Mon automne
Tags: cachemire • echarpe • opi • Serre-tête • vernis OPI • Zara
Il se produit chaque saison un moment délicieux. D’autant plus lorsqu’il arrive, comme cette année, quand je ne l’espérais plus : l’instant divin où je trouve enfin le fil conducteur qui fera des quelques minutes pendant lesquelles je cherche comment m’habiller chaque matin, un moment agréable.
C’est toujours la même chose : à chaque nouvelle saison, pendant des semaines, j’erre comme une âme en peine devant les vitrines des magasins, incapable de trouver un élément nouveau qui, sans opérer une rupture trop brutale avec le contenu de ma garde-robe, viendra ajouter les deux trois petites choses qui la rendront d’actualité et combleront mon désir de nouveauté. Cette année, par exemple, entre les tonnes de clous dont je n’ai que faire et le style marin-officier-boutons cuivrés-galons-dorés dont je me suis déjà lassée, rien ne trouvait grâce à mes yeux. On commençait, je peux vous dire, à s’ennuyer ferme dans penderie.
C’est seulement mercredi dernier que je l’ai enfin déniché, mon fil d’Ariane : cette écharpe-foulard couleur moutarde trouvée pour moins de 20 euros chez Zara. À l’instant même où je l’ai enroulée à mon cou, j’ai senti combien elle aimerait le bleu marine que je porte en pagaille et comme elle s’accordait avec ce vernis lie de vin, mon préféré, en ce moment. J’ai senti qu’elle serait parfaite avec mon manteau noir et avec du gris aussi , et sans doute encore avec ce manteau bleu marine que je convoite depuis des jours. Elle serait tellement belle avec un brun foncé. Et sans doute encore avec un beau vert sombre. Et avec la toile imprimée de mon fidèle speedy. Et, et, et… En un éclair, cette écharpe de rien du tout a résolu toutes mes équations stylistiques à plusieurs inconnues.
Elle m’a rappelé des collections Miu-Miu et Marni d’il y a quatre ou cinq ans que j’avais adoré, et plein d’idées pour renouveler tranquillement mon dressing. La mode, c’est un tout petit rien, parfois…
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Puisqu’on parle de mode, j’en profite pour vous signaler le lancement imminent du site que j’espérais voir venir depuis des mois : vide-dressing.com. Il offre la possibilité a chacun de créer son propre vide-dressing. Je profiterai donc de cette occasion pour lancer le mien. En attendant, vous pouvez déjà vous inscrire sur le site pour être informé de son ouverture. Il y a un sac Chanel à gagner pour les premières inscrites (tirage au sort demain) et plein d’autres surprises dans les jours qui viennent. Bon début de semaine les amis!
Shopping : Echarpe Zara (toute douce et super chaude), vernis Malaga wine (OPI), bracelet en résine trouvé au Bon Marché, chemisier Gap, serre-tête fait avec mes petites mains (vous pourrez voir comment je m’y suis prise pour réaliser ce joli serre-tête, bientôt sur Elleadore).
Les pintades, vous les connaissez forcément. J’avais déjà lu avec gourmandise les pintades à New York et à Londres, chaque fois pour préparer mes voyages, avec l’objectif, avant toute autre chose d’y trouver des adresses alléchantes et construire mon itinéraire. Dans cette perspective, inutile de vous dire que je n’ai pas songé une seconde à m’offrir le dernier opus, les pintades à Beyrouth, le Liban n’étant pas exactement la destination de mes rêves. Si je ne l’avais pas reçu en service de presse, je serai sans aucun doute passée à côté de ce petit bijou.
Comme la plupart des gens je pense, j’avais jusque là une idée très schématique, forcément déformée, du Liban dont on entend jamais parler qu’à travers le prisme des conflits entre communautés, des guerres et de la place des femmes. Une image à mille lieux, donc, de la vie quotidienne, qui semble quasi inconcevable, en fait.
C’est cette vie quotidienne que relate « Une vie de pintade à Beyrouth » en racontant la vie des femmes. On y découvre que tout y est bien plus complexe que les images fragmentaires et souvent caricaturales renvoyées par la presse, bien plus joyeux aussi et tellement plus vivant. J’ai été surprise, pour ainsi dire à chaque page, ahurie par le décalage aberrant entre l’image simpliste qu’on nous vend à longueur de journée et la richesse des codes qui régissent la vie, tellement éloignée de notre mode de vie occidental.
