lecture apaisée de tout ce qui compose mon existence?

 

– Argument n°6 –

C’est impossible d’être tout le temps heureux

Et donc ? Déjà, ça reste à prouver (je vous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, on pensait que c’était impossible d’aller sur la lune, que les bébés n’étaient pas véritablement des personnes, et que c’était le Bon Dieu qui créait les orages quand il pétait sa coche). Ensuite : est-ce que cela justifie qu’on s’en désintéresse ou qu’on l’écarte ? C’est impossible de manger tout le temps des éclairs au café, pour autant, il ne viendrait à l’idée de personne de rejeter l’idée de l’éclair au café dans son ensemble, au motif qu’on ne passe pas sa vie entière à en manger. On a sans doute tendance à confondre le bonheur qui peut être un état d’esprit, avec la béatitude qui ne survient qu’en de rares occasions, voire jamais (et j’avoue que personnellement, l’idée de béatitude me fait un peu peur, donc rien que pour ça, ça ne risque pas de m’arriver).

Une question à se poser pour avancer :

Au fait, qu’est-ce que ça signifie concrètement pour moi, le bonheur ? À quoi ça ressemble, quand je me sens heureux?

 

– Argument n°7 –

Le bonheur, c’est pour les imbéciles (heureux, donc)

Ahahah, quelle idée, franchement. Voilà l’argument favori des sarcastiques et des cyniques. Le problème, je vais vous le dire : c’est bien plus difficile de faire grandir les belles fleurs, que de laisser pousser les mauvaise herbes. Chercher à devenir plus heureux – il suffit de se pencher sur la question deux minutes pour le comprendre – c’est accepter aussi une introspection pas toujours agréable pour développer en soi la compassion, la douceur, l’écoute, l’empathie, l’amour, la gratitude, le pardon… au détriment par exemple du profit, du pouvoir, du désir de briller, d’être le meilleur ou encore le premier. Simple à comprendre ne veut pas dire facile à appliquer. Essayez donc de ne pas dire ou penser de mal de qui que ce soit pendant une seule journée, juste pour voir.

J’essaie tous les jours depuis des mois, sans JAMAIS y être parvenue un seul jour. C’est infiniment plus facile de gloser sans fin sur le pourquoi et le comment de la médiocrité humaine, croyez-moi !

Une question à se poser pour avancer :

Et si c’était tout simplement céder à la facilité que de dire fuck le bonheur ?

 

– Argument n°8 –

Le bonheur, c’est mal

Vous ne trouvez pas, vous, qu’il y a en France ce culte du petit malheur de bon aloi ? On n’ose pas trop dire que ça va bien, finalement. Comme si le ciel risquait de nous tomber sur la tête au moment même où l’on aurait commis l’irréparable : accepter que ça ne va pas si mal.

Pour ne pas se vanter, ne pas “cracher notre bonheur au visage” (sérieusement !), par une sorte de superstition enfantine qui voudrait que les bonnes choses nous soient retirées sitôt qu’on en aurait mentionné publiquement les bienfaits. Et aussi évidemment parce qu’on se sent coupable d’aller bien quand le monde va si mal. Ce qui serait un calcul valable si cela nous aidait à nous soulever, nous indigner, nous battre, tendre la main, écouter, consoler, comprendre… Sauf que bizarrement, ça nous conduit plutôt à nous plaindre, à nous décourager, baisser les bras, laisser tomber, nous enfermer chez nous. Non seulement ça ne fait pas avancer le bordel, mais ça contribue plutôt à le faire empirer. Cherchez l’erreur.

Une question à se poser pour avancer :

Qu’est-ce qui se passerait si j’acceptais que tout va bien – là, tout de suite – pour moi ? Quels sont les risques?

 

– Argument n°9 –

Le bonheur, ce n’est pas vendeur

Hannnnn, tu m’en diras tant. C’est en tout cas l’argument massue brandi bien haut par les médias qui aiment à justifier de cette manière l’avalanche de mauvaises nouvelles dont ils nous abreuvent à chaque instant, sous couvert de nous informer, occultant sans trop de problème tout ce qui arrive de bon chaque jour.

