Une semaine sur le fil : retour sur le challenge photo !

Etincelle
Pfiou ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que les dernières semaines n’ont pas démérité en intensité. Vous avez été 550 à participer au challenge photo que je vous proposais ! 550 à apprendre, échanger, vous épauler pour prendre des photos qui vous ressemblent et à les partager ! Ce que je n’avais pas prévu, c’est que cette aventure serait un vrai challenge pour MOI AUSSI ! D’un autre point de vue peut-être, mais un challenge tout de même.

La première chose, c’était de partager un vrai moment avec vous.
La deuxième était de vous permettre de faire l’expérience de quelque chose d’important à mes yeux : ça peut être simple, amusant et rapide d’apprendre les techniques qui donnent des photos qui vous plaisent vraiment.
La troisième : me montrer à moi-même que l’atelier que je prépare depuis des mois fonctionne. Crash-test réussi ! Et je suis plus heureuse que jamais à l’idée d’accompagner plusieurs dizaines d’entre vous qui ont déjà décidé de continuer l’expérience et de s’inscrire à l’atelier qui commence la semaine prochaine et auquel vous pouvez vous inscrire jusqu’à dimanche !

Vous pouvez donc accéder à l’atelier que j’ai préparé pour vous : apprendre à faire des photos qui reflètent vraiment ce que vous voyez et à les partager pour faire de votre compte Instagram un espace à votre image.

J’ai vraiment hâte ! Mais aujourd’hui, j’ai envie de dresser avec vous le bilan de tout ce que ces quelques jours m’ont appris, à moi. J’aime beaucoup lire ces retours d’expérience quand les autres les publient, alors je me dis que cela vous apportera peut-être à vous aussi, quelques billes pour avancer dans vos projets.

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On ne peut pas vraiment savoir tant qu’on n’a pas essayé

Il n’y a qu’un remède : se lancer

Quelques jours avant le challenge, j’ai soudain réalisé que ce serait la première fois que j’allais mettre en pratique ce sur quoi je travaille depuis des mois. Pour de vrai. Devant un parterre de participants enthousiastes et qui comptaient sur moi. Ce moment où une simple idée devient concrète est toujours un grand saut dans le vide. Gros gros pic de joie-stress-peur-euphorie, tout ça mélangé. Montagnes russes dans l’estomac et dans le coeur.

Je vous laisse donc imaginer le plaisir que c’était, lorsqu’après quelques jours de challenge, je constatais déjà les progrès de chacun. Et aussi que l’ambiance, dans le groupe privé, était telle que je l’avais imaginée : entraide, bienveillance, partage. Tout ce qui est important pour moi était là.

Plus que jamais, cela me prouve que vous, derrière votre écran, vous êtes une personne super. Que ça vaut mille fois la peine que je vous encourage à aller plus loin, parce que vous avez des trésors en vous et que j’adore l’idée de vous aider à les faire surgir.

La semaine de challenge m’a permis de valider quelque chose d’essentiel : je crois en ce que je fais. Et je le crois aujourd’hui plus que jamais.

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Quand tu as peur d’échouer, 

c’est souvent que tu as très très peur de réussir aussi

En voyant le nombre de participations augmenter si vite, j’aurais dû sauter de joie. En vrai : ça m’a fait flipper. Lorsque le nombre des inscrits a atteint 100 personnes, j’ai dû résister de toutes mes forces à l’envie de clore les inscriptions (je me suis imaginé plein d’excuses et de bonnes raisons pour le justifier). Parce que ce dont j’ai rêvé pendant longtemps était en train de se produire. En mieux. Et que je n’y étais pas préparée. Eblouie par tant de soleil, j’ai lâché la barre.

Dans ma tête c’était “trop”. Trop bien. Trop prometteur. Trop encourageant. Et alors je me suis rendu compte à ce moment-là que c’était souvent difficile aussi, d’accueillir les bonnes choses. Pour moi, en tout cas. Peut-être parce qu’en cas d’échec vous auriez été encore plus nombreuses à en être témoin? Je ne sais pas.

Ce que je sais en revanche, c’est que cette sensation je l’ai déjà vécue souvent, sans jamais la comprendre vraiment. La différence, c’est que cette fois je ne l’ai pas subie : je me suis regardée partir en vrille… et j’ai cloué le bec à cette petite partie de moi qui adore saboter tout ce que je fais. Je ne me suis pas laissée démonter, et j’ai maintenu mon cap.

