La délicate question d’argent

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La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de me prêter au jeu de la Cure Detox, proposée par Detox Delight. Repas végétaliens préparés pour la journée et livrés chaque matin, cela pendant trois jours. Il est très rare que j’accepte de tester ce type de service, mais cette cure entre si parfaitement en résonance avec mes préoccupations actuelles, que je n’ai pu résister.

Depuis que je suis revenue vivre à Paris, Je ne trouve pas si facile de se fournir en aliments sains, issus d’une agriculture biologique de préférence, mais aussi locale. Et je ne parle pas des restaurants, en particuliers le soir, où il est exceptionnel que je trouve à prix acceptable des plats fournis en fruits et en légumes. Il est d’ailleurs exceptionnel que j’en trouve tout court. Dans cette cure, ce n’est donc pas tant l’aspect « detox » qui m’intéressait que le contenu alléchant des menus, qui s’approche nettement de mon alimentation idéale et avait tout pour me séduire. Je ne connais par exemple aucune enseigne qui propose, à Paris, un service de livraison à domicile de plats végétariens, aussi ai-je voulu savoir s’il pouvait s’agir pour moi d’une bonne alternative.

Au final, je me suis régalée pendant trois jours, sans avoir à réfléchir sur la façon dont équilibrer mon alimentation puisque je n’avais qu’à piocher dans mon réfrigérateur et déguster. J’ai goûté à des saveurs nouvelles qui m’ont donné plein d’idées et d’inspiration. Je me suis sentie bien. Dans le même temps, j’ai passé pas mal de temps à lire ce que les autres blog avaient pu écrire sur cette cure. Presque systématiquement, il en ressort une expérience positive, assortie d’une réserve très forte sur le prix, environ soixante euros la journée (petit déjeuner, déjeuner et dîner, ainsi que deux jus). Je vous vois froncer les yeux d’indignation devant votre écran et nous arrivons maintenant au sujet du jour. Soyons honnête : moi aussi, j’ai commencé par sauter au plafond. Mais c’est cette question, justement, qui m’interpelle après quelques jours de réflexion.

Car finalement, si je regarde autour de moi, la façon dont mon entourage élabore son budget, la plupart des personnes que je côtoie dépense régulièrement des sommes importantes dans l’habillement, la cosmétique, au restaurant ou que sais-je. Je n’échappe pas à cela non plus. Pourtant, je suis convaincue qu’une bonne alimentation constitue l’un des piliers d’une bonne santé, d’une jolie peau, d’un bon moral… Bref, tout ce qui contribue à faire de nous des personnes charmantes, vivantes et bien dans leurs baskets. Être visiblement en bonne santé me semble autrement plus séduisant que porter une belle robe.

Alors pourquoi ai-je autant de résistance à l’idée de dépenser – ponctuellement – une somme un peu plus élevée pour m’offrir une cure de bien-être dont le positionnement garantit la meilleure qualité de produits et un service aux petits oignons ?

Plus j’essaie de trouver des arguments en faveur du prix trop élevé de cette cure, moins je suis convaincue par ma réaction première. Qu’est ce qui explique que l’on soit capable de dépenser deux cents euros dans une paire de chaussures (probablement fabriquée dans un entrepôt en Chine)(ou la même somme en crèmes miracle) et que l’idée d’investir cette même somme dans une semaine de prise en charge alimentaire délicieuse et susceptible d’améliorer sa condition physique nous paraisse être une dépense excessive?

Il me semble que c’est l’impression qu’après tout, on pourrait faire sa petite cuisine soi-même. Sauf que je ne connais personne autour de moi – pas même moi qui passe pourtant pas mal de temps dans ma cuisine à concocter des salades – qui ait le temps ou les compétences pour cuisiner chaque jour trois plats végétariens élaborés, équilibrés et différents chaque jour que Dieu fait. Je tourne vite en rond, réutilise les mêmes produits que j’associe facilement de la même façon.

Et du coup, voilà, je m’interroge. Cette cure m’a mise face à la façon dont je place mes priorités et je ne suis pas si sûre, finalement, d’être véritablement en accord avec elles. Votre avis sur ce point m’intéresse donc énormément. Vous vous offririez une telle cure vous, ou vous passez allègrement votre chemin? Bon lundi (sous le délicieux souffle des ventilateurs) les amis!