Sauf que cette fameuse règle qui voudrait que les bonnes nouvelles ne fassent pas vendre commence à battre de l’aile très sérieusement. Il suffit de voir la production de livres à ce sujet, et l’émergence de magazines comme le superbe Flow, Simple Things et autres Happinez pour comprendre que les bonnes nouvelles ont aussi leur place. Pour beaucoup d’entre nous d’ailleurs, Internet est un bon moyen de chercher – et trouver !! – ses sources de bonnes nouvelles. Tiens d’ailleurs, quelles sont les vôtres?

Une question à se poser pour avancer :

Et moi, quelle place j’accorde aux bonnes nouvelles dans ma vie? Comment je les reçois? Qu’est-ce que j’en fais?

– Argument n°10 –

Le bonheur, c’est pour endormir les foules

Ah tiens. C’est drôle, parce que j’ai EXACTEMENT le sentiment inverse. Je n’ai pas l’impression que les puissants de ce monde aient grand avantage à tirer de populations heureuses, vivant dans l’abondance et la sérénité, voyez-vous. En revanche, je vois sans difficulté tout le lait qu’il est aisé de tirer des mamelles de la peur, de la colère, de l’anxiété, du sentiment d’injustice… Savamment entretenir ces maux comme on entretient un bon feu de cheminée me semble être la meilleure stratégie que l’on puisse mettre en place pour contrôler les foules.

D’ailleurs, on peut le constater chaque matin en ouvrant n’importe quel canard, à n’importe quelle page, c’est exactement comme cela que ça fonctionne. Ajoutons à cela un divertissement de masse juste bon à endormir les cerveaux déjà bien assommés par toutes ces mauvaises nouvelles (le temps de nous faire gober sans trop de difficulté quelques annonces publicitaires) et vous tenez un peuple assez anxieux pour accepter n’importe quelle solution supposée lui apporter le moindre apaisement, rapidement. Si l’on peut en plus identifier des coupables, c’est encore mieux. Et c’est ainsi que toutes les dictatures de ce monde font tranquillement leur lit avant de s’y coucher.

Ainsi, j’en suis intimement convaincue, c’est le prix que réclame une plus grande liberté que d’apprendre à faire taire en soi la peur qui enferme et cloisonne ; la colère – celle qui obscurcit le jugement ; le sentiment de manque quand il ne correspond qu’à une idée dictée par l’économie, et toutes ces émotions paralysantes qui sont les fondements sur lesquels s’appuient ceux qui nous gouvernent (et bien entendu : ceux qui gouvernent ceux qui nous gouvernent).

Une question à se poser pour avancer :

Chercher à être plus heureux, si c’était ça la dissidence ?

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18 comments on “Le bonheur c’est pour les imbéciles (heureux, donc)

  1. Hello Anne-So,
    Excellent article, comme d’habitude ! Ça fait vraiment beaucoup de bien de te lire, surtout reste une imbécile heureuse ;) <3

  2. La « happy camper » sur pieds que je suis te remercie pour cet excellent billet.
    Je ne sais pas si ce choix de sourire à l’existence, regarder les verres du côté plein, cueillir tous les petits morceaux de joie et de bonheur que je croise est inné chez moi, mais plus je vieillis plus je revendique mon côté heureuse de vivre et heureuse de ma vie.
    Non ça ne plait pas à tout le monde (certaines personnes restent bouche bée lorsque je dis que je vais bien et que mon boulot me plait toujours autant), et bien tant pis pour eux. Avec un peu de chance je vais leur laisser un pollen de joie de vivre et ça va finir par germer chez eux aussi.
    En fait j’associe de plus en plus les jérémiades permanentes et l’insatisfaction constante à de l’impolitesse. Je ne nie pas que chacun rencontre des difficultés dans la vie, mais s’en plaindre sans cesse, quand on vit dans un pays en paix, a un toit sur la tête, mange à sa faim, etc, je trouve ça super moche.
    Quoi qu’il arrive, vive le bonheur contagieux!!!