Et ce qui est fou, c’est que, passé ce moment de panique, tout a été vraiment plus simple. Et j’ai pu célébrer pleinement ce moment, au dernier jour des inscriptions, où vous étiez cinq fois plus nombreuses que dans mes estimations les plus hautes (estimations basées sur rien, d’ailleurs).

Celles qui ne possèdent pas le gène de l’auto-sabotage auront probablement du mal à comprendre ce que je viens d’expliquer. Pour toutes les autres : ne vous laissez pas faire par ce petit con. Ca vaut vraiment, vraiment la peine de lui pincer les oreilles.

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Si tu as un doute
ESSAIE ! 



Il y a une autre chose qui me faisait un peu peur : le groupe privé. Je vais même vous dire, je n’étais pas totalement convaincue de son utilité. Si je ne me définis pas comme une personne particulièrement timide, l’idée d’être le “professeur” d’une classe de 550 personnes avait tout de même quelque chose d’un peu intimidant.

Mais c’était sans compter la gentillesse de tous les participants. Et surtout, j’ai compris à quel point cela faisait une différence, d’être vraiment présente. De pouvoir échanger en direct avec chacun, répondre aux questions, donner un avis, un conseil. Finalement, c’était comme le trac avant d’entrer en scène, rien de plus.

Et cela m’a beaucoup aidée à faire évoluer ma perception de l’atelier que je vous présenterai la semaine prochaine : au départ, j’imaginais plutôt celui-ci comme un livre. Quelque chose que vous pourriez acheter pour faire vos progrès tranquillement de votre côté. Aujourd’hui, je perçois à quel point les échanges dans le groupe apportent une autre dimension et combien il ont été source de progrès. L’expérimenter pendant une semaine m’a vraiment aidée à le comprendre.

Et comme mon objectif est moins d’écrire un livre qui m’amuse que de proposer une formation qui FONCTIONNE, je suis contente d’être revenue sur mon impression première : le groupe privé, ça déboîte.

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Et s’il existait finalement
Un vrai BON stress?

Il y a une chose qui me cassait les pieds depuis des mois : question mise en page je n’y connais rien. In Desing m’a toujours paru un logiciel obscur et je rechignais réellement à m’y mettre.

Conséquence de tout ça : à quelques jours du challenge, je n’avais AUCUNE solution convenable pour la mise en page des supports à télécharger quotidiennement, que je voulais clairs, pédagogiques, mais aussi agréables à consulter et jolis. L’urgence aidant, j’ai fini par arrêter de me poser des questions et m’y plonger tête baissée.

À la fin du challenge – après des heures à hurler dans le salon parce que ça ne marchait pas comme je voulais et des heures de sommeil en moins – j’avais compris les bases du logiciel. Et même s’il me reste beaucoup de choses à apprendre, j’ai pu livrer un contenu de bonne qualité, tous les jours. Ce qui était déjà un sacré objectif. Et pour moi, une formation accélérée en conditions réelles.

Morale de l’histoire : un petit coup de stress est bien souvent… un vrai gros coup de pouce pour vous aider à franchir une étape. Comprendre les arcanes d’In Design est un truc que je repoussais depuis des années. Voilà, c’est chose faite ! Et comme vous l’imaginez certainement : c’était beaucoup moins dur que je ne l’avais cru. Classique.

Je remarque aussi que l’on apprend parfois très bien dans l’urgence, comme si on se mettait exactement dans les bonnes conditions. Cette semaine m’a vraiment permis d’expérimenter que le stress pouvait également être un super moteur… ce qui m’aide à l’aimer un peu mieux :)

– 5 –
Trouver le bon rythme
Accepter qu’il ne soit pas linéaire

Le dernier point que je voudrais aborder dans cette liste de choses apprises durant cette semaine un peu folle, est lié au rythme. Vous m’avez souvent entendu me plaindre ici, sur ce blog, de mon effroyable lenteur à accomplir toute chose. La semaine du challenge m’a prouvé que j’étais capable d’être à 100% concentrée sur ce que j’ai à faire, sans gaspiller de temps, sans me perdre dans une overdose de tergiversations et en prenant des décisions rapidement.