29 réflexions sur “La délicate question d’argent”

  1. La question que tu poses est très intéressante : j’imagine qu’on a plus de difficultés à payer pour quelque chose qu’on pourrait faire soi-même (même si au final, on ne le fait pas…) que pour des chaussures par exemple, qui sont plus compliquées à fabriquer. De mon côté, je me rends compte que j’ai de plus en plus de mal à dépenser tout court car je culpabilise d’acheter des choses qui ne sont pas en adéquation avec mes valeurs (dév. durable etc). Et même si je louche sur tout ce qu’on trouve chez Centre Commercial par exemple, là c’est carrément hors budget pour moi… C’est compliqué de trouver le juste équilibre.

  2. Je comprends très bien le raisonnement, et j’adorerais tester ce genre de services, mais hélas mon budget actuel ne le permet pas! Je me contente pour l’instant d’acheter frais et local au maximum, et de toute manière, sans être végétarienne, je ne suis pas très « viande », ça me permet de limiter les frais (et la surconsommation de viandes)

  3. Non, je ne me l’offrirais pas, tout simplement parce que je mange déjà bio, végétarien, sans gluten ni lactose depuis des mois :-) Et que dans le fond, ça n’est pas plus difficile de varier son alimentation ainsi qu’en mangeant « normalement ». Investir dans une semaine de cure « bouffe saine », c’est super, mais si tu ne changes pas tes habitudes en profondeur le reste de l’année, ça ne sert pas à grand-chose… Par contre, si ça peut faire office de déclencheur, pourquoi pas?
    Quant au fait de revoir ses priorités au niveau des dépenses, je suis parfaitement d’accord avec toi. Ma façon de m’alimenter coûte plus cher (et prend un peu plus de temps) que de faire un plein hebdo à l’hypermarché – mais pas tant que ça au final puisque j’ai cessé d’acheter de la viande. Mais bien que j’adore les robes, les chaussures, les bouquins, les gadgets de déco et tout un tas d’autres choses, rien n’est plus précieux que ma santé, et notre santé passe fondamentalement par notre alimentation.

  4. L’idée de la cure me séduit. L’argument qui pèserait en faveur d’un tel effort financier serait un effet mesurable sur ma santé…
    En réalité, je n’ai pas les moyens d’acheter des chaussures à 200€. Mais j’économise pour voyager. Entre voyager et m’alimenter mieux, je préfère voyager… Ça me permet de faire un peu de tout (un peu de bonne nourriture et un peu d’évasion).
    La question est clairement celle de la priorité qu’on donne aux choses, doublée de celle de notre salaire de base…
    (ta photo donne envie de croquer dedans !)

  5. Merci pour cette découverte, d’abord…
    Ensuite, effectivement, ta réflexion tombe à point nommé, pour moi aussi! C’est vrai que ça fait une somme importante, surtout pour seulement trois jours, mais notre santé ne les vaut-elle pas?

  6. Le concept est vraiment très bon et peut-être pas si cher que ça par rapport au service : Produits frais et bio, cuisinés, livrés, c’est l’équivalent d’un repas dans un resto à chaque fois mais après… qui mangerait au resto 3 fois par jour pendant une semaine voire un mois ? C’est un budget énorme quand on le prend globalement, 420€ par semaine, ce n’est plus seulement une paire de chaussures :/ L’initiative est bonne mais en fait je préférerais limite que le concept soit un resto qui puisse te livrer à ta guise (genre sushi shop, etc), histoire de pouvoir manger ce type de plats de temps en temps, voire une fois par jour au lieu de 3.

  7. Bonjour Anne Sophie,

    je commente rarement mais c est vrai que je me retrouve pas mal dans ton post, un entourage qui peut dépenser beaucoup pour des trucs parfois un poil superficiel(voiture, fringues…) alors que la santé est qd meme plus importante.
    aussi, j apprécie ton approche de la question, privilégier l aspect santé, durabilité plutôt que de dire directement que le prix rebute, meme si entre nous c est beaucoup 60 euros
    disons que si on avait plus de temps, du matos adapte, si on connaissait bien les propriétés des fruits et légumes et pas besoin d aller a permette les Oies pour trouver de bons produits on pourrait réaliser seule cette detox mais mis a part en vacances j ai peu de temps pour cuisiner de bonnes choses et du coup prendre mieux soin de moi…
    au plaisir de lire les autres coms!
    <3