  3. Une phrase que j’aime beaucoup – je n’en connais pas l’auteur – et qui va dans le sens de ce que tu écris:
    « Souvenez-vous que le bonheur
    Dépend non pas de ce que vous êtes
    Ou de ce que vous possédez
    Mais uniquement de votre façon de penser ! »

    Encore merci pour tes écrits partagés sur ce blog heureux!

  4. En réponse à ta question: « le bonheur, c’est inné? », des études scientifiques très sérieuses ont prouvé que le bonheur tenait pour 50% de prédispositions génétiques, pour 10% de nos circonstances de vie, et pour 40% de nos activités quotidiennes. La part sur laquelle on peut influer directement, ce sont donc ces fameux 40%.
    Tu trouveras tout cela et bien d’autres choses encore dans un MOOC appelé « The science of happiness », que j’ai suivi l’an dernier et trouvé vraiment passionnant. Je me permets de te mettre un lien vers mon article, n’hésite pas à le supprimer si ce n’est pas compatible avec ta politique de coms:
    http://leroseetlenoir.blogspot.be/2015/11/the-science-of-happiness.html

  5. Je découvre votre blog par un article sur le bonheur !! petite joie du matin donc ! merci de cette vision positive , je crois également profondément que le bonheur se niche en chacun de nous dans les petites choses de la vie, il n’est rien de plus décourageant qu’être entouré de personnes négatives qui se complaisent dans un malheur parfois fantasmé tant on peine à trouver ce qui ne va pas dans leur vie. Voir le verre à moitié plein est pourtant le meilleur moyen d’avoir envie de continuer à le remplir !! Belle journée aux optimistes !!

  6. Je ne suis pas sûre qu’avec l’expression « dictaure/tyrannie du bonheur » les individus ait un problème avec la quête philosophique du bonheur mais peut-être le bonheur en tant qu’objet social, j’entends, la manière dont il s’affiche/nous devons l’afficher dans la société (dont les réseaux sociaux), la manière dont on vend le bonheur et on le décline à toutes les sauces, dans un optique libérale. il suffit de regarder l’évolution des publicités ces dernières années avec les technologie numériques, ordi, iphone qui montrent des images d’Épinal de la famille, des amis, de la communion avec la nature sur fond de quête d’un soi épanoui. Tyrannie du bonheur, c’est peut-être aussi le sentiment qu’il faut se réaliser individuellement avec la capacité d’une constance introspection personnelle, qui n’est pas sans participer à la « fatigue d’être soi » pour citer Alain Ehrenberg, un culte de la performance, et dorénavant, qui concerne le bonheur ? Certaines personnes arrivent à faire la part des choses, prendre du recul, d’autres sont plus vulnérables ? tout ça, bien sûr, n’est pas une critique vaine, juste un élément au débat, très intéressant que tu proposes. juste l’envie de partager un point de vu.

    • Bonjour Petite Manon,

      Merci pour votre commentaire. Oui, vous avez raison : comme toujours, lorsque de nouvelles idées se diffusent, elles sont employées et réemployées à toutes les sauces, jusqu’à ce qu’elles soient vidées de leur sens. Comme s’il fallait, pour préserver l’équilibre du monde, que toute chose grandisse une facette positive et une autre négative.

      J’avais déjà entendu parler de « La fatigue d’être soi », mais je ne l’ai pas lu. En revanche, je suis allée consulter une fiche de lecture pour me familiariser avec cette idée (ce qui est loin d’être suffisant, mais mieux que rien). Je pense que je comprends cette analyse sociologique de notre temps, mais il me semble que c’est là une autre manière d’expliquer les tourments du monde, de leur donner du crédit, de les justifier. Et surtout, je crois que j’ai du mal à m’intéresser à l’analyse si elle ne propose pas de solutions, alors je ne sais pas trop quoi en penser :)

  7. « Ah tiens. C’est drôle, parce que j’ai EXACTEMENT le sentiment inverse. Je n’ai pas l’impression que les puissants de ce monde aient grand avantage à tirer de populations heureuses, vivant dans l’abondance et la sérénité, voyez-vous.  »