Mais alors que je découvrais que j’étais parfaitement capable de travailler comme je souhaiterais le faire tous les jours (c’est-à-dire être une machine de guerre), j’ai découvert aussi que ce ne pouvait pas être un rythme de croisière. En aucun cas. Et que, même si j’adorais cette immersion totale, elle ne pouvait être que temporaire ; qu’il me faudrait des plages de moments plus calmes pour prendre le temps de mettre les choses à plat, réfléchir et me poser toutes ces questions que je juge habituellement comme une perte de temps et qui, probablement sont précisément ce qui m’a permis, quand c’était nécessaire, d’avancer vite et bien.

C’était une leçon très importante, pour moi qui ai tendance à accueillir la moindre de mes défaillances comme une faute grave. Et, depuis quelques jours, je constate que je me mets un peu moins de pression… ce qui ne me rend pas moins productive, je dirais même : au contraire.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, tant cette semaine a été riche d’enseignements, mais ce sera tout pour aujourd’hui : je suis sûre que j’aurai l’occasion de vous reparler de tout cela, avec encore un peu plus de recul et, donc un regard différent.

Mais aujourd’hui, je vous donne rendez-vous dès aujourd’hui pour la naissance officielle de l’atelier Instagratitude : le moment de faire de vote compte Instagram le reflet de ce que vous voyez est arrivé !

Un moment parfait

grande-maree-001 Ce week-end, nous avons profité de la grande marée pour faire une escapade dans la maison de mon enfance, David, mes amies Elo et Mathilde et moi. Ce qui me reste de ce week-end tient en peu de mots : c’était parfait.

Pourtant, nous n’avons pour ainsi dire rien fait : une petite heure de pêche aux coques, un très joli moment passé à contempler la mer à marée montante, quand elle envahit les prés salés et la route submersible… et c’est à peu près tout. Le reste du temps, nous l’avons passé à dormir, manger de bonnes choses du matin au soir (littéralement), papoter en attisant paresseusement le feu qui d’ailleurs ne cessait de s’éteindre, bouquiner ou pianoter distraitement.

Ce week-end, c’était comme un morceau de piano sans fausse note, joué au bon tempo et avec ces nuances qui font qu’une bête suite de notes se transforme en un moment suspendu dans lequel se dessine quelque chose de plus grand, qui nous échappe un peu.

Ces trois jours m’ont fait l’effet d’une longue semaine de vacances : comme si le temps s’y était arrêté un peu, lui aussi, pour souffler un peu.

En ce moment, j’y réfléchis beaucoup, au temps. Sans doute parce que ces derniers mois ont été particulièrement denses, je m’interroge énormément sur la manière dont je l’emploie. Chaque jour, j’accorde une place très importante au “faire” : j’ai des objectifs, un emploi du temps souvent très serré et des tonnes de rêves que je découpe en petits morceaux pour en faire des projets réalistes et concrets. Je passe mon temps à ajuster et rechercher l’équilibre idéal comme un petit cuisiner à la recherche de SA recette. Celle dans laquelle il se reconnaîtra totalement et avec laquelle il pourra faire partager ce qu’il a de meilleur. J’aime cette vie trépidante. Elle me convient totalement, même si j’ai conscience que je tire toujours un peu trop sur la corde et que sans doute, ce n’est pas toujours de cela dont j’aurai envie.

Pourtant, ce week-end, j’ai renoué contact avec quelque chose dont je m’étais un peu éloignée ces temps-ci : c’est bien, aussi, de mettre un peu de côté le “faire” pour se laisser de la place pour “être”.

Simplement être.

En l’écrivant, je peux sentir à quel point c’est exactement de cela dont parle Eckhart Tolle, dans son célébrissime “Pouvoir de l’instant présent” : ÊTRE. Et que oui, vivre pleinement le moment présent, c’est sans doute ça – simplement ça – qui définit finalement un moment parfait.

Je vous laisse avec quelques photos de la marée montante dans les Salines. Nous avons un peu traîné des pieds pour y aller et si ma tante ne nous avait pas un peu bousculées, nous serions sans doute passées à côté de ce moment dingue. J’ai vu ce spectacle des dizaines de fois, mais jamais dans ces conditions. C’était magnifique.

Et drôle, aussi : certains d’entre vous ont certainement vu cette photo d’Eleonore sur son compte Instagram, où on me voit les pieds dans l’eau en jupette, mes ballerines à la main. Je me souviens à un moment avoir pensé : « tu préfères sauver tes ballerines où finir de prendre tes photos? » Et… c’était déjà trop tard pour prendre une décision :) C’est bon parfois, d’être un peu ridicule : ça nous rappelle combien il est agréable de s’autoriser à prendre la vie avec légèreté.