  8. Voici une question qui m’interpelle tout particulièrement. Je m’interroge depuis des mois sur la pertinence de (continuer à) privilégier le bio et les fruits et légumes de saison pour mon alimentation et celle de ma famille alors que nous sommes dans une situation financière pas très simple et que, finances OK ou pas, tout me semble être hors de prix. J’ai essayé de faire comme si c’était secondaire, j’ai acheté en grande surface de fruits et légumes (Grand Frais, pour ne pas le nommer). Et cela n’a fait que me donner envie de revenir dare dare au bio, au naturel, au local. Je suis retournée en bio (je ne parle ici que du non strictement local, car j’achète ce dernier à un maraîcher du coin, mais il a très peu de choix et pas de fruits). Et en bio j’ai été estomaquée par les prix et déçue par les saveurs, et la conservation pose problème pour notre famille de 6, le magasin bio étant à 35 kms, il faut y retourner 2 fois en semaine, au moins…
    Alors je m’interroge sans cesse bio/pas bio ? argent dans l’alimentation/moins d’argent dans l’alimentation? priorité/pas priorité? etc.
    J’aurais des tas à écrire encore. Je me limiterai à ceci : en achetant principalement bio et en ayant une alimentation principalement végétale, avec une dominante de fruits et légumes, en nous soignant avec des huiles essentielles, du magnétisme, un ostéopathe, nous payons deux fois : le prix, franchement lourd, de ce que nous mangeons et de ce avec quoi nous nous soignons qui n’est jamais pris en charge par la sécurité sociale, d’une part, et, d’autre part, le prix, sans cesse croissant, de la malbouffe, de la pub, de la sécurité sociale dont pourtant nous profitons si peu, des campagnes nationales de prévention et programme national qui sont hyper critiquables, etc, sous forme de taxes, et autres prélèvements pour lesquels on ne me demande pas mon avis.
    Ca me met de plus en plus en colère. La solidarité, évidemment. Mais la solidarité qui me fait financer un système qui est nocif, non. Mais quel choix ai-je ?
    Alors oui pour payer cher quelque chose qui se mange parce qu’on paye ainsi bien plus qu’une assiette de ceci ou cela, parce qu’on paye son plaisir, sa santé, son équilibre et bien au-delà, et que c’est bien plus nourrissant, c’est le cas de le dire, que tant d’autres dépenses !
    Mais il est urgent que soit pris en compte au niveau national tout ce que tous ceux d’entre nous acceptons de payer au nom de convictions fortes et saines.
    Manger sain ne devrait pas être un luxe, ni considéré comme tel.
    Non ?

    1. Je suis tout à fait pour une société solidaire et je persiste à croire que certains en ont vraiment besoin et heureusement que ça existe.

      Mais je suis d’accord avec le fait que la sécurité sociale et les assurances ne prennent pas en compte les médecines alternatives.

      Par exemple au lieu de prendre des médicaments, je vais chez un médecin nutritionniste qui m’a recommandé des compléments alimentaire à combiner avec une alimentation saine. Mais absolument aucun de ces produits n’est pris en charge pour un remboursement tout comme l’ostéopathe ou la réflexologie plantaire.

      Je n’ai pas non plus envie d’arrêter les bio parce que c’est meilleur au goût, pour nous et pour l’environnement mais c’est pas toujours facile. Et puis souvent, on me prend pour une extraterrestre quand je me mets à parler des dangers du « non-bio ». Mes collègues sourient doucement en me regardant…

      Par rapport au prix, je pense aussi qu’on s’est trop habitué à payer un prix « tronqué » pour les aliments. Il faut bien se dire que quand on achète un aliment à un prix ridicule, il y a de grandes chances que le producteur ne gagne pas sa vie avec le prix qu’on a payé. C’est pour ça que nous essayons, à la maison, de ne rien jeter. Je dis pas que ça n’arrive pas mais c’est très rare.