L’auteur, Muriel Rozelier, mêle avec malice anecdotes croustillantes et analyses plus fouillées, le tout servi par une plume amusée, parfois acide mais toujours bourrée de tendresse. Saviez-vous par exemple que les libanaises ne vont jamais au hammam, qu’elles ne jurent que par la cire (la méthode d’épilation au sucre leur donne des hauts le cœur) et que se faire recoudre l’hymen avant de convoler en justes noces n’est bien souvent qu’un acte anecdotique, appartenant davantage au folklore qu’au poids des traditions?
Mais au-delà des anecdotes, pourtant savoureuses, j’ai surtout plus appris sur le Liban en lisant ce livre que ces dix dernières années dans la presse et les journaux télévisés. « Une vie de pintade à Beyrouth » se lit comme un roman, avec la même impatience, la même plongée dans le récit, les mêmes émotions. Une lecture jubilatoire, du début à la fin que je vous recommande chaudement.
(Oh là là, j’ai une telle liste de livres lus et aimés ces dernières semaines que je vais devoir faire un petit billet fourre-tout un de ces quatre, sinon, on n’en sortira pas! )
Illustration : Il s’agit d’un détail de l’affiche du film de Nadine Labaki, Caramel.
J’avais quinze ou seize ans lorsque ma grand tante m’a offert ce poudrier. Elle était la seule femme de la famille à avoir eu une vie de citadine : ses récits étaient peuplés de farniente sur les bords du lac Léman, de virées shopping chez Harrod’s, de dîners très élégants dans les restaurants les plus chics et de mille autres choses qui faisaient briller mes yeux d’adolescente.
Indifférente, pour ainsi dire, à la beauté de l’objet que je n’étais de toute façon pas en mesure d’apprécier à sa juste valeur, il incarnait pour moi la palpitation de cette vie qui m’apparaissait alors tellement inaccessible. Je me suis souvent demandée, par la suite, ce qui avait poussé ma tante à m’en faire don et je me plait à croire qu’elle avait pressenti bien avant moi qu’un jour, je serais en effet sensible à la délicatesse d’un poudrier ancien.
À l’époque où elle me l’a offert, j’étais trop intimidée par sa fragilité pour oser réellement utiliser ce bel objet qui aujourd’hui encore porte le parfum douceâtre et tendre de la poudre qu’elle utilisait. Avec le temps, même si pour rien au monde je ne m’en serais séparée, le poudrier d’argent a fini par prendre ses quartiers au fond de ma boîte à bijoux, à noircir et se faire oublier. C’est le talc parfumé au gardénia, acheté ce week-end à Florence, qui m’a rappelé à son souvenir.
Je l’ai retrouvé si noir que j’ai crains un moment de ne pas parvenir à lui rendre son éclat d’antan. Ma tante prenait un tel soin de ses affaires que j’ai eu honte, soudain, de l’avoir négligé. C’est en frottant doucement du bicarbonate de soude avec la pulpe du pouce que je l’ai vu renaître.
Puis comme si cette caresse me mettait en contact avec sa vie d’avant, j’ai vu ma tante le glisser dans son sac, j’ai vu son reflet dans le miroir au moment où elle poudrait un visage bien plus jeune celui que je lui ai toujours connu, installée confortablement au fond d’un taxi londonien. J’ai vu ses doigts menus se saisir de la houppette en duvet de canard, la poudre voleter dans un rayon de soleil. Puis, sautant de mon imagination à mes souvenirs, je l’ai vu sagement rangé, dans la commode de cette aïeule revenue vivre à la campagne pour y finir ses jours, comme on garde un souvenir nostalgique de sa vie passée. Je l’ai vu, enfin, passer de ses mains à mes mains.
Ce poudrier, j’aimerais tellement être capable de le faire parler. Ma grand tante est morte il y a une douzaine d’années, à une époque où nous ne partagions plus grand chose. Et je songe souvent que nos vies ne se sont pas croisées au bon moment, j’aurais tant aimé la connaître aujourd’hui. Nous aurions, j’en suis sûre, tellement de choses à nous dire…
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J’ai été bluffée par l’efficacité du bicarbonate de soude sur l’argent. L’oxydation a disparu presque instantanément, sans que j’aie besoin de frotter. C’est bien plus efficace que n’importe quel produit chimique, dangereux et acheté au prix de l’or. Comme quoi les remèdes de grand-mère…









