Tarte aux figues

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Pendant longtemps, je n’ai pas aimé les figues. D’abord, ce n’était pas un fruit qu’on trouvait sur les tables bretonne ou normande de ma famille. Et j’avais lu quelque part que ce fruit n’était bon que lorsqu’il atteignait la limite de la pourriture. Or s’il y a une chose qui m’horrifie, ce sont bien les choses pourries. Plutôt me priver de manger que d’avaler, par exemple, une pomme légèrement blettes ou une banane un peu noircie. Le simple fait de l’écrire me donne des hauts le cœur. Autant dire que la figue avait mauvaise presse.

Mais j’avais tout de même du mal à me croire moi-même lorsque j’annonçai à mon petit primeur que je répugnais à manger d’aussi jolis fruits. Ca ne me ressemblait pas. Une fois, alors que nous contemplions un quartier de figue écarlate, une amie m’a dit, rêveuse : « Ah… elles sont si belles, comme j’aimerais aimer les figues… » Read more »

Dr Jekyll & Anne-So Hyde

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fastfood Je m’interroge sur mes contradictions. Hier soir, par exemple, je me suis roulée, de plein gré, dans la fange du monde. Vous reconnaîtrez cette vaste entreprise de restauration rapide dont le nom commence par Mc et finit par Donald. Eh oui, deux fois par ans (environ hein, je tiens pas des comptes précis), j’emmène mes papilles au peep-show de l’alimentation. Elles touchent à des truc 6000% illicite et croyez moi, ça les rend totalement hystériques. J’adore ça. Je n’y vais presque jamais parce que cela va à l’encontre des principes les plus fondamentaux de mon éthique économique et alimentaire (pourtant pas très regardante) et qu’on y trouve un échantillon plutôt pointu de toute la grossiereté du monde. C’est toujours magique de constater qu’on arrive à faire un truc si délicieux avec des ingrédients aussi abjects. Pour comprendre l’ampleur du paraxode, il faut préciser que je serais un peu végétarienne sur les bords, au quotidien. Voire végétarienne-bio. Roooo faites pas cette tête… je suis hyperbonne vivante. J’adore la bouffe et le bon vin. Et en général, les gens semblent être contents de venir manger chez moi. C’est juste que la viande, ça a jamais été mon truc. Et encore, j’en mange tellement souvent, finalement, que à part moi, personne ne se rend compte que je suis végétarienne.
Bref. Pour moi, une sortie macdo c’est un peu comme aller boire le vin de messe en douce dans la sacristie (souvenirs, souvenirs): limite sacrilège.
Des contradictions comme celle-ci sont mon lot quotidien. Je ne sais pas si c’est pathologique, j’aurais tendance à penser que cette maladie pourrait s’appeler: « vous êtes une fille, pas de chance », mais j’imagine qu’en psy ça doit avoir un nom…

Le goûter du samedi

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miam Oui. Chez nous, le samedi après-midi à quatre heures, on goûte. C’est une heure qui convient à tout le monde : si l’on est sorti faire les boutiques, c’est l’heure où on en a raz-le-bol, et si on a pas encore mis le pied dehors, c’est là qu’on commence à se dire qu’il faudrait faire un effort et aller se promener. Bref, tout ça pour dire.
Mon amoureux a donc courageusement mis un orteil dehors pour nous ramener de merveilleuses petites douceurs. Ce qui m’amène laborieusement au sujet de cette note: mon (un de mes) gâteau favori, le Mille-feuilles du Moulin de la Vierge (en photo, juste avant d’être goulûment englouti par mes soins). Je n’aime pas les mille-feuilles. C’est un gâteau grossier, souvent trop sucré, impossible à manger proprement. Même l’odeur, je l’aime pas. Mais celui-là… C’est le cachemire du mille-feuilles. Déjà, la crème, ce n’est pas une vulgaire crème pâtissière, c’est plus dense et plus crémeux, vanillé juste ce qu’il faut (peut-être un peu comme une crème chiboust). La pâte feuilletée est, elle aussi, un ravissement : cuite à la perfection et caramélisée de l’intérieur par un procédé miraculeux, elle croustille juste comme on voudrait que ça croustille quand on le fait soi-même mais qu’on y arrive jamais… Un pur délice.
Là, je parle du mille-feuilles parce que c’est mon chouchou, mais à peu près tout ce qu’il y a au moulin de la Vierge est superbon. Je souligne au passage que, chose inhabituelle, ce n’est pas trop cher (entre 2 et 3,5 € le gâteau). Courrez-y, ça vaut vraiment le coup.Moi je connais celle du 15e qui est à deux pas de chez moi, mais je crois qu’il y en a deux autres dans le 14è. Même si on n’habite pas tout près, cette pâtisserie mérite vraiment le déplacement.

Le Moulin de la Vierge
166 av Suffren – 75015 PARIS (fermé le mercredi, ouvert le dimanche)
tél.: 01 47 83 45 55 – M° Sèvres-Lecourbe ou Ségur