      Et comme vous le disiez, je pourrais en parler des heures :-)

  9. florence @makanaiBio

    PS : ceci dit, pour répondre à ta question, je passerai mon chemin pour l’offre proposée. C’est vraiment exorbitant pour les menus proposés, lesquels sont trop sophistiqués. C’est un vrai cadeau de luxe. Pourquoi pas, hein, pour qui peut se l’offrir. Mais c’est vraiment un luxe, destiné à une clientèle vraiment privilégiée.

  10. Bonjour Anne-So,
    tu as bien fait de nous en parler, cela m’intéresse beaucoup.
    Le menu Bocanical me correspond bien plus que les autres dans le cadre d’une alimentation quotidienne idéale (me nourrir de liquide même le temps d’une cure, franchement, bof bof) (en fait, même le principe de « cure » me laisse perplexe).
    J’ai une semaine sans mari, ni enfant qui arrive, je me laisserai bien tenter.
    Et pour nous encourager à passer ce fameux cap de la délicate question d’argent, la team Detox Delight n’aurait pas une petite promo découverte à nous offrir?
    Bonne fin de journée.

  11. Je rejoins l’avis d’Armalite plus haut.

    A raison de 60 euros par jour pour ce service, ça fait un budget nourriture de 1800 euros par mois pour une personne.
    L’idée est intéressante en soi mais il y a moyen de manger sainement et bio sans dépenser ce budget.
    A la maison, nous mangeons sans gluten, sans lactose et à 90%bio depuis un bon moment.
    En comptant, toutes nos dépenses nourriture, nous sommes à environ 650 euros / mois/ pour 2.

    Ca prend un peu plus de temps, c’est vrai mais c’est une habitude à prendre.
    Et puis cuisiner, ça permet de couper sa journée et de se détendre.

    Je reconnais parfois que par facilité, on mange parfois les mêmes saveurs pendant un moment mais si on fait un tout petit effort, on arrive à varier.

    Conclusion: ponctuellement, pourquoi pas, mais pas tout le temps.

  12. Ah j’ai déjà entendu parler de cette cure, et c’est vrai que je m’étais interrogée sur le prix. 60€ c’est à peu près ce que je dépense en une semaine pour manger: je suis en train de passer à un régime végétarien (je ne digère plus la viande, elle m’écoeure en plus), alors je teste, mais comme toi je tourne vite en rond…
    Je tâtonne encore on va dire !
    Alors oui c’est un budget conséquent cette cure, mais une fois de temps en temps, pour se faire du bien au corps, pour ne plus avoir à penser à ce que l’on va bien pouvoir se faire à manger, pourquoi pas ?
    Et puis j’avoue que le côté petit déjeuner me plait bien et m’intéresse, je tourne vite en rond de ce côté là (quand je ne mets pas carrément le petit déj de côté parce que j’en ai marre de manger la même chose !).
    Dommage par contre que cela ne soit disponible que pour Paris !

  13. alors perso je n’ai pâs envie de tester ce genre de cure car j’aurais trop l’impression d’etre rentrée dans une cible marketing…
    je m’explique :payer 60 euros pour ne pas manger grand chose et principalement des legumes, c’est vraiment abusé (toujours pour moi hein ;)
    certes tu es livrée, certes tu decouvres de nouveaux produits mais quand même..
    je prefererais me renseigner avant, me chercher des recettes et me faire mon programme avec des produits locaux…

    mais tout comme je ne m’achete pas de chaussures a 200 euros ;o)

  14. Quels sont les menus proposés ?
    Les ingrédients sont-ils tous garantis bio et dès que possible locaux et de saison ?
    Les quantités, packaging et autres services autour des plats sont-ils de grande qualité ?

    Sans avoir ces informations, je ne suis pas sûre de pouvoir débattre d’un prix bon ou mauvais pour un service. Mais je trouve ton interrogation très intéressante : où se situe le luxe, où se situe la priorité ?

    Ce qui me fait un peu peur c’est qu’au-delà du choix de « vais-je mettre 60 euros par jour » ou pas, la majorité des gens ne peut simplement pas se le permettre… de la même manière qu’elle ne peut se permettre une alimentation entièrement bio, fraîche, local et de saison. Pour des questions financières mais aussi pour des questions de temps et d’informations disponibles. L’alimentation va devenir, de plus en plus, un facteur de classe discriminant, et ça me terrifie. Ce n’est pas la faute de ce genre d’entreprise, mais ça participe un peu à cette inégalité, non ?