    C’est tellement ca

  8. Merci Anne-Solange pour ta réflexion sur le bonheur, la joie, la félicité, ananda ! Tellement de termes. Je souhaite à tous de trouver celui qui lui parle et de le vivre au quotidien :)
    Plein d’amour,
    Cécile

  9. Superbe article, qui va pile dans le sens du cheminement que j’entreprends moi-même, c’est fou je pense EXACTEMENT la même chose! D’ailleurs j’ai fait le test de personnalité dont le lien apparaissait dans l’un de tes précédents articles, je suis « médiateur » aussi. Peut-être pas un hasard si j’ai atterri ici…

    A mesure que je me détache de la nécessité du matériel, que je vis la vie non pas comme une fatalité, mais une chance d’apprendre, tout est tout de suite plus simple! Et pourtant, comme toi, c’était pas gagné, il a fallu réapprendre à s’aimer et ça a été assez long. La méditation, les pensées positives sont mes piliers pour ne pas sombrer dans le mal-être disponible à portée de main et apprécier le bonheur quotidien. La France est pas un pays facile pour être heureux mais on s’en sort toujours! Je te souhaite plein de belles surprises sur le chemin du bonheur!

  10. C’est tellement bon de te lire et de lire un article comme celui-ci sur le Bonheur. Cela me rend encore plus confiante dans la façon dont je vois ma vie et ce que je veux en faire! A bas les idées reçues et le monde qui va mal, Soyons ce que nous voulons être!! Je ne dis pas que je vis dans un monde de bisounours, loin de là!! Je suis une sacrée râleuse, mais maintenant j’arrive à relativiser et à trouver des petits moments de bonheur chaque jour et quand c’est comme ça, j’ai réussi ma journée!!
    Merci pour ces mots que tu arrives à mettre sur des sentiments parfois difficiles à interpréter!

    Très belle journée.
    Aude

  11. Bonjour,

    L’argument#2 m’a fait penser à ces reportages que l’on voit régulièrement dans les journaux télévisés sur des personnes porteuses d’un handicap qui réussissent néanmoins à faire des choses extraordinaires (grimper l’Everest, sauter en parachute, faire le tour du monde, les exemples ne manquent pas). Un point commun, toujours, pour ces témoignages : toutes les personnes concernées disposent d’un capital (financier et/ou social) qui leur permet d’accomplir de tels projets. Quand le handicap est couplé à une situation de précarité, ce type de discours (« quand on veut, on peut ») devient culpabilisant (« cette personne est handicapée et arrive à être heureuse et pas vous : c’est forcément de votre faute »). Diriez-vous vraiment à quelqu’un qui est pauvre, malade et isolé qu’il peut « choisir » de se sentir heureux ?

    Par ailleurs, concernant l’argument#10 : comment conciliez-vous ce « bonheur dissident » avec du militantisme (féministe, antiraciste, LGBT…) ?

    J’espère que mes questions ne vous froissent pas, si je me permets de les poser ici, c’est justement parce que je m’interroge en ce moment sur ces sujets.

    • Bonjour !

      Merci pour vos remarques. Non, bien sûr que vous ne me froissez pas :) Les idées, quelles qu’elles soient ne font jamais l’unanimité et c’est tant mieux, non?

      Concernant l’argument numéro 2, je me suis peut-être mal exprimée. En fait, je pensais plutôt à des personnes de mon entourage proche, en écrivant cela. Pas à des personnes qui font nécessairement ce qu’on appelle (ou perçoit comme) des choses extraordinaires. Je pensais par exemple à cette toute jeune femme merveilleuse de mon entourage, atteinte d’un cancer et qui me dit : « c’est simple, je n’ai plus le temps d’être malheureuse ». Ou à cette autre personne qui se bat contre maladie pour laquelle on ne connaît aucun traitement et qui passe sont temps à s’émerveiller et se réjouir d’un rien (quand moi je tempête et je marmonne pour des raisons insignifiantes). Ou encore à cette amie de mon papa atteinte d’une maladie dégénérative qui remercie la vie d’être… en vie, justement. Alors qu’elle est bloquée dans un lit jusqu’à la fin de ses jours. Ce que je voulais dire, c’est : je ne sais pas comment font ces gens pour supporter ou accueillir ces épreuves. Mais ce qui est certain : ça semble possible de ressentir du bonheur, y compris dans des conditions terribles, de vivre dans la joie et la gratitude, en tout cas la plupart du temps. Et que si ça l’est, je trouve intéressant de se pencher sur la question :)