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Le bonheur, ce n’est pas toujours le meilleur moyen d’être heureux

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Je vous ai promis que l’on parlerait de bonheur, désormais sur Cachemire & Soie. Mais je dois vous avouer quelque chose : je ne crois pas que le bonheur tel qu’on se le représente en général existe réellement. Il y a cette réplique extraordinaire du film de Spike Jonze, Where the wild things are, qui m’accompagne depuis des années : “Happiness is not always the best way to be happy” et qui résume parfaitement ce que je pense profondément : le bonheur, ce n’est pas toujours le meilleur moyen d’être heureux.

Mais alors si ce n’est pas le bonheur, qui nous rend heureux, qu’est-ce qui le pourrait ?

Je crois qu’il y a une chose – et une seule – qui soit absolument nécessaire au surgissement du bonheur dans nos vies : le mouvement. Malheureusement, “le mouvement” c’est ce qu’on a souvent tendance à appeler les… emmerdes.

Je suis l’archétype même de la personne “qui suit ses rêves”. J’exerce différents métiers que j’aime et qui ont du sens pour moi : j’écris des livres, il y a Un Beau Jour dont je m’occupe à mi-temps et qui est un grand challenge, mais aussi la nouvelle direction de Cachemire & Soie avec – entre autres choses – cette formation super chouette dont je vais bientôt vous parler et dont le challenge « 7 jours pour des photos qui vous ressemblent » la semaine dernière, était la toute première étape.

Donc oui, je fais des choses que j’aime. Mais est-ce que cela signifie pour autant que ces activités me permettent de baigner dans un océan de bien-être tranquille, au quotidien? Je voudrais que les choses soient très claires sur ce point : PAS DU TOUT.

Une journée normale, dans ma vie, c’est une suite ininterrompue de difficultés de toute sorte, de to-do-list interminables, de décisions à prendre, d’échecs annoncés, de pages blanches, de tergiversations, de fausses routes, de ratés, de compromis et d’erreurs.

Mais il y a aussi tout ce qui m’enquiquine indépendamment de l’activité elle même : mon effroyable lenteur, ma difficulté à prendre soin de moi, à me faire confiance et à me concentrer, mais également mes doutes, la peur d’échouer (et celle de réussir), celle d’être jugée, le désir immense de devenir une meilleure personne, de devenir même la meilleure personne possible avec tout ce que cela implique (ne pas juger, ne pas dire du mal, faire preuve d’empathie, être à l’écoute…). On pourrait en tartiner comme ça des pages et des pages.

Honnêtement, j’ai souvent l’impression d’être un marin perdu au milieu de l’océan en pleine tempête, qui tient la barre de son bateau sans savoir s’il a la moindre chance d’arriver quelque part.

Mais alors dans ce cas… peut-on réellement dire que ces activités me rendent heureuse ? ABSOLUMENT.

Mais il m’a fallu du temps pour accepter ça. Cette cohabitation étrange entre l’idée de bonheur et ce qu’il faut bien appeler des difficultés.

Pendant longtemps, j’ai pensé qu’il existait une sorte d’équilibre parfait. Un genre de Paradis sur terre si vous voulez, qui surgissait lorsqu’on avait rempli tous les critères de ce qu’on avait défini comme notre idéal de vie. Et que notre travail à nous, c’était de trouver ce foutu Paradis – vaste océan de calme, de douceur et de sérénité – y poser ses valises et basta. Je croyais que c’était ce grand lac merveilleux dissimulé sur une carte indéchiffrable qu’il fallait chercher.

Et laissez moi vous dire que j’ai cherché. Je me suis démenée avec l’énergie du désespoir. Et je ne sais pas combien de fois j’ai cru m’en approcher. Combien de fois j’ai eu la certitude que mon grand lac se trouvait là, juste derrière la colline. Que je n’avais plus que quelques mètres à franchir et alors enfin je pourrais souffler.

Peut-être le connaissez-vous, vous aussi, ce sentiment de “quand j’aurai réussi à… je pourrai enfin être heureuse”? Dans ce cas, vous connaissez probablement la suite : invariablement, une fois que “j’avais réussi à…” je ne faisais que revenir à mon point de départ. Non seulement le bonheur ne se trouvait pas plus là qu’ailleurs, mais pour couronner le tout un nouveau “quand j’aurai réussi à…” pointait son nez comme par magie. Et tout recommençait. C’était diabolique.