  15. J’ai un peu hésité avant de décider d’écrire mon com’, d’autant que c’est le premier sur ton blog que j’apprècie, mais là, je bouillonne, alors je me lance! Je rejoins miss Thelma, sauf que pour moi c’est carrément un cp de gueule, ça me rend furieuse parce-que ces gens-là qui profitent de la prise de conscience progessive et d’un marché qui commence à prendre de l’ampleur font un mal fou à la transition éco/bio/éthique. Que le bio justifie de payer un peu plus, je le comprends et c’est ce que j’ai choisi de faire depuis 2 ans. Mais il y en a trop qui en profitent pour se faire encore plus de bénéfices et je suis persuadée que ça en dècourage plus d’un et nuit à la prise de conscience collective. Alors qu’une paire de chaussures à 200 euro, c’est écolo et éthique (je me rends compte que quand mes chaussures m’ont coûté plus de 100 euro, je les garde ad vitam eternam, mes pirates Vivienne Westwood dènichées pour 170 euro vont me faire la vie alors qu’acheter une paire à 40 euro qui au final vont se déglinguer, faire mal, avoir été fabriqué au bangladesh et au final finissent à la poubelle à la fin de la saison, NIET!), un budget de 60 euro quotidien, c’est carrément l’arnaque à mon sens. Rien ne justifie ce prix, pour moi, et ça fait du mal au bio/éthique/écolo en lui donnant une image inaccessible. Du coup, les gens continuent avec leurs habitudes alimentaires désastreuses pour la santé, l’envionnement, les humains et les animaux.

  16. Merci pour ce billet intéressant.
    Je suis d’accord : entre une paire de nike et trois jours de nourriture saine, je choisi la deuxième option.
    Je ne suis pas d’accord : entre de la nourriture saine à 60€ par jour cuisiné pour moi et de la nourriture saine à 10€ par jour cuisiné par moi, je choisir la deuxième option.
    Pense aux potagers partagés ;-)

  17. 60 euros par jour pour 3 repas sains? C’est excessif et c’est un piège à citadins. Parce que ces entreprises jouent sur le fait que, avec nos vies stressantes et bien remplis, nous n’avons pas beaucoup de temps a passer en cuisine et le nez dans des bouquins à la recherche d’aliments sains, variés etc…. C’est drôle comme le bio et ce qu’on nous vante comme « sain » coutent excessivement cher alors qu’avec un peu d’imagination, on fait la même chose que les plats qu’ils nous proposent en beaucoup moins cher… Il y a des tas d’astuces si on veut manger sain et équilibre et ne pas passer trop de temps ou d’argent. Établir des menus à l’avance, comme ça on fait les courses en conséquence et on ne réfléchit plus trois plombes chaque soir devant son frigo, chercher les magasins bio ou les Amap proche de chez nous, éventuellement prendre un panier Amap avec des amis si c’est trop cher ou trop rempli pour nous seul,… bref plein d’idées. Mais personnellement payer 60 euros pour une journée, j’ai juste l’impression d’être prise pour une imbécile….

  18. Anne-Solange

    Merci pour toutes vos réponses, passionnantes et éclairantes.

    Je tiens tout de même à préciser deux ou trois petites choses. Évidemment, il n’était pas question d’envisager ce service comme une alternative au quotidien. Plutôt de la mettre sur le même plan que les autres plaisirs que l’on s’offre quelquefois et qui ont un coût, lui aussi, non négligeable : un bon restau, une folie vestimentaire, un week-end au débotté… ( à titre de comparaison, le panier moyen d’une livraison Sushi Shop pour un repas tourne tout de même autour de 20 euros, le mien en tout cas). Dernière chose, à propos de la cure, cette fois. Le service est ouvertement présenté comme un service haut de gamme. Une multitude de petites choses viennent s’ajouter à la note « alimentaire » : les plats peuvent tenir compte de nos goûts (et dégoûts), de nos allergies alimentaires, les quantités servies peuvent être augmentées si elles ne sont pas suffisantes, les documents qui accompagnent la cure sont imprimés sur un papier de belle qualité et tous les contenants sont fabriqués dans des matériaux recyclables issus de nouvelles techniques moins polluantes. Il s’agit donc vraiment d’un service que l’on s’offrirait, à mon sens, comme un petit luxe, au même titre qu’une série de massages, par exemple.

