Fumée de roses
Tags: déco • papier d'arménie • parfum d'interieur
Vraiment, la vie domestique est plus douce quand on la nimbe de senteurs agréables. Ainsi, je suis moins regardante sur le prix d’une bougie parfumée que sur celui d’une paire de chaussures. Pour autant, je ne fais qu’un usage modéré de ces bougies de luxe que je m’offre parfois et que j’essaie de garder le plus longtemps possible. La plupart du temps, je me satisfais de fragrances bon marché. Selon l’humeur : un pshitt du spray puressentiel pour assainir l’air, une ou deux vaporisations d’un mélange Lavande-Romarin (pour la chambre surtout) et de temps en temps une feuille de papier d’Arménie.
J’aime son parfum rassurant, douillet. Beaucoup moins, malheureusement, l’odeur résiduelle du papier quelques heures après qu’il ait brûlé, qui me fait toujours un peu penser à ces boutiques baba où l’encens répand une odeur acre qui semble faite pour masquer la saleté. Pourtant, il m’arrive d’en faire brûler et pendant quelques heures, j’ai l’impression de vivre dans un loukoum géant ce qui n’a rien de désagréable.

Il y a quelques années, j’avais eu un coup de cœur pour l’édition spéciale mise en vente pour l’année de l’Arménie que j’utilise toujours aujourd’hui avec plus de plaisir que la version originale (l’édition, apparemment, n’était pas si limitée, puisqu’on en trouve toujours en pharmacie). Hier, je suis tombée sur une nouvelle déclinaison du papier d’Arménie. Parfumé à la rose, cette fois (autour de 4€ le carnet).
Pour être honnête, je l’ai acheté surtout par curiosité car j’imaginais mal le mariage de la rose et du papier d’Arménie. En fait, il y a quelque chose dans cette combinaison olfactive qui me rappelle un peu l’odeur de l’ambre. Un côté parfum de grand-mère, vaguement poussiéreux que je trouve attendrissant et chaleureux. Une odeur parfaite pour prendre un petit thé enroulée sur le canapé devant une série à la noix.
PS : Pour ceux qui on lu mes gazouillis sur Twitter, c’était ça, ma tentative désespérée pour faire des photos de fumée. Comme vous pouvez le voir, aucune n’était présentable :)


Parmi tous les objets achetés comme ça, sans trop réfléchir, certains ont quelquefois peine à trouver leur place. Cette ravissante boîte en métal émaillé surmontée d’un papillon, par exemple. Voilà plus d’un an que je la déplace de ma chambre au salon au bureau à la chambre au bureau et ainsi de suite. Rien à faire, elle refuse de trouver ses marques. C’est incompréhensible, elle est parfaitement dans l’esprit de mon petit chez moi. Mais non, elle ne cesse de déménager.
Ces tergiversations entrainent cependant quelque chose de très positif car c’est un moment agréable après tout, que celui où l’on projette l’usage qu’on pourrait faire de tel ou tel objet.
Cette boîte, je l’ai déjà imaginée comme écrin pour ma plus jolie bague, le grenat en cabochon de maman qui est fêlé et que de ce fait, je n’ose pas porter. Je l’ai vue contenir les dents de lait de mes futurs enfants, bien que cette pratique étrange m’ait toujours un peu dégoûtée. J’ai aussi imaginé y cacher un petit chocolat pour les jours où ma cousine Lucie posera ses valises pour un week-end à la maison. Cette boîte pourrait aussi recevoir une pièce, les jours où je serai fière de moi, pour me permettre de contempler l’infime trésor accumulé les jours où je le serai moins. J’ai aussi pensé y dissimuler un minuscule cadeau pour mon mari, qu’il trouverait un jour ou bien jamais en soulevant par hasard le couvercle…
Les idées ne manquent pas, même si pour le moment, elle reste désespérément vide.
Pourtant, il me semble qu’avec toutes ces pensées lancées en l’air, malgré son inutilité et cet air qu’elle a de ne faire qu’encombrer un petit apparemment qui l’est déjà beaucoup, cette petite boîte de rien du tout fait bel et bien partie de mon chez moi. Et c’est ainsi que sans qu’on y prenne garde, les objets, pourvu qu’on prenne le temps de les laisser s’incarner, deviennent toujours un peu plus que des meubles.



Vous connaissez Stéphanie di Giusto? Moi non. Jusqu’à samedi soir, au hasard de mes pérégrinations sur la toile où je suis tombée sur cette vidéo qui met en mouvement la campagne publicitaire Vanessa Bruno de cet été. Pourtant, cette photographe, vidéaste et directrice artistique n’en est pas à son coup d’essai et a déjà réalisé entre autres choses, le clip du Fil (de Camille) ou celui de Ciao Bella (de Rose). Vraiment, passez faire un tour sur son site pour découvrir tout ça si vous ne connaissez pas encore, sont travail est d’un grand raffinement.
Et pour en revenir à ce film, qui met en scène Lou Doillon dans les vêtements de la collection d’été de Vanessa Bruno, c’est un petit bijou. La palette de couleurs à elle seule est exquise, la musique est parfaite, mais plus que tout, j’aime ces histoires sans histoire où l’on peut plaquer toutes les scenarii qui nous viennent à l’esprit.
Enfin, moi qui ne suis pas toujours très sensible à la beauté de Lou Doillon, je la trouve parfaite dans cette série de tableaux muets qui plutôt qu’une histoire, expriment des émotions : la légèreté dont on se fait cadeau, parfois quand on est seul chez soi ; Le besoin de solitude qui sonne quelquefois comme une nécessité vitale, urgente ; le chagrin : comment il submerge et comme on croit à ce moment là qu’il ne pourra jamais s’éteindre ; la colère quand elle cherche le chemin pour être libérée et satisfaite ; le calme saisissant, l’épuisement qui suivent les émotions trop éclatantes…
Je suis beaucoup trop séduite par cette succession d’impressions et de sensations pour résister au plaisir de publier quelques captures d’écran ici, mais j’espère surtout qu’elle vous donneront envie d‘aller voir ce film qui ne dure que quelques minutes. Tant que vous y êtes profitez-en pour découvrir aussi « Plant a tree » la compilation de Vanessa Bruno (cinq arbres sont plantés chaque fois qu’un CD est acheté). Bon voyage!
























