Sous les pommiers

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On croit toujours que nos souvenirs n’appartiennent qu’à nous. Que ce livre-là rangé depuis toujours sur la troisième étagère de la bibliothèque n’a jamais été lu qu’à nous et que les bons moments qu’on en garde en mémoire sont uniques. Que nous sommes seul à connaître le lieu secret où est caché le chocolat, dans le petit œuf en face de l’escalier. Seul à s’émouvoir au contact de ce parfum précis. Seul à se rappeler qu’on jouait ensemble sous le grand pommier aux branches courbes. Seul, encore, à savoir grimper au prunier pour en détacher les fruits avant qu’ils ne tombent, trop murs, à nos pieds.

Bien entendu, c’est une solitude. Une solitude porte toujours en elle quelque chose d’un peu triste. Mais aussi, on voudrait tellement être seul à savoir ça, ne pas avoir à partager et que ces souvenirs nous soient uniques.

Et puis une après-midi, deux enfants sous un ciel un peu gris jouent. Une joie identique à entasser les prunes, les rires quand celles qui sont au sol s’écrasent sous les pieds dans une purée collante. Les rires résonnent encore une fois sous les pommiers et voilà finalement une excellente raison de se sentir heureux…

PS: Merci pour tous les petits mots qui ont fait suite à la disparition de ma grand-mère adorée, jeudi dernier. Je suis extrêmement touchée par votre sensibilité, votre gentillesse.

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Chantaaaaaaal!

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Je ne sais pas vous, mais petite, Chantal Goya c’était mon héroïne. Elle incarnait, dans mon imaginaire de petite fille, tout ce que devait être la vie d’adulte à mon sens : chanter toutes la journée, avoir de longues conversations avec des lapins géants, jouer avec des chats qui parlent et avoir bécassine pour meilleure amie.
Traverser le monde en sautillant et porter des robes sorties tout droit des contes illustrés de mes livres favoris, c’était comme ça qu’elle serait forcément, la vie. Et forcément, quand j’imaginais ma future vie de femme, je m’imaginais plus ou moins en Chantal Goya.

Mais là…. comment dire Read more »

Mais moi, je m’applique

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Dans la vie, il y a ceux qui savent toujours mettre la réalité de leur côté en la présentant sous l’angle le plus avantageux pour eux. Ceux-là sont particulièrement agaçants car quoi que vous fassiez, ils vous tiendront la dragée haute. Ils s’arrangeront toujours pour paraître meilleurs, plus forts, plus habiles, alors même que parfois, la réalité devrait les forcer à admettre que non, sur ce coup-là, c’est vous qui avez sacrément assuré.

Le premier spécimen du genre, je l’ai rencontré très tôt. Je peux même dater ce souvenir avec beaucoup de précision : école Saint Jean, classe de frère Joseph en CM1. Bureau du deuxième rang, deuxième colonne en partant de la gauche, côté fenêtre. Le spécimen en question s’appelait Karima. Et Karima était ma voisine de classe. Nous passions 6 heures par jour assises l’une à côté de l’autre et l’un des passe-temps favoris de Karima consistait à nous mesurer, à comparer nos mérites respectifs et vous l’avez compris, à s’assurer que les miens étaient, en tout point, bien inférieurs à la somme de ses innombrables talents. Read more »