    Je rejoins aussi certains de vos commentaires : je suis effrayée de constater à quel point la qualité de l’alimentation devient discriminante, tout en étant certaine que ce sont les efforts de ceux qui en ont les moyens (et le désir) qui permet de soutenir les méthodes de production raisonnables et qu’en les soutenant, cela leur donne une chance de se développer, donc devenir plus accessibles.

  19. bonjour Anne-So
    cette question doit être dans l’air du temps, nous nous la sommes beaucoup posée ces derniers temps avec mon ami. Mettre de l’argent dans la nourriture pour prendre soin de soi, plutôt que la mettre dans d’autres postes qui finalement sont moins importants pour nous. Cependant, la transition est difficile. Il est possible que nous ayons été habitués à trouver les aliments les moins chers possibles, au détriment du gout. Il est possible qu’on nous ait habitués à une telle offre, venant du monde entier, que la question du prix nous paraisse aujourd’hui scandaleuse. Je ne sais pas. Toujours est-il que le sujet de payer cher pour une alimentation de meilleure qualité, quitte à aller moins au cinéma ou moins facilement appuyer sur « ok » pour une VOD, finalement… tout est une question de perception. Et il n’est pas facile d’y répondre. Regarde : pour une robe, 200€ me parait une somme. Pour un billet d’avion cela me parait peu cher. Où est la vérité?
    Le prix que je suis prête à payer c’est un truc pas très objectif… et c’est difficile de décider pour cela.
    Mais la question est suuper intéressante. L’argent c’est un sujet compliqué, car cela nous demande constamment d’évaluer, et chacun à un système de valeur différent. Pour untel ce sera le sport, pour untel la mode, pour untel la nourriture… difficile d’avoir un système commun.

  20. Bonjour,
    Je me retrouve complètement dans tes questionnements. Depuis que je suis partie de chez mes parents, j’ai fait le choix de mettre plus d’argent et de temps que pas mal de monde dans mon entourage pour manger. J’essaye au maximum de me fournir en produits frais, de saison, si possible de proximité et si c’est bio, c’est bonus. Mais clairement c’est compliqué de trouver où se fournir, de ne pas tourner en rond dans ce qu’on mange. Depuis cette année, j’ai découvert la ruche qui dit oui et ça m’aide bien mais il n’y a pas tous les produits dont j’ai besoin / envie. Bref c’est une quête de longue haleine, mais je préfère un peu me compliquer la vie que de manger n’importe quoi :)

  21. Je ne le ferais pas, car clairement je n’ai pas les moyens (je n’ai pas non plus un gros budget fringues ou beauté, pour reprendre ton parallèle très intéressant), mais je comprends qu’on le fasse et je ne trouve pas le prix si exorbitant que cela.
    Cela me fait repenser au site http://www.mangerbouger.fr/bien-manger/la-fabrique-a-menus.html de la Fabrique à menus, découvert par une blogueuse, et ma grande déception que j’ai constaté que l’option « végétarien » n’y était pas…

  22. Tu soulèves ici un débat très intéressant…Pour ma part, je trouve que 60 euros par jour, c’est vraiment cher. Pourquoi pas, pour tester, mais il est certain, à mon avis, que l’on peut très bien manger pour un budget largement moindre. En fait, et la fin de ton article le dit bien, c’est surtout la nouveauté qui peut justifier que l’on soit prêt à un tel investissement… Mais je n’aime pas trop que l’on fasse une assiette pour moi (même au restaurant), alors j’ai peur d’être incapable de souscrire à une telle offre. Pour parer à cette tendance que l’on a tous à tourner en rond dans nos recettes, j’aime bien me forcer, surtout pendant les vacances, à prendre un livre de cuisine, choisir une recette, et la faire sans trop tergiverser. Parfois c’est décevant, et parfois cela devient un nouveau classique…Mais il faut aimer cuisiner, c’est sûr! Quant au budget, je m’y retrouve, parce que j’achète de très bons ingrédients parfois très chers, mais je rentabilise, je ne jette jamais rien, congèle tout surplus, et consomme presque exclusivement du local du marché. L’introduction du livre Veggie de Cléa est très intéressante à ce sujet…
    Merci de ton partage et de tes photos appétissantes!