Mais alors qu’est-ce que j’attendais, au juste, pour commencer à être heureuse ? Car c’était exactement ça : j’attendais.

J’attendais le jour où…
je n’aurai plus à négocier mes contrats.
je n’aurai plus besoin de me battre pour défendre ma prochaine idée de livre.
j’aurai enfin du temps pour me consacrer aux projets que j’aime vraiment, plutôt qu’à ceux qui me font gagner ma vie.
j’aurai assez d’argent pour faire ci ou ça.
je n’aurai plus besoin d’accepter des compromis.
J’attendais, en somme, le jour où tout deviendrait FACILE.

Car au fond, ce que je pensais au sujet du bonheur, c’était qu’il était l’opposé des difficultés. Et que tout ce qui nous freine, nous terrorise, nous fait tomber, c’était ce qu’il fallait éviter. Pire : ce contre quoi il fallait se battre.

Et puis une idée différente a fini par s’immiscer. Une autre possibilité à explorer…

Et si le bonheur, comme une noix dans sa coquille, était aussi à l’intérieur de ce qui nous freine, nous terrorise, nous fait tomber et toutes ces choses au-devant desquelles on n’a pas spontanément envie d’aller?

Il y a cette citation superbe qui a longtemps orné le mur de mon salon : “Peace. It does not mean to be in a place where there is no noise, trouble or hard work. It means to be in the midst of those things and still be calm in your heart.” ( je n’en connais pas l’auteur, malheureusement).

Une chose est de le lire, le comprendre, être d’accord avec… Une tout autre chose est de le ressentir.

Et c’est ce à quoi je m’emploie désormais, chaque fois que survient une difficulté : constater la tempête et tenter d’y maintenir mon calme intérieur, ma sérénité. Evidemment, c’est sans doute l’apprentissage de toute une vie et je n’y parviens pas toujours. Mais lorsque cela arrive oui, je peux dire que je touche enfin quelque chose qui s’apparente au bonheur.

Je peux ressentir que le bonheur se niche aussi au creux de ce livre que je n’arrive pas à écrire, de ma difficulté à être à jour dans mes papiers administratifs, de ma peur du lendemain et de toutes ces choses difficiles qui, si elles ne sont pas les mêmes pour chacun, sont notre lot à tous.

Bien des choses ont changé lorsque j’ai accepté l’idée que je serai toujours, d’une manière ou d’une autre un petit marin dans la tempête. Et que ce n’était pas d’espérer que la tempête finisse par se calmer qui allait changer quoi que ce soit, mais peut-être d’apprendre à regarder la tempête avec calme.

Le bonheur, c’est souvent ce moment où l’on entrevoit quelque chose de nouveau : une note que l’on a enfin compris comment jouer, un texte qui a trouvé son équilibre, mais aussi – et c’est encore plus important – une manière nouvelle d’exprimer quelque chose ou de faire face à une situation, un changement de perception, une perspective inédite… Le bonheur c’est presque toujours une porte qui s’ouvre. Et pour qu’une porte s’ouvre, il n’y a un élément vraiment indispensable : du mouvement.

Ce fameux mouvement dont je vous parlais un peu plus haut et qu’on a tendance à appeler les emmerdes.

Evidemment, comment apprendre le calme intérieur si la vie ne vous confronte pas au stress? Comment comprendre les mécanismes de l’inspiration si vous n’avez jamais éprouvé le vertige de la page blanche? Comment découvrir ce que vous ne voulez pas de la vie, si la vie ne vous le propose pas à un moment ou à un autre? Les difficultés, finalement, sont aussi nos alliées. Sans elles, nous n’aurions aucune chance d’arriver où que ce soit.

Alors si, en ce moment dans votre vie, vous avez du mal à savoir où vous allez, si certains problèmes vous semblent sans issue, si vos rêves vous paraissent improbables ou mêmes perdus d’avance… rappelez-vous que vous êtes certainement en ce moment même en train de briser la coque au creux de laquelle se trouvent les réponses que vous attendez.

Si ça se trouve, ce sont précisément vos difficultés présentes qui vous permettront d’élargir vos horizons. Aussi étrange que cela puisse paraître… elles sont peut-être même ce qui pouvait vous arriver de meilleur.