      Et concernant votre autre question, en fait, je ne vois pas en quoi est-ce contradictoire. Ne peut-on pas défendre ses convictions sans que celles-ci nous envahissent et nous mettent à plat? D’ailleurs, il me semble que lorsqu’on prend les choses à bras le corps, c’est que nous avons de l’énergie à mettre au service de quelque chose qui nous semble important, que cela nous permet de nous sentir en accord avec nos valeurs et nos convictions. Et ça ce peut être une profonde source de joie, non?

  12. Ayant été élévée par d’un côté un père ultra positif et de l’autre une mère qui ne voit pas l’intérêt de se poser trop de question sur l’existence, je ne me suis jamais considérée comme n’étant pas heureuse. Ma vie n’est pas parfaite, je ne suis pas toujours au top mais pour moi le bonheur à toujours été quelque chose de facile, si bien que je suis toujours étonnée de voir des amis en bonne santé avec pas de vrais de problèmes me dire qu’ils ne sont pas heureux. Pour moi c’est simple, je suis en bonne santé, j’ai un travail qui même si il n’est pas celui de mes rèves me permet de jouir de ma vie et d’un confort matériel, je suis bien entourée… le bonheur ce n’est pas un objectif à atteindre, le bonheur est dans toutes les petites choses du quotidien, même si il est imparfait. Pour moi tout le monde gagnerait à se poser moins de question, et à juste accepter d’accueillir le bonheur comme faisant partie de notre existence.

  13. Bonjour Anne-Solange,
    Je me permets de laisser un petit commentaire pour te donner mon point de vue sur la question !:)
    Personnellement je crois que je comprends un peu les personnes qui critiquent cette « dictature du bonheur ». En ce qui me concerne, je crois qu’à force de se concentrer sur le bonheur, sur son propre développement personnel, sur sa réussite (qui sont évidemment nécessaires au bonheur mais qui peuvent vite tourner à l’obsession), ne risque-t-on pas tout simplement de trop se prendre la tête et de passer à côté du bonheur ? J’ai lu une phrase de Gandhi hier qui m’a énormément inspirée : « La vie est un mystère qu’il faut vivre et non pas un problème à résoudre ». Je crois que des fois il faut savoir vivre avant tout, accepter la vie, la prendre et la vivre intensément. Alors je ne dis pas que c’est forcément ton cas mais c’est vrai qu’avec la profusion des livres sur le bonheur, sur la réussite, tous les blogs de développement personnels, j’ai parfois l’impression qu’on passe à côté de quelque chose : le bonheur c’est peut être qqch de simple et la vie est peut être tout aussi simple et c’est finalement nous qui nous prenons trop la tête ! Bref ça me rappelle un autre truc que j’ai lu sur psychologie magazine je crois : « il faut savoir lâcher prise même le lâcher prise ». Pour moi la vie ce n’est pas la recherche du bonheur, c’est essayer de trouver une solution pour être en accord avec soi, vivre selon ses principes, être en paix et normalement avec ça le bonheur doit venir tout seul, sans que l’on y pense vraiment.

    Sur ce je te souhaite une très bonne journée !

    • Bonsoir ! Et merci pour ta contribution :)
      C’est drôle parce que quand tu écris « c’est essayer de trouver une solution pour être en accord avec soi, vivre selon ses principes, être en paix » c’est exactement ma définition du bonheur. Mais justement, je crois que c’est ça qui n’est pas toujours inné et sur quoi on peut travailler et que proposent les livres de développement personnel. ^^

  14. Je ne nie pas que chacun rencontre des difficultés dans la vie, mais s’en plaindre sans cesse, quand on vit dans un pays en paix, a un toit sur la tête, mange à sa faim, etc, je trouve ça super moche.

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