  23. Je pense que la question du budget que l’on alloue à l’alimentation est en effet cruciale aujourd’hui. C’est parce que nous voulons consacrer une part toujours plus faible de notre salaire à la nourriture que l’agriculture s’industrialise à outrance pour doper les rendements, que les paysans ne peuvent plus vivre de leur travail, que nous mangeons des légumes cultivés à l’autre bout de la planète car la main d’oeuvre y est moins chère. Repenser à la hausse son budget alimentation me paraît donc une décision vitale pour la planète, pour les paysans et pour notre santé. Cependant, gare aux profiteurs du bio ! Les supermarchés gonflent les prix sans redistribuer la plus-value aux paysans, des services tels que celui que tu décris ciblent un public haut de gamme qui se soucie de sa santé et de l’environnement afin de dégager des profits confortables. D’autres initiatives semblent bien plus correctes sur tous les plans : AMAP, marchés paysans, achats directs à la ferme, etc. En tout cas, merci pour ce post intéressant et porteur de débat.

  24. Bonjour,

    Je suis ravie de lire ton billet et je trouve les commentaires très intéressants. Depuis quelques années déjà, je ne mange quasiment que du bio à la maison. Alors évidemment c’est un budget (d’ailleurs, ma seule entorse sont malheureusement les fruits de l’été qui sont juste trop chers, à 8 euros le kilo de pêches, c’est pas possible…) mais je trouve ça important: c’est meilleur pour notre santé et pour la planète. Je préfère soutenir par mes choix de consommation des producteurs bio via le réseau biocoop plutôt que la grosse industrie agro-alimentaire qui pollue les sols, l’eau et rend malade les animaux (je ne mange plus de viande depuis 10 ans). Du coup, c’est vrai qu’avec ce choix, on finit par être en décalage avec la société et son système de santé qui n’est absolument pas basé sur la prévention et la mise en avant de techniques de soins naturelles, mais bon, devant l’évidence, les choses vont bien finir par changer…

  25. La différence avec une paire de chaussures ou une crème miracle est que – généralement – celles ci durent plus de 3 jours. On est bien d’accord, ça ne justifie pas le prix aberrant de certaines fringues, mais au moins, on peut répartir la somme investie sur la durée pendant laquelle on la porte. Je pense que ce que tu décris serait plus a comparer avec un bon restau, une soirée, une sortie…et c’est là que la question du choix se pose à mon avis. Sans pour autant dire que tu as tort, mais par exemple, moi qui suis très sensible aux ambiances, j’aime bcp me retrouver dans un restau à la déco travaillée, en profiter pour être avec mes amis, ou bien partir en w.e., découvrir des lieux insolites…Disons que même si ces repas ont l’air très alléchants, il s’agit quand même d’un luxe, qui surfe sur la vague du bien manger. Pourquoi pas, mais il faut pouvoir se le payer (ou renoncer à d’autres plaisirs pour se le permettre.)

  26. J’adore le concept , ouvrir le frigo est tout est déjà prêt , c’est bien agréable ! Mais bien trop cher , la plupart des gens ne gagnent pas tant d’argent que cela , la détox livrée s’adresse à une clientèle très aisée. Perso je me l’offrirais bien , une semaine 300€ , bon , il m’est arrivé d’acheter par exemple des chaussures pour ce prix , une vraie c……e , je n’ai parfois pas le sens de la mesure et j’adore les chaussures .
    L’alimentation c’est une priorité en tout cas tu as raison , bien se nourrir devrait être notre exigence absolue .
    J’achète du bio , du local raisonné et je mange très peu de viande . Beaucoup de poisson et des légumes vapeur
    Depuis ce style de nourriture , environ 3 ans , j’ai perdu du poids et me sens mille fois plus en paix , harmonieuse .

  27. Alors pour acheter sain et local je te conseille fortement de tester les services de « la Ruche qui dit oui » la plus proche de chez toi :) Et pour les recettes il y en a pleins les blogs cuisine, et le web en général ; je te conseille également l’excellent magazine Zeste qui permet de faire de super recettes faciles et très bonnes :) http://www.laruchequiditoui.fr/
    à très bientôt ! (ton blog est toujours aussi charmant et intéressant dommage seulement que je manque de temps pour le lire plus régulièrement)

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